‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 179 sur 310 · Figuier, Comptes rendus de V Académie des sciences · texte numérisé non relu

Figuier, Comptes rendus de V Académie des sciences

2. G. Colin, ISSouveau coup d'œil sur les phénomènes de la glycogénie animale {Recueil de méd. véter., 1864, p. 999).

3. Ch. Robin, Leçons sur les humeurs normales et morbides, p. 94.

Verdeil dans le sang de quelques animaux. Elles y sont à l'état libre et proviennent de l'action ou de l'usure du tissu musculaire.

L'urée, qui paraît se former principalement dans les tissus albumineux, existe constamment dans le sang à l'état normal. Sa quantité évaluée à 0,016 pour 1000 devient très considérable à la suite de l'extirpation des reins chargés de son élimination. Elle augmente, d'après les recherches récentes, dans la néphrite, la maladie de Bright, les affections articulaires, les maladies typhoïdes.

La leucine, l'hypoxanthine qui prennent naissance dans le foie, la rate, les poumons, passent aussi dans le sang à l'état de liberté et s'y maintiennent en faible proportion. Cette dernière substance y a été trouvée par Virchow et Scherer dans les cas de maladies de la rate et de leucémie. Elles s'éliminent par la sécrétion urinaire et la transpiration cutanée.

Outre la matière colorante rouge propre au globules, le sang renferme une matière colorante jaune signalée d'abord par ]\DL Ghevreul, Lecanu et Boudet dans le cas d'ictère. Cette matière, propre au sérum, est très abondante sur le cheval, moins sur le bœuf, le mouton et les carnassiers. Elle est soluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, et inaltéra])le dans les acides. Quelques gouttes d'acide azotique la décèlent en donnant une coloration verte, puis successivement bleue, violacée et jaune. La plupart des chimistes la regardent comme identique à la matière colorante de la bile. F. Simon la croit un dérivé de l'hématosine dont elle aurait la composition; elle contient d'ailleurs du fer comme cette dernière. Cependant, il ne me paraît pas impossible qu'elle vienne des aliments, car le sérum du chyle est déjà coloré en jaune comme celui du sang. Peut-être cette matière est-elle la même que celle qui teint la lymphe, la sérosité du tissu cellulaire et des membranes séreuses, l'urine, etc. Dans tous les cas, sa proportion augmente dans l'ictère, la plupart des pneumonies, des gastro-entérites, etc.

Matières minérales et salines. — Il entre, dans la constitution du sang, 6 à 8 millièmes de sels. Les uns sont des sels minéraux d'origine étrangère, le chlorure de sodium, le chlorure de potassium, les sulfates de soude et de potasse, les phosphates alcalins, les carbonates de soude, de chaux et de magnésie ; les autres sont des sels organiques à base minérale, lactates, oléates, margarates, urates, hippurates de soude, dont les acides, ont pris naissance dans l'organisme. Tous ces sels existent dans le plasma ou dans les globules à l'état de simple dissolution, ou en combinaison avec les matières protéiques. Ils y jouent un rôle important au point de vue delà nutrition et des sécrétions.

D'après Becquerel et Rodier, pour 1000 parties de sang humain, il y a 3,5 de chlorure de sodium, 2,8 de sels solubles,0,3 de sels insolubles; conséquemment, le chlorure de sodium représente, à lui seul, la moitié des substances minérales du fluide nutritif. Les proportions relatives de ces sels ne sont pas constantes ; elles varient suivant la nature de l'alimention, les âges, les conditions physiologiques ou pathologiques où se trouvent les animaux.

D'abord la masse totale des sels oscille de 5à8 millièmes chez les individus en bonne santé; d'après Becquerel et Rodier, celle du sel marin entre 2,5 et 4,5. Les carbonates deviennent très abondants sous l'influence de l'alimentation végétale : ceux de soude et de potasse prédominent chez les herbivores ; les phos-

pliâtes, au contraire, l'emportent chez les carnassiers. Les premiers et les seconds sont à peu pri's (Mi ésale quantité chez les omnivores. Verdeil s'est assuré, sur le chien, (pie la prédominance des t>hosphates a lieu sous l'inlluence de l'alimentation animale, et celle des carbonates par le l'ait du régime végétal. L'addition du sel marin aux aliments fait, d'après Poggiale, monter sa quantité de 4,4 à 6,4. L'abstinence l'ait descendre la masse totale des sels à 3 et môme à 2 mil" lièmes, soit au tiers ou au quart de la proportion normale. Chez les oiseaux, la substitution de l'orge au froment change à la fois le chiffre total des sels et leurs proportions relatives.

Suivant les âges, les proportions changent sensiblement. Poggiale a trouvé moins de sels dans le sang des jeunes chiens et des jeunes chats que dans celui des adultes. Au contraire, il en a trouvé plus dans le sang du veau que dans celui des animaux adultes de son espèce. Le premier en a offert 11,2, la vache, 9,9, et le bœuf 8,7. Le tableau suivant, qui résume les analyses de Nasse, montre, pour chaque groupe de sels, les variations de proportions relatives aux espèces domestiques.

ANIMAUX

SELS SOLCBLES

Page 1