I. Db la génération spontanée
I.es anciens croyaient que beaucoup d'animaux, notamment les n insectes, se formaient spontanément dans les matières organiques en voied position et dans les milieux on cesétre.s trouvaient des conditions d'exisiet erreur, accréditée universellement, tomba devant les observations de J Swammerdam, de Réaumur, et aujourd'hui que la science a mis en évk organes reproducteurs de la plupart des animaux inférieurs, et saisi le i développement de leurs œufs, on ne croit plus guère h la géiH ration sp même en ce qui concerne les espèces miciosco|)iqucs. Cependant il rcsii quelques doutes à Tégarddesinfusoires et des eniozoairrs. doutes que leso* et remarquables travaux des modernes sont loin d'avoir dis>i|>és.
On sait depuis Leeuwenlioek et Needhain que dans les eaux croupis^ dans les matières organiques humectées il se développe, sous rinfluence d de la chaleur, des myriades d'infusoires rxcesvi\einent petits, de fon variées, qui se meuvent avec une grande rapidité. Ce dernier obscrvatc ir'
(I) Souvelles observations microfcopiques. Paris, 17.50, p. 192 et suit.
DIS Dînas MODIS Dt 6ÈNÈEÀTI0N DANS LC RÈGME AlflMÀL. M5
losieurs recherches furent faites de concert avec Buiïon, plaça dans desTases de ?rre bien fermés des infusions de diverses semences, et au bout d'une quinzaine e jours il trouva dans ces matières une quantité prodigieuse d'animalcules miroscopiques. Ensuite, pour s'assurer que ces infusoires ne provenaient pas de ermes contenus soit dans l'air, soit dans l'eau ou dans les matières organiques,
versa dans un flacon, dont il scella l'ouverture, du suc de chair cuite et de eao bouillante. Au bout de quatre jours, il y reconnut la présence d'infosoires ombreux et de dimensions très variées. Enfin, par des expériences comparatives dlifS sur un grand nombœ de substances animales ou végétales séparées, il arriva des résultats identiques, soit que les vases fussent ouverts ou fermés, soit qoe mr coutenu eût ou n'eût pas été soumis à l'ébuilition.
Spallanzani observa aussi plus tard que les infusoires se développent également ien, et dans les matières qui ont éprouvé la coction, et dans celles qui ont été Miservées à la tem|>érature ordinaire, dans l'eau distillée et dans l'eau ordinaire ; lais il reconnut que ces animaux ne prennent point naissance au sein des matières Di sont soustraites à l'action de l'air.
Tréviranus, de son côté, a vu, d'une part, qu'il ne se produit pas d'infosoires mblables dans des matières organiques diverses , et d'autre part que les mêmes distances donnent naissance à des infusoires ou à des productions végétales suivant s ODiKlitîonsde chaleur et de lumière auxquelles ces substances se trouvenlsonmises.
EoCn !ll:\l. Lassaigne et Lcuretont trouvé dans l'intestin des reptiles, au milien ■a matières alimentaires, des infusoires signalés autrefois par Leeuvenhoek; Groby et Delafond ont décrit avec détail les nombreuses espèces d'animal- > qui se développent, pendant la digestion, dans le tube intestinal des carnas- Ih» et des herbivores , infusoires très variés dont j'ai figuré les plus remarquables ■ traiunt des phénomènes de la digestion.
Il Caut avouer que la plupart des observations relatives au développement des sfusoires sont loin de prouver la génération spontanée de ces animanx. La plupart l'entre elles ayant été faites dans des conditions où les matières organiques, l'eau % l*air, poavaient contenir les germes d'infusoires, ne sauraient ici présenter aucune ■leur. Dans quelques-unes, faites sur des matières préalablement soumises à Mnllition, l'air, même confiné, pouvait encore tenir en suspension quelques-uns |0 ces germes. Le point capital était d'opérer dans des vases clos d'une grande capa- ^« où les infusions ainsi que l'air auraient été préalablement portés i une tempéi suffisante pour détruire tous les germes, ou du moins leur ôter toute aptitude i«e développer.
11. Milne Edwards, il est vrai , n'a pas vu d'infusoires apparaître dans de petits I fermés ctmtenant des matières organiques bouillies, et Schuitze est arrivé au I résultat négatif en opérant dans des appareils fermés, où l'air parvenait après ^^tt purifié ï travers un bain d'acide sulfurique ; mais ces conditions particulières ** po s'opposer au développement spontané des infusoires. Dans le premier ^■•» les tubes trop petits ne contenaient pas assez d'oxygène, et les matières ^'feioiques y dégageaient peut-être trop d'acide carbonique ; dans le second , la ''"'^nce d'une petite quantité de va|)eurs acides mêlées à l'air des vases a pn ^^Itre obstacle ft la formation des animalcules.
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Le pins puissant argument qui puisse s'élever contre b formation tpontmledii infusoires se trouve dans la présence des organes reproduclears et des oeofidKi ces êtres inférieurs, qui paraissent au premier coup d*ŒÎl extrêmement sinpki Les belles recherches d'Ehrenbcrg ont appris quQ les infusoires les plas petits et ta plus simples ont une cavité digestive, des cils locomoteurs* et qu'ils pondent ài (£u(s dont il est possible de suivre le développement successif; elles démontiti que ces êtres se muliipiieut avec une telle rapidité qn*en dix jours un seul iodivik peut produire un million d*êtres de son espèce. Cependant il |HHirralt bief n faire que ces animaux pussent se produire spontanément, bien qa'ane fob foraft ils eussent la faculté de perpétuer leur espèce par les moyens ordinaires. GerttM animaux d'un ordre un peu plus élevé se reproduisent à la fois par sdma.pt des gemmes et des œufs, sans que rien semble indiquer pour eux la nécessité à ce triple mode de génération.
