‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 19 sur 310 · ABSORPTIONS DIVERSES EFFECTIIÉKS PAU LES LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

ABSORPTIONS DIVERSES EFFECTIIÉKS PAU LES LYMPHATIQUES

baquet contenant une solution étendue de ferro-cyanui-e de potassium; le sel apparut dans la lympiic à la vingtième minute.

De tout ce qui précède, il résulte clairement que les lymphatiques, liicn (pTils soient, dans les circonstances ordinaires, seulement chargés de recueillir le plasma du sang, peuvent cependant, comme les chylifères, admettre les substances solubles qui leur sont offertes, les admettre rapidement et en grande quantité. Aucun doute ne peut plus subsister à ce sujet.

Pour réfuter l'hypothèse d'après laquelle les lymphatiques n'absorberaient que secondairement, et dans le plasma épanché, les sels qu'ils contiennent, je fais l'expérience suivante :

J'insère deux tubes métalliques dans les vaisseaux blancs de l'encolure, l'un du côté droit, l'autre du côté gauche; je mets à découvert la carotide et la jugulaire, de manière à recueillir du sang très rapidement et de minute en minute, puis j'injecte dans le tissu cellulaire de la moitié droite de la face une solution de prussiate de potasse. A la septième minute, je vois apparaître le sel dans la lymphe du côté droit, oi'i l'injection a été faite, et aussitôt je recueille un échantillon de sang de la jugulaire droite, de la carotide, et enfin de lalymphe du côté gauche du cou. Or, le sérum du sang de la jugulaire droite venant des parties oi!i le sel a été déposé ne contient que des traces presque insaisissables de prussiate. Le sang artériel et la lymphe du côté gauche n'en montrent pas du tout. Évidemment le sang artériel n'a pu donner au plasma le sel qu'il ne contient pas encore, et, s'il eût pu en donner, il l'eût fait à la lymphe du côté gauche comme à celle du côté droit. Si nous continuons à suivre notre expérience, nous verrons qu'à la dixième, à la douzième, à la quinzième minute, la lymphe provenant du côté de l'injection prendra une teinte de plus en plus bleue. Lalymphe de l'autre côté sera toujours dépourvue de prussiate, et le sang de la jugulaire droite n'en contiendra ni plus ni moins qu'au début. Cela est très concluant.

Les matières colorantes sont aussi absoi'bées par les lymphatiques. L'indigo traité par l'acide sulfurique pst, dans mes expériences, arrivé du chanfrein aux ganglions sous-ma\illaires. La murexide, l'une des plus belles matières rouges que l'on puisse employer, a été parfaitement absorbée et son absorption apuétre suivie dans toutes les phases de son activité. 2 grammes de cette matière colorante en dissolution dans 3U0 grammes d'eau ont été injectés dans le tissu cellulaire de la face. La lymphe versée par la fistule a changé de teinte à partir de la dixseptième minute : de la teinte normale jaune d'ambre elle a passé à une couleur de plus en plus rougeâtre jusqu'à la fin de la première heure, puis elle est revenue à sa nuance primitive.

Toutes les matières colorantes ne passent pas avec autant de facilité, même dans les lymphatiques de l'intestin, car on se rappelle que la plupart des observateurs n'ont pas trouvé dans ces \aisseaux la rhubarbe, la gomme gutte, la cochenille; mais il est probable qu'elles passent en quantité faible, trop faible pour faire changer la teinte du liquide. Comme le sujet a peu d'importance, je n'ai pas cru devoir étendre mes recherches à un grand nombre de matières tinctoriales différentes.

Ainsi voilà réhabilités les vaisseaux blancs que des expériences défectueuses et

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de fausses déductions avaient voulu déposséder d'une partie considérable de leurs attributions. Ils sont bien et dûment remis sur la même ligne que les veines, avec lesquelles ils partagent, sans aucun doute, la fonction de recueillir les matières diverses offertes à l'absorption.

Maintenant, une autre question se présente. Les lymphatiques peuvent-ils, dans quelques conditions et dans certaines limites, absorber les substances, non dissoutes, simplement divisées en particules ténues?

