DBS ACTES SEXUELS PRÉPARATOIRES A LA FÉCONDATION
surtout parmi celles de rembranchemcnt des vertébrés. Il se com|)osc chez les mammifères, où il n*a qu'environ un dixième de niiliimètrc de diamètre, de trois parties essentielles qui sont la membrane viteliine, le viiellus et la vésicule germinati?e (fig. 89).
La membrane vitelline^ désignée par de Baer sous le nom de zone transparente^ farme à Tovule, d*après Bischoff(l), une enveloppe membraneuse épaisse, hyaline, transparente, élastique, sans textore déterminée. Ses contours externe et interne ont l'aspect de deux lignes circulaires entre lesquelles •e dessine un anneau diaphane.
Quelques observateurs la croient oonstiiaée seulement par une couche d'albumine déposée à la surface de Tovule» mais la résistance qa'elle présente lorsque l'œuf est foomis k une pression assez forte, ctl'apparence de sadéchirurequand rofule a été dilacéré , éloignent ridée d'uM simple enduit albumineux.
i^ vitelluê ou sphère vitelline, l*aaalogue du jaune dans l'œuf des oiseaux, est contenu dans rciiveloppc transparente dont il vient d'être question. C'est un fluide épais, visqueux, mêlé à une grande quantité de granulations fines, et, chez beaucoup d*animaux, ce n'est qu'une masse de granules avec fort peu de liquide dans son épaisseur. Celui des oiseaux est constitué, d'après Poucher, par des vésicules polygonales pleines d'un liquide dans lequel oscillent avec rapidité des granules très ténus, granules qui sortent lentement des vésicules, lorsque celles-ci éprouvent dans leur paroi une solution de continuité; mais cette dernière organisation, qui parait assez générale parmi les ovipares, n'appartient pas à l'œuf des mammifères.
La véêiade germinattve, découverte par Purkinje dans l'œuf des oiseaux, et par M. Coste dans celui de la femme et des mammifères, est une petite vésicule hyaline, âi parois minces, occupant dans le principe h peu près le centre du vitellus, mais se rapprochant insensiblement de la circonférence de celui-ci à mesure que Toiule paritient à la maturité. Elle renferme un liquide incolore dans lequel on trouve souvent des granules plus ou moins Hns, qui manquent dans beaucoup d'oiseaux et de poissons. Ces corpuscules, en s'accnmulant en un point de la face interne de la tésicule, y forment une tache que AVagner a appelée germinaiive. Cette lâche, très variable aussi quant h son étendue et à son aspect, a été trouvée multiple dans divers animaux, notamment chez la brebis et la lapine. Elle semblc-
(*) Fîg. 89. — Ovuk renfermé dans Ja vésicuie de de Graaf. — A. feuillet citerne de la Téficnle; B, deutième rpuillel; C, membrane ^'rannleuse; G, disque proligere; D, liquide et U Téfticole; K, ovule; 1, membrane vitelline; 2, vitellus; 3, véhicule gcrminative.
(t) Traî'é du développement del'hoinmeet des mammifôrcs I^aris, 1843, p. 9.
506 • Dl Lk OiNÊRATION.
rait ne pas avoir, d'après les recherches de M. (loste (1), rimporunce que lui ont attribuée les premiers observateurs.
L'œuf des oiseaux, pris comme type des ovipares, présente, tant qu'il est dau» l'ovaire, les mêmes parties essentielles que celui des mammifères. En partant delà circonférence vers le centre, il offre : l"" une membrane mince, pellucîde, analogue à la membrane vitellinc ou zone transparente de l'ovule des mammifères ; 2' k viteilus ou le jaune contenu dans Tcnveloppc précédenlc, et composé de cellnkf pleines d'un fluide granuleux ; 3° en un point de la surface du viteilus un petit amas de granulations, au milieu desquelles se trouve la vésicule germioative. Le cumulus, formé par les granulations et la vésicule germinative, coosiitue ce qo'oo appelle depuis longtenaps la cicatriculc.
Lorsque cet œuf, déjà très volumineux, quille l'ovaire, il parcourt lentemeolk trajet de l'oviducte, s'y recouvre d'abord d'une couche albnmineuse dont Tépiisseur augmente progressivement, puis d'une membrane blanche, et enfin d'oie coquille de nature calcaire. Il s'annexe ces nouveaux éléments accessoires, afin à fournir au nouvel être tous les matériaux de son dévelop()cmcnt, puisque cet eut doit parcourir toutes les phases de son évolution embryonnaire sans rien recevoir de sa mère. Il est facile de concevoir que l'œuf des mammifères qui doit se greffrr dans l'utérns, et y puiser tout ce qui est nécessaire i la formation et k ^accroiff^ ment du fœtus, reste si |)etit et dépourvu des annexes propres i celui des aninuoi ovipares.
L'œuf dont nous venons de voir les caractères essentiels ne se produit pas dao«
l'ovaire, comme on pourrait le ^'^'•^^(*J croire, seulement à Tige de U
puberté et à Tépoque du ruL (Jet œuf se développe de très bonne heure, indépendammeai du rapprochement des sexes, et, dans toutes les classes animales, il préexiste à la fécondation.
On sait depuis fort longteœpi que les ovaires des oiseaux, des» , reptiles, des poissons, et ceta j des divers invertébrés, cootiefl' nent des œufs à un âge aoié- ] rieur ii celui de la fécondité, ^ ^ que, par conséquent, ils doivent s'y former sans l'intervention du mâle. Il } | a plus, M. Duvernoy a même constaté la présence des œufs dans les ovaires de>
(*) Fig. 90. — Coupe idéale de Vœuf de poule, d'après de Baer. — A, pôle obtas; B, p* ^ aigu; a, coquille; 6, chambre à air; c, membrane testacëe qui eu dd se divise en <k* renêtres pour rirconscrire la chambre aérienne; ee, limites du blanc épais; ff, limii»^ blanc très épais qui tient aux chaiazes gg ; hhj jaune ou viteilus; i, a|ipareDcv de ra«iv dans le Jaune; A*, apparence de canal ; j et m, cicatriculc où la véhicule germinative a «àv* disparu, et dans laquelle se dévelupperunt les premiers linéaments du poulet.
ii; fiislnire générale et particulière du développevuent des corps organifés, Paris, i^*'
DBS ACTES SBXITBLS PRÉPARATOIRES À LA FÉCONDATION. 507
fœias de poissons. Divers observateurs les ont vus dans les ovaires des jeunes filles peu après la naissance, et Carus en a trouvé jusque dans un fœtus de vache arrivé au terme de la vie utérine. Enfin , un certain nombre do ces œufs, formés de très bonne heure, peuvent parvenir à maturité avant l'âge de la reproduction ou avant le moment de la fécondation, et laisser sur l'ovaire les corps jaunes qui deviennent la marque de leur chute. Des corps de ce genre ont été reconnus par Malpighi, Vallisnieri, Brugnone, et depuis par beaucoup d'nutres observateurs, dans l'ovaire de Gllcs vierges, et dans celui de plusieurs femelles mammifères qui n'avaient jamais eu de rapports avec les mâles.
