‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 177 sur 310 · DESIGNATION DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

DESIGNATION DES ANIMAUX

Cheval de 12 ans, vigoui'eiix, musclé

Cheval entier, très musclé.

Jument très vigoureuse

Cheval entier, de trait

Cheval noir, très vigoureux

Cheval gras, petit

Cheval vieux,

Jument vigoureuse, vieille

Cheval gras, musclé

Jument hianche, maigre

Cheval gris, entier

Cheval maigre

Cheval vieux, maigre

Cheval vieux ,

Jument grasse, très vigoureuse

Cheval entier, de gros trait

Cheval entier, de trait

Jument grise, grasse.

Cheval hongre noir, gras

Cheval gris, musclé.'.

Cheval vieux, maigre ,

Cheval vieux (saignée faite à — 2° centigr.)

Cheval vieux, encore gras ".

Cheval vieux, faible

Jument de trait, vieille, usée ,

Cheval morveux ,

Cheval à maladie de pied ,

Cheval à eaux aux j ambes

Cheval à emphysème pulmonaire - . .

Cheval castré la veille

Cheval affecté du charbon 5 heures avant la mort

Cheval de trait, émacié

Cheval hongre, anémique

Cheval vieux, faible ,

Cheval légèrement galeux

Cheval gras " „

Cheval morveux, maigre

Cheval poussif ." ,

Cheval de 12 ans

Mule vigoureuse de 20 ans

Cheval de 6 ans, souffrant des extrémités ,

Cheval boiteux

Cheval couvert de poux

Jument débilitée

Cheval de trait de 1 4 ans,

Cheval à gale généralisée ancienne

CENTIEMES

ment d'état spontané de la fibrine, car la fibrine n'existe pas dans le sang. Elle se forme dans ce liquide, d'après Denis, par suite du dédoublement de la plasmine : d'une part, en fibrine concrète qui se solifîe en fdaments entrecroisés à mesure qu'elle se forme ; d'autre part, en fibrine soluble qui se maintient à l'état de dissolution dans le sérum du sang.

Le dédoublement est très rapide chez le mouton, les oiseaux, plus lent chez les solipèdes; il commence, suivant les espèces, une demi-minute, une minute

rROPRTErÉS ET COMPOSITION DU SANG. 599

OU deux après rexlraetion ; mais il ne s'achève qu'en un quart d'heure, vingt minutes et uièmc plus encore. Si l'on vient à retirer ou à exprimer le caillot formé pendant les premières minutes, le sang en donne un second, comme nous l'avons vu déjà pour le chyle et la lymphe. Ce dédoublement est retardé par les acides organiques ou minéraux étendus ; il est empêché par l'action du sulfate de soude, par les plus faibles doses d'alcalis, un millième, par exemple.

Les causes du dédoublement de la plasmine, et partant de la coagulation, ne sont pas bien connues. Les uns les voient dans l'action d'une substance propre aux globules et associée à l'hémato-cristalline, substance appelée globuline par Denis et précipitable sous forme de matière blanche amorphe, lorsqu'un courant d'acide carbonique passe dans une solution faible de cristaux du sang; mais cette explication tombe devant ce fait que la lymphe et le chyle, dépourvus de globules rouges, se coagulent parfaitement. Quelles que soient ses causes, toutes les fois que le dédoublement se trouve ralenti comme dans les maladies inflammatoires et dans les états du sang appelés anémie, hydrémie et quelques autres, le sang se maintient longtemps fluide, et la précipitation des globules peut se faire très complètement. Alors il se forme une couenne épaisse dans le sang de l'homme et un caillot blanc énorme chez les solipèdes, ou plutôt il y a dans les deux sangs un caillot librineux très abondant, car la couenne et le caillot blanc sont parties similaires qui devraient recevoir une dénomination commune.

Il n'est pas facile d'expliquer comment le dédoublement de la plasmine ou la conversion de la matière iibrinogène en fibrine ne s'effectue qu'à compter du moment oi!i le sang est extrait des vaisseaux. On dit bien que les parois vasculaires vivantes maintiennent l'état liquide en neutralisant l'action coagulante attribuée à la globuline ; on fait bien jouer, sous ce rapport, un rôle important au chlorure de sodium, à l'acide carbonique, à l'ammoniaque, qui contribuent à tenir la fibrine en dissolution, et retardent la coagulation ; mais, quoique le premier de ces corps soit fixe et que le dégagement des deux autres soit empêché, la coagulation ne s'en fait pas moins dans le sang extrait des vaisseaux.

La rapidité ou la lenteur du dédoublement de la plasmine sont les deux circonstances qui ont le plus d'influence sur le mode de coagulation. Dans les cas les plus ordinaires, la rapidité du dédoublement a pour conséquence une coagulation prompte en caillot homogène. Dans les autres, au contraire, le dédoublement ralenti permet à la couenne de se former ou au caillot de se diviser en deux parties. En effet, si la conversion de la matière fdjrogène en fibrine s'opère très vite, la coagulation rapide du liquide ne laisse pas aux globules le temps de se précipiter, et ceux-ci demeurent dispersés dans la totalité du coagulum, qui est alors sans couenne. Mais, si cette conversion est ralentie, comme dans les maladies inflammatoires, les globules, avant que le sang se prenne en gelée, peuvent descendre en vertu de leur pesanteur spécifique dans les couches inférieures, et laisser la zone supérieure décolorée sous forme de couenne. Si, enfin, le sang demeure très longtemps fluide, comme chez les solipèdes, les globules qui pèsent 1 088 alors que le plasma ne pèse que 1 Ooû, les globules abandonnent la moitié supérieure du caillot, et descendent totalement dans la moitié inférieure, d'oii la distinction nette entre le caillot blanc et le caillot rouge, le premier

n'étant que l'exagération de ce qu'on appelle la couenne dans le sang humain.

