DU CHYLE
directement par ces vaisseaux et immédiatement mêlés au sang, n'en constituent pas moins, chimiquement et pliysiologiqueinent, un véritable chyle.
Chez les vertébrés ovipares pourvus de deux ordres de vaisseaux aptes à fonctionner parallèlement, les produits de la digestion entrent dans ces deux voies à la fois. Une partie de ces produits s'engage dans les veines mésaraïques, l'autre dans les chylil'ères. Quelles que soient leurs proportions relatives, leur forme en bloc, la figure de leurs éléments microscopiques, ils n'en sont pas moins isomères, de nature et de destination physiologique semblables.
On doit donc entendre, par cette expression de chyle, l'ensemble des produits digestifs absorbés tant par les vaisseaux sanguins que par les lymphatiques; mais pour l'étude physique et chimique, il faut considérer seulement la partie prise par les vaisseaux chylifères et complètement isolée du sang, celle, en un mot, qui se présente à l'état de liquide blanc chargé de globules spéciaux.
FiG. 136. — Appareil pour recueillir le chyle sur le bœuf (*).
Pour obtenir du chyle à soumettre aux études micrographiques et chimiques, il y a plusieurs moyens à employer. Le procédé ordinaire consiste à prendre le contenu de la citerne de Pecquet sur les animaux que l'on tue en pleine digestion. Un second consiste à établir une iistule au canal thoracique, dont on recueille les produits pendant le travail de la digestion intestinale ; ces deux-là ne donnent que du chyle mêlé à une certaine quantité de lymphe. Enfin un troisième, que j'ai employé le premier, est celui de la fistule pratiquée au canal chylifère mésentérique des ruminants : il donne seul du chyle pur.
Lorsqu'on veut obtenir du chyle par ce moyen, on couche le ruminant (bœuf, mouton, bouc) sur le côté gauche, et après avoir incisé les parois du flanc droit sur une étendue de 10 à 20 centimètres, suivant la taille des sujets, on ouvre le
(*) L'intestin et les jros vaisseaux chylifères sont vus par transparence dans la cavité abdominale. Un tube d'argent, prolongé par une petite sonde flexible de caoutchouc, est fixé à l'un de ces vaisseaux ; au-dessous, une capsule dans laquelle tombe le chyle.
1B6 ">^ f- AUSOHI'TION.
sac épiploïquo qui contient l'intestin, et on cherche les gros chylifères qui longent l'artère mésentérique. Une fois qu'ils sont trouvés, on y applique une ligagature qui en détermine très vite la distension. On incise alors le principal au-dessous de la ligature et on y engage un petit tube d'argent prolongé par un second de caoutchouc qui doit être amené au dehors. Le tube étant convenablement dirigé, de manière à ne pas former de coude avec le vaisseau , ne tarde pas à se remplir de liquide et à le verser à l'extérieur.
Dans le cas où l'on n'a à recueillir du chyle que pour les études microscopiques. r)n peut se borner à le prendre sur les animaux sacrifiés en pleine digestion, dan? le .-anal cliylifèce que l'on aura fait gonder pur une ligature, ou sur les carni-
\..^^•^ flMIl:^ \e> gr<>> LirtllItMllS i\^- lil <it<Tll''.