‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie ruraleChapitre 92 sur 310 · COLIN. — Physiûl. comp., 3^ édit. II · texte numérisé non relu

COLIN. — Physiûl. comp., 3^ édit. II

de ses mouvements et de plusieurs autres particularités, oiïrc diverses nuances très faciles à distinguer les unes des autres. Elle est lente, lorsque, dans un temps donné, le nombre des inspirations et des expirations est peu considérable; accélérée^ lorsque ce nombre dépasse de beaucoup le cliilïre normal. Elle est égale, si, à part les variations habituelles, les inspirations ont toutes à peu près la même étendue; irrégulière, quand des inspirations courtes alternent sans ordre avec des inspirations et des expirations prolongées. On l'appelle entrecoupée, si le premier ou le second de ces actes se fait en deux temps, comme dans le cas d'emphysème pulmonaire ; courte, si la dilatation du thorax et l'affaissement de cette cavité sont très restreints ; profonde, si, au contraire, ces mêmes mouvements sont très étendus; haletante, si, étant très précipitée, elle s'accompagne d'un léger bruit ; sifflante, lorsqu'elle donne lieu à un bruit particulier plus ou moins aigu, comme celui du cornage du cheval; ronflante, lorsque ce bruit est sourd et prolongé, à peu près tel que le chat le fait entendre en quelques circonstances; plaintive, quand le bruit est ^expression de la souffrance, etc.

IV. — Diverses formes du mécanisme respiratoire chez les vertébrés

Les actes par lesquels l'air est amené dans les voies respiratoires, puis éliminé dès qu'il a servi à l'hématose, offrent de très grandes différences parmi les animaux vertébrés. Nous allons successivement examiner les principales chez les oiseaux, les reptiles et les poissons.

Le thorax des oiseaux possède une structure qui rend son jeu sensiblement différent de ce qu'il est dans les mammifères. Les côtes de ces animaux sont entièrement osseuses; elles se composent de deux parties inégales articulées entre elles, en formant un angle à sinus antérieur. La partie supérieure la plus longue se joint solidement aux vertèbres dorsales, et porte en arrière un petit prolongement, par lequel elle s'appuie sur la côte suivante ; la partie inférieure s'articule avec le bord latéral du sternum : celui-ci, aplati de dessus en dessous et très large, donne à la fois une grande étendue à la partie inférieure du thorax, et une vaste surface d'implantation aux muscles des ailes. Les muscles abdominaux, les releveurs des côtes, les intercostaux, le scalène et le triangulaire du sternum, opèrent la dilatation et le resserrement des parois de cette cavité, qui n'est séparée de celle de l'abdomen que par une cloison diaphragmatique rudimentaire.

Les poumons des oiseaux n'occupent que la partie supérieure de la cavité thoracique; ils sont immédiatement appliqués à la face interne des parois costales et sur le corps des vertèbres dorsales. Leur surface extérieure criblée de petites ouvertures, est creusée de sillons plus ou moins profonds dans lesquels se moulent les segments vertébraux des côtes; de plus, elle laisse presque à découvert en haut et en bas les principales divisions bronchiques. Ce poumon, autour duquel il n'y a pas de plèvre, ne peut aucunement jouer sur les parois thoraciques, ni descendre jusque sur le sternum au moment de sa plus grande expansion, car il est séparé du compartiment inférieur du thorax par une cloison

ACTi:S MECANIQUES DE LA RESPIRATION.

libro-inusculaii'c qui ;>ï'teiul transversalement de la l'ace interne des eûtes droites à la lace correspondante des côtes opposées ; il ne peut pas davantage se porter lioaiicoup du côté de l'abdomen, retenu dans ce sens par une deuxième cloison de même nature.

Les deux cloisons qui tapissent le poumon en bas et en arrière] constituent deux diaphraguies qui prennent une part notable k l'expansion et au resserrement de Torgane pulmonaire. Le diaphragme inférieur, qui est très développé dans certains oiseaux, l'autruche par exemple, où Perrault l'a décrit, constitue une tente tapissant toute la face inférieure du poumon, aponévrotique à son centre, et pourvue, à sa circonférence, de faisceaux charnus disposés en bandelettes insérées à la face interne des côtes. La contraction de ceux-ci a évidemment pour résultat de tendre la cloison, c'est-à-dire de la rendre aussi plane que possible, et, par conséquent, d'abaisser le poumon dont la face inférieure concave y adhère intimement. Le diaphragme postérieur que Cuvier ^ a décrit dans l'autruche, et Duvernoy dans le canard, forme une cloison oblique qui sépare la cavité tlioracique de la cavité abdominale.

Il se llxe : inférieurement et dans la partie moyenne, au sternum, aux côtes et aux muscles abdominaux; latéralement, à la paroi interne de la grande cellule aérienne qu'il concourt à former, supérieurement autour de l'œsophage et à la colonne vertébrale par de très petits tendons. Ce dernier, qui se lixe aussi à la circonférence du foie et au péricarde, est formé par des fibres aponévrotiques et des faisceaux charnus plus ou moins apparents. Son action porte principalement sur les sacs aériens qui entourent.les viscères abdominaux.

Enfin, ce qui complète l'appareil respiratoire et le diflérencie des autres vertébrés, c'est un Taste système de cellules membraneuses groupées dans le thorax

FiG. 161. — Sacs aériens des oiseaux

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