On conçoit, d'après cela, que toutes les circonstances capables de ralentir la coagulation : la diminution de la fibrine, des globules et des principes fixes du sang, l'existence d'un état inflammatoire, etc., favorisent chez l'homme la production de la couenne, et chez les solipèdes la séparation du caillot blanc d'avec le rouge. Aussi la couenne est-elle très épaisse et le caillot très abondant chez les individus anémiques, hydrohémiques, les sujets débilités, les femelles sur les derniers temps de la gestation, et chez les animaux sous le coup d'une phlegmasie portant principalement sur un organe volumineux ou très vasculaire. Dans tous les cas, la couenne épaisse ou le caillot blanc abondant, résultent à la fois d'une coagulation ralentie et d'une précipitation plus rapide des globules.

La plupart des explications qu'on a données de la coagulation du sang hors des vaisseaux sont des variantes de celles de Denis. A. Schmidt prétend que la matière fibrinogène formée parle plasma s'associe, dans cet acte, à la globuline ou à la paraglobuline qui s'échappent par transsudation des hématies ou des leucocytes, et qu'elle se mêle, en outre, à un ferment d'origine atmosphérique. Heynsius suppose que la matière coagulante est exclusivement donnée par les globules rouges ; d'autres croient qu'elle dérive d'une altération des globulins ou des corpuscules, les uns arrondis, les autres irréguliers, qu'on voudrait, sous le nom d'hématoblastes, considérer comme des globules en voie de formation. Enûn, certains observateurs admettent que l'acide carbonique, associé à l'hémoglobine, se dégage des globules, se dissout dans le plasma et y convertit la fibrine liquide en fibrine concrète.

Ce qui semblerait appuyer la manière de voir d'après laquelle la matière coagulante est dégagée des hématies, des leucocytes ou des autres éléments figurés du sang, c'est que, d'une part, on obtient la coagulation du sérum, en y ajoutant des globules, et d'autre part que les globules lavés, puis traités par l'eau, donnent un liquide qui se coagule spontanément. Néanmoins, le plasma fdtré, alors qu'il est encore liquide, et par conséquent dépouillé de ses globules, conserve la faculté de se coaguler ; il se coagule encore, bien que ses leucocytes restent longtemps intacts et ne paraissent rien lui céder et enfin, dans les cas où il est mis à l'abri de l'air ou plongé dans des milieux d'où il ne peut tirer aucune espèce de ferment.

Le caillot qui vient de se former, tout d'une pièce ou avec une couenne, n'est pas homogène. Ses diverses tranches horizontales ont d'autant moins de fibrine et d'autant plus d'hématies qu'elles sont plus rapprochées du fond du vase, aussi est-il ferme et rétractile en haut, tandis qu'il devient mou et friable inférieurement. Dans la couenne, la fibrine est débarrassée presque entièrement de globules rouges, mais elle retient une quantité énorme de globules blancs qui lui donnent souvent l'aspect mat e^purulent. Dans le caillot des solipèdes, divisé en deux parties, la blanche est constituée par la plus grande fraction de la fibrine, dont le réseau emprisonne une quantité considérable de sérum; la partie rouge formée par les hématies n'a presque pas de fibrine, et retient un cinquième de sa masse de sérum. Entre la blanche et la rouge se trouve une couche mince, épaisse de plusieurs millimètres, et formée de leucocytes. Il en résulte que, chez

ces animaux, le coaguluin a trois, étages : le supériiMir lilirineux, le moyen, à globules blancs, et l'inférieur, à globules rouges. L'ordre de leur superposition est en rapport avec leur densité spécifique.

Ces trois couches sont d'autant plus distinctes et mieux séparées que la coagulation s'est faite avec plus de lenteur. Aussi elles le sont parfaitement dans le sang recueilli à une basse température ou tenu immédiatement après son extraction dans des mélanges réfrigérants.

La séparation des deux caillots est d'autant plus parfaite que le sang a été recueilli plus vite et moins agité. Elle se fait très bien dans une éprouvette si le jet de sang est considérable et coule sur les parois. Au contraire, elle a lieu incomplètement si le sang bave, s'il tombe avec bruit au fond du vase, en mince lilet ou en jet saccadé, intermittent, s'il est agité, ou enfin reçu dans un vase élargi. Aussi, dans les études hématométriques, faut-il tenir grand compte de ces particularités, si Ton veut olitenir des données comparatives de quelque valeur.

