‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 50 sur 310 · COLIN. — Physiol.comp., 3^ édit. II. — H · texte numérisé non relu

COLIN. — Physiol.comp., 3^ édit. II. — H

quelques rares el liiies particules. Celles-ci deviennent fort nombreuses sur les animaux gras que l'on fait jeûner. J'ai constaté ce fait, nîême au trentième jour de l'abstinence, sur un cheval d'un embonpoint considérable.

La lymphe renferme aussi du sucre fermentescible dont j'ai signalé le premier la présence normale et constante, dès 1855 ^ sur les carnivores comme sur les herbivores. Ce sucre s'y trouve, d'après mes recherches, dans la proportion de 1 à 1 millième et demi, ou, plus exactement, de 1 gramme à \ gr. 60 pour 1 kilogramme de lymphe. Wurtz a confirmé ce fait qu'on s'était plu à contester dans l'intérêt d'une théorie insoutenable.

L'urée s'y trouve, d'après les analyses de Wurtz, sur le cheval, le bœuf et le chien, dans la proportion de 0,16 à 0,21 pour 1000, par conséquent supérieure à celle qui existe normalement dans le sang.

L'acide formique, l'acide lactique y ont été trouvés également par ce savant chimiste" dans les nombreux échantillons que je lui avais remis. Les diverses matières extraclives y sont, d'après Lehmann, en quantité plus grande que dans le sang.

Les sels de la lymphe sont : le chlorure de sodium, qui est le plus abondant, 4 à 6 grammes par 1000, le chlorure et les carbonates alcalins, le phosphate de chaux, les sulfates alcalins, etc. Lehmann y indique l'existence de sels ammoniacaux. La quantité absolue et les proportions relatives de ces sels ne sont point les mêmes que dans le chyle et dans le sang.

L'alcalinité constante de la lymphe est due au carbonate de potasse, aux carbonate et phosphate de soude qu'elle renferme en petite quantité.

En somme, la composition de la Ivmphe que je résume dans le tableau suivant, oiî sont réunies la plupart des analyses données, est essentiellement mobile et variable, suivant les conditions où se trouve l'organisme, car elle tire ses matériaux du sang et des tissus, des produits de sécrétion dont la composition est également instable. Sous ce rapport, la lymphe ressemble au chyle dont les caractères sont subordonnés à la nature des aliments offerts à l'absorption intestinale. Il est hors de doute que ses variations principales doivent dépendre surtout de celles du sang et marcher parallèlement avec elles. Un certain nombre peuvent résulter de l'état général de la nutrition et des maladies. Gollard de Martigny en a signalé quelques-unes dérivées de l'abstinence. Wurtz en a trouvé de très notables sur un cheval privé d'aliments pendant un mois. Des études suivies dans cette voie offriraient un très grand intérêt.

Mais, quelles que soient ses variations, la lymphe ne perd jamais ses attributs essentiels au point de vue de sa composition comme sous le rapport de ses caractères physiques et micrographiques ; elle conserve toujours ce qui en établit l'identité. D'ailleurs sa constitution demeure constamment à peu près semblable à celle du chyle, ce qui explique l'aptitude commune de ces deux liquides à renouveler le plasma sanguin ; le premier, qui dérive en grande partie du sang,

1. G. Colin, Dp. l'oriijine du sucre contenu dans le chijle {Comptes rendus de VAcad. des sciences , \mi\ 1855, et Journal de laphysiol. de l'iiomme et des animaux). — A. Wurtz, Note écrite du 22 mars 1858, citée par Longet, Traité de pJajsioL^ 1. 1", p. 448, 3^ édit.

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