‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 243 sur 310 · RATE · texte numérisé non relu

RATE

à des globules de sang, ù des lilaïuciits et à des capilliiiies microscopiques. Ces cellules de la pulpe sont, d'après Kôlliker, pour la plupart, tout à fait semblables à celles que contiennent les vésicules de Malpighi; quelques-unes sont très grosses, à deu\ noyaux, et pourvues de granulations graisseuses. Entre les cellules existent des noyaux libres et des globules sanguins diversement modifiés. Cette pulpe a donné à Scherer une substance cristallisable azotée qu'il a appelée liénine, une matière albuniinoïde associée à du fer, une matière pigmentaire, de l'hypoxanthine, des acides lactique, acétique, formique, butyrique et urique. D'autres y ontsignalé en outre la leucine, la tyrosine, l'oxyde xanthique,quisont aussi des dérivés des matières protéïques, et évidemment des produits de désassimilation.

Le système vasculaire de la rate semble constitué habituellement comme celui des autres organes. Il ne paraît pas y avoir entre les artères et les veines de sinus où le sang pourrait stagner. Néanmoins, suivant Kôlliker, les veines seraient pourvues d'un certain nombre de petits orifices qui, par places, transformeraient leurs parois en une sorte de crible. En outre, chez le cheval, le bœuf etle mouton, les petites veines, suivant le même micrographe \ n'ont pas de parois ; elles forment de simples trajets creusés dans la pulpe et tapissés de cellules épithéliales. Aussi, sous l'influence d'une pression sanguine un peu forte, le sang peut-il s'épancher dans les aréoles de l'organe et se mêler à la pulpe.

D'après tout ce qui a été observé jusqu'à ce jour, on peut considérer la rate à deux points de vue : 1° comme un diverticulum plus ou moins érectile ; 2" comme une glande vasculaire sanguine.

La rate est certainement, dans des limites plus ou moins étendues, un organe érectile qui se gonfle ou s'affaisse suivant les quantités de sang qui y stagnent. On la voit se tuméfier rapidement quand la respiration est gênée ou quand, par le fait d'une cause quelconque, le retour du sang veineux au poumon est entravé. Elle grandit dans les congestions pulmonaires, les pneumonies, se tuméfie plus encore pendant les accès de fièvre intermittente et dans les maladies charbonneuses; puis, après s'être gonflée, elle revient même très vite sur elle-même, soit par suite de sa contractilité, soit par la disparition des obstacles à la dispersion générale du sang. On a cru, non sans quelque raison, qu'elle servait particulièrement de diverticulum pour le sang des organes digestifs. Il resterait, sous ce rapport, à faire la part des exagérations et à déterminer dans quelles limites elle fonctionne comme corps érectile.

D'autre part, la rate doit être envisagée comme une glande vasculairesanguine, comme un organe hématopoïétique dont les fonctions se rattachent à la production, aux transformations et à la destruction des globules. Pour juger de ses fonctions sous ce rapport, les physiologistes ont été très bien inspirés en cherchant à comparer le sang afférent et le sang efférent, car les différences entre les deux doivent résulter du travail intime de l'organe. Mais, si la méthode est excellente en principe, ses résultats peuvent être faussés par une application défec-

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