Une fois que le sang est complètement coagulé, son caillot commence à se rétracter uniformément, s'il est homogène, et dans sa partie blanche seulement, si la coagulation s'est opérée suivant le mode propre aux solipèdes. Par suite de ce resserrement, le caillot blanc abandonne les parois du vase dans lequel il s'est moulé; son extrémité supérieure devient concave et s'enfonce dans le sérum, si elle n'a pas été associée à des bulles d'air. Le retrait continue pendant longtemps ; il ne s'achève en général cpi'après Tingt-quatre à quarante-huit heures, et même plus. Mais, à cet égard, il y a de grandes variations suivant les espèces. Dans le sang des oiseaux, des carnassiers, des petits ruminants, dont la coagulation est prompte, le retrait du caillot commence aussitôt après sa formation; dans celui des solipèdes,. il ne débute qu'au bout de plusieurs heures, et s'arrête d'autant plus promptement qu'il a débuté plus tôt. Il est achevé dans le sang du chien, du mouton, alors qu'il n'est effectué qu'à demi sur le cheval. Le retrait est moins marqué dans le sang de la splénique, des sus-hépatiques que dans celui des autres vaisseaux; il est peu prononcé dans les maladies typhoïdes. virulentes, dans l'infection putride, et souvent nul dans la morve, mais il est très marqué dans les affections inflammatoires, notamment la pneumonie, la pleurésie, etc. Une fois le retrait arrivé à ses limites, le sérum expulsé représente environ le tiers de la masse totale du sang. Conséquemment, il est au caillot : ■- 1 : 2 ; mais cette proportion varie beaucoup. D'après mes observations sur les ruminants, le sérum peut représenter quelquefois plus de la moitié de la masse. Le coagulum qui a expulsé la sérosité n'a pas éprouvé de changements notables ; seulement les stries de fibrine sont devenues plus onduleuses ou plus plissées qu'au début. On a trouvé que le caillot du sang de l'homme, arrivé à sa contraction extrême, renferme encore environ 20 pour 100 de sérum, ou le cinquième de sa masse.

Ce n'est pas seulement dans le cas où le sang est extrait de ses vaisseaux qu'il se coagule ; il peut aussi passer à l'état solide dans l'organisme, après la mort et même pendant la vie. soit dans ses vaisseaux, soit dans les parties où il est extravasé.

D'abord, sur le cadavre, la coagulation s'opère avec facilité, absolument comme en dehors de l'organisme, dans les ca\ités du cœur, les artères et les veines. Sur les solipèdes, il se forme des caillots divisés en deux parties, jaunes en haut et noirs dans les points déclives. Le sérum s'échappe de ces caillots contractiles comme il le fait dans les éprouvettes, mais l'osmose l'emporte à mesure hors des vaisseaux et le verse dans le péricarde, les séreuses, ou le dissémine dans la trame des organes.

Pendant la vie, le sang se coagule dans les vaisseaux liés, dans les artères ombilicales et dans les veines enflammées. 11 se coagule assez souvent dans les dilatations anévrysmales, dans l'anévrysme verraineux de la grande mésentérique du cheval, dans les veines sinueuses du corps caverneux, du fourreau, dans la saphène chez les solipèdes, sous forme de noyaux elliptiques lisses, dans l'aorte postérieure, près des iliaques, sous forme de cylindres très volumineux ; enfin, à l'état de masses filamenteuses sur les cordages tendineux et les valvules du cœur. Sa coagulation a lieu d'une manière confuse dans les parties où le sang s'épanche : parties contuses, ecchymosées, foyers apoplectiques, cavités séreuses, estomac, intestins, utérus, vessie, oîi il peut constituer des masses considérables. Dans ces divers cas, si les caillots se sont formés vite, ils sont mous et retiennent les globules ; s'ils se sont formés avec lenteur, ils se trouvent pâles, fibrineux, souvent stratifiés, et leurs diverses couches offrent un aspect varié.

La présence dans les vaisseaux d'un corps étranger, même peu volumineux, provoque la formation de ces caillots. Le sang se coagule autour de ce corps qui se recouvre ultérieurement d'autres couches fibrineuses : ainsi agissent les helminthes, les embolies, les rugosités des parois, les produits de l'inflammation, même les globules agglomérés.

La raison ou les raisons du maintien de la fluidité du sang dans les vaisseaux ne sont pas bien déterminées. Brûcke a prétendu que cette fluidité était entretenue par l'intervention de l'endothélium vasculaire, et il a appuyé son opinion sur ce fait, que le sang demeure longtemps liquide pendant la vie dans les segments de vaisseaux où il est retenu par des liens qui ne lèsent pas les parois, tandis qu'il se coagule, au moins en partie, si l'épithélium a été lésé. Mais, dans le cas de lésion épithéliale, il y a une irritation et un exsudât qui peuvent être des causes directes de coagulation.

IIL — Eléments figurés du sang.

Le sang, qui est de tous les produits de l'organisme, le plus complexe, est formé de deux parties distinctes, d'un fluide appelé plasma et de corpuscules solides ou de globules très petits. Ces corpuscules sont de deux espèces : les uns, appelés globules sanguins, globules rouges ou hématies sont propres à ce liquide, les autres ou les globules blancs, de diverses grandeurs, sont communs au sang et aux liquides du système lymphatique.

Oiolndes routes. — Les globules sanguins ou les hématies, vus d'abord dans le sang de la grenouille par Swammerdam, Malpighi et Leuwenhoeck sont

des corpuscules sphériques, elliptiques ou discoïdes, suivant les animaux où on les examine.

Chez les maniinifèros, ils ont la forme de disques ou de lentilles légèrement biconcaves, disques brillants au centre si leurs faces sont éclairées et sombres dans le cas contraire. Ils se montrent pour la plupart isolés tant que le sang demeure liquide, mais ils ont une grande tendance à se rassembler en masses irrégulières ou à s'agglutiner par leurs faces de manière à simuler des piles de pièces de monnaie. Chez les caméliens, dromadaire et lama, chez les oiseaux, les reptiles et la plupart des poissons, ils sont elliptiques. C'est seulement dans quelques espèces de cette dernière classe qu'ils reprennent la forme sphéro'i'dale.

La forme des globules peut se modifier par le fait de l'évaporation et des actions osmotiques.Ils deviennent, en dehors des vaisseaux, dentelés, étoiles, déchiquetés par l'évaporation ou l'action des sels alcalins; mais ils ne paraissent pas se déformer ainsi pendant la vie. L'aplatissement de leurs faces diminue et ils tendent à devenir bombés quand ils absorbent l'eau ou les liquides extérieurs.