Bien que la formation des œufs dans l'ovaire s'eiïcctuc à partir de la vie embryonnaire, l'ovaire est loin de présenter, dés le principe, les caractères qu'il offre à répoque de la puberté et au moment du rut. Chez les fœtus des mammifères et les très jeunes femelles de cette classe,* l'ovaire est mou, très vasculaire, et en apparence homogène. Ainsi, l'ovaire du fœtus de jument est énorme, d'une mollesse extrême, riche en vaisseaux ; son stroma, d'une teinte brune foncée, rappelle la couleur de la substance testiculaire du cheval, et, au milieu de cette gangue, les véhicules de de Graaf ne semblent pas apparentes à l'œil nu. Cet ovaire présente encore ces caractères quelque temps après la naissance, mais peu à peu le stroma prend de la densité, perd de sa vascularité primitive ; les vésicules augmentent de volume, atteignent un diamètre de 2, 3, 6, 5 millimètres, de i, 2 centimètres de diamètre. Enfin, à l'âge adulte et dans la vieillesse, un certain nombre d'entre eUfS, notamment les plus superGcielles, acquièrent un volume énorme, proéminent ï la sorface de l'ovaire, et se transforment en véritables kystes.
Les œufs renfermés dans l'ovaire des jeunes femelles, quelle que puisse être Texigulté des vésicules de de Graaf, n'en contiennent pas moins toutes les parties qui caractérisent l'œuf de la femelle parvenue à l'âge de la fécondité. Aux approches de la puberté, quelques vésicules de de Graaf subissent des changements remarquables, arrivent à maturité, et, au moment du rut, elles se rompent, laissent échapper leurs ovules. (l'est â ces phénomènes, dont la découverte est toute moderne, qu'on a appliqué les noms de ponte périodique ou d'ovulation spontanée.
D'abord il est incontestable que, chez les invertébrés et les vertébrés ovipares, les œufs formés dans l'ovaire avant la fécondation et sans l'iniervenlion du mâle peuvent se détacher spontanément de l'ovaire et être pondus également sans le concours de l'autre sexe. Ainsi, Rœsel, Pallas, Treviranus, et plusieurs observateurs modernes, ont vu que les femelles d'insectes, sans avoir jamais eu de rapports avec les mâles, pondaient des œufs ayant les caractères ordinaires. Les poissons osseux, chez lesquels il n'y a jamais d'accouplement, pondent leui*s œufs îi une époque déterminée, et ceux-ci sont fécondés lorsqu'ils viennent à rencontrer le sperme que le mâle a répandu dans les eaux. Les batraciens émettent aussi spontanément leurs œufs, que le mâle, cramponné sur la femelle, féconde à mesure qu'ils sortent des voies génitales. Enfin les femelles d'oiseaux privées de mâles peuvent pondre, et même autant d'œufs que dans les conditions ordinaires Le fait. devenu vulgaire en ce qui concerne la poule, est attesté, pour divers oiseaux, par les observations de Buiïon, Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Dnméril, etc.
Otte émission spontanée des œufs, tout à fait indépnndanle du concours du
508 DE UV GéNéRATION.
mâle cl de la fécondation, a lieu aussi bien chez les mammifères qoe chez 1rs animaux ovipares; seulement comme elle esl assez peu manifeste dans les preQiier>, clic n'y a été constatée qu*ù la suite de longues investigalioos.
La présence des corps jaunes observée chez de jeunes Gllcs encore vierges, et dont rhymen restait intact, de même que dans Tovaire de femelles qaî n*avaieit point porté, le fait de la ponte périodique chez les oiseaux séparés des mâles, et «liez les ovipares où il n'y a pas rapprochement des sexes, avaient fait soupçonner 'jy^ plusieurs physiologistes Texistence de rémission spontanée des ovules chez les mammifères. M. Coste (1) émit, en 18H7, Tidée que les œufs peu vent 'sortir de Tovaire indépendamment de la fécondation. Négrier reproduisit la nénie opinion. d*après des observations dans lesquelles il avait vu les corps jaunes se former cbex les femmes à Tépoque de la menstruation. Mais c*est à un naturaliste françaii très distingué, M. Pouchet (2), que la .science est redevable d'avoir clairenieot établi, dans toute sa généralité, le phénomène de Tovulation spontanée, en monii^ol « que l'œuf est toujours produit à une époque fixe en rapport avec Tune des phases du rut, et qu'il est constamment émis au dehors indépendamment de h fécondation. » Peu après, BischofT (3) ajouta, par de belles expériences, des preuves nouvelles à la loi précédente, et en donna ainsi une démonstration irréfragable, li enleva d'abord à des lapines, h des chiennes et à des truies, soit l'utérus tout entier, soit l'une des cornes de cet organe. Après la guérison des femelles, le rut surent; il y eut accouplement : les vésicules de de Graaf se rompirent ; il se forma îles corps jaunes, et les œufs détachés de l'ovaire furent retrouvés dans les trompes dt^ Fallopc demeurées intactes. Puis, sur d'autres femelles de même espèce, aprï-b la ligature ou l'extirpation de Tutérus, il ne permit pas rapproche du niàle ; ii> anmoins, la ponte eut lieu également à l'époque du rut; on retrouva des véMoyl"' rompues ou à la veille de se rompre, et des ovules dans les oviductes.
Les phénomènes préparatoires de la ponte périodique ou de l'oiulation >)<>iitnnée, chez les mammifères, consistent en une surexcitation plus ou moins >iv( (if l'appareil génital , et surtout en une turgescence de l'ovaire , dont qui! ;(>•> \csicules doivent se rompre pour laisser échapper leur contenu.
