‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 302 sur 310 · après 1/2 heure · texte numérisé non relu

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41,2 après 25 minutes.

Si, sous l'influence de l'insolation la peau s'échaufi"e très vite avec les parties sous-jacentes, elle revient aussi très rapidement à sa température normale, une fois soustraite à l'action des rayons solaires. Son retour à la température initiale est d'abord très rapide, puis de plus en plus lent, absolument comme l'avait été réchauffement. En voici un exemple. En outre, ce retour n'est pas complet. La peau conserve longtemps un peu de la chaleur acquise.

Le cheval du tableau précédent, dont la température sous-cutanée s'était élevée à 43°, 4 au bout d'une demi-heure remis à l'ombre, l'air étant à 30 degrés, a donné successivement :

A la 2« minute d'ombre 40,6.

L'échauffement de 1°,\ s'était effectué en une demi-heure. Le refroidissement de 5°, 5 a employé un temps presque double. C'est avec une lenteur extrême que plus tard la température serait revenue à son point de départ.

Les fourrures, les toisons ont une influence sur réchauffement de la peau comparable à celle des vêtements. Le burnous et le turban des Orientaux agissent dans le même sens. Ils restreignent à la fois réchauffement et le refroidissement. Ils ont le premier de ces effets sur l'animal immobile et non sur l'animal en action, dont la température tend à s'élever au-dessus du degré normal, car ils

Un bélier, avant le lavage. .

Une brebis —

Un bélier —

Une brebis —

dO.O.

mettent obstacle au rayonnement et à Tévaporation qui doivent éliminer l'excès de la chaleur produite. Le Bédouin accroupi dans sa tente et le moine en contemplation peuvent trouver agréable de tels vêtements qui ne seraient pas supportés par un travailleur à la campagne et même à l'atelier. Les bêtes ovines dépouillées de leur toison supportent mieux la chaleur et ont, pendant la marche, la respiration moins haletante. Leur température centrale baisse aussi un peu. Ainsi, dans mes expériences, un bélier avant la tonte était à 39", 8, et trois heures et demie après, passées au soleil, descendait à 38", 8. Une brebis, dans les mêmes conditions, était à 39°, 6 avant la tonte et à 39°, 3 après.

Lorsque les fourrures et les toisons sont mouillées, elles limitent mieux encore qu'à l'état sec, réchauffement qui résulte de l'insolation, puisque la chaleur extérieure que reçoit la peau est employée comme celle de l'intérieur à évaporer l'eau qui les imprègne. Dans ce cas, non seulement la température cutanée baisse, mais aussi celle des parties centrales. Ainsi :

après le lavage 37,6.

20 minutes après 38,3.

20 m. après, au soleil. . . 39,2.

après 39,5.

Toutefois, la réaction se produit quelques heures ou une demi-journée après le lavage, et la température intérieure, non seulement revient à son chiffre initial, même le dépasse de 1 degré et quelques dixièmes, comme je l'ai vu sur un bélier et des brebis après une période de six heures. La réaction peut se maintenir pendant plusieurs jours, la toison demeurant humide ou légèrement mouillée.

Si, après le lavage, il y a tonte, suivant l'usage pour les bêtes ovines, la température intérieure peut baisser encore de quelques dixièmes et d'un degré, même dans les cas où les animaux sont exposés au soleil.

Il résulte d'une série d'autres expériences que la peau nue, mouillée, se réchauffe plus promptement que la peau velue. En un quart d'heure souvent elle revient à sa température initiale à un degré près. Au contraire, la peau à pelage intact met trois fois autant de temps que la sèche pour arriver seulement à deux ou trois degrés au-dessous de sa température normale. Elle ne la reprend qu'après s'être desséchée, ce qui est fort long, et elle ne se sèche qu'en empruntant du calorique au corps ; conséquemment elle refroidit le corps pour se sécher et se réchauffer.

On comprend, d'après cela, les dangers, par les temps froids, du pelage mouillé, qui se sèche en empruntant de la chaleur à la masse du corps. Il se .passe alors sur l'animal ce qui arrive à l'homme qui laisse sécher sur lui ses vêtements trempés.

La chaleur extérieure, qu'elle provienne de l'insolation, d'un foyer circonscrit, d'une atmosphère d'étuve, du bain thermal ou de corps chauds mis en contact avec la peau, élève d'abord la température du tégument, puis s'étend aux parties sous-jacentes, comme le prouvent les expériences suivantes que j'ai faites il y a quelques années sur le cheval.