Leur diamètre, mesuré par un grand nombre d'observateurs, est loin d'être uniforme dans tous les animaux. Il est à son minimum chez les mammifères, particulièrement chez les ruminants, augmente un peu chez les carnassiers et chez l'homme, devient plus considérable chez les oiseaux, les reptiles et atteint son maximum chez les batraciens; conséquemment les globules, parmi les vertébrés, grandissent à mesure que l'organisation se dégrade. Il n'y a aucun rapport constant entre la taille des animaux et le volume de ces corpuscules : ils sont, chez la souris et la musaraigne, aussi grands que chez le cheval. Cependant, d'après la remarque de Gulliver, l'éléphant et la baleine parmi les mammifères, Tautruche et le casoar parmi les oiseaux, sont les espèces qui offrent, dans leur classe, le globules les plus volumineux. Peut-être comme le fait observer Milne Edwards, leur diminution de volume est-elle en rapport avec les besoins de la respiration et la rapidité des mouvements.

On a calculé, sur l'homme, que les globules contenus dans 4 litres 1/2 de sang, représentaient une surface de 2 800 mètres carrés. Cette surface absorbante ne serait pas moindre de 14 000 mètres pour la somme des globules d'un bœuf ou d'un cheval de taille moyenne.

Voici, pour quelques espèces, les dimensions données'par les observateurs

Le chevrotain 1/500^ de millimètre.

La chèvre 1/250= —

Le lama 1/247= —

Le dromadaire 1/233= —

Le mouton 1/209= —

Le cheval 1/181« —

Le chat IjViS* —

Le bœuf... 1/168' —

Le pr.rc 1/166" —

L'àne 1/157= —

Le lapin 1/142» —

Le chien 1/139-= —

L"homrae 1/L26c —

La baleine 1/222= —

L'éléphant 1/100» —

Parmi les oiseaux ils ont dans :

Le pigeon 1/143» di^ millimètre.

La pintade et le faisan 1/142° —

Le paon 1/141» —

Le coq 1/136^ —

Le cygne 1/108= —

De toutes les mensurations faites, il résulte que le diamètre moyen, chez les mammifères, est de 1/130 à 1/160 de millimètre. Le grand diamètre moyen chez tous les ovipares est beaucoup plus grand ou 1/59 à 1/105 chez les oiseaux, 1/50 chez les reptiles, 1/43 chez la grenouille, 1/33 chez la salamandre, 1/16 chez le protée et 1/44 chez plusieurs poissons. Conséquemment parmi les vertébrés, du chevrotain au protée, le diamètre des globules varie dans le rapport de 1 à 30 et le volume dans celui de 1 à 50.

Le volume des globules, dans un même animal, peut varier suivant les âges et les conditions physiologiques. Pendant la vie embryonnaire ils ont un diamètre presque double de celui de la vie extra-utérine. Ils paraissent un peu plus grands dans les cas où la proportion d'eau est très accrue dans le sang.

La constitution du globule sanguin est un point de fine micrographie sur lequel les observateurs les plus habiles n'ont encore pu tomber d'accord. Pour quelquesuns le globule est une cellule libre qui, com-me toutes les autres, a une enveloppe, un contenu et un noyau. Pour d'autres, Virchow notamment, c'est une cellule, une simple vésicule sans noyau dont l'enveloppe contient une matière filante rouge. Ce serait seulement, suivant Briicke, un petit amas de matière sarcodique sans membrane limitante ni noyau.

Néanmoins chez les vertébrés ovipares, notamment chez les oiseaux, les globules paraissent avoir un noyau que l'eau rend visible, et ce noyau, d'après M. Ranvier, est pourvu d'un nucléole simple ou multiple.

Quoiqu'il soit difficile de prouver, d'une façon irréfutable, la réalité de l'enveloppe globulaire, l'existence de cette membrane est extrêmement probable. Elle paraît mince, transparente, extensible, élastique, pour permettre aux globules de céder aux pressions et de revenir ensuite à leur configuration. L'acide acétique la rend gélatineuse, et invisible, mais l'iode la rend de nouveau apparente. En traitant les globules par des dissolutions salines concentrées, puis par l'eau, on en extrait le contenu en la laissant intacte, pâle et décolorée. Les solutions alcalines étendues et l'acide acétique la réduisent à l'état de gelée ou de matière visqueuse, qu'on isole par le lavage des cristaux d'hémato-cristalline et qu'on peut purifier par l'alcool et l'éther. Sa composition, d'après Lehmann, est celle des matières albuminoïdes moins le soufre.

Le contenu du globule ou sa substance entière, s'il n'y a pas de membrane limitante, est une matière semi-fluide, visqueuse, composée de globuline et d'hémato-cristalline, ou, en d'autres termes, d'une matière amorphe blanche et d'une matière colorante séparables l'une de l'autre quand on fait passer un courant d'acide carbonique dans la solution qui les contient,

Pi*oi>riétés des globules. — Les globules rouges ont plusieurs propriétés remarquables. Leur densité, égale à 1 088, ou de 58 millièmes supérieure à

PKOrRIÉTÉS ET COMPOSITION UU SANG.