A la surface de l'ovaire, légèrement gonflé, du moins dans un certain numino d'animaux, on voit des vésicules de de Graaf plus volumineuses que ne le y^i't tontes les autres; elles soulèvent les enveloppes de l'ovaire, font une saillie plu> ou moins circonscrite à la surface de cet organe qu'elles rendent bosselé ; 1 iomloppe albuginée de Tovairo s'amincit peu à peu au niveau des vésicules prociii* nentes, et autour de ces >é.sic(iles; les vaisseaux san;;uins, devenus plus \isiblfs. i' le stroma congestionné, attestent une irritation locale assez vive, l/aprô U> observations de Pouchet, les parois de la vésicule s'épaississent considérablemeai, et il s'opère peu à peu dans l'intérieur de ceile-ci un épanchemeni sanguin quix substitue au fluide séro-aibuminoux. Le sang fourni par les vaisseaux de la membrane propre de la vésicule ovarienne, d'abord fluide et à globules libres, tout i
(t ; Cours sur le développement de l homme et des animaux. Paris, 1837, p. i:»r». (2; Théorie positive de la fcrondaliori. Paris, t8l2. — Théorie positive de rin-ttla'"spontanée et de la fécondation. Paris, !8i7, p. \G\).
,'\) Annales des sciences na'urrlles, 1844, 3* série, t. Il, p. 105, I2H.
DES ACTES SEXrELS rRÉr\nATOtllES A Ik FÊCUNDATmX* 50^
fàli hùKa, se prend en un caillot cnnsislant; tlu mohn-, z^tai altisi que les dioseii se i>aîtsent cUck la iruk*.
lue ftii!î que la T^isiciile de de Graaf a éprouvé ces remarquables changements, cîle se Irouvc tr&s dfslendue^ et ses parais, îujcctées, ont jHTdn letir résisianto piîmittve. nienïôtcelN^îï'CÎ c5(lentfluMs un poînt superllfieî ; il ?=e fonne uïic fcnlc irréirnlièrc plas ou moins éiemluc, h iravers Iar[«elle s'échappe Toiiile, eiilraînani : lui les débris de la membrane granuleuse.
flficK les fimielles qui font nu siMîl petit, on ne voit qu'une véîîîrule snbir ces nifidific^lious et se roui|uc h cfiaqne ép<n|ue du ruL ; mais c\wt les femelfe,^ ninltipares, plusieurs vésicules arrivent simuliauément à inaturiir pour laisser échapper autant d'ovules qu'il se développera de fœtus. Ahm, vhn h triiîc, d'après iM- Pouchel, chaqîie ovaire (îonue de quaïre % ^îx vésicules qui se rompent (fig Ûl et 92), et chez la lapine (fig. 93) à peu près le môme nombre.
hc. 93 (•*•).
FlG,9l (•)•
FlG. i)2 i**J.
(•.1 Fi^, OK — ^J<?(air^ du U'uk, iJ'iifir^s Poyrbel. — l^f^ux vésicule* de rïc riranf nrrivdei I iRiturilé cvmmcntrent h s'ouvpîr fMmr laisser t^cliapper l'cpur.
^••) ¥^^. 9:2 rï^iiréscnlnrit, (l'après ti» m^mi*» un ovaire tlt* truii* thut plusieurs vl^îcuIr^ fini tcquif tout leur d' VTl(tp[icnicut. Trois d*cntre HÎP:*, lnni;iiriurut ouvcrlrs, mil hi^^ rcliApfM^r ]%jiule* Vu ti»iif se trouve piicorc outre le* lùvre* ih VmititVéWs.
{••*) FSg* 9% — Ovmre dr tapinfi f;rô.îsi tt^yh foh. — l'Iusîeur* fésictilea ne sont jm» ■■■■fc^f Î¥é«s i leur wmplet ikHTlopp«?mcnt, Quel que»- un es ont déjà émh leur ovuk.
510 DK LA GÉNÉBATION.
Le mode suivaul lequel la vésicule de de Graaf se roiupi et laisse échap|Kt Tovule n'est pas encore parfaitement déterminé, si l'on en juge par les dissidcoc» qui régnent sur ce point entre les observateurs les plus habiles. 31. Pouchet peofe que la rupture de la vésicule ovarienne dérive de l'épancheiuent saogoin qui i y opère au moment du rut. D'après lui, le sang qui se dépose peu à peu dans h vésicule, et qui est fourni par une exhalation des \ aisseaux de la membrane propre, finit par distendre outre mesure les parois de cette vésicule. Cet épancliemenl saiguin commencerait d'abord dans la partie la plus profonde de la vésicule, et, ei augmentant, il amènerait l'ovule dans le point le plus superûciel» c'est-i-dire a l'endroit où s'opère la déchirure lorsque la distension est portée à son terme. 3Uii M. Cosle prétend que la déchirure de la vésicule ovarienne dérive seulement d'oae augmentation de laquautitédu fluide séreux qui la remplit, et il assure que l'ovDle, au lieu d'être situé à la région profonde de la vésicule, est, au contraire, placé dan un des points les plus rapprochés de la superficie de l'ovaire, situation qui en md nécessairement rémission plus facile.
Les vésicules de de Graaf s'ouvrent indifféremment dans tous les points de li surface de ro\aire chez la plupart des animaux où le pavillon de la trompe est assoz large pour envelopper à peu près complètement la trompe, i^lais il ne semble pas en être ainsi chei les solipèdes, dont l'ovaire, très volumineux, ne peul être entièrement recouvert par le pavillou. Il est probable que, dans ces animaiii, U déchirure des vésicules s'opère dans le fond du hile ott de Téchancrure de l'ovaire; du moins, c'est 15 que J*ai rencontré une Ibls une vésicule pleine de sang et commençant à se déchirer et une autre fois une vésicule portant une large fente par laquelle s'était échappé l'ovule. Jamais je n*ai vu, en d'autres points de la surface de la glaiulo, ni vésicules semblables ni corps jaunes récents et bien caracirriséi.
Chez los femelles qui font plusieurs petits ii chaque i)ortée, tous les ouih quitteraient à la fois l'ovaire, d'après Bischoiïet Han y ; leur ponte serait tellement simultanée qu'il n'y aurait pas même une heure d'intervalle entre la chute liùl'un d'eux et celle d'un autre, mais ce fait est très contestable. M. Pouchet le me en se fondant sur ce que des ovaires de femelles en chaleur présentent, à un moment donné, des vésicules de de Graaf déchirées, tandis que d'autres sont sen* lement à la veille de se rompre. Je partage volontiers l'opinion de ce dernier observateur; car, en pratiquant la castration sur une truie, |X)Ur des démonstratioa; chirurgicales, j'ai trouvé, à la surface de l'un des ovaires, deux vésicules de de Graaf ouvertes et saignantes, et près d'elles, deux autres pleines de sang, mais ikw encore déchirées.
