‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 265 sur 310 · Huzard, Revue et rûngaxin de zoologie · texte numérisé non relu

Huzard, Revue et rûngaxin de zoologie

et sont conservées par la consanguinité. Dans la race courtes cornes, elle a été employée avec constance. Ch. CoUing pendant seize ans a accouplé le même taureau avec six générations de ses fdles, et la dernière ne le cédait en rien à ses aînées '. D'ailleurs, dans les espèces sauvages monogames, où la consanguinité entre frère et sœur est de règle, les races ne paraissent point s'altérer.

Cependant, dans l'opinion d'un grand nombre d'observateurs, Hartmann, Bourgelat, la consanguinité est funeste aux races animales comme aux races ou aux familles humaines : elle leur ôte la vigueur, la santé, la fécondité, elle les détériore vite, et peut même les éteindre. Quelquefois il parait en être réellement ainsi, si, par exemple, la race produite n'a pas assez de fixité, si les reproducteurs médiocres ne sont pas écartés, si les individus sont dans de mauvaises conditions, si enfin, les influences extérieures avec lesquelles la race n'est pas en harmonie tendent à la détruire, comme cela arrive aux animaux précoces dans les pays sans fourrages, aux chevaux fins dans des vallées humides, etc. Comme dans ces conditions les influences des milieux détériorent les individus, les détériorations se transmettent à la race et fendent à lui faire perdre les qualités qu'elle avait pu acquérir. Du reste, d'après les lois de l'hérédité, la consanguinité peut altérer une race toutes les fois que les milieux et les causes extérieures modifient les individus dans un sens défavorable, et dans ce cas elle étend à la race ce qui est borné aux individus ; elle vient en aide aux influences extérieures, reproduit les détériorations qu'elles provoquent, les additionne et les perpétue. Elle agit non moins activement et non moins vite alors dans le sens de la dégénérescence que dans les cas où on s'en servait pour la formation et le perfectionnement de la race.

La consanguinité dans la famille, ou la consanguinité éloignée, n'est pas le seul moyen de former les races. L'alliance de deux races, ou ce qu'on appelle le métissage, le croisement, peut aussi en produire.

Le croisement que, depuis Bnffon, on considère comme nécessaire pour prévenir la dégénération des races, peut-il former des races nouvelles? Sans aucun doute. Le croisement ou l'alliance de deux variétés, de deux races, dès l'instant qu'il donne un produit mixte, une variété individuelle, donne à celle-ci la faculté de s'étendre à un grand nombre d'individus. Le croisement a créé diverses races anglaises, la race de course, quoiqu'on ait prétendu qu'elle résultait delà substitution du cheval oriental à une race britannique indéterminée. Non seulement il crée des races, mais il constitue, comme le dit M. de Sainte-Marie, le moyen le plus simple et le plus expéditif de les perfectionner.

On ne s'explique guère comment des observateurs démérite aient pu exprimer à l'égard de ce moyen des opinions absolument contradictoires. Le croisement qui, pour MM. Magne, Huzard, Gayot, crée des races, les détruit d'après Renault et Baudement. Il fait, suivant les cas. l'un et l'autre, où il ne fait ni l'un ni l'autre. Physiologiquement, rien n'est plus facile à expliquer.

Lorsque, dans une province, on importe une race étrangère qu'on allie à la

1. Lefebvre dp SaiiUe-Marie. De In race bovine à courtes cornes améliorée. Paris. 1849, page 24-j.

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