SÉCRÉTION DE LA SYNOVIE
OU brunâtre, elle le doit à la présence d'une certaine proportion de globules rouges, et dans le cas où elle est très jaune ou verdâtre, on y trouve beaucoup de biliverdine.
Il est à noter que, dans certaines séreuses irritées les sérosités ont une grande tendance surtout à devenir purulentes dans les plèvres, comme chez l'homme et le chien, plastiques ou à t'ausses membranes comme chez le cheval, soit en demeurant citrines, soit en prenant une teinte sanguinolente.
D'habitude, les dilTérentes sérosités ne se ressemblent pas exactement. Celle du péricarde est de teinte très citrine et riche en matériaux coagulables. La sérosité péritonéale est plus fluide et souvent verdâtre ; elle peut dans le cas de péritonite offrir des cellules épithéliales en grande quantité, des leucocytes, des hématies, des débris de fausses membranes et des globules purulents ; on a trouvé souvent dans celle de la gaine vaginale beaucoup de matières coagulables et des paillettes de cholestérine.
Les usages du fluide séreux paraissent être uniquement relatifs au jeu ou au déplacement des viscères contenus dans les cavités splanchniques. Il permet au cœur de se mouvoir librement dans la cavité du péricarde, au poumon, de glisser à la face interne des parois costales ; à l'estomac, aux circonvolutions intestinales, de changer aisément de position et de rapports.
SECRETION SYNOVIALE.
Les petites séreuses articulaires et tendineuses, comme celles qui existent aux articulations diarthrodiales,au passage du coraco-radial dans la coulisse humérale, au sommet de l'olécrâne, à celui du calcanéum, dans les arcades carpienne et tarsienne, en avant du ligament capsulaire du carpe, entre les fléchisseurs du pied dans la région digitée, sont destinées à la sécrétion d'un fluide onctueux qui facilite le jeu des surfaces articulaires, ou celui des parties devant glisser les unes sur les autres.
Ces membranes, en rapport extérieurement avec de petites pelotes adipeuses appelées glandes de Havers, portent à leur face interne de petites saillies, sortes de houppes plus ou moins irrégulières connues sous le nom de franges synoviales, et regardées autrefois comme les conduits excréteurs des prétendues glandes synoviales de Havers. Ces franges, bien développées dans les synoviales scapulo-humérale, huméro-radiale, coxo-fémorale, fémoro-tibiale, etc., sont analogues aux replis permanents des membranes muqueuses, et ont comme eux pour usage d'augmenter la surface sécrétante d'une manière d'autant plus avantageuse qu'elles sont plus vasculaires que le reste. Elles se trouvent en grande quantité vers les marges articulaires et dans les culs-de-sac formés en plusieurs points par la membrane synoviale, comme de chaque côté de la partie postérieure de l'articulation huméro-radiale, en avant du genou, sur les côtés de la rotule, en arrière du jarret; mais elles manquent ou sont peu marquées dans la plupart des synoviales tendineuses.
La synovie qui est sécrétée par ces membranes est un fluide jaunâtre, épais
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visqueux, de consistance oléagineuse, faiblement alcalin. Celle du cheval, d'après John, est forméede: eau, 92,9 ; — albumine, 6,4; — matière extractive, 0,08; — chlorure et carbonate sodiques, 0,6 ; — phosphate de chaux, 0,1, Celle de l'éléphant a donné à Vauquelin, et celle de l'homme à M. Lassaigne, à peu près les mêmes éléments, de plus, une ou deux matières animales particulières qui, très probablement, communiquent à ce liquide, plutôt que l'albumine, la viscosité qui le caractérise, et qui est l'une de ses propriétés les plus essentielles.
Ce liquide diffère donc des produits des autres séreuses par la très forte proportion de matières fixes, de chlorure de sodium qu'il contient. La matière albuminoïde, la synovine, qui le caractérise et lui donne la viscosité, peut être isolée, redissoute dans l'eau, à laquelle elle donne l'aspect d'un mucilage ou d'une solution de gomme.
La synovie peut se modifier par le fait du repos ou de l'exercice. Frerichs a constaté que sur les veaux et les bœufs dans l'inaction, elle est peu colorée, à peine visqueuse et riche en sels, tandis que, au contraire, sur les bœufs qui ont marché, elle devient très épaisse, donne une quantité de synovine et de matières extractives presque double de celle qu'elle contient dans le premier cas. Sous l'influence de l'inflammation, elle peut devenir trouble, très épaisse, roussâtre, prendre une consistance plus considérable qu'à l'état normal, se charger de débris épithéliques, de leucocytes, et enfin de plasmine. Celle-ci donne naissance alors à des dépôts fibrineux d'aspect variable.
La quantité de ce fluide dans toutes les articulations est constamment plus que suffisante pour lubrifier les surfaces articulaires. Je l'ai trouvée sur un cheval de taille moyenne en bonne santé, et examiné immédiatement après la mort, de 6 grammes dans l'articulation de l'épaule, de 7 grammes dans celle du coude, de 6 grammes dans l'articulation coxo-fémorale, de 8 grammes dans la fémorotibiale, de 7 grammes dans la tibio-tarsienne. Lorsque les synoviales offrent des dilatations anormales, comme on en voit s.i fréquemment au genou et au jarret du cheval, elles peuvent se remplir d'une énorme quantité de ce liquide, 500,600, 800 grammes, et quelquefois plus encore; mais elle n'a pas ses propriétés habituelles. Dans les circonstances ordinaires, comme les surfaces articulaires sont en coaptation parfaite, la synovie ne peut que mouiller les parties qui se touchent : aussi s'échappe- t-elle en dehors des marges articulaires, dans les culs-de-sac de la membrane, qui devient par là plus ou moins boursouflée, ou bien, elle s'amasse en partie dans ces fossettes synoviales irrégulières, où 1p cartilage semble rongé comme celles de l'échancrure sygmoïde des solipèdes, de l'extrémité supérieure du radius, de la surface articulaire inférieure du tibia, etc.