J/oviilc que laisse échapper la vésicule de de Graaf ouverte est recueilli parle pavillon de la trompe plus ou moins exactement appliqué à la surface de ro\airf. puis il desrend dans la trompe, parvient à l'utérus où il se développe, s'il a été soumisâ l'action viviûantedu fluide séminal. Il est recueilli d'autant plushûromenl que le pavillon enveloppe plus complètement l'ovaire. Sous ce rapport, ou sait que les carnassiers sont dans les meilleures conditions, puisque le papillon forriK une capsule qui coifl^e exactement la glande ovigène.
l ne fois que les vésicules ovariennes déchirées ont laissé échapper l'ovule, elle^ éprouvent des modifications remarquables à la suite desquelles elles sont tranifor-
DBS ACTES SBXUBLS PRBPÀRATOIBES A LA FiCOXDATlON. 511
nées eu corps jaunes. Après leur déhiscencc, les Tésicules de de Graaf couser?cnl l'abord leur Yolume et restent saillantes à la surface de l'ovaire; leur cavité est mnplétement renoplie par un caillot sanguin, rouge, brunâtre, et leur ouverture, dus ou moins resserrée, forme une légère excavation vers le milieu de la vésicule. 'jà membrane propre de celle-ci, constituée par des cellules, augmente d'épaisenr ; elle se plisse, d'après les obsen-ations de Al. Foucliet, et ses cellules augnentent de volume. Peu à peu le caillot sanguin se résorbe ; le diamètre du corps rane diminue. Ce corps s'affaisse, perd sa teinte rouge sanguine, prend une onleiir rosée, puis jaunâtre ; il pâlit progressivement, et bientôt il ne se distingue lus nettement du stroma de la glande ovigène.
Les corps jaunes persistent assez longtemps après la déchirure de la vésicule bDt ils dérivent. De Graaf avait déjîi observé que, chez les vaches et les brebis, où b sont énormes, ceux de ces corps formés à la suite de la fécondation restaient pparents pendant toute la durée de la gestation, et s'elTaçaient seulement après le art J'ai pu, en examinant un assez grand nombre de vaches et de brebis pleines, n'assurer de l'exactitude de cette remarque. Le corpus luteum, chez ces femelles, este assez distinct à toutes les périodes de la gestation pour (|u'on puisse dire avec ertitnde leqnel des deux ovaires a fourni l'œuf fécondé ; de plus, Tovaire qui a Moé cet œuf reste habituellement, au moins dans la brebis, plus volumineux que antre, et renferme un slroma abondant et rosé, tandis que l'autre ovaire, plus etit, pâle intérieurement, a très |)eu de ce même stroma.
Le travail par lequel s'effectuent au sein de l'ovaire la maturation et la chute de 'cnf coïncide avec l'état d'excitation, qu'on appelle le rut chez les animaux sauiges, et les chaleurs chez les femelles domestiques ; il correspond chez la femme fa menstruation. L'uniformité de ses phénomènes caractéristiques montre clairelent que les mammifères sont soumis ii la loi générale de la ponte périodique chez s ovipares.
Ln seul des pliénomèues liés à l'ovulation semble propre à l'espèce humaine ; lais nous avons vu (|u'il s'observe aussi, dans de certaines limites, chez les anilaux ; je dis dans de ceriainos limites, car il est incontestable que l'exhalation mguine, à l'époque du rut, est à peine appréciable chez un très grand nombre de ïmelles mammifères. Évidemment, depuis Aristoie, beaucoup d'auteurs, Stahl, .inné, entre autres, sont allés trop loin en disant que la vache, la jument, par lemple, éprouvent un flux cataménial semblable à celui de la femme. Le plus mvent, à ré|>oque des chaleurs, il ne s'écoule par la vulvo que des mucosités lonâtres ; quelquefois seulement ces mucosités sont très légèrement sanguinontes, surtout à la suite des approches du mâle. Néanmoins, les observations de . l'ouchet faites sur les truies, les chiennes, les chattes en chaleur, démontrent ne la muqueuse utérine, alors fortement congestionnée, exhale â sa surface un oide dans lequel le microscope |>ermet de reconnaître des débris d'épithélinni, PS globules muqneux et quelques globules sanguins.
Toutefois, il est hors de doute que les femelles des singes, notamment celles des lacaqncs et des cynocéphales dont l'utérus se rapproche de celui de la femme |)ar m exiguïté, offrent on écoulement périmlique très analogue à celui de la mensvalion bomaine. Chez ces femelles, l'irritation des |>arties sexuelles est même
qa'on laisse s'accoupler les œufs ont déjà quitté les ovaires dix k qui» après le rapprochement des sexes, tandis que chez la femelle séparée i les œub se trouvent encore dans leurs capsules intactes quarante-cio après Tinvasion du rut. Ces expériences ont même montré que dans que la chute des œufs ne s'opérait pas sans le secours de Taccoupleinent.
Du reste, plusieurs causes extérieures, notamment celles qui tiennent a aux saisons, à la nourriture et aux influences de la domesticité, peuvent cooFidérablcment les phénomènes de Tovulation. Nos gallinacés et nos pi pondent presque toute rannéc, tandis que les gallinacés et les |)alanipj vages font seulement une ou deux nichées par an : si on ne leur prodigi très grands soins, leur ponte se suspend pendant la mue et au moment di froids; au contraire, si on les soustrait «i la rigueur des saisons, et si on tribuc une abondante nourriture, ils continuent à donner des œufs. Le h vage, qui fait deux portées par an, peut en faire dans nos habitations ciiK] Enfin la vache, la truie, peuvent se reproduire pres(iucindifl'ércmmenidai les saisons, bien que les époques de la génération soit rigoureusement fixé les espèces analogues vivant à i*état sauvage.
i^Iaintenant que nous connaissons Télément que chaque sexe fournit reproduction, c*cst-à dire, le sperme et Tœuf, il faut rechercher comment i éléments sont mis en rap|)ort Tun avec l'autre.
m. De L'ACCOUPLEMENr.
