‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 146 sur 152 · il.2 13,2 10,3 12,6 13,5 13,5 12,9 IM · texte numérisé non relu

il.2 13,2 10,3 12,6 13,5 13,5 12,9 IM

Le lait se modifie encore, dans sa composition, et surtout dans ses caractères physiques, sa couleur, sa saveur, sa coagulabiliié, sous l'influence de certaines plantes ou de certains principes alimentaires. On sait (fue les crucifères, le chou en particulier, rendent la saveur du lait moins agréable ; que la paille d*orgc lui donne sou- \eiit une légère amertume; que les labiées lui donnent un parfum particulier ; i*ail, Toignon, une odeur rappelant celle de ces liliacées. Le lait prend, d'après Parinenticr, au bout de quelques jours, une teinte rongeàtrc si de la garance a été donnée avec les aliments; il devient, dit-on, jaunâlre sous l'influence du curcuma; un peu bleuâtre par celle de quelques euphorbiacées. Le safran donné aux vaches communique au beurre seulement une couleur jaunâtre très prononcée. Tout cela s'explique quand on se rappelle que les glandes mammaires sont, de même que les autres organes sécréteurs, des couloirs par lesquels s'éliminent, plus ou moins, les principes étrangers introduits dans l'organisme et impropres à l'assimilation ; aussi plusieurs substances données à la mère, à titre de médicaments, vont-elles agir sur ses petits en passant par le lait.

Ce fluide est encore susceptible d'éprouver des altérations diverses dont les causes sont parfois peu appréciables. Il devient bleu par Uches dans la crème, et plus tard uniformément dans le sérum, par suite du développement d'infusoires désignés par Fucbs sous le nom de vibrions cyanogènes. Il prend une teinte jaune, d'après ce dernier observateur, quand il se développe, dans sa masse après son extraction, une autre espèce d'infusoires de couleur jaunâtre. 11 acquiert quelquefois une teinte tQsée que l'on dit tenir à des globules de sang échappés des vaisseaux mammaires.

Eiiûn, dans plusieurs éuts pathologiques, de l'économie ou des mamelles, le lait

Uiange de couleur, de saveur, perd plus ou moins la faculté de se coaguler, ou se

>reod même, dans les sinus de la glande, en petits caillots dont la précipitation s'opère

ivssitôt que le lait est recueilli. Ces coagulums sont formés, d'après M. le profea-

^ur Delafond (1), par de la caséine, de la graisse et des débrb de l'épithélium des

^uaux galactophores.

(1) Traité de pathologie gén&Qle comparée â^t animaux domestiques, 2*édit. Paris, 1855, ». 637.

Tel est raliineut que les inamelies préparent pour Ja iiutrîiîoii et racGroîsaettini du jeune animal. Cet aliment, le seul dont les petits des mammifères puissent faire usage dans les premiers temps de la vie extra-utérine, offre TasseDiblage de tous lo matériaux nécessaires à la formation des tissus et des liquides de rorganisme ; il fournit, par sa caséine, le principe protéique du sang, de la peau, des muscles, di squelette ; par ses éléments minéraux et salins, les sels de toutes ces parties; enfin, par sa matière grasse et son sucre, il donne, comme le pense Liebîg, le combostSrfe qui est employé, par la respiration, à l'entretien de la chaleur animale.

L'accroissement des jeunes animaux, pendant qu'ils vivent du lait de leur Dèrr, se fait avec une très grande rapidité , car de jeunes chiens peuvent doubler leor poids initial en six jours seulement. En trente jours, dix chiens d*uue inême portée, réduits à neuf le vingt-cinquième, et ne prenant que le lait de la mère, ai ce s'est pendant les dix derniers jours, augmentèrent du poids total de 16 kil. i 86 gramoti Ils pesaient ensemble, à la naissance, 5029 grammes; et à la un du premier mub. 21215 grammes. Le poids initial a été, par conséquent, plus que triplé. Daosic tableau suivant se trouvent indiqués pour chaque jour le poids de chaque chiep de la poi*téc et son augmentation sur le jour précédent Ce tableau montrera, aopr^ mier coupd'œil, les grandes différences individuelles, sous le rapport de l'activité de l'accroissement, (Kirmi des animaux se trouvant dans les mômes conditions.

Pendant que l'accroissement s'opère avec rapidité, l'économie éprouve des ciiaogcments remarquables dans la structure et le mode d'action des appareils organiques.

Dès que le jeune animal est serti du sein de sa mère, la respiration s'est étahli(>. eta>ec elle la circulation s*est modifiée. Le cours du fluide nutritif s*est lioiiié tout d'un coup au fœtus : le sang qui allait se vivifier dans le placenta, est porté, dans le même but au poumon pour s'y mettre en rapport avec l'air atmosphériqui : ce même fluide qui, jusqu'alors, avait emprunt^ des matériaux à la mère, parTintcrmédiaire du placenta, va les puiser dans l'intestin où le premier aliment sedigèrt avec une extrême facilité.

Par suite de ces premières modificaiions, les dispositions anatomiques qui hglaient le cours du sang pendant la vie intra-utérine s'effacent : le trou de Botii 8*oblitère peu ù peu, ainsi que le canal artériel, le canal veineux, la veine et les artères ombilicales. Le trou de Rotai se ferme aux dépens de la valvule qui le circonscrivait en grande partie; son oblitération est cofuplète, d'après les observations d'. M. Flourens, au bout de douze jours sur le cochon d'Jnde, de seize sur le lapin. de vingt-trois sur le chien ; mais elle ne l'est que de un ù deux ans dans ris(>èa bovine. Le canal artériel s'oblitère en moins d'un mois, et dès les preuiiers moiiioii^ sa ca\ilé est si rétrécie et ses parois sont si épaisses, qu'il cesse à jhîu près complètement de donner passage à du sang. La veine ombilicale et le canal veiiit:u\ s'affaissent très vite ; dès les premiers moments, le sang ne coule plus dans la (uymière, bien que sa cavité puisse encore |>ersister longtemps et jusqu'au bout de>ii mois, comme je l'ai vu sur le lion. Les artères ombilicales cessent aussi detre parcourues par un courant sanguin, bien qu'elles restent encore un peu |)erméaUr« au .<iang, surtout à leur partie supérieure, et même pendant toute la vie. commoir* injections le font voir souvent sur le cheval. I.cs vaisseaux oniphalo-mésentcriqu--!'

M l'auaituibiit.

Poids

Poids

[AugoieoUUoo.

^{Poiâê

(▲ugaieoUtkMi.

Page 1