II. De la génération fissipare
Quelques animaux inférieurs jouissent de la faculté de se séparer spontanément en plusieurs parties, dont chacune peut devenir un animal complet. Us possèdent également cette propriété lorsque leur division est artificielle. Ce mode appartient aoz infusoires» aux hydres, aux planaires, aux naîJes: il y présente plusieurs variétés remarquables.
Chez les infusoires, la division spontanée d'un animal complet en deux parties s'effectue soit longiludinalement, soit transversalement et par degrés insensibles. D'abord on voit apparaître, d'après I^rhenbcrg, sur Tanimul simple une |)elite fente qni devient de plus en plus profonde; il se forme des cils nou\eanx, une bouche de chaque côté ; les deux moitiés s'écartent Tune de Tautre, et le pédicule qui les Bnit finit par se rompre. Chez les hydres, d'après Laurent, et chez quelques pla» ■aires» d*après Dugès, il s'ciïeclui'raii une division analogue de même que chez les ■aides, suivant les observations déjà anciennes de O.-F. Millier. Ainsi, chez la jeune
naîde proboscidienne, qui possède quatorze segmeols, oo Yoit se déTelopperàre trémiié caudale du corps de nouveaux segments, dont un certain nombre en mence bientôt à se séparer du reste par un resserrement circulaire ; et, avant mk que ces segments, qui formeront une nouvelle naîde, se soient tout à lait isoléi; s'en produit d'autres entre Tétranglement et la naîde primitive.
Cette fissiparité sponlauée et naturelle n'est pas fort commune, même parmi le animaux les plus inférieurs ; mais celle qui est accidentelle s*ohserve sur onpb gi*and nombre d'espèces, et s*opère souvent avec une très grande rapidité, ment chez les hydres et les planaires. £lle peut avoir lieu transversalement, dinalemcnt et dans tous les sens ; car ou sait, depuis les observations de TTtatkf^ que le polype d'euu douce, divisé irrégulièrement en plusieurs parties, naissance à autant d'individus qui régénèrent, chacun ce qulluî maoqiefv devenir un polype complet.
Lliydrc fendue en travers produit deux individus. La moitié qui porte la bo«b et les bras s'allonge et se ferme dans le point correspondant à la section ; la ihV postérieure montre bientôt une bouche, et autour de cette bouche des toberah qui s'allongent et forment des bras. Le même animal, divisé longitudinaJene^ donne deux moiticsqui, en quelques heures, reconstituent deux polypes. Us In^^ de chaque moitié se replient l'un vers l'autre et circonscrivent une cavité dip' tive complète dont l'entrée s'entoure de bras. Lorsque le polype est partagé Mgulièrement en plusieurs parties, chacune d'elles se creuse une cavité dig«m^ l'entrée de laqiiclle apparaissent des bras. Quand cette division est iDCOD|M chaque découpure produit un polype ayant une cavité digestive, une bouche ci^ bras, et ces polypes demeurent réunis entre eux. £nûn , si l'on vient ï cmP l'hydre en deux moitiés, que l'on remet en contact, elles se réunissent si vite^tp** bout d'un jour seulement, la proie avalée passe de l'un dans l'autre segment ii difûculté.
Lorsque les planaires, suivant Dugès, sont divisées, quels que soitleseaikk division et la forme des parties, chacune d'elles reproduit tout ce qui loi m>i^ pour être une planaire complète, pourvu cependant que chaque fragment o ait fi moins de la dixième partie de l'animal entier. Si la planaire est coupée en iraiO les deux moitiés marchent dans le môme sens, et il se forme une trompe icele^ en est dépourvue. Si elle est partagée en un grand nombre de fragments, diaoi d'eux forme tout ce que possédait b planaire intacte. Dans le cas de divial incomplète, il se produit des planaires à plusieurs bouches et à plusieurs quei^
Cette puissance reproductive se montre encore, mais en s'aiïaiblissant, chez d'aïUf animaux plus élevés. L'astérie reproduit ses rayuns, les insectes, les crustKcs np nèrent leurs pattes, leurs mandibules, leurs yeux ; les annélidcs, un certain Donkr* de leurs anneaux ; les salamandres, l'extrémité de leur queue et de leurs d# Mais la régénération, chez les animaux supérieurs, ne porte plus (|uesur de|NH parties des tissus, comme la peau, les tendons, les membranes séreo.^es, etc.
La reproduction fissipare, s|)onianée ou accidentelle, n'exclut pas la génénl^ par les œufs ces deux modes coexistent au contraire presque toujours d'oae^ nièrc évidente. Ainsi, chez les |K)lypes, il existe des organes sexuels, tantôt i^ sur le même individu, tantôt portés pr des ^^di^idus différciits. Les ceobJ*