Après avoir engagé un thermomètre sous la peau des reins d'un cheval et notéla température qui était de 35 degrés, j'ai promené un cautère ordinaire sur la région, comme on le lait dans la cautérisation transcurrente. Au bout de cinq minutes, l'instrument marquait 37", 5, — d'un quart d'heure 40 degrés, — d'une demi-heure 41°,7, soit une augmentation de 6°, 7 pour ce laps de temps pendant lequel le cautère passa quinze fois dans les raies. Sur un autre, où le thermomètre était engagé sous la peau de l'épaule, la cautérisation continuée pendant trois quarts d'heure fit monter la température à 50 degrés, soit une augmentation de 15 degrés ; mais cette température ne se maintint que pendant quelques instants et elle oscillait autour de 42 à 43 degrés.

Sur un cheval où le feu était mis à l'aide du cautère cultellaire, dans la forme ordinaire, à la région des reins, j'ai noté, le thermomètre étant sous la peau, en regard des lignes :

Après 2 minutes 39.

Au début la température sous-cutanée ayant été à peu près à 35 degrés, s'est élevée de 10°, 5 en un quart d'heure.

Dans ces cas, réchauffement des tissus est assez limité en dehors de la circonscription du feu et en profondeur. Ainsi, sur un cheval cautérisé à la région costale, pendant cinq minutes le thermomètre a donné sous la peau, en regard des lignes, 41 degrés après cinq minutes ; un autre thermomètre ne marquait au même moment à 1 décimètre que 35 degrés. Au garrot, après dix minutes de cautérisation, le thermomètre indiquait 45 degrés, et seulement à trois centimètres du champ du feu, 38 degrés, et 34", 4 à vingt centimètres.

Si les courants sanguins n'absorbaient pas le calorique pour le disséminer, les parties du corps exposées à une haute température s'échaufferaient bien davantage. En effet, dans les expériences où la cautérisation actuelle fut pratiquée sur le cadavre, la température des tissus sous-jacents à la peau parvint très vite au chiffre de la coagulation de l'albumine. Ainsi, sur un cheval mort depuis six heures, la température de la peau des reins étant de 30 degrés, le thermomètre en vingt minutes monta à 50, puis à 60 degrés. En une heure, sur un cadavre dont la température initiale était de 31 degrés à la hanche, elle s'éleva à 54 en un quart d'heure, à 60 au bout d'une demi-heure, et à 70 dès la quarantième minute, soit une augmentation totale de 40 degrés en moins de trois quarts d'heure.

La chaleur extérieure agissant, soit sur l'ensemble de la masse du corps, soit sur quelques-unes de ses parties, peut donc élever plus ou moins la température de l'organisme, non pas comme elle le ferait dans une masse inerte et hétérogène, mais suivant un mode tout particulier et très favorable à la dissémination

du calorique. C'est surtout par les courants sanguins échauffés dans les parties qui reçoivent un excès de calorique que la chaleur superflue se dissémine, qu'elle passe des régions superficielles dans les profondes. La conductibilité n'agit dans ce sens qu'avec beaucoup plus de lenteur.

Il serait intéressant de voir avec quelle rapidité les couches de plus en plus profondes s'échauffent, et l'on y arriverait en portant successivement le thermomètre dans des points de plus en plus éloignés de la surface. Il est hors de doute que la pénétration du calorique est lente, par la raison que les tissus sont fort mauvais conducteurs, ce que prouve la lenteur de réchauffement des parties centrales d'un cadavre froid que l'on plonge dans un bain à température élevée.

Ce n'est pas seulement sous l'influence des sources extérieures de calorique que la température de l'organisme peut monter au-dessus du chiffre normal; elle s'élève aussi au-dessus de ce chiffre par le fait de diverses causes internes : 1° lorsque la digestion trop active fournit au sang et aux tissus des combustibles en quantité surabondante ; 2° lorsque la respiration et la circulation suractivées donnent une trop forte impulsion aux actions chimiques; 3° quand le système musculaire fonctionne très énergiquement ; enfin dans le cas où les enveloppes protectrices du corps, fourrures, toisons, ne laissent pas perdre l'excès de chaleur produite.

