Boussingault, Économie rurale, t. II. p
3. W. Ed%vards, De l'Influence des agents physiques sur la vie. Paris, 1821.
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cochon d'Inde, à l/D poui' les lézards et les crapauds, 1/4 [lour les moineaux, 1/3 pour la souris. Sacc ' dit qu'en \ingt-qualre heures l'exhalation parla peau et les poumons est à peu près égale à celle des reins, ou de 9 à 11 kilogr. pour le cheval, de 6 à 7 1/2 pour le bœuf et de 0 kil. 8 pour le mouton, quand ces animaux sont tenus dans l'inaction et à l'étable, tandis qu'elle devient moitié plus forte que la sécrétion urinaire si les animaux prennent du mouvement. Mais je ne sais si ces évaluations sont basées sur des recherches expérimentales.
La transpiration cutanée, au point de vue quantitatif, varie suivant une foule de conditions propres à l'organisme et de conditions extérieures.
Par les fortes chaleurs de l'été et dans la moitié ou les deux tiers les plus chauds de la journée, elle s'est élevée et maintenue, dans mes expériences de 150 à 200 grammes par heure, sous lïnfluence de la marche et même de simples occupations exigeant de fréquents déplacements.
Sous l'influence d'un exercice modéré, comme celui des opérations chirurgicales par les fortes chaleurs, la perte peut être plus grande encore. En eflét, j'ai constaté que deux de nos élèves, du poids de 60 kilogrammes, perdaient chacun dans les six heures les plus chaudes de la journée parles deux transpirations, de 1400 à 1700 grammes, soit de 233 à 283 grammes par heure. Sanctorius s'est trompé grandement en affirmant que l'exercice fait moins transpirer que le sommeil ; du moins s'il a constaté ce fait, c'est qu'il se livrait à des exercices bien légers.
D'après mes expériences, la transpiration nocturne représente, toutes choses égales d'ailleurs, le minimum dans toutes les saisons. Dans les nuits chaudes de juillet et aoiit, elle a été de 27 à 30 grammes par heure, soit pour une période de sept heures, 189 à 210 grammes. Néanmoins, elle s'est élevée à 36, à 38 dans celles oi!i la chaleur devenait accablante et tendait à provoquer la sueur.
Dans les saisons à température moyenne, en octobre, novembre, la perte pour les deux transpirations a été en général de 800 à 1000 grammes en vingt-quatre heures, ou de 33 à 41 grammes par heure. Alors la sécrétion urinaire fait à peu près équilibre à latranspiraiion. Comme les pertes dans ces moments de l'année représentent les moyennes générales, je crois pouvoir évaluer la perte totale due par jour à la transpiration au 85'' du poids du corps égal à 76 kilogrammes. Stark a trouvé cette perte égale au 70% Séguin, du 57*= au 54% Lining, au 48"^, dans la Caroline du Sud. Chez des enfants, d'après les expériences de Van Marura, elle a pu atteindre le 21" du poids du corps.
Relativement à l'urine, la masse des deux transpirations s'est montrée très variable suivant les saisons, Sauvages a trouvé qu'en moyenne les transpirations étaient à la sécrétion urinaire comme 33 est à 22 ou 3 esta 2. Mais, en Angleterre, Keill a trouvé la proportion de l'urine plus forte que celle de la transpiration, Lining a constaté que, dans les mois chauds, le produit de la transpiration l'emporte sur l'urine dans le rapport de 5 à 3, tandis qu'en hiver, la première devient à la seconde comme 2 esta 3; Dans mes expériences à une température moyenne, les deux sécrétions donnent à peu près la même somme de produits. En été, il y
l. Sacc, Précia (/lémfmfaire de cfwnie agricole, 2^ édit., p. 34,8.
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avait toujours prédouiiiiance de la trans[>iration ; en liivcr, la sécrétion iiriiiaiie l'emportait le plus souvent, mais d'un très léger excédent.
Relativement au poids de la peau et à sa surface, la masse de liquide exhalé est peu considérable, si on la compare à la plupart des sécrétions par les memliranes étalées. Le tégument cutané, évalué à l'",6 chez l'homme, ou 13 pieds, n'a pas moins de o à 6 mètres carrés chez nos grands herbivores domestiques. 11 représente eu poids, d'après nos observations, 121 du poids du corps sur le cheval (in, 1 16 sur le cheval adulte. 19 chez le porc, 1/15 à 1/8 chez le chien, 1.6 chez le mouton et les volailles. Or, dans aucun cas, la peau ne donne son son poids de liquide, tandis qu'un grand nombre de glandes produisent une masse de liquide représentant plusieurs fois le poids de leur tissu.
Dans l'eau, la transpiration paraît se continuer, mais très réduite. D'après W. Edwards, sur une couleuvre oi!i elle était dans l'air du 26'' du poids du corps en vingt-quatre heures elle descendit dans l'eau à 1 288.