celle du plasma, explique pourquoi ils se précipitent vers les parties inférieures du caillot; elle augmente à mesure qu'ils perdent de l'eau par l'évaporation ou par les actions osinoti(iues. Divers agents leur font éprouver des modilications très appréciables. L'eau en augmente l'épaisseur et tend à les rendre sphériques ; elle dissout leur matière colorante et l'entraîne dans le liquide ambiant ; aussi sous son induencc, les globubules pâlissent et deviennent à la longue incolores. Dans cet état, la teinture d'iode en fait réapparaître les contours. L'acide acétique étendu les rend aussi très pâles; l'acide acétique concentré les fait même disparaître en rendant le sang brunâtre et visqueux ; l'alcool, la teinture d'iode les rapetissent; l'évaporation les ride, les rend étoiles. A la suite de la congélation, ils se déforment et leur contenu se dissout dans le sérum. La potasse leur donne une teinte brune; cet alcali, comme les solutions étendues de carbonate ou de sulfate de soude, en opère promptement la dissolution. L'acide carbonique les brunit, les rend mous, visqueux, très aptes à se déformer et à s'agglutiner entre eux. Quelques gaz, tels que l'oxyde de carbone, jouissent delà propriété de se combiner intimement à leur substance, de telle sorte qu'ils ne peuvent ensuite être ramenés à leur état initial. Ces corpuscules traversent pour la plupart les filtres, mais ils perdent cette faculté par l'action du sulfate de soude et du nitrate de potasse.

La proportion des globules rouges dans le sang est très considérable. Lorsque ce liquide a été défibriné, ils se précipitent et représentent environ la moitié de la masse totale. Défalcation faite du sérum qu'ils retiennent dans leurs interstices, sérum dont la quantité est de 1/5 à 1/4 de la masse des globules, celle-ci représente, terme moyen, 51 pour 100 de sang ou 510 pour 1 000, et d'après Schmidt, elle oscille entre 400 et 540 millièmes; aussi en jaugeant le dépôt qui s'opère dans le sang défibriné ou en mesurant le caillot rouge des solipèdes, on obtient approximativement la quantité de globules à l'état frais, et ce moyen que le physiologiste et le praticien peuvent aisément employer, les dispense de l'intervention du chimiste; il donne d'ailleurs à l'esprit une idée plus juste de la proportion des corpuscules que leur chiffre à l'état

sec. On arrive à ce résultat dans la pratique, quand il ^'^- l^^-— Hématomètre

cGntésinicil (*) s'agit du sang du cheval et des autres solipèdes en se

servant d'éprouvettes graduées qu'on appelle hématomètres. L'hématomètre

centésimal que j'ai gradué dès 1868, d'après de nombreuses observations donne

(*) fi3. P. Pléthore. — 38, AC, anémie commençante. — 33, AA, anémie avancée, — 23, AË, anémie e.xtrème.

au premier coup d'œil les proportions relatives du caillot rouge ou globulaire et du caillot blanc plasmatique ou à peu près dépourvu de globules. A l'état habituel, le caillot globulaire inférieur correspond à 50 divisions de l'échelle ou à environ la moitié de la hauteur totale de la colonne sanguine. Il y a pléthore quand le caillot rouge s'élève un peu au-dessus de .50, comme à o3 et 55. Il y a, au contraire, réduction globulaire d'un quart ou anémie commençante lorsque le rouge ne s'élève qu'à 38. Il y a à 33 une réduction globulaire d'un tiers et anémie avancée ; — à 25 réduction globulaire de moitié et anémie extrême. Les indications de cet instrument n'ont leur valeur approximative qu'à une double condition : 1° si le sang est recueilli rapidement en jet sur les parois latérales de l'éprouvette ; 2° s'il se sépare en ses deux parties et commence à se coaguler sans être agité même légèrement. La quantité des globules s'obtient également par le lavage sur un filtre et la dessication, qui fait perdre à ces corps les 3/4 de leur poids. C'est presque toujours à l'état sec qu'elle est indiquée par les chimistes. Enfin, en les comptant au microscope, dans des quantités déterminées de sang, ou a cru pouvoir estimer leur nombre chez l'homme de 4 à 5 millions par millimètre cube de sang.

Leur numération approximative s'opère assez aisément à l'aide du capillaire artificiel de M. Malassez ou du petit appareil de MM. Hayem et Nachet, dont il a été déjà question à propos des globules du chyle et de la lymphe. Ces instruments plus ou moins utiles dans les recherches des laboratoires sont d'un emploi peu facile entre les mains du clinicien. Les indications qu'ils donnent peuvent être remplacées avec une suffisante précision, en ce qui concerne les solipèdes par celles d'un héraatomètre comme celui dont je me sers depuis longtemps.

M. Malassez évalue le nombre des globules, par millimètre cube, à 3 millions 1/àchez le marsouin, à 10 millions chez les caméliens, à 18 millions chez la chèvre. Ce nombre se réduit de beaucoup dans le gang des vertébrés ovipares. Il ne serait plus en moyenne que de 3 millions chez les oiseaux et de 700 mille à 2 millions chez les poissons.

A l'état sec, la quantité moyenne des globules indiquée par les chimistes est, pour 1000 de sang :

Dans la chèvre « .. .>..., ; 80

Dans la bi'ebis 92

Dans le bœuf ; 121

Dans l'homme ; ; . * 137

Dans le chien ;.,.;.;... i . ; i ; ; . . 1 -28

Dans le porc ; i . . : 145

Dans les oiseaux ;.;; : — 121 à 150

tjne foule de conditions normales et pathologiques la font osciller dans des limites très étendues ; les plus importantes sont relatives aux classes, aux espèces, a l'âge, au sexe, à l'état de l'alimentation et aux maladies.

