‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 31 sur 152 · II · texte numérisé non relu

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n DE L'ABSUBPTIO.X.

mieux remplis que les preuiiei*s encore; enlîii lelroiic i^inphaUquedroil, le cumI thoracique, eu monCrciU lunjuurs une uuublc quaniilô. Les différences qui sem* bleut eiisler, sous ce rapport, entre les divers vaisseaux comparés entre eux, tiennent Si ce que les uns comprimés par les muscles , les plans aponévroUqoes , se dilatent peu, tandis (|uc d'autres plus libres peuvent se gorger davantage ; elles ré* sultent aussi, en partie, de l'inégale facilité avec laquelle ces vaisseaux se dégoigcnt dans le canal tlioracique ou dans ses principaux affluents; d'ailleurs les difcrM parties du système sont asses indépendantes les unes des autres pour que oertaîM d'entre elles poissent être très distendues |)endant que d'autres plus ou bmîbi rapprochées de celles-lli, restent presque affaissées ou se maintiennent li un degrt moyen de réplétion.

I.ecoura des fluides dans les \ aisseaux blancs passe |K)urôtre excessivenort lent. Les |>li}'8lologistes ont cru jusqu'ici que ces fluides n'existaient qu'en faibkl proportions , et qu'ils devaient se mouvoir avec lenteur. M. Magendio lui-uitai i-eproduit cette erreur. Quand on a comprimé, dit-il, les lymphatiques du cm H de manière à faire |)asser la lymphe qui les distend dans la veine sous-clavière, t fiant quelquefois plus d'une demi-heure avant qu'ils se remplissent de nouveis, et souvent ils restent \ides. » Or, Il est facile de s'assurer par diverses expérieiM d'une extrême sim|>licité que le cours du chyle et delà lymphe n'a |>as la lenlcv qu'on lui attribue. ^

Kn effet, si, api*ès avoir aiis à découvert un des vaisseaux lymphatiques qui kÊ- ' gent la trachée chez le bœuf et le cheval, on l'étreint, en un point de son étendaf. ■ par une ligature, il suiïna d'une minute cl môme d'une demi-minute pour queli , vaisseau préalablement \idé se gorge de lymphe i*t prenne le diamètre d'un gpn ^ tuyau de plume. D'autre |>ar(, si l'on établit des listules aux lymphatiques de Vtwi» lure, à ceux des ganglions préscapulaires, aux vaisseaux de la face interne de b , cuisse et si l'on fixe de petits tubes à ces vaisseaux, on voit aisément, |>ar les qaar tiiésde liquide qui s'échappent continuellement des tubes, que le cours de la lyu^èi u une certaine rapidité, lilnfin m l'on élnblii des fistules de ce genre, au clinal tksracique , à l'une de ses branches terminales ou au tronc lymphatique droîi, oov fera une idée plus juste encore de la vitesse profu-e au chyle et à la lymphe. hmIs ces divers points méritent d'être traités avec quelques développements.

Kn établissant des fistules aux vaisseaux lymphatiques cervicaux satellites de l'ar* 1ère carotide, il est facile, sur le cheval, d'étudier minutieuseuient les particularilà qui se rattachent à la progression de la lymphe dans les vaisseaux d'uu calibre diji considérable. Ces lym|)liatiques, dès qu'ils sont misk découvert par une petite iftcihion de 6 à 8 rentinn'^tres en avant de la veine jugulaire, peuvent élre incisés cl recevoir un tube de 2 à 3 millimètres de diamètre qu'on maintient dans leur intérieur 5 l'aide d'une ligature circulaire. UieniAt le vaisseau se gonfle un peu, le lahe se remplit, et la lymphe vient s'èchap))er en gouttelettes citrines et iiarfaitemeai traiKsparentes à nm extrémi lé libre. L'écoulement contniue ainsi |)endant pinsifurf jours et jusqu'au moment de la chuie du fteiit ap|)areil. Tne fois cehiicî détaché, la |KHite plaie se resserre et ne larde |>as i se cicatriser.