Chez les plantes, la transpiration est en général inliniment plus considérable que chez les animaux, relativement à la masse de l'organisme et à l'étendue des surfaces exhalantes, surtout dans les herbacées. J'ai constaté, par exemple, qu'un ricin dont les feuilles offraient une surface totale de 1°\13 carrés pouvait transpirer en une journée très chaude de l'été jusqu'à 2480 grammes. Gomme la plante pesait 423 grammes, elle versait dans l'air en une journée environ 6 fois son poids d'eau, soit 436 fois plus que le corps humain dans les conditions ordinaires. Le colocasia, le nénuphar perdent dans les proportions analogues, mais les plantes ligneuses, le chêne, l'oranger, le figuier élastique éprouvent des déperditions beaucoup moindres. Je n'ai pas à insister ici sur ces détails que j'ai indiqué ailleurs '.
Lorsque la transpiration verse à la surface de la peau une quantité trop considérable de liquide, celui-ci ne se vaporise pas à mesure qu'il est exhalé et le tégument se couvre de sueur.
La chaleur extrême de l'air, son état électrique, la diminution de pression, les exercices pénibles, les courses rapides, les efforts de toute espèce, tendent à la provoquer. La sueur est beaucoup plus abondante, comme chacun le sait, pendant les saisons chaudes que pendant l'hiver, par les temps lourds et humides, qui signalent l'approche des orages, que dans les moments oi!i le baromètre indique une pression atmosphérique très forte. C'est surtout pendant les moments où l'air chaud exerce une faible pression que le cheval et le bœuf suent abondamdamment, et que la sueur est enlevée difficilement par l'air; au contraire, elle diminue parles temps froids. Lorsque l'air devient très humide, elle ne se vola-^ tilise qu'avec une très grande lenteur. Si elle se produit trop facilement, elle est un indice de faiblesse et de lymphatisme. Celle qui survient dans les maladies a différentes significations, suivant les cas: tantôt elle annonce une réaction salutaire, une crise ; d'autres fois, une aggravation des troubles morbides.
Le produit de la transpiration cutanée est assez complexe : il est formé par de
1. G. Colin, Études expérimentales sur la transpiration des végétaux et sur le rôle dés stomates (Mémoire adressé à l'Acad. des sciences, mai 1868).
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l'acide carbuiiique, de Teau, un autre acide, des matières aiiiniaies et des sels.
La partie gazeuse de l'exhalation contient d'abord de l'acide carbonique. Spallanzani, après avoir excisé les poumons à des grenouilles et à des salamandres, ou après avoir lié la trachée à des couleuvres, a vu l'exhalation de ce gaz continuer pendant un certain temps, à peu près comme à l'état normal. Edwards a fait la même observation sur des batraciens auxquels la trachée avait été également liée. L'exhalation de l'acide carbonique par la peau a été constatée sur l'homme par divers observateurs, en maintenant la main et une partie du bras, sous une cloche, sur la cuve à mercure. L'exhalation gazeuse cutanée contient ensuite, d'après GoUard de Martigny, de l'azote en proportions variables ; enfin, quelquefois de l'hydrogène et de l'acétate d'ammoniaque.
La partie fluide de la transpiration, celle qu'il est facile de recueillir à peu près pure en faisant condenser sur les parois d'une cloche ou d'un cylindre de verre la vapeur qui s'exhale d'une partie vivante enfermée dans ce vase, ne contient que de l'eau et quelques matières volatiles. La sueur proprement dite, celle qui se dépose à l'état liquide sur la peau, a été analysée par ïhénard, Berzelius et Anselmino ^ Les deux premiers y ont trouvé de l'eau, des acides acétique et lactique, une matière animale, des chlorures de sodium et de potassium, des phosphates terreux et de l'oxyde de fer. Le second a trouvé dans ce liquide de 3 à 14 millièmes de parties fixes, et dans 10 parties de celles-ci : osmazôme, acide acétique libre et acétate de soude, 29; — osmazôme, chlorure de potassium et de sodium, 48 ; — matière animale soluble dans l'eau, 21 ; — n)atière animale insoluble dans l'eau et l'alcool, phosphate de chaux et oxyde de fer, 2. M. Favre, en 1853 ^, a recueilli de grandes quantités de sueur provenant d'un homme dont le corps avait été très soigneusement lavé à plusieurs reprises et qu'on tenait dans un appareil chauffé à l'étuve. Ce sujet en donnait en une heure et demie environ 2 litres et quelquefois plus; un échantillon de 14 litres analysé en totalité a donné pour 10000 grammes :
Chlorure de sodium -2-2,30d
Chlorure de potassium 2,437
Sulfates alcalins 0,115
Phosphates alcalins traces.
Albuminates alcalins 0,050
Phosphates alcalins terreux traces.
Lactates alcahns 3,171
Sudorates alcalins 15,623
Urée 0,428
Matières grasses 0,137
Eau 9955,733
D'après cette analyse, on voit qu'il y a dans la sueur une grande quantité de chlorure de sodium, de l'acide sudorique dont la formule se rapproche de celle de l'acide urique, et enfin de l'urée. Les sulfates et phosphates alcalins ne s'y trouvent qu'à l'état de traces. La sueur du cheval, examinée par Anselmino, a la
1. Voy. .1. L. Lassaigne, Abrégé élémentaire de chimie, t. II.
2. P. A. Favre, Recherches sur la composition chimique de la sueur [Archives générales de méd., 1853).