Il est donc bien établi, par ce qui précède, que la température du corps peut, sous l'influence de causes extérieures ou intérieures, s'élever partiellement ou dans l'ensemble, à plusieurs degrés au-dessus du chiffre normal. Comme cet excès de chaleur trouble les actions physiologiques et entraîne des consé-' quences graves, même mortelles, il importe à l'organisme de le restreindre dans des limites aussi étroites que possible. Or, c'est par deux moyens principaux que l'animal résiste à l'élévation de la température, savoir : 1° l'augmentation de la transpiration cutanée ; 2° le ralentissement des actions thermogènes.

Le grand moyen de résistance à la chaleur est la transpiration, soit que le calorique se produise en excès dans l'organisme par les actions musculaires, par le travail fébrile ou par toute autre cause interne, soit qu'il vienne de sources extérieures. Dès que la quantité de calorique à dissiper est considérable, la transpiration ou la sueur devient tellement abondante qu'elle ruisselle à la surface de la peau et mouille même complètement les poils, les fourrures ou les toisons des animaux. Comme elle peut être accrue dans la proportion de 1 à 10, et plus encore, elle enlève à un homme du poids de 75 kilogrammes qui sue abondamment 300 grammes par heure ; elle enlèverait à un cheval du poids de 400 kilogrammes, dans le même temps, s'il transpirait proportionnellement à sa masse, autant que l'homme, 10 000 grammes de liquide. Mais ce serait là un chiffre maximum auquel l'organisme n'arriverait que par une gradation en rapport avec l'élévation progressive de la température. Letellier a vu, en effet, que la tourterelle, qui perd par heure et par kilogramme 2s%4 entre -{- \o et -f- 20 degrés, en perd e^l à la température de 30 à 40 degrés. L'homme qui, à la température de 12 à 15 degrés et dans l'inaction perd par kilogramme 28%5, en perd 25, d'après mes expériences, à -]- 30 ou 35 degrés, lorsqu'il se livre à un

CONDITIONS QUI MAINTIENNENT l'ÉQUILIBRE DE LA TEMPÉRATURE. 1101

travail musculaire fatigant. Dans un milieu très chaud, comme celui d'une étuve, les pertes sont beaucoup plus grandes encore. Berger perdit 220 grammes en sept minutes dans une étuve chauiïée à 109 degrés, — 310 grammes en douze minutes dans l'étuve humide à 53 degrés. Un malade dans des conditions analogues donnait à M. Pavre environ 1 300 grammes de sueur par heure. Un ùnon du poids de 18 kilogrammes et demi, perdit dans l'étuve chauffée de 60 à 76 degrés, 639 grammes en deux heures cinquante minutes, soit 12s'", 4 patkilogramme et par heure. En prenant pour le minimum de la perte de l'homme 30 grammes par heure à -|- 15 degrés, dans l'inaction, et 1 300 grammes dans l'étuve, on voit que la déperdition de calorique due à la transpiration est quarante-trois fois plus considérable dans la seconde condition que dans la première. La réfrigération due à la transpiration est proportionnelle non à la quantité d'eau versée, mais à la quantité évaporée, car ce n'est pas l'exhalation qui emporte le calorique, mais bien l'évaporatioadu liquide exhalé : aussi les fortes chaleurs sont-elles d'autant mieux supportées que l'air est plus sec. Cet air sec rafraîchit parce qu'il active l'évaporation. A 36 degrés il peut absorber sept à huit fois autant d'humidité qu'à 10 degrés. Au contraire, en été, lorsque, par le fait des nuages, de l'orage, des vents, l'air, humide, saturé, évapore moins activement les produits de la transpiration, la chaleur devient très pénible et semble même augmenter, quoiqu'elle demeure stationnaire.