La sécrétion de la synovie est opérée dans toute l'étendue de la membrane séreuse, suivant le mécanisme de la sécrétion des séreuses splanchniques.
La synovie ne parait avoir d'autre usage que de faciliter les mouvements des parties dont elle enduit les surfaces, comme le fait l'huile sur les rouages des machines.
TRANSPIRATION CUTANEE.
TRANSPIRATION CUTANEE.
Le tégiinuMi! (|iii oiiveloppi' le corps est lo siège d'une exhalation plus on moins ahonilante (\uo\\ appelle transpiration insensible, quand elle est peu appréciable, et si(et(7\ lorsque son produit se répand sous forme liquide à la surface de la peau. Il va, en outre, à l'extérieur de cette niendirane, comme Ed^vardsen a fait la remarque, une évaporation simple, tout à fait physique, analogue à celle qui s'opère sur toutes les surfaces chaudes et humides exposées au contact de l'air, évaporation qui emporte avec les fluides sécrétés une partie des liquides imprégnant le tissu cutané.
Les glandes chargées de la sécrétion de la sueur sont situées dans la couche piofonde du derme, et quelquefois dans le tissu cellulaire sous-jacent. Elles se composent de deux parties distinctes : le glomérule glandulaire, arrondi, résultant de l'enroulement d'un tube à peu près uniforme dans toute son étendue, et le canal excréteur, sinueux, s'ouvrant à la surface de l'épiderme par un orifice très étroit. Ces glandes sudoripares, assez peu connues encore en ce qui concerne les animaux, ne sont constituées, en définitive, que par un long tube qui serait pelotonné sur luimême pour former la petite masse désignée sous le nom de glomérule, tube dont les parois fibreuses et même quelquefois musculaires sont tapissées intérieurement par une couche de cellules épithéliales.
Les glandes sudoripares, décrites par Breschet et Roussel de Vauzème, par Gurlt, et plus tard par Duvernoy, existent chez tous les mammifères domestiques dans l'épaisseur du derme ou dans la couche cellulaire sous-jacente. Elles sont très développées chez le cheval, notamment à la région inguinale, et chez le mouton : mais fort petites chez le chien, si ce n'est à la peau qui recouvre les pelotes ou les coussinets plantaires. Le glomérule est très allongé chez le mouton, ovale au scrotum du cheval et à la face plantaire du pied du chien ; il constitue, au lieu d'une pelote, une petite capsule ovoïde dans le bœuf et sur la plus grande partie de la peau des carnivores. Le canal excréteur, très sinueux dans le porc et le mouton, serait presque rectiligne dans le cheval. Ces glandes renferment, pour la plupart, un liquide clair, parfaitement transparent, sans aucune trace de matière solide, Celles de quelques régions possèdent, suivant les observations de MM. KoUiker et Ch. Robin, un contenu plus ou moins épais, au sein duquel on
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Fjg. 201. — Glande sudoripare (*).
(*) a, peloton glandulaire; h, canal excréteur; c, vaisseaux d'un glomérule, d'après Todd et Bowman.
DES Sl^Cn ETIONS.'
peut reconnaître des granulations plus ou moins fines, des cellules, des noyaux cellulaires, do la protéine et de la graisse. Dans ces dernières, rhétérogénéité du contenu résulterait d'une mue et d'une dissolution partielle des cellules épitliéliales qui tapissent le tube sinueux des glomérules sudoripares.
La transpiration cutanée, si faible qu'elle paraisse dans les conditions ordinaires, n'en constitue pas moins l'une des sources les plus actives des grandes déperditions qu'éprouve l'organisme. Les caractères de celte exhalation, la quantité, la nature et les propriétés de son produit, le rôle qu'elle joue relativement à la dépuration du fluide nutri- ^' " tifet à l'équilibration de la chaleur
animale exigent ici quelques développements.
Cette exhalation paraît très restreinte chez les animaux inférieurs dont la peau est recouverte, comme chez les échinodermes, les crustacés et les mollusques à coquilles, d'enveloppes solides à peu près imperméables, et chez ceux qui ont l'épiderme épais, écailleux ou corné, comme les serpents, les lézards, les tortues, etc.; elle devient, au contraire, très active chez les mammifères et les oiseaux, 011 la peau a pour revêtement un épiderme d'une épaisseur peu considérable; encore, parmi ces derniers, doit- elle être plus ou moins active, suivant le degré de souplesse, de vascularité de la peau, d'abondance ou de rareté des productions pileuses qui recouvrent cette membrane. Très probablement, elle l'est plus chez les pachydermes et les autres quadrupèdes à peau nue des climats chauds, que chez les animaux à fourrure épaisse des pays du Nord, Elle l'est plus chez le cheval, qui sue abondamment à la suite d'une course rapide ou d'un exercice pénible, que chez le bœuf, surtout que chez le porc et le chien, dont on ne voit jamais la peau mouillée de sueur.
La quantité des produits éliminés par la transpiration a été très rarement déterminée à part. Presque toujours on a obtenu en bloc la somme des pertes dues; 1° à la transpiration cutanée, 2" à la transpiration pulmonaire, et 3° à l'exhalation de l'acide carbonique. Encore ces déterminations n'ont été tentées que sur l'homme et quelques petits animaux.
En ce qui concerne l'homme, Sanctorius ^ le premi er, dans des expériences
FiG. 202. —Glande sudoriparedans ses rapports avec les parties constituantes de la peau (').