‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 141 sur 310 · OSCILLATIONS · texte numérisé non relu

OSCILLATIONS

du san:

; artériel de la grande circulation.

du sang artériel de la circulation pulmonaire.

luèlres.

mètres.

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Les variations de la pression artérielle qui dépendent si souvent, au moins en partie, de modifications dans l'action du cœur en déterminent à leur tour dans l'action de cet organe. Dans beaucoup de cas, ainsi que nous l'avons vu, la diminution de pression donne lieu à une accélération du pouls, tandis que son accroissement ralentit le pouls dans des proportions plus ou moins fortes. Ces inversions s'observent assez souvent dans les conditions physiologiques aussi bien que dans les cas pathologiques.

Toutes ces variations peuvent être indiquées et mesurées assez exactement à l'aide du manomètre de Haies dont je me suis toujours servi. On prétend qu'elles le sont, et avec plus de précision, avec Fhémomètre de Magendie, le manomètre différentiel de Cl. Bernard, celui de Ludwig, le kymographe de Fick, le manomètre compensateur de Marey. Ces divers instruments qui sont d'un bel

effet dans les cours ne aie paraissent pas devoii' donner d'indications plus sures que les baromètres de salon, substitués au simple tube de Torricelli, n'en donnent pour la pression atmosphérique.

En somme, la pression du sang dans les artères est, quant à son intensité et à ses grandes fluctuations, subordonnée à quatre conditions essentielles : 1° à la quantité de liquide contenue dans le système \asculaire ; 2° à l'énergie des contractions du cœur ; 3" au degré de contraction ou de resserrement des artères, surtout des plus petites ; 4° enfin, à l'ensemble des résistances apposées à la progression sanguine.

ni. — Vitesse du sang artériel.

La rapidité avec laquelle se meut le sang dans les artères est beaucoup plus grande que dans toutes les autres parties de l'appareil circulatoire, mais il n'est pas facile de la mesurer exactement.

Volkmann, le premier, a essayé de la déterminer à l'aide d'un instrument assez simple, composé d'un tube en U plein d'eau que l'on adapte à une artère, tube dans lequel le sang, par le jeu de deux robinets, peut arriver et progresser. La marche du liquide peut y être suivie pendant quelques secondes. Elle a été, en moyenne, de 25 à 35 centimètres par seconde dans les grosses artères du chien. Vierordt, à l'aide d'un autre hémodromètre, a trouvé une vitesse moyenne de 26 centimètres pour la carotide. Ludwig, en se servant d'un tube pourvu de deux boules dans l'une desquelles se trouve de l'huile que le sang chasse dans l'autre, a obtenu aussi des données intéressantes sur ce point.

A l'aide de ces appareils que l'on a variés et multipliés, on a pu constater de curieuses particularités du cours du sang artériel. On a vu que la vitesse n'est pas uniforme dans toutes les parties du système ; qu'elle est plus grande dans certaines artères que dans d'autres de même calibre et également éloignées du cœur : qu'ainsi elle peut se trouver accélérée dans la carotide pendant qu'elle est ralentie dans la crurale, et réciproquement. On a vu qu'elle est indépendante de la pression du sang et même du nombre des pulsations, car elle n'augmente pas avec le degré de la première et le nombre des secondes. Elle paraît s'accroître un peu lors de la systole du cœur^ et même, d'après M. Marey, elle est plus grande au début de la systole, avant la pulsation de l'artère, que dans le moment qui suit et après l'occlusion des valvules sigmoïdes. On a cru la voir s'accélérer au moment de l'inspiration et de la contraction musculaire, et se ralentit* une fois que l'impulsion du cœur tend à s'éteindre, lors de l'expiration et du relâchement des muscles. Elle est modifiée dans les différentes artères parles résistances qu'elles offrent, vers leurs extrémités} au passage du sang, résistances en rapport avec l'élargissement ou le rétrécissement des voies, et avec les divers degrés d'obstruction des capillaires. Le sang marche vite dans les artères des Organes dont les petits vaisseaux capillaires sont larges et libres ; il marche plus lentement daris celles qui aboutissent à des capillaires rétrécis et embarrassés. Et, comme les différentes parties du système capillaire sont, jusqu'à un certain point, solidaires les unes des autres, si le cours du liquide est libre dans quelque