Quelques faits bien observés montrent que des corpuscules solides peuvent être admis dans les lymphatiques, par exemple, le charbon porphyrisé, les particules qui vont dans les ganglions bronchiques s'associer à des sels calcaires et y former des dépôts considérables, et enfln celles de cinabre insérées dans les couches superficielles du derme, lors de l'opération du tatouage. Mais, dans tous ces cas, il est probable que les particules anguleuses se sont frayé des voies, des solutions de continuité microscopiques. Cela n'est pas douteux pour les parcelles de cinabre retrouvées dans les ganglions axillaires des individus tatoués au bras : elles ont été aussi insérées directement dans les vaisseaux piqués, comme le mercure l'est par la petite canule implantée au hasard dans la couche dermique la plus superficielle.

Dans les conditions pathologiques, les vaisseaux blancs prennent à diverses absorptions une part aussi considérable et aussi évidente que dans les cas ordinaires; car, d'ailleurs, leur action pathologique n'est le plus souvent qu'une action physiologique exagérée. Ainsi, ceux du tissu cellulaire reprennent des masses de liquides albumineux dans les œdèmes, dans l'anasarque, l'infiltration des membres, dans les hydropisies de la gaine vaginale, des plèvres, du péritoine, dans les kystes volumineux de l'ovaire, les grandes dilatations synoviales. On les voit alors arriver à un volume énorme, et demeurer pleins de liquide. La grande quantité qu'ils en amènent aux ganglions les met dans un étal de turgescence remarquable et plus ou moins persistante.

Leur action est aveugle et fatale : elle s'exerce sur les matières virulentes, septiques, qui sont produites en quelques points de l'organisme ou qui viennent de l'extérieur, et elle les dissémine partout. Ils prennent dans l'intestin du typho'ide, dans le poumon à inflammation gangreneuse, (tans les plaies de mauvais caractère, des matières septiques qui vont, avec celles que les veines ont recueillies, développer les accidents de l'infection putride. Lors du co'it impur, ils prennent le virus syphilitique et vont le déposer dans les ganglions inguinaux. Dans le cas de piqûre anatomique à la main ou de morsure envenimée, ils transportent visiblement un agent nuisible; car ils se tuméfient, deviennent sensibles, et vont bientôt provoquer une tuméfaction douloureuse de la glande où'ls déposent la matière iri-itante. Ces modifications résultent, soit de l'action directe du virus, de la matière septique sur les vaisseaux qui l'ont saisi ou charrié, soit du travail de sécrétion qui engendre dans le vaisseau ou dans le ganglion les produits d'une irritation subséquente.

Ils prennent, dans un grand nombre de cas, la partie séreuse du pus, et peutêtre, avec elle, ses globules. Aussi les ganglions bronchiques se tuméfient dans le cas d'abcès, de vomique, de suppuration pulmonaire. Il en est de même des

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mésentériqucs, dans les allections typhoïdes de l'houiiue; — des sous-glossiens dans le cas de morve ou de collections des sinus; — de ceux de l'ars, de l'aine, dans les maladies du pied, les caries des libro-cartilages de la troisième phalange; — de ceux du bassin,. dans la métrite seplique ou purulente; — des sous-lombaires, dans le cas de champignon ou cordon testiculaire; — des sousscapulaires, des prépectoraux dans le phlegmon de la région du garrot. Le pus qu'on trouve alors quelquefois dans les lymphatiques qui ont charrié et dans les ganglions qui ont reçu les produits de la suppuration, peut avoir été puisé dans les foyers, ou bien résulter du travail inllammatoire des parois vasculaires et de la substance ganglionnaire. Dans tous les cas, il produit ultérieurement, par son déversement dans le sang et sa dispersion dans l'organisme, divers accidents graves.

La matière tuberculeuse insérée dans les plaies ou dans le tissu cellulaire sous-cutané parait aussi prise par les lymphatiques, non seulement ses parties séreuses et dissoutes, mais encore ses éléments figurés. Elle irrite tous les vaisseaux qui la recueillent, tumétîe tous les ganglions où elle se dépose : aussi son itinéraire est-il dessiné très nettement sans qu'aucune altération ne s'étende aux parties du système étrangères au transport du produit pathologique ; c'est ce que je crois avoir suffisamment établi ailleurs ^

Les sucs cancéreux sont aussi, suivant Virchow, charriés de proche en proche, loin du foyer primitif,' et ce serait par les lymphatiques qu'ils généraliseraient à la longue leur action envahissante.

