‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 20 sur 152 · DB L* ABSORPTION · texte numérisé non relu

DB L* ABSORPTION

chien, mit dans la plèvre une faible dose d'une substance vénéneuse. Les effets di poison ne se manifestèrent que plusieurs minutes après l'époque à bqadle ilsn montrent ordinairement.

Dans une autre expérience, on injecta par les veines autant d'eaa tiède qoe ranimai put en supporter, c'est-à-dire environ deux litres. Le poison resta saM effet. Au bout d'une demi-heure, aucun des symptômes qui dans les circonstauca ordinaires apparaissent en deux minutes ne s'était encore fait remarquer. Dm large saignée fut alors pratiquée, et les effets de l'agent toxique se développerai à mesure que le sang coulait

Dans une troisième expérience, l'animal fut privé d'une demi-livre de sang, puis reçut le poison comme précédemment. Cette fois les effets, qui n*aaraieot (H se produire qu'au bout de deux minutes, se firent remarquer avant la trentiàoN seconde.

Enûn, pour montrer que c'était bien la distension des vaisseaux et non le clMh genient d'état du sang qui ralentissait l'absorption , M. Magendie fit une saignée à un chien, et lui rendit par les veines une quantité d'eau tiède égale au sang le» tiré des vaisseaux. Les effets de l'agent toxique furent aussi prompts et aofli intenses que dans les circonstances ordinaires.

On conçoit , d'après cela , comment l'absorption cutanée devient d'aotant phi active chez les batraciens plongés dans l'eau que ces reptiles ont perdu davaniap par la transpiration ï l'air libre. On comprend de même comment l'absorption al plus active par l'estomac, l'intestin, les voies respiratoires, chez les animaux à jea et débilités par des pertes de diverjte nature; comment cette absorption s*actiia par le fait de la diète, de l'abstinence, de l'exercice, de la transpiration abondaala^ des émissions sanguines, etc. C'est sur la connaissance de ce fait important qn'flU basé l'emploi des saignées et des moyens qui excitent les sécrétions cutanées, ÛH testinales» nrinaires, pour obtenir la résolution des œdèmes, des hydropisies, des infiltrations considérables, moyens dont les effets doivent être salutaires, s'ils sort appliqués avec assez de mesure pour ne pas trop débiliter l'organisme.

L'état de la circulation influe notablement sur l'absorption par la rapidité atas laquelle elle entraine les substances à mesure qu'elles pénètrent dans les vaisseam. Lorsque la circulation se ralentit dans une partie, par suite de l'oblitération Incoi» plète de quelques artères, et surtout par un obstacle au cours du sang veineniv l'absorption s'y affaiblit en même temps que tous les tissus s'œdémalient. Lorsqu'elle est gênée par une compression momentanée, l'absorption peut même m suspendre à peu près complètement, comme on le sait, par l'application de lîe« circulaires, plus ou moins serrés, sur les membres après la morsure des animatt enragés ou des reptiles venimeux ; enfin, lorsque cette fonction est excitée locale ment, elle augmente l'activité de l'absorption, l^es frictions sèches sur ceriaioa parties du corps, telles que celles employées pour faire disparaître la graisse dMB les athlètes et les chevaux de course, l'application des huiles essentielles, des liai* ments résolutifs sur les engorgements de diverse nature, agissent probaUemeiK surtout en excitant localement la circulation capillaire. La chaleur, réiectricilé, dont les effets sont d'ailleurs si complexes et si nombreux, influencent aussi l'absof' ption par le surcroît d'activité qu'ils communiquent à la circulation.

yanhydrique, déposés à la surface de la peau dénudée ou dans las interstices ires, restaient sans effet tant que les ventouses demeuraient appliquées sur s, et, chose remarquable, ces poisons étaient ultérieurement absorbés avec lenteur une fois que les parties revenaient à Télat normal. D*un autre côté, s expériences ont appris qu'à Taide d'appareils particuliers augmentant la I atmosphérique, on fait absorber rapidement les matières portées sur la

dans les solutions de continuité. Tous ces résultats expliquent très bien liages de la compression exercée sur plusieurs parties dans le traitement eurs, des épanchements locaux, des engorgements articulaires, des hydrois synoviales et de la tunique vaginale.

iiff^ents actes de Tabsorption s'accomplissent-ils sous Tinfluence du sys* xteux ? Et dans Taffirmative, en quoi consiste cette influence et quelles en

Boites?