L*union des deux sexes, nécessaire à la fécondation chez un «rand d'animaux, s'effectue par la pénétration d'un organe mâie, érectile, dans k
«r<inîtalpK Hp la fpmpllp. nA doit ^Irp bnr^p In liniintii* KPminalp f *o» nntn *^nl
fils iCnS SIXUBLS PEiPARiTOIEBS k LA PÉCONDATKMf. SIS
nie MUS le nom d! érection^ dérive de l'afflox et de la stase du sang dans les »1es du corps caverneux, et dans celles du tissu spongieux qcrt entoure le canal urèlhre. Mais il n'est pas facile de déterminer la cause de cette stase momentanée Kraose croit tenir à la compression exercée sur les veines du pénis par les des ischio-cavcrneux et bulbo-caverneux, et que IMQller rap^torte à l'intervendes artères bélicines. Très probablement, la pression exercée par les muscles te corps caverneux, au niveau de l'arcade tschiale et au-dessous de la symphyse ieone, peut contribuer à la rétention du sang dans les tissus érecliles, car, le part, on sent très distinctement sur le chien, pendant l'éreciion, des secousses salaires énergiques au niveau de l'arcade ischiale, et, d'autre part, on peut, i le même animal, entretenir l'érection en comprimant très fortement avec le (t le corps caverneux en arrière de l'ischium. Néanmoins, cette compression anique est insuffisante, surtout en ce qui concerne les solipèdes, chez lesquels, aot la remarque de Gunther, les nombreuses veines péniennes peuvent se »i^cr en plusieurs points, à l'aide des anastomoses multipliées qu'elles content avec les vciucs de la face interne de la cuisse.
mesure que la turgescence du corps caverneux fait des progrès, le pénis Nivc un redressement de ses courbures et une élongation qui le font sortir du Teau. Son diamètre augmente, sa forme se modifie quelquefois de même que Jrection, et enfin sa rigidité devient très coubidérable, notamment chez les bces pourvues d'un os pénien, comme chez les chiens, les martes, les ours, et Iqoes autres mammifères. Il se présente alors sous une foule de formes diverses, ranl les espèces, et appropriées sans doute h la disposition des voies génitales de nnelle et à leur degré de sensibilité. On le voit cylindrique et renflé a son rémitc libre chez les solipèdes; grôle et effilé dans la plupart des ruminants ; niné par un long prolongement vermiformc chez le bélier ; cylindrique et légèbent tordu à la pointe chez le porc ; conique et couvert de rudes papilles chez les Is; pourvu, à la base de sa partie libre, de deux renflements énormes chez les ens.
/élongation du pénis et sa projection hors du fourreau ou de la gaine prépus dérivent le plus souvent à la fois et du redressement des courbures de Toigane, le sa turgescence, et enfin de l'action de cer.tains muscles qui agissent, soit sur
soit sur son enveloppe. Chez les solipèdes et l'éléphant, l'éiongation de la verge it au redressement des légères sinuosités que l'organe relâché décrit sous la ipbyse pubienne, et surtout à la turgescence du corps caverneux. Chez les dînants, cette élongation a uniquement pour cause l'efTacement de TS que ne habituellement l'organe à la région scrotale, effacement |)i*oduit d'une nière toute mécanique par l'accumulation du .sang dans les aréoles du corps erneux. La projection de la verge hors du fourreau y est facilitée par le relâcheil des muscles blancs insérés au niveau k\^ courbures, et par la rétraction opèrent sur le fourreau lui-même les deux bandelettes musculaires émanées du ûnage du pubis.
Joe fois que l'érection est complète, et souvent même avant qu'elle soit portée à
plus haut degré, le pénis |)eut pénétier dans les voies sexuelles de la femelle
terser le sperme. Cette action s'effectue plus ou moins facilement, et dans une II. 33
5iA DE LA GÉNiRATIOH.
attitude variable, suivant les animaux. En général, elle exige» chei les mamiii que le inâle s'élète sur les membres postérieurs, et se maintienne sur la en» la femelle à l'aide de ses membres antérieurs. Le cheval flaire préalablem jument au pourtour de la vulve, aux cuisses et au flanc ; il hennit, reiève sp diquemeiu la lèvre supérieure, dilate fortement les naseaux et la ùosse m mord quelquefois la femelle ; sa respiration, extrêmement saccadée, met ei sorte de convulsion les muscles du thorax et de Tabdomen. Le drooiadaire, d* F. Cuvier, « saisit au cou la femelle avec les dents, et la force à se coocher si quatre membres, malgré les cris qu'elle jette. » Le chat se cramponne i femelle en la mordant à la tête ei en lui enfonçant ses griSés dans la peao ; la chatte fait-elle alors entendre des cris de douleur plus ou moins répétéi porcs, dont Taccouplement est très prolongé, écument souvent pendant cec J suivant la remarque de Pline, et, si Ton en croit Aristote, se couchent queiqM pour Taccomplir lorsqu'ils arrivent à un âge avancé. L'ours prend aussi, en la même attitude. Aristote prétend que les hérissons se tiennent debout, faria ventre, et il assure que les animaux dont l'urine est rejetée en arrière se np chent en reculant et s'accouplent en arrière, le tigre et le lion, par eiemple.li un tel mode n'est pas possible chez ces quadrupèdes, bien qu'ib aient le pémt court et très rapproché de l'anus. Le chien peut, il est vrai, opposer direcMrt sa croupe à celle de la femelle, quand, une fois l'intromission opérée, comme di les autres mammifères, l'un des deux individus se porte brusquement de oH Alors la verge, qui est peu gonflée en arrière des deux bulbes érectiles ei i ï^ de Tos péuiei), se replie sur elle-même en ce point, et permet aux aninniA prolonger encore la durée de leur union. La même chose arriverait, d'après Pil> au luup et aux phoques (1). Aussitôt que l'accouplement est commencé, Useiflii éprouvée par le mâle, à la suite du contact du pénis avec les parois do ^^ détermine des contractions spasmodiques dans toutes les parties géoitaki ll| crcmavSter tend ^e cordon testiculaire et rapproche quelquefois, corooM d0il| cheval, le testicule de l'anneau inguinal. Les canaux déférents se resserreA* font monter le sperme vers les vésicules séminales. Celles-ci se conincteitci^ vulsivement, et expriment une partiede leur contenu dans le canal de rurèthre.li expansions musculaires rougeâires qui enveloppent la prastate compriffletf^ glandes, et en font sortir un fluide clair, légèrement visqueux, qui d'abord lokil la mucpieuse urélhrale , et qui ensuite se mêle au s})erme dont il a pté^^ voies. Dès que ce liquide est parvenu dans l'urèthre rétréci par le gonflefflenA tissu spongieux (pii entoure ce canal et par la tension du corps cavemeoi,!^ chassé avec force par les contractions d'un muscle rouge i libres uansfO^ tapissant tonte la partie postérieure du canal. La partie supérieure deceo^ agit spécialement sur la région pelvienne qu'elle entoure et sur les petites jpn0M qu'elle tai)isse. La seconde exerce son action sur la partie pénienne de ToHli Dans les animaux domestiques, la première a été appelée le muscle isrhio-tf^ et la seconde périnéo-uréthral ou accélérateur. L'émi>sion du sperme et des fluides prostatiques se fait très ni|Ndemcot cb(t^
(i) Histoire nalurellej liv. X, p. 39G. ( Traduction GaérouU.)