Enfin, dans une foule de cas, les globules du sang, et même une certaine quantité de sang en nature, peuvent passer dans les lymphatiques, soit aux réseaux d'origine, soit dans les ganglions ou dans la trame de quelques organes. Et ici il faut éliminer ceux où la présence du sang tient au reflux opéré à l'embouchure du canal thoracique ou du tronc lymphatique droit. Les cas les plus ordinaires de l'admission du sang dans les lymphatiques senties suivants :

Il y a fort souvent, comme divers observateurs l'ont noté, mais non toujours, une lymphe rosée dans les vaisseaux blancs et les ganglions de la rate, sans que l'organe paraisse avoiréprouvé de froissements ou de contusions; et la teinte carminée decette lymphe est due non àl'hématine dissoute, mais aux globules rouges.

Dans le cas de déchirures musculaires, d'ecchymoses, de suffusions sanguines plus ou moins étendues dans les membres postérieurs, on trouve la lymphe des ganglions sous-lombaires plus ou moins rosée ; elle contient alors des globules rouges qui ont pénétré dans les vaisseaux blancs, probablement par des solutions de continuité à leurs parois. En tuant le cheval par la section de l'artère fémorale, on donne lieu à une coloration rosée des ganglions lombaires du côté de l'artère blessée. En froissant une anse intestinale entre les doigts, en appliquant seulement une ligature sur cette anse, on provoque une injection rosée des chylifères de cette anse et des ganglions auxquels ils se rendent. C'est d'ailleurs ce qui arrive dans le cas de hernie étranglée. L'injection est diffuse, et tous les gan-

1. G. Colin, Rapport sur unMém, de M. Vlllemin. Cause et nature de la tuherciUose, Bulletin de l'Académie de médecine, 1866, t. XXXII, p. 897.)

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glions sont rougis, comme on le sait, sur les animaux qui meurent de congestion intestinale violente, d'entérorrhagie ou d'affections charbonneuses.

On voit donc, par les résultats expérimentaux le? plus nets et par les faits pathologiques les plus significatifs, que ks lymphatiques prennent une part évidente à l'absorption. Ils prouvent que les physiologistes de l'école de Hunter, de Cruikshank, qui leur attribuaient toute l'absorption, étaient aussi loin du vrai que Magendie et ses disciples, qui les destituaient de toute participation à cette fonction, sauf celle qui a trait à la collection des éléments de la lymphe. Les vaisseaux blancs partagent, sans aucun doute, avec les veines, ce travail si général et si important.

Mais plusieurs questions majeures se présentent ici pour donner à leur participation sa physionomie, ses caractères, montrer en quoi elle ressemble à celle des veines, en quoi elle en diffère.

D'abord, l'absorption lymphatique s'opère-t-elle avec une rapidité égale à celle des veines?

Non, évidemment. La pénétration de la matière dans les éléments du tissu, constituant le premier stade de l'absorption, doit se faire à peu près avec la même vitesse des deux côtés; la pénétration dans le vaisseau est probablement d'une égale facilité pour la veinule et le capillaire lymphatique; car, dans les canaux d'un centième, d'un millième de millimètre de diamètre, les parois doivent être sensiblement, des deux côtés, d'une minceur et d'une perméabilité égales; et des deux côtés le pouvoir osmolique des liquides, sang et lymphe, être assez semblable, de sorte que le stade de la pénétration serait parcouru avec une rapidité peu différente dans le vaisseau lymphatique et le sanguin. Seulement la différence commence au moment où les produits absorbés sont entraînés dans le système sanguin avec une vélocité extrême, mais beaucoup moindre dans le lymphatique. Toutefois, dans le dernier système, ces actions sont encore très rapides, puisque Fiodure de potassium injecté dans le tissu cellulaire de la joue du cheval ne met souvent pas plus de quatre à cinq minutes pour entrer dans les lymphatiques, traverser plusieurs ganglions, et parvenir au milieu de la longueur du cou du cheval.