Dans les cas où la transpiration est entravée, lors des fortes chaleurs, les animaux éprouvent un malaise considérable qui se traduit de diverses manières, L'ours blanc, couvert d'une épaisse fourrure, est haletant et cherche à s'étendre sur les pavés frais de sa grotte ; le mouton non tondu s'essouffle au moindre mouvement ; le chien qui transpire peu est haletant ; sa langue sort de la bouche pour perdre quelque peu de liquide. S'il est couvert d'enduits imperméables il ne peut, comme je l'ai vu, supporter la moindre course sans s'échauffer outre mesure et même sans tomber par moments dans des accès de suffocation. Toutefois les enduits ne produisent pas des effets identiques chez tous les animaux. Ils font baisser la température chez ceux oii ils semblent entraver les actions d'hématose et la laissent presque à son degré normal chez ceux qui n'en souffrent pas sensiblement. Ainsi, sur une douzaine d'animaux, chiens, chats, agneaux et lapins goudronnés par les fortes chaleurs de juillet, le cinquième, le septième, le huitième jour la température intérieure normale s'était maintenue à un degré près. Un agneau donnait le quatorzième jour 39", 3; mais sur un lapin l'abaissement atteignait 2°, 5 au bout de vingt-quatre heures, 6°, 5 le quatrième jour, veille de la mort. C'est dans les conditions dont je viens de parler que les vêtements chauds paraissent lourds et qu'ils produisent des sensations désagréables. Les toisons, les fourrures, incommodent alors fortement les animaux. Aussi, ceux des pays chauds en sont dépourvus, et plusieurs mêmes s'y trouvent, comme l'éléphant, le rhinocéros, l'hippopotame, tout à fait nus. Dans les climats tempérés ils ont pris, pour l'été, un pelage plus court, très clair, sans poils laineux mêlés aux autres.

La transpiration pulmonaire concourt aussi, pour une certaine part, à la soustraction de la chaleur animale excédente; mais elle n'a pas, à beaucoup près,

un rôle aussi important que l'autre. La quantité d'eau qu'elle enlève est bien moins considérable que celle qu'exhale la peau, et elle ne peut augmenter ou diminuer, comme la transpiration cutanée, suivant la somme de calorique à soustraire. D'après M. Gavarret elle n'éprouverait aucune variation par le fait de la température. Dans tous les cas, l'exhalation des voies aériennes a pour résultat de restreindre réchauffement de la muqueuse des vésicules pulmonaires et des bronches aussi bien que de contribuer à maintenir l'équilibre thermique général.

Les deux transpirations réunies soustraient, dit-on, chez l'homme, en vingtquatre heures, 860 calories, ou le tiers de la somme de chaleur produite ; mais ce chiffre est aussi variable que celui même de l'eau évaporée, lequel peut être, suivant les conditions, de 800, 1000, 1500, 2000 grammes. La soustraction de l'eau, en épaississant le sang, fait naître chez l'homme et les animaux une soif très vive qui doit être satisfaite pour donner de nouveaux éléments à la transpiration, sinon la résistance à la chaleur devient extrêmement difficile.

Il est à noter ici que l'abondance de la double transpiration ne cesse pas brusquement, à compter du moment où l'organisme est soustrait à l'influence d'une température élevée. Elle persiste plus ou moins, en s'atténuant, par exemple, lorsque l'homme sort d'un bain thermal ou d'une étuve, parce que la chaleur absorbée en excès ne se dissipe qu'avec une certaine lenteur. Du reste, l'arrêt brusque de celle de la peau pourrait entraîner des conséquences très graves.

Le second moyen par lequel l'organisme résiste à la chaleur consiste dans le ralentissement des actions chimiques ou des combustions qui s'opèrent dans les tissus. L'économie produit peu de chaleur quand les milieux lui en enlèvent peu. Il y a alors moins d'oxygène absorbé, moins de carbone brûlé. W. Edwards a constaté qu'en été l'animal met à consommer un volume donné d'oxygène un temps beaucoup plus long qu'en hiver. La réduction peut s'élever à un cinquième, à un quart et plus, suivant les animaux et l'état des milieux. D'après Letellier, elle serait proportionnelle à l'élévation de la température extérieure. Le ralentissement des actions chimiques devient manifeste lorsque les animaux sont placés brusquement dans une atmosphère confinée très froide. A zéro, par exemple, des oiseaux adultes se refroidissent seulement de 0°,4 en hiver, tandis qu'en été oii ils produisent moins de chaleur ils se refroidissent de 1°,6 à Z°,Q.