Suivant les classes, les différences sont considérables. D'après MM. Prévost et Dumas, les vertébrés à sang chaud donnent, terme moyen, de 86 à 157 millièmes de globules, — les vertébrés à sang froid, de 63 à 94 ; — les oiseaux, de 121 à 150 — les mammifères de 86 à 130.

Suivant les espèces, les dilTérences sont extrêmement marquées. Parmi les mammifères le lapin, le mouton, la chèvre sont ceux qui ont le saug le plus pauvre en globules, quant à leur poids. Le porc celui qui Fa le plus riche; en général, les herbivores ont moins de globules que les omnivores cl les carnassiers.

L'influence de l'âge est très notable. Le jeune fœtus a beaucoup plus de globules que le mammifère après la naissance ; le jeune animal en voie de dévelopment en a une plus faible quantité que l'adulte ; du moins c'est ce que Denis, Nasse et Poggiale ont constaté en comparant le sang du veau à celui du bœuf, des jeunes lapins à celui des lapins adultes, du poulet à celui du coq. Mais, à partir d'un certain âge, comme de 1 à 3 ans sur le bélier, leur proportion reste sensiblement la même. Les femelles ont moins de globules que les mâles, la femme en a, par exemple, i/o" de moins que l'homme. Dans les analyses de MM. Andral, Gavarret et Delafond, les taureaux ont donné 107 millièmes, les vaches 102 millièmes, les béliers 100 millièmes, les brebis 90 millièmes. Dans toutes les espèces, les individus vigoureux, musclés, énergiques, sanguins, en ont plus que les individus mous, lymphatiques. A cet égard, la dilïérence au profit des premiers peut s'élever au chiffre 20 millièmes.

Le travail digestif augmente la quantité de ces corpuscules comme celle de tous les principes fixes du sang ; l'abstinence la réduit le plus souvent, mais non toujours; l'hibernation l'amènerait, d'après Vierordt, au tiers du chiffre normal. La gestation qui rend les femelles lymphatiques diminue de 10 millièmes la quantité des globules chez les brebis et de 16 millièmes chez la femme ; après le part, elle remonte au chiffre normal. Les saignées, surtout si elles sont abondantes, donnent lieu à une diminution énorme, comme Tackrach l'avait observé depuis longtemps. MM. Gavarret et Delafond ont trouvé sur un cheval qui fut saigné tous les jours pendant une semaine, 104 de globules après la première saignée, 97 après la seconde, 83 après la troisième, 6o après la quatrième, 51 après la cinquième, 44 après la sixième, 38 après la septième. On a observé sur les petits animaux une réduction de moitié après des émissions suffisamment abondantes pour détermiher la mort.

Une foule d'états morbides font varier le chiffre des globules. La plupart le descendent. Dans l'anémie, la chlorose, la leucémie, qui sont des maladies fort communes dans l'espèce humaine, ce chiffre arrive de 127 à 65, 50, 47 et même cà 28, d'après Andral et d'autres observateurs. Dans la cachexie aqueuse ou la pourriture des moutons, qui est une sorte d'anémie très fréquente, Nasse a vu ce chiffre tomber de 92 à 10. Je Tai vu arriver au quart de la normale sur un cheval où l'anémie semblait à ses dernières limites. Nasse a constaté encore qu'il descendait de 117 à 43 millièmes sur le cheval morveux; mais, d'après mes observations, ce fait est loin de se produire constamment.

Une légère diminution a été constatée par Becquerel et Rodier dans la plupart des phlegmasies. Elle est plus marquée dans les maladies chroniques où le travail digestif est languissant, l'alimentation insuffisante, dans les intoxications paludiques, la fièvre puerpérale, la dysenterie. Et dès que le chiffre descend sur l'homme à 80, l'anémie se caractérise par la pâleur de la peau, les palpitations, etc. Globules blaues, leucocytes.— Au milieu des globules rouges se trou-

vent disséminés des globules blancs ou leucocytes semblables à ceux que nous avons déjà trouvés dans le système lymphatique. Ils sont régulièrement dispersés dans le sang qu'on examine avant la coagulation, et au contraire souvent rassemblés en petites masses dans le liquide qui se coagule. Ces amas se trouvent particulièrement dans la couenne, à laquelle ils donnent un aspect grisâtre, ou chez les solipèdes, au point d'union du caillot blanc avec le noir.

Ces globules sont brillants, argentins, sphériques, à contours nets, à surface mamelonnée, et se distinguent facilement des hématies. On en voit de trois dimensions. La plupart sont plus grands que les globules rouges, d'autres ont à peu près le même diamètre que ceux-ci, quelques-uns sont plus petits. M. Robin estime qu'ils ontchez l'homme 8 à 9 millièmes de millimètre, et Kolliker 10 millièmes. Sur les solipèdes et les grands ruminants ils sont un peu plus gros, car ils mesurent de 10 à 12 millièmes de millimètre ; conséquemment, ils sont plus gonflés dans le sang qu'ils ne l'étaient dans le système lymphatique. Néanmoins, d'après quelques observateurs, ils seraient beaucoup plus petits chez les singes et les oiseaux que chez l'homme.