Donc la rapidité de l'absorption lymphatique, quoique plus grande qu'on ne l'admet généralement, parait bien moindre que celle des veines à cause delà différence dans la rapidité de l'enlèvement des produits absorbés. Mais, en réalité, elle peut être la même des deux côtés. La différence apparente lient à l'inégale vélocité du transport des produits absorbés. Aussi n'est-on pas en droit de dire, avec Mayer, que les veines ont l'avantage, parce que, dans certains cas, celui d'injection dans les voies aériennes, par exemple, la substance injectée apjiaraîtrait dans ces vaisseaux avant de se montrer dans les autres.

L'activité de l'absorption lymphatique, comparée à la veineuse, est moindre aussi d'une manière générale; car, 1" dans un organe pris en masse ou dans une fraction d'organe, la quantité des vaisseaux sanguins, et, par conséquent, rétendue de leurs surfaces est de beaucoup supérieure au nombre et à la surface des lymphatiques; 2" dans cet organe aussi, le sang, emporté plus vite, est remplacé immédiatement par de nouvelles quantités dont le pouvoir osmogène se

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trouve inaiiitcnu intact. Aussi, clans les expéiiences de Magendie et dans les miennes, si du poison est injecté dans l'intestin, ses effets sont très prompts et très intenses, les veines demeurant libres, et les lymphatiques interceptés ou le canal tlioracique lié, tandis que ces mêmes effets sont peu marqués et se font attendre plusieurs heures si les lymphatiques restent seuls libres, les veines étant liées ou ouvertes, ou encore à contenu immobile, comme dans le cas de ligature de l'aorte. Alors l'upas, la noix vomique, empoisonnent très lentement, comme l'ont vu Bischoff, Ludvvig, etc. En d'autres termes, lorsque les veines seules prennent le poison, elles en recueillent, dans un temps très court, assez pour tuer, tandis que les lymphatiques ne peuvent recueillir l'équivalent qu'en un temps beaucoup plus considérable. Il est vrai, toutefois, que la différence est très exagérée dans les expériences où le cours de la lymphe se ralentit par le fait de l'interruption du cours du sang.

En somme, rinégalité»dans la participation des lymphatiques et des veines à l'absorption est probablement, comme le dit M. Milne Edwards \ plus le résultat de la différence de rapidité entre la circulation sanguine et la lymphatique que celui de différences dans la perméabilité et dans les propriétés osmotiques des deux ordres de vaisseaux.

Vue dans son ensemble, la participation des lymphatiques à l'absorption que, depuis Magendie, on s'était habitué à compter presque pour rien, et que M. Milne Edwards dit encore très secondaire, est réellement fort étendue en raison de la masse liquide versée par le système des vaisseaux blancs dans le torrent delà circulation, masse dont chaque partie est, à un moment donné, beaucoup plus chargée de la substance à absorber que ne l'est une partie égale du sang lui-même.

On peut se demander encore si les deux systèmes qui agissent parallèlement prennent les mêmes substances, ou si l'un n'absorbe pas particulièrement certaines d'entre elles, en laissant les autres à son congénère. Sans doute, il ne serait pas impossible que certaines substances entrassent plus facilement dans un des ordres de vaisseaux que dans l'autre, si les conditions de perméabilité des parois n'étaient pas identiques ; mais comme, suivant toutes les apparences, ces conditions ne sont pas sensiblement différentes de part et d'autre, rien n'autorise à admettre un choix, une élection, comme on le suppose dans le système de Bichat, Mes expériences assez variées, d'après la méthode des fistules, prouvent que ce que l'un prend. l'autre le prend aussi et au même moment, que nul n'a de privilège, et que, conséquemment, le système des affinités électives est, dans son expression générale, une pure fiction. En effet, par les fistules aux lymphatiques, j'ai recueilli des liquides chargés d'un ou deux sels à la fois, de ferrocyanure, d'iodure de potassium, de sulfocyanure de potassium, d'arséniate de soude ou de potasse, de matières colorantes, etc.

Nous devons nous demander ici comment les ganglions se comportent à l'égard des matières autres que la lymphe, et notamment des matières insolubles ou des éléments organiques figurés qui peuvent éventuellement entrer dans les courants lymphatiques.

