I. De LA SÉCRÉTION SPERMATIQUE
'Jt floif le destiné à aviver les ovules est sécrété par deux glandes situées soit dans la Hé abdominale, soit à l'extérieur, et même quelquefois alternativement en dedans m dehors de Tabdomen. Ces glandes spermagènes, connues sous le nom de testi- Ci, se montrent sous l'aspect de tubes plus ou moins longs, flexueux , simples ou nfiés, chez les insectes, les crustacés et un grand nombre de mollusques. Elles îennent compactes dans les poissons, les reptiles, les oiseaux et les mammifères; b elles y sont encore constituées par des canaux très Ans, fréquemment anasto* lés entre eux, et donnant naissance, en dehors de la masse glanduleuse, à un lal unique. Celui-ci , d'abord peu volumineux , mais de plus en plus large, :^it un grand nombre de circonvolutions dont l'ensemble forme Tépididyme quel succède le canal déférent, qui va s'ouvrir dans l'urètre à l'orifice des ■cotes séminales lorsqu'elles existent. Cette texture est des plus évidentes chez ftrs rongeurs, le rat notamment, chez lequel on reconnaît à l'œil nu que toute la Me du testicule résulte de renrouicment d'un canal blanchâtre et plein de vraie. Ao contraire, dans divers pissons, les testicules celluleux semblent formés M amas de petites loges pleines de sperme, qui est versé dans la cavité abdomi* le par le fait de la rnpture des parois de ces dernières. Ees glandes spermagènes demeurent constamment dans la cavité abdominale ■1 les invertébrés, chez les vertébrés ovipares et quelques mammifères, tels que % eéiacés, les carnassiers amphibies, l'éléphant, le daman, l'échidné, l'ornithoytque. Ils deioeorettt aussi enfermés dans l'abdomen, d'après Cuvier, pour en ■tir à répoqoe do rot, chez les chauves-souris, la taupe, la musaraigne, le hérts*
(t) A«sloir# émmàmaimt tnuiactioD française, liv. VI, p. 381.
son, le cochon d^indo, le castor, le rat, récnreuil et quelques autres. KiiGo ils y.* : tiotivent en dehors de l'abdomen, à nnoins d*nn arrfit de développement, chez li ) généralité des mammifères, soit en arrière de l'ischium, comme dans lescarn»- f siers, le porc, le sanglier, le dromadaire, soit en avant du pubis l't au -dessous^ ^ Tanneau inguinal dans les solipèdes, la plupart des ruminants. Je les ai aussi tw- jours trouvés à Textérieur chez les rats, bien que le trajet inguinal y >oit as^t « large pour leur permettre de rentrer aisément dans la cavité alxloroinale. Vm *• tous les animaux chez lesquels les testicules sont extra-alnioniinaux , ceux cioot ^' pour enveloppes la peau amincie, le dartos déri\c de la tunique alxlominale, ddc }' membrane fibreuse tapissée en partie par le crémaster, une gaîne séreuse, conti- jnuation du péritoine, et enfin une capsule albuginée très résisinnte. l'
Les glandes spermagènes ont pour appareil excréteur le canal déférent qui sonm dans Turétrc et auquel se trouvent annexées généralement deux \ésicnles fèmnales, une grande et deux petites prostates.
Le canal déférent, prolongement de répididyme, est plus ou moins large, » vaut les animaux ; très étroit dans les ruminants, assez large dans les solipèda Parvenu sur les côtés de la vessie, il offre généralement une dilatation allongée, i parois très épaisses. Cette dilatation, extrêmement prononcée chez le cheval et b autres solipèdes, est tapissie par une muqueuse dont la surface libre présentée nombreuses cellules glanduleuses pleines d'un fluide visqueux. Vers rinscrtioodi canal , se trouvent le plus souvent deux poches, très variables sous le rapport de leur forme, de leurs dimensions et de leur structure, faisant à la fois Toffice d*«r ganes sécréteurs et de réservoirs spermatiqucs.