Leur quantité est extrêmement variable. Sur l'homme on en compte normalement 1 pour 300 globules rouges ; mais cette proportion peut doubler ou tripler chez quelques espèces ou quelques individus. On la trouve très considérable pendant la vie fœtale; mais elle diminue peu après la naissance, sur les animaux à jeun, sur ceux qui sont soumis à une longue abstinence, etc. Au contraire, elle augmente à lasuitede la saignée, de l'administration des purgatifs, sous l'influence des maladies générales, des lésions de la rate, du foie et surtout de celles des ganglions lymphatiques. Les leucocytes sont en proportion énorme sur les chevaux morveux et farcineux, d'après les observations de M. Delafond, dont j'ai reconnu souvent l'exactitude ^ Ils m'ont paru aussi fort nombreux sur les chevaux morts à la suite de la pneumonie et sur les moutons affectés de c-ichexie aqueuse. Dans la leucémie de l'homme, où il y a évidemment hypergenèse de globules blancs, ils deviennent si nombreux qu'on pourrait, d'après Virchow, en compter 1 sur 50, sur 20 et même 1 sur 3 rouges. Alors leur nombre s'accroît proportionnellement à l'activité physiologique ou morbide du système lymphatique ou de ses annexes. Ils dérivent incontestablement de ce système, au moins pour la plus grande partie, et la qualification qui leur conviendrait le mieux serait celle de cellules ou de globules lymphatiques.

Il importe de se rappeler, quand on cherche à en déterminer la quantité, qu'ils ne sont pas uniformément répandus dans toutes les parties du système vasculaire. En efl'et, M. Robin^ en a trouvé beaucoup plus dans le sang des veines sus-hépatiques que dans tous les autres ; moins dans l'oreillette droite, moins encore dansla splénique,lamésentérique, etc. Chez l'homme, le chat et le chien, les sushépatiques en présentaient tantôt 1 sur 150, tantôt 1 sur 20 globules rouges. Dans tous les cas, leur proportion ne peut être exactement déterminée sur le cadavre ni dans le sang coagulé, puisqu'ils se rassemblent ordinairement en petites masses, soit à la surface, soit au milieu des caillots, de telle sorte que

1. G. Colin. SiD- la leucocytose morveuse. Bull, de iAcoA. de méd. 1876, p. 19 et p. 115.

2. Robin, Leçons sur les humeurs normales et morbides, p. 54.

cerlaines parties du sang examiné en contieiinoiil ljeaucuu[» tandis que d'autres en sont à peu près totalement dépourvues,

La constitution des globules blancs est dans le sang ce qu'elle était dans la lymphe. Ces corpuscules ont une enveloppe membraneuse mince, transparente, extensible et élastique que l'addition de l'eau au sang rend plus visible, enveloppe susceptible de se déchirer en laissant échapper son contenu. Néanmoins pour certains micrographes cette membrane n'existerait pas. Le protoplasma qui constitue la masse du globule serait à nu et ce serait lui seul qui éprouverait les mouvements amiboïdes dont il a été question ailleurs. Les plus petits ne paraissent posséder qu'un seul noyau arrondi et brillant, et les gros plusieurs noyaux ou un amas de granulations que l'acide acétique fractionne et rend plus manifestes. Ces globules, examinés dans le sang vivant, sont contractiles comme s'ils étaient formés d'une substance de nature sarcodique. Ils changent spontanément de forme, donnent à leur surface des prolongements qui peuvent se déformer et disparaître. Leur viscosité leur permet de s'agglutiner entre eux, d'adhérer à la face interne des parois des capillaires, sur les éperons des petits vaisseaux. Leur consistance molle leur donne la faculté de prendre des formes variées et de s'étirer dans les étroits passages du système vascuiaire.

Quelquefois, parmi les leucocytes, se trouvent de grandes quantités de granulations blanches très petites, qui ne semblent pas différentes des granules qu'on voit sortir de l'enveloppe déchirée des leucocytes ordinaires. J'en ai vu souvent de telles sur les animaux affectés de la morve, du farcin, du charbon, etc.

Ces globules jouent un rôle important dans la constitution du sang. Warthon Jones a émis l'idée que leur noyau devenait un globule rouge, et les Allemands, Virchow entre autres, adoptent l'idée de cette transformation, que je défends depuis longtemps ei que mes recherches sur le système lymphatique rendent extrêmement probable. Avec les hématies et les globules blancs il y a aussi dans le sang des corpuscules ou des granules de nature encore indéterminée. Les uns, appelés jadis, globulins ont été considérés soit comme des globules en voie de formation, des globules jeunes ou à l'état embryonnaire, soit comme des globules en voie de destruction. D'autres ou peut-être les mêmes ont été appelés microcytes. Il en est de très petits que M. Ranvier croit être de simples granules fibrineux.

Particules grraisseiises. — On trouve aussi dans le sang, surtout pendant la digestion du lait, des substances animales et de tous les aliments oléagineux, de très fines particules sombres, visibles seulement à un fort grossissement. Ce sont des particules de graisse que quelques auteurs supposent entourées d'une enveloppe protéique. Elles sont animées d'un mouvement brownien très vif. L'éther les fait disparaître et, en s'évaporant, les remplace par de petites gouttelettes de graisse. En un mot, elles ont tous les caractères des granulations graisseuses du chyle ; et, bien certainement, leur origine est en grande partie dans le système chylifère. Quelques observateurs naïfs les ont considérées, avec les petits granules blancs, comme des éléments figurés fort importants, des microzymas, jouant un ^rand rôle dans les affections virulentes.

Dans quelques conditions pathologiques, le sang se charge d'autres éléments

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figurés, par exemple de bactéries simples ou articulées sur les animaux charbonneux, septicéraiques. et même de cellules ou de granules de pigment, sur les sujets affectés de mélanémie. Ces derniers éléments n'ont qu'un intérêt secondaire au point de vue physiologique.

Coustitntiou cliimitiue tles grlol>iilcs. — La composition chimique des hématies est fort compliquée, et elle a ceci de remarquable qu'elle fait des globules des organites à part, différant du plasma, tant par leurs matières protéiques que par leurs substances minérales et salines. Mais elle n'est point encore établie avec toute la précision désirable.