DBS ACTBS SEXUELS PRÉPABATOIRBS A LA FÉCONDATION.
»^? « chez le taureau, le bélier, le bouc, le lapin, les oiseaux, et chez f, ^îspèces où CCS liquides ont peu de consistance et de viscosité. El ^^ « assez lente chez le chien, chez le porc, et plus encore chez le dr( B <^^. couplement se prolonge-t-ii cinq à six niinntes chez le porc, et M ^^res chez le dromadaire, comme les anciens le savaient déjà (1), c:rr.2as, l'éjaculatiou se fait paisiblement, sans secousses de la part de ^-i^^isme des organes génitaux. Aussi les dromadaires accouplés dans ' floservent le décubitus sternal et ruminent de même (pie dans les c : alors Téjaculation s'achève le plus sou vent sans qu'aucun sigm t rqué le terme. iMais il n'en est pas toujours ainsi. Le cheval ép répétées, fait trémousser sa queue ; puis, l'acte accompli, les ore .^ « i^ 'ft^'^Bt isse la tête et semble éprouver un aiTaissement subit très prono \t0^ ^ 0UBc2^ séminal, associé aux humeurs prostatiques, est dardé avec £ ^ ^'oi^^ ^"^^P'^^^sde la femelle. Une partie de ce fluide est uécessaireme
S^- ' ^^ |0 -^^ a^ ^Sii» tandis que le reste parait pouvoir être lancé directement dan ^ ^ ^^^^o^ d.^ 1 ^ matrice. Plusieurs considérations indiquent la possibilité de < 40:'- ' ^ d^ 0 dmx sperme dans la cavité utérine. D'abord , il existe une relation ><^'" V^^e ^^ longueur du conduit vaginal et l'étendue de la partie libre du ^f^ ^«"t.^ que chez les femelles dont le vagin est très long, la verge
^ ' ^^ •^^•«iïidre facilement le col utérin. Ensuite, il y a dans chaque i ^^ -^i ^ioâf^ ^»B tre la configuration de la tôle du pénis et celle du col de la ' / ^ ë, ^^^^ "^^rge du cheval, qui se termine par un renflement eu pou ^ 4^^ ^ \^^S* peut s'appliquer exactement sur le fond du vagin, et le petit rA , '.^ ^ ^jpjl^^thral saillant est bien disposé pour péiiélrer dans l'ouverture c
^^ 't %^^^ ei s'y enfoncer d'autant plus que le mûlc imi)rime à sa croup
e - ^ ^^ ^,'j^ iHpr-^ V^iVf énergiques. Celle du bœuf, grêle, à |)pu jirrs cslindrique, m V *-' Zj^"*^^**^*^* ^\^cWÎnée en pointe, est bien disposée pour s'engager dans le col utérin é ^^ \r^\g^ -^ ^^Jl0>La verge du bélier, plus grêle encore, et terminer par un appendi ^\'^^'^^'^^s:^^^^ feU^ *'*>' besoin d'une telle configuration pour s'insinuer dans le col ( ^^^t;. =r— ^^^^ ^j00 trts long et extrêmement resserré de la brebis. Du reste, le col d ,.f« ' j'^ ^^imi ^flit PBSt pendant la vie, fermé et resserré comme sur le cadavre, où 1; ^"J^*^^"^ -c^ <Tmr ^ilafériqoe oppose une grande résistance à la dilatation. Il est facile, en ^^^;~ ijrr£ ti .SS9W ^||ie partie sur les femelles vivantes, de s'assurer que, sans effort, ou pe ,.^.a.r*cr j ^ :v pjpéuer le doigt, et très probablement, à l'époque du rut, il doit être ei;
^ibtaUe.
m ^fidemment, l'utérus peut, puisqu'il a une tunique musculaire, sui
rÇTI ""^ ^^ lotisse au col, se mouvoir sensiblement, et iwrticiper au spasme de toute
F,^ '^ ^ gj^ de l'appareil génital pendant l'accouplement. Il ne serait pas in
,... ^ "^-^-*^ COiDine le pensait Bartholin, que cet organe se uuil en divers sens, s'ou
^^"* "" .4 f^niAt pendant l'accomplissement de cet acte. Ces mouvements propres,
^^^^.^ j^ifRT avaient soupçonné l'existence , avaient fait dire à Platon et à Ar<
f otérus était an animal dans un autre animal.
(1) Ariitote, Hiitoire des animaux y tra(lucli*)n Camus, livre V, p. 241 ; Plin p. 396, édition Gnéroalu
516 DE LA CéNiRATtOIf.
La projection du sperme dans le fond du vagin el le col de Tuténis est fort rareinent gênée chez les mammifères par la présence d'un repli analogue i celui qui, chez la femme, porte le nom d*hymen. Néanmoins, un ou plusieurs replis de ce genre existent quelquefois, et môme d'une manière constante, dans certains anmaux. Dufernoy (1) en a signalé la présence sur un assez grand nombre de femelles. 11 a vu qu'en général il y a, au niveau du méat urinaire, entre la vulrert le vagin proprement dit, soit un étranglement circulaire, soit des replis plus m moins marqués. Dans l'ours, suivant lui, il y a au fond du conduit vaginal un large repli percé, au delà duquel se trouve cachée la fleur épanouie. Dans l'hyène, le daman, il a vu des replis analogues, que Steller a observés aussi dans une esçècM de lamantin et Lobstein dans le phoque à ventre blanc. Chez la vache et la juoMil, les parois du vagin, lors de son relâchement et de sa vacuité, se rapprochent 61 même se touchent en arrière du méat urinaire. Mais, dès que le canal vient à ta dilaté , le resserrement disparaît, sans qu'il reste à sa place autre chose qa'm trace de repli. Cependant, il n'est pas rare de trouver à ce point des replis incÉ* cables de forme plus ou moins bizarre. Dans un premier cas, c*était une duplicatM muqueuse transversale découpée inégalement et comme frangée à son bord lihic Dans uu second cas, il existait une cloison verticale percée de deux ouvertures, M de chaque côté; enfin, dans un dernier, il y avait un repli circulaire porunttrcii dentelures réunies par trois petites brides entre lesquelles se trouvaient naturelement trois ouvertures, (^hez la femelle du cochon d'Inde, l'orifice du vagin eâ fermée si solidement, d'après Legallois, que le mâle mettrait quelquefois quioM jours d'efforts pour en opérer le décollement. £t comme, après chaque accouchement, Tadhésion se rétablit, le mâle jouit , dit cet observateur, de l'heureux prifilége de trouver toujours à la femelle les apparences de la virginité. Il en est de même chez la souris.