Ces vésicules séminales, nllongées, ovoïdes chez le cheval , oti elles acquiêreit ])arfois une capacité de ;") à 10 décilitres, ne contiennent jamais une très grande quantité de liquide. Elles sont, d'après Cuvier, ovalaircs, très grandes et poornei d'un muscle cliez Téléphant; allongées, lisses à la surface , effilées à la poioif d représentant à elles deux , chez le cochon d'Inde, un utérus bicorne ; aplaties tf découi)ées en avant comme la crête d'un coq chez les rats. Ces vésicule di« (|uelques animaux sont celluleuses, épaisses et à |)arois glandulaires ; leur ca^itéctf remplacée par de petites loges plus ou moins étroites, de telle sorte qu'on iiofli| plus positivement si elles sont des vésicules séminales ou des prostates.
Ainsi, dans le bœuf et le bélier, elles sont bosselées à la surface et p(»uriu€sà parois très épaisses. Au centre de chaque hosselure existe une |)elite cauté^ communique avec un sinus commun assez étroit, s'ouvrant à l'insertion du a^ déférent, et plein, de même que les petites cavités, d'une gelée é|uiisse. Ui^ F auteurs les considèrent comme de véritables vésicules séminales; mais Co^i^* ayant égard à leur texture glanduleuse, en fait des prostates, non sans qw^* ' raison, car leur contenu n*oiïre pas les caractères du fluide sperniatique.^ M. Duvernoy n'y a pas trouvé de spermatozoïdes. Chez le porc et lesanglitf»'' deux vésicules séminales sont énormes, d'un tissu i^se pâle. Dépourvues de cKii commune, elles forment une infinité de cellules d'un diamètre de plusieurs ai^ mètres, pleines d'un fluide blanchâtre lactescent, qui s'en écoule en grande qn»^ lorsqu'elles sont incisées. Elles sont découpées en plusieurs grands lobes, etégaltio^ celluleuses chez le hérisson, où Cuvier les décrit comme des grandes prostjtf^
DBS ACTES SEXUELS PRÉPARATOIRES A \A FKCONDATrON. 501
I.es vésicules séminales, quelles qu'en soient la configuration et la structure, u*out pas pour unique usage de tenir en réserve le sperme que leur apportent les canaux déférents. £lles constiluenl en outre de véritables organes glanduleux, qui sécrètent un liquide généralement blanchâtre, très consistant, prenant souvent l'aspect d'une gelée élastique très ferme, avec laquelle le sperme ne se mêle qu'en bible proportion ; néanmoins ce fluide s'y rend en assez grande quantité chez certains animaux, tels que le cheval , si l'on en juge par le grand nombre de spermatozoïdes que présente leur contenu.
Le fluide sécrété (Kir les testicules est blanchâtre, plus ou moins épais, suivant les animaux; d'une odeur particulière, caractéristique, d'une réaction faiblement ilcaline. Il est très suluble dans l*eau, coagnlable par l'alcool. Par le refroidissement, il laisse déposer des cristaux qui ont la forme de pyramides quadrangulaires. D'aprèsiVauquelin, il est composé dans l'espèce humaine, sur iOO parties, de : eau, 90U; mbstance mucilagtneusc appelée sperniatine, 10; soude, 10; phosphate de chaux, 30. Berzelius y a trouvé aussi les mômes éléments. M. Lassaignc (1) a reconnu, il y a léjà longtemps, que le sperme du cheval, pris dans les \ésicules séminales, contfeni beaucoup d'eau, une grande quantité de spcrmatine, du mucus, de la soude libre, du chlorure de sodium et du phosphate de chaux. Il serait bien à désirer |o*on analysât comparativement le sperme dans les divers groupes d*animaux aux iivers âges de la vie, à Tépoque du rut et dans les intervalles des périodes de cette ncÀiàiiou, chez les sujets stériles et chez ceux qui jouissent de leur fécondité. Il M serait pas moins intéressant de l'examiner successivement dans le testicule, répîdidyme, les canaux déférents,. les vésicules séminales, et après son émission, alio de juger des changements qu'il éprouve, surtout |)ar suite de son mélange ■rec les fluides qu'il rencontre dans les voies de son excrétion.
Le sperme, examiné au microscope, montre des granulations d'une îiaiure par- Ikulière , des globules muqueux , des cellules épiihéliales , souvent réunies en plaques, et enfui les filaments connus sous le nom de zoospermes, de spermato- ■oides, le tout en suspension dans un véhicule aqueux.
