I"' CHEVAL. 2= CHEVAL
Matières azotées is%26 0^^,88
Corps ternaires 9 ,28 7 ,48
Graisse 0 ,33 G ,46
Lorsque le cheval travaille, le mouvement nutritif double d'activité à tous ses degrés. L'animal consomme ou peut consommer deux rations d'entretien et même une fraction en sus représentée par le douzième des deux réunies. Alors l'expérimentation démontre qu'il n'y a pas excès dans les apports, car si on vient aies réduire, l'amaigrissement commence et la perte des forces s'accentue. Seulement pour que cette ration de travail ajoutée à l'autre puisse être ingérée et digérée, elle doit avoir un petit volume et être d'une élaboration facile. D'autre part, elle doit, pour produire le maximum d'effets utiles, avoir une action excitante et tonique, tant sur l'ensemble de l'organisme que sur l'appareil digestif. Or tous les équivalents mis sur la même ligne, d'après l'analyse, sont loin de posséder le même degré de digeslibilité et le même pouvoir dynamique. 11 en est qui réparent les pertes en donnant de l'énergie, d'autres qui les réparent en fatiguant les animaux et en les rendant mous.
Ceux que réclament les animaux à l'engrais sont loin, le plus souvent, de convenir aux animaux, dont le rôle est de déployer des efforts de traction ou de vitesse. Aussi les différentes substitutions d'un aliment à un autre, basées sur l'équivalence chimique seule, ne sont-elles pas absolument rationnelles au point de vue physiologique. Et telle de ces substitutions qui peut convenir à un animal à l'engrais ou à un animal inactif, peut devenir préjudiciable à un animal qui travaille. La convenance de la substitution est établie surtout par les lésultats constatés dans la pratique.
Si les animaux employés à des services un peu pénibles ne reçoivent pas la ration de travail, ou s'ils ne la digèrent ni ne l'assimilent complètement, ils maigrissent prorapteraent, car ils prennent dans leur propre substance ce qui ne leur est point donné par l'alimentation. Ainsi M. Muntz a vu que le cheval d'om-
nibus, qui faisait son service oi'dinaireavec la moitié de la ration totale indiquée plus haut, c'est-à-dire avec la ration d'entretien seulement, perdait par jour 12 à 14 kilogr. de son poids initial ; mais cette perte énorme, constatée seulement pour une période de deux jours, porte, pour une bonne partie, sur le lest de l'appareil digestif: quoiqu'elle paraisse très forte, elle est en réalité beaucouji moindre.
Les choses se passent alors comme dans le cas de l'alimentation insuffisante dont il sera bientôt question.
En ce qui concerne l'homme adulte faisant un exercice modéré, la ration d'entretien et de travail est de 10 à 20 grammes d'azote, 310 à 330 grammes de carbone contenus dans 1 kilogr. de pain, et 300 grammes de viande consommés en 24 heures. D'après M. de Gasparin, il faudrait pour l'homme 12 gr. 5 d'azote en ration d'entretien et autant en ration de travail, avec 263 grammes de carbone pour la première et seulement 43 grammes du même corps pour la seconde.
Il faut noter cependant que l'organisme ne fait pas toujours, à beaucoup près ,les dépenses que semblent indiquer ces rations. L'homme, comme l'animal, pour exécuter un travail donné, fait de violents elîorts, s'échauffe et transpire abondamment; il a besoin d'un supplément de nourriture considérable, sans lequel il maigrit ; mais s'il exécute ce travail avec aisance et sans grands efforts, il n'exige qu'un faible supplément alimentaire. Celui-ci est réduit dans la même proportion que les pertes. On voit, en effet, le paysan se livrer à un labeur soutenu presque avec son alimentation ordinaire, mais mieux digérée et assimilée qu'elle ne l'est dans l'inaction.