D'ici les physiologistes ont présenté à cet égard deux opinions diamétraleiposées. Les uns ont prétendu que les nerfs n'avaient pas d'influence senr l'absorption , les autres ont avancé que sans l'intervention nerveuse cette

ne pouvait s'opérer. Les preuves données à l'appui de ces deux manières étaient si équivoques que les plus sages ont cru qu'il n'y avait lieu à se «r ni pour l'une, ni pour l'autre. Pourtant la question pouvait être tranchée •los simple expérience.

ly ayant constaté que la noix vomique injectée dans l'estomac du cheval

section des nerfs vagues ne produit pas d'empoisonnement, fut porté à [ue l'intervention nerveuse était indispensable h l'absorption, et que sans e-ci ne s'effectuait plus. iM. Brachet (1), s'appuyant sur quelques expéfaites sur le chien , prétendit qu'après la résection des pneumo-gastriques

et la noix vomique ingérés dans l'estomac ne produisaient pas d'effet jus* ooment de leur absorption et de leur arrivée aux centres nerveux. Or ces ipérimeniateurs se faisaient illusion. Il est bien vrai, comme Dupuy en a fait ation , que la noix vomique reste sans effet lorsqu'elle est déposée dans ic du cheval après la résection des pneumo-gastriques, et que par consé* Ile n'y est pas absorbée ; mais cette même substance vénéneuse reste égalens action lorsqu'elle est injectée dans l'estomac , les nerfs étant intacts. let, nous a^ons démontré, M. Bouley et moi, que les substances toxiques I dans l'estomac des solipèdes, après la ligaipre du pylore, ne produisent mpoisonnement, soit que les nerfs vagues se trouvent intacts, soit qu'ils té préalablement réséqués. Si ces substances tuent dans les circonstances res, c'est que l'estomac , par ses contractions, les pousse dans l'intestin où sorption s'effectue. Si, au contraire, elles ne tuent pas après la section des

xherches txpérimênUiks tur les fonctions du syslèmc nerveux ganglionnaire, Paris, r édiC, p. 226.

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nerfs vagues, c'est que le viscère paralysé, ne pouvant les chasser dans TintestiD,

les conserve dans sa cavité, où leur absorption n*est pas sensible.

D'autre part, les observations faites |)ar M. Brachet sur le chien sont inexactci et les conclusions qu'il en tire sont fausses. Les poisons produisent leur effet à pet près aussi rapidement et avec autant d'intensité lorsque les nerfs vagues sont coupés que lorsqu*ils sont intacts. Nous aviins fait voir qu'à la suite de la Hgatun du pylore les substances vénéneuses ingérées dans l'estomac du chien y élak|C toujours absorbées très rapidement, soit que les nerfs fussent coupés, soit qa'ib fussent intacts.

Il est donc évident, d'après ce qui se passe chez les carnivores, que les nerfi vagues n'exercent pas d'influence sensible sur l'absorption gastrique , mais il oe faut point inférer de ce fait que les nerfs soient sans action sur les phénomènes de l'absorption. Après la section des nerfs vagues, les nerfs ganglionnaires nombreu qui arrivent à l'estomac, en ser|)entant autour des artères gastriques, peuvent suIEr à exercer l'influepce dont nous parions. Il faudrait couper ces derniers aveclèi autres pour arriver à un résultat concluant : or la chose est passible en divisait transversalement les artères et en rétablissant la continuité entre les deux extiimités de chacune d'elles par un tube de verre ou un tube métallique dans lequel le sang continuerait à circuler.

Les autres expériences tentées pour mettre en évidence le rôle du système acrveux dans l'absorption ne sont pas plus concluantes que celles de Uupuy et dl Brachet : il est facile de s'en convaincre même par un examen très superficiel.

Brodic ayant \cr8é sur une patte antérieure d'un lapin un \mson violent, anrif la section de tous les nerfs de cette extrémité, vit néanmoins rem|)oisonnenicnt M produire. Coliard de 31artigny, après la section des nerfs et de toutes les partie ooolles d'un membre dont les artères et les veines étaient intactes, obtint le méflli résultat. Enfin Panizza, après la section de tous les nerfs de la langue et des lèvrei^ a constaté que I acide cyanliydrique, appliqué sur ces parties, tue comme dans kp circonstances ordinaires. Mais dans toutes ces ex|)ériences les nerfs des parois arliricUes n'étaient point détruits. Quant à l'expérience tant vantée de l'émulsine eldl Tamygdaline, elle ne prouve rien en ce qui concerne l'absorption.

Quelque incomplètes que soient les tentatives faites pour apprécier Tinflueuoe nerveuse sur l'absorption , elles prouvent rependant que les nerfs cérébro-spiniHl ne sont pas nécessain s à raccomplissemenl de cette fonction ; mais elles ne jetMl aucun jour sur la part d'action qui peut revenir aux nerfs ganglionnaires.