La quantité de sperme qui est éjaculée pendant un seul accouplement doit être ! considérable, surtout chez les animaux, tels que le porc, le chien et le dromadaire, j où cet acte se ))rolonge beaucoup ; mais elle n'a pu encore c}tre appréciée. Le liquide, qu'on peut recueillir dans un vase, lorsque le taureau ou Tétalon se cabre ' sur la femelle, s*élève souvent de 50 à 60 grammes. Celui que le chien en érectioi perd est aussi parfois assez abondant ; car un chien de berger de moyenne taille et ; donna dans ces conditions 50 grammes en vingt minutes. Seulement ce fluide | renferme très peu de sperme ; il est clair, à peine visqueux, c'est du suc prosia- \ tique presque pur. j
Lorsque l'émission spermatique est arrivée à son terme, les animaux se désunissen:, à moins de quelque obstacle mécanique, tel que celui du gonflement énorme qui, chez le chien, relient les deux bulbes érectiles du pénis en avant des lèucsde la vulve. Le sperme coule encore gouiie h goutte au moment de la séparation, notamment chez le taureau et chez le cheval, dont la tète du pénis est beaucoup i>l« large qu'avant l'intromission. Enfin, l'érection cesse plus ou moins vile, et la fer^f rentre dans son enveloppe, soit par le fait seul de la cessation de la turgescence (te tissus érectiles, soit en même temps par suite de cette cessalion et par rinttrunii^
)Cuvi cr, Leçons d*anat<mie comparée, 2* édit., t. VIII, p. 2G0.
de ccrtaiw Bnei». "Ijh:: i* :::-.■■ • i:-: ,;•* âeci iascsBi misriiârB g;risâtres^ rrT«Tr-«> ; a :• i :.ii- ^— - :..■: ■•:•■•-• - : ■• :. i:^ r^ r •—■ -^ :«: ;: ^•rini
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kS" QrEx ïL'î»::!*;* "p*"* : : :'.:;>.?* *•! :ix>ï*-m **im -iii-r-î hu» .e.3H*r: caxti^ «
aa. car * :*s.i : »-• v-li .LN:*i«Li :i.i.:'> 7?:. -. ZuiiiiO.: il rtriuiL e: <if il
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■e, peodaii: t l-* .-t ;•: :*:- H-^ iijs: r i :'i îi.li-j : tlî s- î :r-> re^t ji-riiif.-; semia.
h firec: jh-.l: -tii:':-. I --:.. -.'.::■:: .;:••-.!? :■?'.; r:H a «f.-çt f^»: rainriier
■• Je i'yuTztk-, z-i !.>-i>. :.iT:? :-.':e -^lafi':!! *•. rvusm >.: uvus^i i il "y^w
•par it^ Gt*:;! :Ln^Li-> r'—n:.*-.-* 7l. jc:-îr.-!". i^e: nni- : i-. ;«a: jc* oeai
alIxr^isi::€^^. j.il: .i ::ii"--ii iix ? ..>.■-£ i'.e: jt'i.î-s:. r-iiiLah r;j{ oci' aoxra
■"*^|>r» i'»ccoc:«i^z:i*i: . <i >:>.-. r; -•< ri*s t-r i »•;. nr*-* :i2S>.^i , ;fiK qui i hé a <« y-»a-'Ta.r* r'.-, •."j'i' :. •> il n.i. t . «l >:■ -^ :..: « s.'LJv-: i'X îît'aussMî
B, Sinon ia l *î .'.t. i'- îi-«i- ~r •■. -e^ :•:.: ---r-. V:** rî-»?::j:»L Ji ri'irt naiare
pan:c-:.jt-rt*3*'i.: M-- i.••''.•t^T, •..!.: .i .as:.^::: t^L.: fî-. rvr;»LD3f r*r k»
' : auàîà. «i-j :*^~ r^t '. A":*». ■ -. l il.-*': r>::r,'. «i it^ fraroi: ., »i^ àDfSw»
après i'ôc^'-'-:-it:ir'* »'.r: :;î»îcr ?>>: ijîi^-eT.t. **l « zi- »l :.ii!:- :ar vmë
^•éraJem^rn: i'hab:i:>jT -■- s'-uTîtr** i uit Vi-j-M -f^ ]-::d-:'"j'> "i An-irH^n: dî-xre
^•taries, eî d*- ît-ar veter i-r . fc , '-r.jii^ i-ur i*s r-ç-.r;? -■: .1 :— «r:»:. Fl' .s . on ajoine
^Iffime Téaéri*-a. *:: .''•!! ^rr-'nr-::: >*^ ?fî:ir:> ^jt .'ir.inia. lif':;: ÎL.'t^ >:*t2T i fXpQl*
^ des anne«. er'jr> ç-j ei'.rii!)*-:.: *-l 7*-;::.ir irir;-> .i .)7Jt-'j: >>:'rni»Liqne
4ée aox moccivi:^* \îç.:.«i^ •^:'ê:■;-e^ i'i'-Dr-iaiZ'eL: *.:u> . :;.C'u«tjC: ls îL:«à
ttite de l'eiciiaiK-a caus-t* :.r: ir C':»ri'a:: '--:'* '«:rcr-?> c. r::i-v
Après i'accoap!t'îr»*-ik: . kî^ frr":r :^ -^ .•i^eaiDi c-iith* a ?*>::»:•: 1 a^t:". remaTtpi:-,
ÉUneat el secoue'»! leyr> ^•ir^rw:-' ; r T'-niM-n. ■"'d *" '-■•••^•;- *•: <> :.:iaî»ç, iDfl tm
aremeut les p^am*': d*r la n'>. i- : .. yA.-.h '-r js c daqae r:»:£»j\.: oe> Ci»ntrir-
•s répétées, qui v-uieM p:>u^^t•T:: c^j d-ij'r* .a :ijD-jo<-i2>e d-. c'/r finit
L'accouplement. uefaisaLtfiis^ '.-r^sr: ::r*a3vû:airr«!'.îi: le rui de>fvr.e.«s. pwiiftPT
'Télé plii5ieur$ foi» à des iri-rmi. -r fc-: rai':«':i:l,-* Le> asir.;: a j.s ^;-r.\ sncs.
nrtoat les mâles, se [«rt-tenl h cf/:*- rti^'.'j**:] sdu^ea: 2\ec hui'.'i:^. n : iifioDoJnis
!oie avec uu emportemeol tre* rfj:;i'qoc':»r'. Pari:;i ;•:•< es>.T(s >ii.v.'î?r>. k*?
