‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 49 sur 310 · de la rég. lomb · texte numérisé non relu

de la rég. lomb

Le même, 6 h. plus tard..

Le même, le lendemain. . .

Cheval faible leucémique. .

Le même, au début

Le même '

Le même, le lendemain...

Jument '.

La même, le lendemain...

Cheval hongre

Id. Séjour

Id. 3« jour

Id. 4"= jour

Id. . 5" jour

Id. 6' jour

Le même, après la mort.. .

J ument

La même, 2<= jour

La même. 3° jour

Cheval entier

Le même, 2'^ jour

Cheval entier

Cheval hongre '

Id. 2"= jour. . . .

Le même, 2' jour

Cheval à élépliantiasis ....

Cheval hongre

Le même

Chien

Les divers globules dont il vient d'être question ont été considérés comme des éléments produits exclusivement dans les ganglions, quoique J. Millier les ait

1. Yirchow. Patholoyie cellulaire. 1^* édit., 1860. p. 125 à B7.

2. Quatre heures après une injection de cinabre et de charbon porphyrisé dans le tissu cellulaire de la face.

3. Quelques heures après une Injection d'iodure de potassium sous la peau de la résion faciale.

160 DE l'MjSORI'TION.

\'us dans la lymphe avant son entrée dans ces organes, ils se forment probablement dans tontes les parties du système et dès les réseaux d'origine, car je les ai trouvés déjà fort nombreux dans la lymphe de la région digitée, conséquemment bien au-dessous des ganglions brachiaux et des poplités. Mais les esprits à qui les théories plaisent plus que les faits n'en peréistent pas moins dans leurs anciennes opinions.

Quant aux globules rouges admis encore tout récemment dans la lyin|)he par des observateurs de mérite, ils ne s'y rencontrent jamais si elle est pure, sauf dans celle de la rate, et je puis affirmer ce fait d'après des centaines d'observations. Ceux qui s'y trouvent mêlés par accident y deviennent souvent dentelés et y éprouvent une réduction de diamètre que Ch. Robin évalue à 1 ou 2 millièmes de millimètre.

Les fines particules de graisse que le chyle laiteux contient si abondamment font à peu près défaut dans la lymphe à l'état normal. On y en trouve cependant un certain nombre, surtout lorsqu'elle tend à devenir un peu trouble, sur les animaux gras, sous l'influence de la résorption adipeuse que provoque l'abstinence ou une maladie fébrile.

Les bactéries linéaires et les bactéries granuleuses peuvent se montrer dans la lymphe chez les septicémiques et les animaux atteints d'affections charbonneuses. Je les ai trouvées dans ces deux circonstances, et en assez grand nombre, sur divers animaux. Tout récemment quelques observateurs, peu familiarisés avec ces études, ont prétendu en voir dans la lymphe des chevaux affectés de la morve et du farcin. Ils ont évidemment pris des globulins et des granules disséminés pour des bactéries punctiformes, et s'ils ont réellement vu des bactéries filiformes c'est dans la lymphe altérée par la décomposition cadavérique, car sur les animaux morveux et farcineux vivants ou abattus depuis peu, la lymphe de diverses parties, notamment celle des engorgements du cordon testiculaire, de la région sous-glossienne, etc., ne m'a jamais offert la moindre trace de ces productions.

Dans certaines conditions anormales ou pathologiques, la lymphe peut éprouver quelques modifications. Je l'ai vue devenir presque incoagulable et très pauvre en globules à la suite de saignées très abondantes. Elle peut être associée à une matière blanche caséiforme, chargée de nombreux granules et de leucocytes hypertrophiés dans des vaisseaux irrités. On y a trouvé, au voisinage du cancer, des cellules épithéliales, des cellules cancéreuses. Sur les chevaux à mélanose généralisée, j'y ai constaté la présence de corpuscules pigmentaires et même de grosses cellules de pigment tout à fait intactes.

lIL — Caractères chimiques et composition de la LYMi»HEA

La lymphe; qui provient du sang et qui y retourne, renferme la plupart des inatériaux plasmaliques du liquide essentiellement nutritif.