Pour |)eu qu'on réfléchisse à la nature intime des actes de l'absorption , on voil que l'interieniion du système nerveux à leur égard doit être infiniment restreiott. (^ette intervention n'est nécessaire ni à la pénétration des substances éirangèrcf | travers les tissus, ni à leur entraînement par les courants vasculaires, la premier! action étant toute physique, et In seconde résultant du fait même de la circulatioa. Seulement les nerfs, en activant ou en ralentissant la circulation, et de plus ci réglant la vitalité des parties organiques, influencent indubitablement l'absorptioi et lui impriment dis modifications que les exiHTiences ne iKuivetit mettre en reJirfi mais qui se traduisi>nt par mille résultats divers dans les actes régulateurs deb résorption, soit des fluides exhalés, soit des élémenis constitutifs des organes.

DU MtCANISMS DE L' ABSORPTION. 6}

est le mécanisme de rabsorption et telles sK>ot les causes qui peuvent modiette fonction importante. L'analyse rapide que nous venons de présenter I montré comment une simple action physique devient Télémcnt initial, le de départ d'une série de phénomènes dont la vie règle les conditions et s subordonne à dos actions d*une autre nature. Il nous a été facile de voir stte absorption a ses lois spéciales, qui ne sont pas identiques à celles des pbéles résultant de la pénétration des liquides à travers les membranes privées rie. Ayant apprécié ce qu'elle a de commun avec Timbibition par endosmose, x>avon8 maintenant saisir les nuances qui la distinguent de cette dernière, [D'elle s'opère en dehors des conditions physiologiques, conditions de l'endosmose dans l'organisme ne sont pas telles que dans les iences du physicien.

18 les expériences, deux liquides immobiles sont isolés par une membrane . Dans l'organisme, le liquide à absorber doit se mêler progressivement, -d aux produits versés sur les surfaces, puis aux fluides qui imprègnent la : des tissus , avant d'arriver au sang et à la lymphe que contiennent les vais- ;. Des deux principaux fluides dont le mélange doit s'opérer, l'un est en repos, e est mû d'une impulsion rapide; la membrane intermédiaire est parcourue toos les sens par mille courants qui ne laissent jamais son tissu se gonfler, et niiortent à mesure les molécules dont la fiitration s'est efiectuée. as les phénomènes ordinaires de Tendosmose, c'est habituellement le fluide le i dense qui se porte vers le fluide le plus dense. Dans l'organisme, tous les I, qael que soit le rapport de leur densité avec celle du sang et de la lymplie, rient vers ces derniers. Sans doute les moins visqueux , les moins denses, tôt être absorbés plus aisément que les autres; mais tous sont susceptibles iverser les tissus vivants et de passer dans les vaisseaux. ns les expériences, l'endosmose se lie à l'exosmose; un courant dans un sens Jit en même temps qu'un courant dans un sens opposé. Il n'en est pas ainsi l'économie, car l'absorption entraînerait inévitablement la sécrétion, et une tion dont le produit serait partout identique avec lui-même. Or les choses se Dt-elles de celte manière?

B purgatifs salins administrés par les voies digestives déterminent, dit-on, un iDt du sérum du sang vers la dissolution saline, dont la densité serait supé- 3 i celle du véhicule fibrino-albuuiineux dans lequel nagent les globules. lis d'abord est-il bien certain que la solution une fois mêlée aux liquides de mac et de Tintestin conserve une densité plus grande que celle du sérum. A iser qu'il en soit ainsi, pourquoi quelques gouttes d'huile de croton liglium, |ues grammes d'huile de ricin et tous les autres purgatifs, quelle que soit leur té, produisent-ils le même résultat? Pourquoi le purgatif injecté directement les veines, un étranglement de l'intestin, le contact momentané de l'air avec rgaoe déterminent-ils le même eflel?

ce sérum passe vers la dissolution saline dans l'intestin , comment se fait-il n'y passe iH)int dans l'estomac, la trachée et les bronches, quand on injecte ces voies des solutions plus ou moins concentrées de sels alcalins, de prussiate otasse, eic- Par suite de quelles causes variées le contact d'un liquide plus ou

th DE l'absorption.

moins dense avec une membrane détermiue-t-il ici un flux séreux, tt ane sécrMot

acide, dans d'autres points une exhalation de mucus ?

D'ailleurs, s*il y a exosmose du sérum sanguin vers la dissolution saline de Putestin, pourquoi n'y a-t-il pas exosmose semblable entre le sérum dn sang eih bile de la vésicule , Turine de la vessie, le sperme des vésicules séminalesT Entn» si Ton ad net qu'une sécrétion se fasse par exosmose, pourquoi n'aUrîbueraitHM pas la même origine à toutes les autres ? Dira-t-on que la syno? le, la alife, b mucus, le suc gastrique, le lait, l'urine, ûltrent par exosmose dans le tisu im glandes? Il est vraiment regrettable de voir des physiciens habiles défendre im idées qui conduisent logiquement à des déductions absurdes, et il est plus dé|torable encore d'entendre des physiologistes prêter leur appui à d'âUssi conceptions.

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