Seguin. Annales de chimie, t. XC, p
2. F. Duriau, Recherches expérimentales sjw l'absorpt. et Vexhal. par le tégument externe. Paris 1850.
pieds, au\ talons, etc. Une gaze sèche de cette épaisseiir et de cette étendue deviendrait très lourde si elle était imprégnée d'humidité.
Il y a donc, pour éta])lir la quotité de l'absorption, des tentatives de ce genre à reprendre avec soin, sur l'homme, dans des conditions bien déterminées et par la méthode des pesées, car celles où l'absorption de l'eau se déduit de la diminution de la densité de l'urine ne sont pas concluantes. On ne peut espérer des résultats rigoureux sur les animaux parce que, d'une part, l'épiderme épais des grandes espèces, et leur pelage très hygroscopique, se chargent d'une quantité d'eau indéterminable, et que, d'autre part, les moyens de pesage ne sont pas, pour le cheval et le bœuf, d'une sensibilité suffisante.
S'il faut des expériences nouvelles pour déterminer la quantité d'eau que la peau est susceptible d'absorber en un temps donné, celles que nous possédons, si imparfaites qu'elles soient, établissent sans conteste la réalité de cette absorption. Dès l'instant que la perspiration pulmonaire et la transpiration cutanée persistent dans le bain, il faut nécessairement, pour que le corps y conserve son poids, que la peau absorbe une quantité d'eau équivalente à celle que les deux exhalations emportent. Et, s'il y a une augmentation de poids, elle indique que la quantité absorbée est supérieure à celle que les exhalations ont entraînée.
Toutefois, il ne faut pas oublier que l'augmentation de poids résulte, pour une certaine part, de l'imbibition de l'épiderme et des autres productions épidermiques, imbibilion qui n'est point une absorption entière; mais qui en implique la possibilité.
Absorption des dissolutions saiîsies et iuiuéi>ales. — On sait que les membranes peuvent remplir le rôle de dialyseurs, séparer les substances les unes des autres, admettre peu de sels, l'un d'eux seulement, alors qu'elles laissent passer une grande quantité d'eau. Gonséquemment, l'absorption de l'eau n'implique pas celle des sels tenus en dissolution dans ce liquide, suivant les proportions dans lesquelles ils sont dissous. Il faut donc examiner particulièrement cette absorption.
La peau nue des animaux inférieurs, des batraciens, par exemple, qui absorbe l'eau si activement, absorbe aussi très vite les dissolutions salines.
Millier ayant maintenu les pattes de derrière d'une grenouille dans une solution de prussiate de potasse, trouva, au bout de deux heures, que la lymphe sous-cutanée devenait bleue par l'action des sels de fer.
J'appliquai sur toute l'étendue de la peau d'une grenouille, préalablement iixée sur une planchette, une dissolution aqueuse de 1 décigramme de sulfate de strychnine. Un quart d'heure s'était à peine écoulé depuis le moment de l'application de la substance vénéneuse, que l'animal éprouvait des secousses tétaniques. Au bout de vingt minutes il était mort. Cependant, il y eut encore, pendant un quart d'heure, quelques légers mouvements du diaphragme maxillaire qui n'avait pas été touché par le poison.
J'étendis, en une seule fois et en moins d'une minute, la même quantité de sulfate de strychine sur la peau d'un énorme crapaud. Les convulsions et la roideur tétanique commencèrent à se montrer au bout de quatre minutes, et dix minutes plus tard le batracien ne donnait plus aucun signe de vie.
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La même quantité de sel vénéneux en dissolution fut déposée sur la peau d'une salamandre aquatique, et à trois reprises dillérentes, de huit en huit minutes. Les premiers signes de tétanos se manifestèrent à la sixième minute de l'expérience, mais l'animal ne mourut qu'après trois heures.
Chez les mammifères, dont la surface absorbante est réduite par les poils et couverte, dans les intervalles, d'un épiderme plus ou moins épais, l'absorption a encore lieu.
Vestrumb a vu qu'un chien plongé, par le train postérieur préalablement rasé, dans un bain chargédeprussiate de potasse, absorba ce sel qui se retrouva bientôt dans le sang.
Je versai lentement sur la région dorso-lombaire d'un cheval, pendant cinq heures, une dissolution de 40 grammes de cyanure de fer et de potassium, en ayant soin de ne pas laisser dessécher la surface sur laquelle le liquide était versé. Au bout de quatre heures et demie, l'urine rendue par l'animal contenait des traces du sel, et quelques heures plus tard ces traces étaient encore plus sensibles. L'épiderme n'avait été nullement entamé, car on ne fit jamais de frictions en arrosant la surface avec la dissolution saline.
J'étendis en dix fois sous le ventre et la poitrine d'un chat, dont les pattes étaient liées sur une planchette, une dissolution de 2 grammes et demi de valérianate de strychnine. Les lotions durèrent quatre heures. Il n'éprouva de symptômes d'empoisonnement qu'après dix heures, et mourut seize heures après le commencement de l'expérience.