Le développement des enlozoaires a paru aussi, à beanconp de natoralinai devoir être rapporté à une génération s)X>ntanée; mais il faut convenir quels doutes ne portent que sur un certain nombre d'espèces, car pour beanooipii mode de reproduction et de multiplication est sufûsamment connu.
On sait très bien que les larves d'œstres, qui vivent sous la peau du bceof ctè plusieurs autres ruminants, proviennent d'œufs que les cestres à l'état de diplM parfaits y ont déposés en perçant le tégument. On sait de même que les lancifd vivent dans les anfractuosités des sinus frontaux proviennent d'œufeqoioM M pondqs à Feutrée des narines. On sait enfin que les larves d'cestres, qui se gi«M sur la muqueuse gastrique des solipèdes, et qui séjournent presque one asift entière dans les voies digeslives, dérivent des œufs pondus sur quelques parlia du corps où l'herbivore passe sa langue pour se lécher. Il a été facile d'étodia l'éclosion des œufs, de voir la larve suivre toutes les phases de son développeiiKii; sortir des cavités où elle a vécu à l'époque à laquelle elle doit devenir nympke^ puis chrysalide, et enûn insecte parfait destiné à une vie extérieure sembbUel celle de la plupart des animaux de la même classe.
De plus, on a reconnu, d'après les observations de Bojanus, de J. Cloquet,à £. Blanchard, de Dujardin, que les entozoaires qui vivent constamment àm d'autres animaux possèdent des organes reproducteurs plus on moins compliqua' et qu'ils se propagent par des œufs dans lesquels il a été possible souvent de soim le développement de l'embryon.
Enfin, tout récemment. Van Beneden a constaté que des œo£i de tieniasà •. chien, donnés à des moutons avec les aliments, se développaient plus ou moissfl divers points du tube digestif, et qu'ils donnaient bientôt naissance au cœsfc cérébral : fait remarquable que Dujardin avait soupçonné en exprimant l'opiii* que les cystoîdes en général , considérés autrefois comme des kystes dn pomiA du foie, des mésentères, des membranes séreuses, peuvent dériver d'an déîekf pcment insolii(> des taenias.
.Mais pour beaucoup d'entozoaires, l'origine extérieure on la transmissioe et* | œufs d'un animal à un autre, n'est point prouvée. D'abord il est certain qoel^ ■:> taenias, les ascarides, les strongles, l'échinorhynque, les^ipiroptères de VesMUcé ^ de riniestin, Jes douves du foie, les vers dn pancréai^ les Glaires de l'oi»^ i
DIS DiniS MODES Dl âANÉRATIOIf DAMS LE RÈGNE AlflMÂL. UT
nenibnines séreoses, du sang, etc., sont des vers qui ne vivent point en dehors de ^organisme,' bien qu'ils aient des analogues dans le monde extérieur. Or pour -là, 8*il n'y a pas de génération spontanée, il faut que les œufs soient portés i les cavités naturelles avec Tair, Tenu , les aliments, ou par d'autres moyens, Kl il faut que ces œufs s'introduisent dans le sang et soient disséminés par lui dans es parties sans communication avec l'extérieur.
Or il est des entozoaires qui ne vivent que dans certains animaux, d'autres qui le trouvent seulement dans certaines parties du corps ; il en est qui se montrent léjà chez le foetus, où il semble difficile qu'ils puissent arriver par l'intermédiaire In sang maternel. En outre, les œufs de la plupart de ces animaux ont, comme le iHt remarquer Mûller, un diamètre trop considérable pour qu'ils puissent passer lus les capillaires; de telle sorte que ceux des entozoaires qui vivent dans les lymphatiques ne pourraient même pas se répandre dans le système sanguin. NésDoioiiis il pourrait bien se faire que des helminthes pénétrassent dans des Btrités closes en se frayant une voie à travers les tissus , car si le spiroptère trafcrse la muqueuse gastrique du cheval, et Técbinorhynque géant les trois tuniques istestioales de quelques animaux, il n'est pas invraisemblable qu'il en soit dcf ■ême pour beaucoup d'autres.
Le fait qui me paraît parler le plus clairement en faveur de la génération sponliaée des infusoires et des entozoaires, est celui de la formation des spermatoloidesw Dès l'instant qu'il se développe des animalcules dans chamie cellule sperintique à l'époque è laquelle les animaux deviennent aptes à la reproduction, on •e foit pas pourquoi divers entozoaires n'apparaîtraient pas spontanément aussi diBS les milieux où ils trouvent des conditions d'existence.
£q résumé, si la génération spontanée est réelle, elle n'appartient qu'à un petit ■ombre d'espèces inférieures: mais il ne me semble pas possible, dans l'état actuel ie la science, de l'admettre, ni de la nier, d'après des preuves irréfragables. Il est plus sage de rester dans le doute, que de se prononcer d'après des vues spécula tÎTes oo des observations équivoques.