1. Milne Edwards, Leçons dephysiol, et d'anaf. comp., t. V, p. 196.

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Le premier effet (h' ces matières, quelles qu'elles soient, dès l'instant qu'elles sont étrangères, est de provoquer une stimulation qui se traduit parla tuméfaction du ganglion, par une plus grande sensibilité à la pression, un peu plus d'injection sanguine, et par une liy|)ergenèse dfs élémenls ^dobnlaires ou nucléaires de la substance corticale. Il parait dû à ce que la matière étrangère s'est arrêtée en certaine proportion dans le ganglion, notamment dans sa substance périphérique. La masse granuleuse, accumulée dans les alvéoles, semble agir, comme on l'a fort bien dit, à la manière des fdtres composés de substances pulvérulentes : elle retient ainsi les corpuscules de cinabre du tatouage, quoique plus fins que les globules lymphatiques; elle arrête, à plus forte raison, les particules de charbon qui sont plus volumineuses, et les débris, les détritus emboliques qui peuvent provenir des plaies, des tissus malades; elle arrête aussi, dit-on, au moins momentanément et partiellement, les fines particules de graisse, et les globules purulents ^

Mais sur ce dernier point il y a des doutes. Les particules de graisse qui peuvent être en suspension dans la lymphe, comme elles le sont si abondamment dans le chyle, ne s'arrêtent ou ne stagnent momentanément dans le ganglion que parce que la lymphe s'y accumule en grande quantité, leur marche est ralentie et non suspendue; les globules de pus, qui ne sont pas plus grands que ceux de la lymphe, ne me semblent pas devoir être arrêtés quand ils se trouvent libres au milieu des courants lymphatiques, à moins que, par instants, en raison d'une adhésion temporaire aux éléments du ganglion, comparable à celle des globules blancs dans les capillaires sanguins. D'ailleurs, je crois avoir reconnu, dans mes expériences sur le mécanisme de la tuberculisation consécutive à la résorption locale de la matière tuberculeuse, que l'arrêt est paitiel et momentané. C'est parce que la quantité sortante de ces globules, dans un temps donné, est moindre que la quantité importée, qu'il y a augmentation de volume; celle-ci peut plus tard dériver aussi de Thypergenèse globulaire, et quelquefois de la suppuration diffuse ou de la formation de petits foyers purulents dans la substance du ganglion.

L'arrêt des globules sanguins a les mêmes caractères : il tient à ce que l'exportation ne fait pas équilibre à l'importation ; les globules passent néanmoins en grande quantité, puisque, au delà du ganglion, la lymphe est colorée.

Les venins, les virus, les matières putrides infectieuses provenant des plaies, des inoculations, des résorptions internes spontanées, paraissent s'y arrêter aussi, et d'autant mieux qu'ils sont chargés d'éléments figurés.

Les matières colorantes, les sels, se comportent encore de la même manière: aussi les ganglions, comparables à de petits foies, peuvent-ils être médicamentés parles agents venus de loin : les sous-glossiens par les substances injectées dans les cavités nasales du cheval morveux; les ganglions superficiels par les préparations déposées sur la peau.

Tout porte à croire que l'arrêt ou la stase des matières étrangères divisées ou dissoutes n"a pas seulement lieu mécaniquement par les masses qui remplissent

1. D'après Virchow. Pafhol. colIuL, p. 1">2. le pus ne pourrait pas traverser les ganglio/is.

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les alvéoles ou par les brides internes des petits lymphatiques ; car, s'il en était ainsi, les corps divisés, les éléments figurés seuls l'éprouveraient. 11 est probable que cet arrrt tient aussi à ce que les éléments épitliéliauv des alvéoles s'emparent des matières dissoutes suivant les lois comnuines à l'appropriation des matières étrangères par les cellules glandulaires C'est à la suite de ces admissions insolites que les ganglions s'hypertropliient, s'enllamment, suppurent, s'imprègnent, de matières crétacées, se tuberculisent, etc. La pathologie si obscure et si vaste du système lymphatique deviendra bientôt plus intelligible par l(>s lumières dont l'éclairera la physiologie.

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