D'après divers chimistes, notamment Berzelius et Schmidt, le globule ou plutôt son contenu semi-fluide résulte du mélange de deux matières : l'une, la globuline incolore, insoluble dans le sérum, mais soluble dans l'eau, coagulable par la chaleur; l'autre, l'hémato-cristalline ou matière colorante. La première, qui existe aussi dans la plupart des tissus dérivés de cellules, peut être séparée de la seconde à l'état de dépôt blanc, amorphe, lorsqu'on fait passer un courant d'acide carbonique dans une solution étendue de cristaux du sang. Ce dépôt, suivant Schmidt, est insoluble dans les alcalis et les acides, et se redissout par l'action d'un courant d'oxygène. Les deux substances associées constituent l'hématosine, l'hématine ou hémato-cristalline, soluble dans l'eau pure, insoluble dans l'eau albumineuse chargée de sel marin, comme dans le sérum normal du sang. Sa solution n'est précipitable ni par le sublimé, ni par le sous-acétate de plomb, mais elle donne par la chaleur un coagulum albumineux. Cette matière, cristallise en prismes de couleur amaranthe, dont le volume peut augmenter ou diminuer sous l'influence de divers réactifs. D'après Lehmann, elle ne serait pas constituée dans le sang, mais y prendrait naissance à la suite de la triple action de l'oxygène, de l'acide carbonique et de la lumière sur les globules. Ses cristaux, que Teichmann dit avoir obtenus incolores, disparaissent sous l'influence de la dessiccation comme de l'humidité. Aujourd'hui les chimistes, après une foule de variations, considèrent la matière colorante des globules, sous le nom d'hémoglobine, comme un produit distinct susceptible d'être isolé par divers moyens — par l'eau ajoutée en grande quantité au sang — par la vapeur d'éther ou de chloroforme — par les courants induits ou les décharges électriques, — par les acides de la bile associés au sodium, la congélation, etc. L'hémoglobine obtenue par l'un ou l'autre de ces moyens, passe, rapidement, en raison de son avidité pour l'oxygène à l'état d'oxyhémoglobine ; elle se coagule par la chaleur comme l'albumine, cristallise facilement; se dissout dans l'eau, est précipitable par l'alcool, etc. On prétend maintenant que c'est en s'altérant ou en se décomposant qu'elle donne les matières colorantes cristallisables appelées hémine ou hématine. L'héraine s'obtiendrait parla chaleur et l'acide acétique cristallisable. Ses cristaux traités par l'ammoniaque, puis par l'eau donneraient l'hématine. Mais le physiologiste ne doit voir en tout cela qu'une même matière très altérable que les réactifs et les modes de préparation dégagent et isolent sous des formes variées.

La matière colorante des globules peut passer à l'état d'hématoïdine en prenant un équivalent d'eau et en perdant son fer. A ce nouvel état elle cristallise

en aiguilles, on prismes tétraèdres ou riiombuïdaux d'un rouye vit'. Elle est insoluble dans l'eau et l'alcool, mais soluble dans l'ammoniaque. C'est, à ce qu'il semble, un produit de Taltéiation de la matière colorante proprement dite, produit qu'on trouve souvent dans l'ovaire, les épanchemenls cérébraux, etc. ; elle conserve sa teinte rouge quoiqu'on la dépouille de son fer.

Le fer des globules est à un état encore indéterminé. Berzelius disait à l'élat d'oxyde, Engelhart à l'état métallique et combiné à la matière rouge comme le phospboi'e et le calcium. Divers cliimistes pensent que ce n'est pas à lui qu'est due la couleur rouge de l'hématosine, et M. Boussingault a défendu cette opinion \ car Schérer croit avoir enlevé à cette substance tout son fer sans lui retirer sa couleur.

Le? globules renferment, outre les matières protéiques des matières grasses phosphorées, de la margarine, de l'oléine, de la cholestérine, etc., de 0,2 à 0,3 pour 100, des matières extractives indéterminées, des phosphates et des sels potassiques eu proportions très supérieures à celles des mêmes sels dans le séru.m. Ils contiennent, dix fois plus de phosphates et dix fois plus de potasse que le plasma, mais beaucoup moins de chaux, de magnésie et de soude que le sérum; enfin, ils ont de 0,6 à 0,9 pour 100 d'oxyde de fer. Ils renferment la totalité de la matière colorante, des graisses phosphorées et des sels de potasse.

En somijie, dans 1000 parties de globules, il y a suivant Lehmann :

Eau 688,00 Acide phosphorique 1,134

Globuliae 282,22 Potassium 3,328

Hématosine 16,75 Sodium.. 1,052

Matières extractives 2,60 Phosphate de chaux 0,114

Matières grasses. 2,31 Phosphate de magnésie 0,073

Chlore...". 1,686 Oxygène libre... ." 0,667

Acide sulfurique 0,066

D'après cela on voit que le globule, par ses matières protéiques comme par ses matières minérales, a une constitution propre et qu'il ne se comporte pas comme une cellule qui admettrait ou rejetterait simplement les matières du sérum ,

Au reste, les globules n'ont pas exactement la même constitution dans les deux sangs. Ceux de l'artériel ont, d'après Lehmann, plus d'hématosine et de sels, mais moins de principes solides et de graisse que ceux du sang veineux. Les premiers sont en outre, comme nous l'avons dit, chargés d'une plus grande quantité d'oxygène et d'une moindre proportion d'acide carbonique que les seconds.

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