1^5 spermatozoïdes découverts par Hani en 1677, et décrits d'abord avec beau- SQup de détails par Leuwenhoeck , ont fait le sujet des études d'un assez grand sombre d'observateurs modernes. Ils existent dans le fluide séminal de tous les Mumanx qui jouissent de la faculté de se reproduire, et ils s'y meuvent avec une ^nde rapidité. Ils se présentent souvent sous l'aspect de filaments cylindriques fta fusiformes, un peu renflés à l'une de leurs extrémités, et terminés à l'autre par ■a prolongement effilé. Ils ont , d'après AVagner, le corps ovale et aplati et la Kuene mince dans l'espèce humaine et dans la plupart des singes; le corps pyribrme chez le chien, le lapin, le chevreuil ; ovoïde chez le taureau, oblong chez les iQlipèdes. Ils ont un corps presque cylindrique et un appendice caudal très délié, louienl contourné en spirale chez les oiseaux. Leur configuration oiïre d'assez NNDbreoses variétés dans les reptiles, les poissons et les diverses classes d'inrcrtébrés.
Ces spermatozoïdes, dont la longueur chez les mammifères varie d'un dixième
(t) Abrégé élémentaire de chimie, 4* édit, t. II.
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h on vingtième de millimètre, out un mode de défelopperaent très rei que les observations de R. Wagner, de Lallemand et de KOliikcr o évidence. D'après le premier de ces micrographes, le testicule des pass contient, pendant l'hiver, que des granulations assez petites qui, vers la amours, se dilatent, et montrent k leur intérieur un cenain nombre é au milieu desquels se forme un faisceau de spermatozoïdes. Ceux-ci c libres par la destruction ou la rypoirc de la vésicule qui les a renfermé leur développement. Lallemand a vu chez les raies, i l'époque du frai, s dans le testicule des ampoules qui, d'abord transparentes, offraient 1 contenu granuleux, et plusUrd des faisceaux d'animalcules spermatiques. qui a vérifié ces particularités, en leur donnant une grande précision, a qu'il se développe dans les cellules épithéliales des canaux séminifères, des qui ne tardent pas à devenir libres parla destruction de la cellule épiibélia ces vésicules apparaissent plusieurs globules, et ï ï de chaque globule se développe un spermatozoïde r lui-même. Ceux-ci, devenant libres à leur tour par lution des parois des globules, se disséminent ïné{ ou se rassemblent eu faisceaux dans la cavité vés Enfin, lorsque la véiiicule vient i se rompre, elle liberté les spermatozoïdes encore, rassemblés en fa dont la dissociation s'opérera dans le trajet des foi nales. Dès ce moment, les zoospermes ne subis» dans l'épididyme, le canal déférent et les vésicules ié que des modifications de formes assez peu ioipc dont la figure 87 donnera une idée, d'après K(illik( qui concerne le lapin.
Les spermatozoïdes, qu'il faut considérer comme l'élément essentiel et ristique du sperme, n'existent pas constamment dans ce fluide. On n'ei aucun avant l'époque à laquelle les animaux acquièrent la faculté de s duirc, et ils disparaissent totalement lorsque les mâles perdent cette facult progrès de l'âge, par le fait de la maladie, ou d'autres causes analogues, mâles qui sont constamment en chaleur, comme ceux de nos espèces dom ils ne manquent jamais dans la liqueur séminale; au contraire, chez ceui rut est périodique, ils n'apparaissent qu'à l'époque de cette excitation. Lallemand, on les voit en nombre variable, plus ou moins incomplétoment pés, et même remplacés par des globules chez les sujets malades ou affaibli suivant Bonnet, Prévost et Dumas et d'autres observateurs, le sperme de en est totalement dépourvu. Ce fluide, cliez les hybrides, contient toat comme l'a reconnu Wagner, des globules, et quelquefois des filaments in qui sont des spermatozoïdes incomplets dont le développement a été arrêt à noter, d'après les observations de M. Goubaux faites sur divers animan Urd par M. Follin sur l'homme, que le s|)ermc des testicules arrêtés à
(*) Ftg. 87. — /1, b, spermatozoïdes du testicule , r, spermatozoïdes du ratât * d, spcriiiAtozoYd(»!( des v<^sicules stémi nales.