Dans ces derniers temps, on croit avoir donné des convulsions à un renard enfermé dans un hydrofère et soumis à des douches chargées de 1 à 2 grammes de sulfate de strychnine. Gela est possible, mais il eût mieuxj valu choisir un animal qui n'eût pas, autant que le renard, de propension à trembler dans un appareil tel que l'hydiofère.
La peau des oiseaux, quoiqu'elle soit mince et qu'elle paraisse très perméable, absorbe avec lenteur et souvent avec de grandes difficultés. Dans une ancienne expérience, j'ai développé des convulsions chez un pigeon seulement trois heures après lui avoir versé sous les ailes et sous le ventre une dissolution de 1 gramme de sulfate de strychnine. Tout récemment, j'ai vu que, sur de jeunes moineaux pris dans le nid, alors que le dessous du ventre, de la poitrine et des ailes, était encore dépourvu de plumes, l'application d'une solution alcoolique faible de sulfate de strychnine produisait très difficilement des convulsions. Trois, six, dix, douze gouttes de la solution, appliquées sur les parties susmentionnées, ne produisaient pas la plus faible secousse, tandis que trois gouttes de la même solution versées dans le bec en déterminaient au bout de quatre à cinq minutes, puis la mort, souvent en moins d'un quart d'heure.
Il est probable que la peau des oiseaux aquatiques est réfractaire à l'absorption de l'eau; car le plumage, enduit d'une matière onctueuse, ne laisse pas le liquide arriver à la surface ; ou, s'il y arrive par places, il se trouve dans l'impossibilité de traverser l'épiderme imprégné de la même matière.
En ce qui concerne l'homme, dont la peau est nue et l'épiderme peu épais, il
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n'y a pas de doute. Un grand nombre de résultats établissent le lait de l'absor})tioii des dissolutions salines, mais dans de faibles limites.
Vestrumb ^ plonge le bras dans une dissolution de cyanure de fer et de potassium et de sel de nitre. Au bout de quarante-cinq minutes, les traces deprussiate se montrent dans l'urine. Après l'immersion des jambes dans une solution concentrée de prussiate, il trouve le sel dans l'urine au bout d'une heure trois quarts. Après un bain de pieds de deux heures dans la solution de ces deux sels, ceux-ci se retrouvent tous les deux dans ce produit de sécrétion.
Mais, chose singulière, beaucoup d'observateurs qui, au lieu de plonger seulement les bras ou les jambes dans l'eau chargée de sels, y plongent le corps entier, ne constatent point la présence des sels dans l'urine.
Ainsi Duriau, après des bains de deux heures à 30", 32", renfermant 200 grammes d'iodure de potassium, — des bains d'une heure au cyanure de fer et de potassium, — des bains de deux heures contenant de 200 à 250 grammes- de carbonate de potasse, — des bains d'une heure à deux heures avec addition de 1 kilogramme de sulfate de magnésie, ne retrouve dans le produit de la sécrétion urinaire ni l'iode, ni le cyanure, ni le nitrate de potasse, ni le sulfate de magnésie.
HomoUe n'y a pas retrouvé non plus l'iodure ni le cyanoferrure de potassium après un bain d'une heure et demie tenant en dissolution 100 grammes de ces sels. Hébert, après des bains de quatre heures chargés de 200 grammes de ces mêmes sels, n'y en t'rouve pas de traces. Parisot arrive aux mêmes résultats négatifs avec ces deux sels et avec le chlorate de potasse.
Mais 0. Henry, après des bains de trois quarts d'heure ou d'une heure, chargés seulement de 6 à 10 grammes d'iodure de potassium, dit avoir reconnu des traces d'iode dans l'urine ; mais il n'y trouve pas le cyanoferrure mis dans le bain en égale quantité.
Sereys et "Réveil, dans des bains de trente-cinq minutes à une heure à l'hydrofère, qui projette l'eau avec une certaine force à la surface de la peau, ont vu l'urine présenter de l'iode, du cyanoferrure de potassium, de l'arséniate de soude. Le bain était chargé seulement de 8 grammes d'iodure de potassium, de 15 grammes de ferrocyanure et de 2 grammes d'arséniate de soude. L'iode a été retrouvé dans l'urine, à la sortie du bain, et pendant les vingt-quatre heures suivantes.
Enfin , Demarquay '^ a trouvé des traces d'iode dans les urines d'individus qui avaient pris des bains d'une à deux heures chargés de 30 à 100 et 150 grammes d'iodure de potassium.
De ce que, dans les expériences, on voit disparaître l'eau sans qu'on retrouve dans l'urine le sel que Feau tenait en dissolution^ ou bien de ce qu'on voit passer dans ce produit seulement l'un des deux sels d'une solution, on est porté à attribuer à la peau une faculté élective : c'est une erreur d'interprétation. Là, comme dans la généralité des cas, l'eau est absorbée plus facilement que les substances qu'elle tient en dissolution, et les sels passent, non pas dans les proportions oCi l'eau les contient, mais dans des proportions nouvelles subordonnées