Elle contient de 913 à 969 millièmes d'eau, soit une quantité moins variable que celle du chyle. Elle en offre le maximum dans les cas où elle marche très vite, et le minimum dans ceux où elle progresse avec lenteur.

La fibrine s'y trouve dans la proportion ihoyenne de 1 à 3 millièmes à l'état

CARACTÈRES CtilMIQUES ET COMPOSITION DE LA LYMPHE. 161

iiuriiial. Elle est plus élastique, plus tenace, moins soluble que celle du cliylc. Sa quantité augmente dans la lymphe qui a traversé les ganglions et surtout dans celle qui est parvenue au canal thoracique où le reflux peut apporter du plasma sanguin. Elle devient énorme, d'après les études de M. DelaCond^, sur les chevaux atteints de morve aiguë, et aussi, alors, la lymphe est beaucoup plus coagulable qu'à l'état normal.

La fibrine de la lymphe, comme celle du chyle et du sang, paraît provenir du dédoublement spontané de la plasmine ou matière fibrinogène. Cette plasmine, ainsi qu'on l'a vu, se précipite quand on ajoute du chlorure de sodium pulvérulent à la lymphe recueillie sur une solution de sulfate de soude. Redissoute dans l'eau, la plasmine se divise en deux parties : l'une qui se coagule en filaments et représente la fibrine ordinaire, l'autre qui reste dissoute. Cette dernière, qualifiée du titre de fibrine soluble, se distingue de l'albumine proprement dite, avec laquelle elle est confondue, en ce qu'elle se coagule par le sulfate de magnésie qui est sans action sur la véritable albumine. La fibrine est donc, dans la lymphe, à un état semblable à celui où elle se trouve dans le sang. Elle s'y forme, après l'extraction du liquide, par le fait du dédoublement delà plasmine, dédoublement effectué surtout au contact de l'air.

L'albumine se trouve, dans la lymphe, en quantité variable de 22 à 67 millièmes, ou dans un rapport qui oscille de 1 à 3. Cette quantité s'est trouvée dans les analyses de Wurtz toujours inférieure à celle qu'a donnée le chyle d'un même animal pris au même moment ; elle représente, terme moyen, la moitié de la. quantité contenue dans le plasma sanguin. Sous cette dénomination se trouvent comprises, outre l'albumine coagulable par la chaleur, l'albumine résultant du dédoublement de la plasmine, l'albumine coagulable par l'acide acétique et par l'alcool, l'albuminose ou peptone que précipitent les sels métalliques, enfin la caséine que les chimistes ne dosent pas à part. Il serait fort intéressant de connaître les proportions relatives de ces diverses variétés. Sans recourir à des pesages minutieux, il est facile de voir que l'albumine et la caséine y sont moins abondantes que dans le chyle.

L'albumine de la lymphe est toujours associée, d'après Nasse, à une notable proportion de soude.

La proportion de graisse n'y varie pas moins que celle des éléments protéiques. Parfois, elle est inférieure à 1 millième ; mais elle peut s'élever à 2, 3 millièmes et plus. Si quelquefois la lymphe en a présenté davantage, c'est qu'elle a été recueillie à un état de pureté douteux, entraînant avec elle de la graisse des tissus ou de la graisse du chyle, lorsqu'elle a été tirée du canal thoracique. Cette graisse a ceci de particulier qu'elle s'y trouve saponifiée par les alcalis et par conséquent dissoute, au lieu d'être tenue en suspension sous forme de fines particules, comme dans le chyle. Il en résulte que la lymphe peut en contenir une grande quantité tout en demeurant transparente, néanmoins la graisse n'est pas toujours saponifiée en totalité ; dans la lymphe la plus limpide, on en trouve

î. Delafond, Traité de pathologie générale des animaux domestiques, 2= édit. Paris, 1855, p. 582).

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