Les deux moyens de résister à la chaleur, quoiqu'ils agissent de concert, ont chacun leur rôle. Le premier, qui est le principal, permet à l'organisme déparer à toutes les éventualités : il est constamment disponible et sert pour les besoins immédiats. Le second a une action plus lente, plus persistante, parce qu'il se lie à un état de l'organisme réglé en vue d'une calorificationmise en harmonie durable avec les conditions extérieures. Mais, quelle que soit leur puissance d'action, ces deux moyens ne donnent à l'organisme qu'une résistance limitée à l'influence de la chaleur. Toutefois cette résistance va très loin, comme l'ont appris des expériences devenues célèbres. En effet, des jeunes filles observées par Duhamel et Tillet ont pu, sans inconvénient, séjourner tout habillées pendant dix minutes dans un four chauffé à 122 degrés. Blagden passa huit minutes dans une étuve à 127, et dix minutes à une température de 110; Berger, sept minutes dans une

autre â'109; une chienne enveloppée d'une couverture put tenir 32 minutes dans une autre cliaulYée ù 113. La température des individus qui avaient séjourné dans ces atmosphères échauffées, huit, dix minutes et plus, se maintint sous la langue de 37", 5 à 38°, 8, Dans les étuves dont l'air est chargé de vapeurs, les hautes températures sont moins bien supportées. Berger ne put demeurer au delà de douze minutes dans une étuve de ce genre, chauiïée seulement de 41 à 53 degrés.

Les petits animaux, qui s'échauffent nécessairement plus vite que ceux de grande taille, supportent beaucoup moins longtemps que l'homme les hautes températures à l'air sec ou humide. Un chien dont parle Haller mourut dans l'étuve au bout de vingt-huit minutes, sans suer, et rendant une grande quantité d'écume rouge très fétide par la bouche. Un chat périt, ruisselant de sueur, après dix-sept minutes de séjour dans une étuve à 146 degrés Farh., et un moineau après sept minutes ; un bruant dans les expériences Tillet, fut pris de convulsions après quatre minutes dans une étuve à 76 et mourut quelques minutes après en être sorti. Il a été constaté que la température des animaux morts dans ces conditions s'était élevée de 6 à 7 degrés au-dessus de son chiffre normal.

Lorsque la température est moins élevée que dans les cas précédents, les animaux peuvent la supporter un temps beaucoup plus long, mais toujours assez limité. Darts une étuve chauffée de 56 à 65, le chat et le lapin n'ont pas vécu plus de quatre heures et le bruant au delà d'une demi-heure.

Dans l'eau, l'homme et les animaux supportent moins facilement les températures élevées. Il résulte des expériences faites sur l'homme que le bain chaud à 45 degrés ne peut être supporté au delà de six à sept minutes. L'eau qui refroidit vite le corps l'échauffé également avec une grande rapidité.

Les animaux à sang froid et à température variable n'ont aussi qu'une résistance limitée à l'action de la chaleur et ne peuvent supporter longtemps les températures élevées. Spallanzani et W. Edwards ont constaté que les poissons et les grenouilles périssent promptement dans l'eau à 42 ou 43 degrés, et il n'est pas bien avéré que les poissons qui vivent dans les eaux thermales se tiennent dans des régions dont la température dépasse 40. D'ailleurs, dans les conditions expérimentales, les vertébrés à sang froid meurent lorsque leur température interne arrive à 45 ou 46 degrés.

En somme, l'organisme jouit, dans des limites assez étendues, de la faculté de résister au froid et à la chaleur. A l'aide des moyens régulateurs, il maintient l'équilibre de sa température. Pendant les temps froids il produit beaucoup de chaleur et en restreint la déperdition; pendant les temps chauds il en produit peu et en perd l'excès par la transpiration. Il lutte dans toutes les conditions contre des variations intérieures qui deviendraient funestes. Mais peut-être lutte-t-il mieux contre le froid que contre la chaleur, car dans les régions polaires sa température ne baisse pas sensiblement, tandis que dans une atmosphère très échauffée elle peut s'élever de 4, 5, 6 degrés, et la mort s'ensuivre, souvent d'une façon foudroyante. En effet, si quelques observateurs n'ont pas vu la température de la bouche dépasser 38°, 8 sur l'homme après un séjour de six à dix minutes dans des étuves à plus de 100 degrés, Delaroche et Berger

1104 r»E LA CHALEUR ANIMALE.

ont noté, pour la mrme région, une augmentation de 4 à 5 degrés dans des étuves sèches, chauffées de 80 à 87, et une augmentation de 2 à 5 degrés après quinze à dix-sept minutes de séjour dans un Ijain de vapeur de 37 à 48 degrés.

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