‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 242 sur 310 · RATE · texte numérisé non relu

RATE

La rate, dont nous avons déjà examiné le rôle comme diverticulum du système de la veine porte, est une glande vasculaire sans canal excréteur, analogue aux deux précédentes.

Elle existe chez tous les vertébrés, à part peut-être les cyclostomes et les myxinoïdes parmi les poissons. Sous le rapport de sa forme, de son volume, de sa consistance et de ses connexions avec l'estomac, elle offre beaucoup de variétés chez ces animaux. D'après Guvier, son volume serait, en général, proportionné à celui du foie parmi les mammifères. Elle serait plus petite chezles herbivores que chez les carnassiers, plus petite encore chez les espèces à estomac multiple, dont le foie est peu volumineux, que chez les espèces monogasfriques. Habituellement simple, elle se montre multiple dans la plupart des cétacés, notamment chezles dauphins et les marsouins ; mais alors il y a toujours une rate principale qui a pour satellites de petites rates surnuméraires, dont le nombre peut aller jusqu'à

sept, et dont le volume maximum no dépasse par celui d'une châtaigne. La présence des rates accessoires est assez rare chez la plupart de nos animaux domestiques, le cheval excepté, où elle est commune. Elles sont situées vers le bord adhérent de la rate principale. Leur forme est celle d'un disque aplati, de même couleur et de même aspect que la grande. Chacune a une petite artère entourée de filets nerveux ganglionnaires et se trouve accompagnée d'une ou plusieurs veinules qui se jettent dans la grande veine splénique.

La structure de cet organe est des plus remarquables. Au-dessous de son enveloppe péritonéale très adhérente se trouve une membrane propre, résistante, extensible, élastique, qui envoie dans la substance de l'organe de nombreux prolongements entrelacés dans tous les sens. Cette enveloppe et ses prolongements, connus sous le nom de trabécules, sont formés par des fibres blanches, des fibres jaunâtres et des fibres contractiles de nature musculaire, auxquelles KôUiker a donné la qualification de fibres-cellules. Ces dernières ont été vues dans l'enveloppe et les trabécules chez l'âne, le porc, le chien, et seulement dans les trabécules chez le mouton, le bœuf, le cheval, le lapin. Elles donnent à la rate la faculté de se resserrer d'une manière très évidente en plusieurs circonstances, comme Magendie l'avait déjà observé, notamment sous l'influence de l'air froid, de l'électricité, du sulfate de quinine. A l'intérieur de l'enveloppe et dans les

mailles du tissu spongieux formé par ses prolongements, se ramifient une artère volumineuse entourée de nerfs énormes, surtout chez les solipèdes, des veines à larges sinus tapissés par une membrane mince et des vaisseaux lymphatiques.

Enfin dans les interstices vasculaires se trouvent disséminés les corpuscules ou les éléments glandulaires de l'organe.

Ces corpuscules, décrits par Malpiglii dans la rate des animaux ruminants, Te,/;L a„ S"?.tu»ïïr(t' -n. ^Phéroïdaux, réguliers, e, d'un dia-

mètre qui ne dépasse pas un demi-millimètre. Ils forment de petites capsules creuses dont les parois sont dépourvues intérieurement d'épithélium et extérieurement de la membrane amorphe des glandes. Leur cavité est remplie d'un liquide transparent, albumineux, de cellules arrondies à un seul noyau, de noyaux libres, et quelquefois d'un certain nombre de globules de sang. Ces corpuscules sont, comme on le voit, très analogues aux follicules clos des glandes lymphatiques et des glandesde Peyer.Ils y ressemblent encore en ce que des capillaires sanguins les pénètrent quelquefois. Leur contenu doit être considéré comme un produit de sécrétion.

La pulpe splénique, disséminée dans les interstices laissés entre les vaisseaux et les prolongements trabéculaires, est constituée par des cellules spéciales mêlées

(*)a, oaroisdu corpuscule; 6, son contenu ; c, paroi de Fartère sur laquelle il repose; d, sa gaîue (E-ôlIiker).

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