IfeSf qui n'entrent en rai fju'a uu*- s'.u.c rr;»'>ia** df j'tr.iif- . f:i~:i..xi-: ; »!:> hfsirs
^éuques plus iropélu^ax que ceux djri! î ajiiVjJr à i* rf*:»- cn::».»r -.^ : no*
^ permanente. F. Cu^ier 1 di: que le cerf. Jm': if rn: ; i,..;. -i Miiiimnu
^rsaii ses femelles, el îes '.oe q^jin'j t-!!e> lui ré^^ist^'-T. : e-l -^ôir-în-x . ". r.\s«*. »'^'-
CJ) IHslrÂ-r naturels à^' v fir.n,^"-'.-. ^^r F. ruvlrr f: ■~'f..|T-« x <;;.,pHHi.aiTf
Si 8 DB LA GÉNÉRATION.
stamment disposé à se reproduire , ne maltraite nullement sa femelle. L*âiie, qui est, suivant Aristote, après Thommc, le plus lascif des grands animaux, peut, quoi 11 est libre, couvrir dix à quinze fois la même femelle en un jour, ou dix à quBR femelles différentes. Les chevaux, surtout quand ils sont fongueux, peuvent tm plus de vingt saillies dans une matinée. Le bœuf, si remarquable par sa grak vertu prolifique, réitère jusqu'à trente fois par jour l'accou pleurent avec iei femelles différentes. Mais dans de telles conditions, les mâles ne tardent pmï s*épuiser : aussi a-t-on soin , dans l'intérêt de ramélioration des races, de mtreindre, pour chaque mâle, le nombre des saillies qu'il doit eCTectuer et des iemdb qu'on lui donne à féconder.
En général, parmi les animaux, on n'observe ni sympathies ni antipathies piN ticulièrcs entre les mâles et les femelles de la même espèce. I.es premiers, comme k taureau , nous en montrent un exemple, et couvrent indistinctement toutes Icas femelles, à mesure qu'elles entrent en chaleur. Et, à leur tour, celles-ci reçoiio^ i sans préférence marquée, les caresses de tous les mâles qui les approchent M I certaines espèces , appelées monogames , un mâle et une femelle contractent l'a | pour l'autre un attachement réciproque, ne se séparent point, et vivent dansllitimité de la famille, même alors que les besoins de la reproduction sont satisUi On voit quelquefois, comme le fait observer M. Ruzard (i), déjeunes cbevauxqa : s'attachent à des cavales, délaissent les autres, et refusent même de les couvrir. Il bélier knontre assez souvent, si Ton en croit les anciens, une préférence marqale pour les vieilles brebis.
D'ailleurs, les animaux n'établissent entre eux aucune distinction fondée sw ta parenté ; ils ne reconnaissent point leur sang, même quand ils ont toujours vécnei famille dès leur jeunesse ; du moins, s'ils possèdent cette connaissance, elle s'ert | point pour eux un motif d'exclusion. Le frère s'allie à la sœur, le père avec la fiUe, i le fils avec la mère, dès que les instincts génésiques s'éveillent. Tout ce qu'oui ■ écrit sur l'éloignement prétendu que la parenté ferait naître parmi les animin, est dénué de preuves. S'il est vrai qu'un chameau , dont le voile se détacha (tendant qu'on le forçait à s'accoupler avec sa mère, ait mis en pièces son conducteor, la violence commise par cet animal n'avait certainement pas pour cause le >enti* ment de l'inceste. Il est peu probable qu'un jeune cheval ait refusé de s'accoopler avec la jument dont il tenait le jour, tant qu'un voile ne lui eut pas empêché de ta | distinguer. Il est moins vraisemblable encore qu'après l'accouplement , ce cbfnl ^ soit allé se jeter dans un précipice, parce qu'il aurait reconnu son erreur (2). Tms > les jours, de pareils accouplements consanguins s'effectuent dans toutes nos espèces ^ domestiques, et plus tard nous verrons l(*s heureux résultats de ces alliances «0 \ le rapport de la conservation et du perfectionnement des races los plus précieoffi
Les animaux d'espèces différentes, réduits à la domesticité, et pressés par le b^ soin, s'unissent (|uelquefois entre eux, et si les espèces sont du même genre et trvf voisines, ces unions illicites peuvent |)arfois devenir fécondes, comme nou$ i^ verrons plus tard. De telles alliances paraiss>ent très rares pariui les espèces sau^v^
(1) Dos haras d'nnesUq lies en France,
(2) ArUtote, Histoire desanimaua., irad. français, livre IX, p. 635.
DB LA FiGONDATION. 519
qui pentent, sans contrainte, satisfaire leurs désirs les plus impérieux. C'est sans aucane preuve que Pline nous dépeint Taccouplement qui se fait de gré ou de force entre les mâles et les femelles de toutes espèces rassemblés par la soif sur le iMird des rivières ou des fleuves. C'est aussi sans fondement certain qu'il prétend que les chiennes attachées par les Indiens dans les forêts sont couvertes par les tigres ; car, selon toute probabilité, le tigre dévorerait plutôt la chienne que de lui prodiguer des caresses. Mais nos animaux domestiques s'allient souvent entre eux, f espèce à espèce, ou avec des animaux sauvages apprivoisés. I/ânc couvre la jument, lorsqu'il n'a pas d'ânesse à son service ; de même , le cheval , séparé de sa propre femelle , s'accouple avec l'ânesse en chaleur. On a vu des accouplements ffeonds entre le loup et la chienne, le chacal et le chien, etc. Parmi les oiseaux, et telles n^ésailiances sont fort communes. On les a observées entre le coq et la Usane, le canard commun et le cauard musqué, le chardonneret et le serin des Canaries, le morillon et la sarcelle, le cygne et l'oie.
Enfin, il arrive quelquefois que les animaux, pressés par des besoins qu'ils ne pasreot librement satisfaire, se livrent avec fureur à la masturbation, ainsi qu'on le laitaaseï fréquemment chez les singes, les chiens, le bouc et mOme, dit-on, chez le dMval. Certains animaux vont aussi jusqu'à simuler un accouplement contre na- \ avec des individus de même sexe. Aristote (i) dit cela des perdrix, des cailles 1 et des coqs relativement aux mâles que les premiers ont vaincus. Buffon a «■des tourterelles de même sexe, soit mâles, soit femelles, enfermées dans des Mges, se joindre ensemble, comme si elles avaient été de sexes différents. Dugès a bit des observations analogues sur des canards et des co({S, et Desnioulins prétend qae^ parmi les mammifères, les cobayes font subir ce traitement humiliant aux Cibajes vaincus dans leurs combats amoureux.