grande fraction, il est facilité par suite dans les autres. Si, par exemple, il coule librement dans le système vasculaire intestinal ou dans celui des membres, sa marche devient plus libre dans la tête et dans différents viscères, de même que dans un système d'irrigation, une écluse, une vanne levée en un point facilite le dégorgement des canaux les plus éloignés. Il résulte de ces influences réciproques des départements vasculaires les uns sur les autres que si dans l'un d'entre eux la circulation est gênée , elle s'embarrasse ailleurs. Ainsi , par exemple, dans les obstructions, dans les congestions intestinales, la circulation cérébrale devient moins facile. Dans les cas oii elle est gênée à la peau et aux parties superlicielles par le froid, elle devient moins libre à la tète ; elle reprend sa liberté dans l'appareil digestif si elle peut être activée à la peau, et dans les muscles par le fait de l'exercice ou des frictions.

On conçoit fort bien qu'indépendamment des résistances plus ou moins grandes offertes par les capillaires et capables de ralentir à divers degrés la vitesse du sang, les artères puissent agir dans le même sens. En vertu de leur contractilité, elles se resserrent pour rétrécir les passages et augmenter la tension sanguine. Comme leur contractilité est très marquée dans celles qui ont beaucoup de nerfs, il est clair que les artères viscérales, dont j'ai démontré la sensibilité, sont celles où le cours du sang doit être le plus influencé par cette cause. A certains moments, celles de l'estomac, du foie, du pancréas, des reins ont besoin de recevoir beaucoup de sang, à d'autres elles ne doivent en admettre qu'une petite quantité. C'est, en grande partie, par leur contractilité que l'afflux sanguin y est réglé dans la mesure des besoins fonctionnels.

La vitesse du sang ne peut être uniforme dans toutes les parties du système artériel. Il est démontré, en physique, que la quantité de liquide qui passe dans les diverses sections d'un tube plein est partout la même. Or, comme les sections du système aortique sont de plus en plus larges à mesure qu'elles s'appro* client des capillaires, la vitesse des courants doit se ralentir à mesure qu'ils s'éloignent du cœur. Mais on n'a pas, jusqu'ici, de données précises qui permetmettent de fixer le chiffre de ce ralentissement. Dans le même segment de vais' seaux, cette vitesse est plus grande au centre ou dans l'axe du courant que près des parois vasculaires,

Diverses causes peuvent s'ajouter aux précédentes pouf diminuer encore la rapidité des courants qui abordent à des organes délicatS; Dans les artères rectilignes, comme l'aorte, la carotide, les crurales, elle est à son maximum. Mais elle se ralentit dans les branches qui naissent sous des angles plus ou moins ouverts et surtout dans celles qui affectent une disposition transverse ou rétrograde 1 cela doit arriver notamment aux artères intestinales. Les flexuositésj les anastomoses collatéralesj les plexuSj les réseaux qui existent en divers points, comme sur le trajet des artères cérébrales^ ont évidemment pour but de ralentir la vitesse des courants, de les équilibrer elitre eui et d'amortir les saccades, les secousses dues à des causes très diverses;

La vitesse du sang artériel, comme sa pression, diminue dans les artèreâ élevées et augmente dans celles qui se trouvent déclives. Il en résulte qiie le même vaisseau blessé ne laisse pas échapper, dans toutes les situations du corps ou

des membres, des quantités égales de sang. Ainsi, j'ai vu sur un cheval l'artère métatarsienne ouverte au-dessous du jarret donner les quantités suivantes par un tube métallique qui en maintenait l'ouverture libre en une minute : le pied à l'appui, 263 grammes de sang ; dans la minute après, le pied étant fortement relevé, 192 grammes, différence 73 grammes. Un peu plus tard, l'artère, en une minute, donnait le pied à l'appui 295 grammes, le pied levé 177 ; différence 118 grammes. Le même cheval, après avoir perdu une quantité assez considérable du sang, donnait par la même artère, en une minute, couché sur le côté, le pied sur le sol, 172 grammes de sang, et 84 le pied en l'air, perpendiculairement au sol, différence 88 grammes ; puis 107, le pied sur le sol, et 40 le pied en l'air , différence 67 grammes. En somme, la position donnée à une partie du corps peut réduire d'un tiers, même de moitié et plus la quantité de sang qui passe dans une artère telle que la métatarsienne d'un solipède. Cette particularité explique pourquoi, en plaçant en situation élevée les régions sur lesquelles on pratique des opérations sanglantes, l'hémorrhagie se réduit dans de fortes proportions.

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