‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 21 sur 310 · Aselli, De lactibus seu lacteis venis. Basilese · texte numérisé non relu

Aselli, De lactibus seu lacteis venis. Basilese

2. Pecquet, Expérimenta nova anatomica qinbus incognitum hadenus chyli receptaciilum, etc. Paris, 1651.

DE L ABSORPTION

comme nous le dirons plus tard, d'autres anatoinistes établirent les connexions de cet ensemble de vaisseaux avec le resie du système l\ui|ibati(|ue.

L'ensemble des vaisseaux cbylifèros, sans lorinci- un appfu-eil distinct, soit anatomiquement, soit au point do \ne roncliounel, cunstitue une section bien délimitée du vaste système lympliatiquf;. 11 a son point de départ dans jdusieurs réseaux des parois intestinales. L'un, superficiel, sous-jacent à la tunique péritonéale de l'intestin, ressemble à celui de toutes les autres séreuses, et absorbe la lymphe des parois intestinales, la sérosité j)éritonéale : c'est le réseau des lymphatiques proprement dits, rattaché aux suivants par ses connexions anatomiques. Le second réseau intra-dermique appartient à la couche adhérente de la muqueuse, et le troisième, tout à t'ait superficiel, villeux et glandulaire, a ses mailles autour des follicules et à la base des villosités. Ses capillaires donnent des prolongements en caecum ou en cul-de-sac qui pénètrent dans toutes les villosités. Des trois réseaux anastomosés entre eux naissent un grand nombre de vaisseaux noueux, visibles à l'œil nu, marchant parallèlement aux vaisseaux sanguins, entre les deux lames du mésentère jusqu'aux ganglions qu'ils traversent pour donner, au delà, des conduits plus volumineux, aboutissant avec les lymphatiques sous-lombaires à la citerne de Pecquet, point de départ du canal thoracique.

L — Absorption du chyle

Il faut, pour se faire une idée claire de l'absorption du chyle, voir comment les chylifères naissent dans les villosités, et de quelle manière les éléments anatomiques de ces petits organes sont disposés autour des vaisseaux absorbants.

Les villosités qui hérissent la vaste surface muqueuse de l'intestin grêle ne sont pas de simples prolongements de la membrane interne; elles constituent de véritables organes spéciaux admirablement appropriés à la fonction absorbante. Le plus souvent visibles à l'œil nu, et d'une longueur de 1 à 2 millimètres, elles demeurent petites chez les herbivores et prennent leur maximum de développement chez les carnivores jusqu'à acquérir, comme chez l'ours, un tiers ou un demi-centimètre de longueui'. Mais leur diamètre, variable de 1 à o dixièmes de millimètre, leur donne toujours un aspect grêle et filiforme, quoiqu'elles soient, suivant les espèces, cylindriques, coniques, en massue ou même foliacées. Leur nombre immense leur donne une importance que ne semble pas indiquer leur petitesse. On en compte sur l'homme, dir, M. Sappey \ une douzaine par millimètre carré, soit 10 millions pour l'ensemble de la muqueuse, dont la surface est évaluée, par cet habile anatomiste, à 1 mètre carré. D'après mes déterminations, ce nombre s'élèverait de 45 à do millions sur nos grands herbivores, le cheval et le bœuf, dont la muqueuse de l'intestin grêle a de 4 mètres 1/2 à 5 mètres 1/2 de surface moyenne. Elles font probablement plus que doubler la surface d'absorption, en imprimant à la fonction un surcroit d'activité.

Comme tous les organes de perfectionnement, elles n'ont pas une existence constante. On les voit, dit-on, manquer chez l'éléphant;, où elles seraient remplacées

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