‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 195 sur 310 · Nutrition avec assimilation prédominante · texte numérisé non relu

Nutrition avec assimilation prédominante

Pendant l'évolution embryonnaire, presque tous les matériaux nutritifs sont empruntés à l'œuf ou à la mère, et ils sont à peu près intégralement employés à la formation des éléments anatomiques. La désassimilation est alors rudimentaire et les combustions respiratoires sont extrêmement faibles. Dans le germe, la prédominance de l'assimilation persiste à un degré qui va s'affaiblissant, et elle a pour but le développement plus ou moins rapide de l'organisme.

Dans cette nouvelle condition que nous avons maintenant à examiner, celle de l'accroissement de la masse du corps, soit sur les animaux qui se développent, soit sur ceux qu'on engraisse, il y a excès d'acquisitions, hypergenèse d'éléments, formation de nouveaux tissus et mise en réserve de matières combustibles.

L'accroissement, dans quelque espèce qu'il soit considéré, ne peut avoir lieu que par suite d'un apport de matériaux supérieur au chiffre des dépenses. Depuis le moment de la naissance jusqu'à celui de son complet développement, l'animal fixe plus de matière qu'il n'en laisse échapper, et cet excès des substances qui entrent sur celles qui sortent, en s'ajoutant à la masse initiale, donne lieu à un accroissement plus ou moins rapide. Cet accroissement possède le

maximum d'activité dans les premiers temps de la vie, et en particulier pendant la période de l'allaitement; il devient de moins en moins rapide à mesure qu'on s'approche de l'âge adulte. Les observations faites par divers agronomes, en ce (pii concerne les principales espèces domestiques, donnent à ce sujet des indications intéressantes.

En [trenant l'espèce humaine j)our point de départ, on trouve que l'enfant est peut-être de tous les animaux, celui dont la croissance s'opère avec le moins de rapidité. S'il naît avec un poids de 3 kilogr., il lui faut une année, d'après les observations de Quételet, pour arriver au triple de ce poids, qui est quadruplé à la lin delà troisième année, quintuplé à la cinquième, décuplé à la treizième, deux fois décuplé à la trentième. Le triple du poids que l'enfant met une année à acquérir, le chien l'acquiert en une semaine. Le décuple auquel cet enfant n'arrive qu'à 13 ans, peut être acquis en moins d'un mois par le carnassier, et et dans des délais plus courts encore par de petits animaux à évolution exlrêmement rapide, comme les rongeurs et les passereaux.

Des poulains pesant en moyenne, à la naissance, 51 kilogrammes, augmentent, d'après les expériences de M. Boussingault, pendant un allaitement de trois mois, dans le rapport de 100 à 278, par conséquent, par jour et par tête, de 1 kilogr. 04. Depuis le sevrage jusqu'à l'âge de six mois, l'accroissement n'est plus que de 0 kilogr. 6 ; il est de 0 kilogr. 5 vers la troisième année, et, plus tard, il descend à peu près à 0 kilogr. 3. Ces résultats sont exprimés dans le tableau suivant avec leurs divers éléments ;

Date de la naissance

Poids lors de la naissance

Époque du sevrage

Poids lors du sevrage

Jours d'allaitement

Acer, total pendant raliaitement.

Accroissement par jour

Poids du 11 novembre 18 42-.

Age lors de la pesée précédente.

Gain pendant cette l'' période. . .

Gain par jour

Pesée du 22 mai 1844.

Pesée du 24 septembre 1844

Pesée du 13 avril 1845

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