Par cette méthode lr(*s simple, que je crois employer \Mnn- la première fois, ou s*a^sure (|ue la progression de la lymphe est continue an lieu d'Otre iutermilteeltf t

D\ COUBd DL CUVLK ET DE LA LVMPUE. 99

luc lu |H*élciid 31. Magciidio, c( (|ue les îaisscaux blancs rciifunuGiit tuujoursdc la >hc, au lieu de i)*oii contenir « que dans des cas par lieu liers, » comme ravaace NTc l'habile expOrimenlaleur. O» s'assure aussi , par le même moyen, que la phe a toujours le mêoïc aspect, la môme teinte citrioe, la môme transparence, à près le môme degré de coagulabililé, la môme réaction alcaline et conséquemt on se convainc du peu de fondement des opinions des pbysiol(^stes sur la ibîlité de la teinte de la lymphe, sur la couleur rosée qu'elle acquerrait sous loence de l'abstinence, etc. Enûn, par ce procédé simple on peut apprécier les stités de liquide qui passent, en une période quelconque, dans un vaisseaa I calibre déterminé, et juger de l'influence que la compression , les mouveits et d'autres causes encore exercent sur la progression lymphatique, a quantité de lymphe qu'on recueille par les lymphatiques du cou Tarie suivant , de chaque côté, il y a un ou deux vaisseaux. Quand le vaisseau est simple, il ne en moyenne de 15 à 25 grammes de liquide en un quart d'heure, c*e8t-à- ! de 60 à 100 grammes par heure. Ce produit, qui parait minime, représente endant, pour une période de vingt-quatre heures et pour un seul vaisseau de l'ensre, un total de l,ftAO à 2,/!i00 grammes. Ce |)roduit est plus faible lorsque l'eu- ■re et la tôtc sont immobiles; il devient plus considérable, d'un quart, d'un s, et quelquefois du double pendant le repas, lors de l'agitation de la tôte, des :iioires et dans les moments où l'expérimentateur passe la main, à de fréquents rvalles, sur le trajet des vaisseaux ouverts.

i l'aide de ces premières données, qu'on pourrait généraliser dans de certaines Iles, on arriverait déjà à quelques aperçus intéressants sur la masse des fluides I charrient les vaisseaux blancs dont le diamètre est à peu près exactement déterlé; mais comme, en pareille matière, les généralisations ne peuvent conduire qu'à approximatbns vagues, il faut appliquer la méthode expérimentale à d'autres tiesdo système lym[ihatique, notamment aux deux troncs qui apportent dans les Ks la totalité du chyle et de la lymphe.

Flaodrin, après avoir lié sur plusieurs chevaux le canal iboracique, eut Tidée ovrir ce canal et d'y fixer un tube qui lui permit de recueillir la lymphe. Il la cette expérience sur un animal de cette espèce et obtint, en un temps qu'il idique ps, 3 onces de liquide ; mais le tube s'étant bientôt obstrué, il ne put irsoivre ses recherches. M. Magendie (1), en incisant le canal thoracique au I, a vu qu'il s'écoule, chez le chien vivaut au moment de la digestion, « d'abord moins ooe demi-once de liquide en cinq minutes et que l'écoulement continue, Is beaucoup plus lentement, tant que dure la formation du chyle. » Enfin, lard de Alartigny a obtenu par le môme procédé 9 grains de liquide sur un lapin avait jeâné pendant vingt-quatre heures, et 5 grains en sept mmutcs sur on re de ces rongeurs. Ces trois expérimentateurs étaient dans la bonne voie, mais un d'en n'a sa féconder une idée excellente, ni en tirer le parti qu'on pouvait tirer.

Pour entreprendre la série de recherches dont je vais donner le résumé, j'ai Bé de côté les victimes classiques des expérimentateurs et j'ai opéré sur les mm

I) Owo. dr., t. II, p. 183, s* éffit.

iOO DE l\\bsorption.

lipèdes et les {grands ruminauis qui devaient me donner les moyen:» d'étudier, dans tous ses détails, le cours du chyle et de la lymphe. Il devenait possible par ià de déterminer exactement la vitesse de la progression de ces fluides, d'apprécier laqoanlilé qui en est ap|)ortée dans les veines en un temps donné, de voir les variaUoii*^ que celle-ci éprouverait ()endant le repas, la digestion gastrique, la digestion intAtiuale» la rumination, Tabstinence plus ou moins prolongée, et dans les divcntci conditions où les animaux seraient placés. 11 devenait, de même, très facile de joger des changements éprouvés par les fluides, sous le rap|X)rt de la couleur, ii degré de coagulabilité, de la composition chimique et de fétat des globules. EoSât on pouvait non moins aisément reconnaître par ce moyen Tinfluencc qu'exerce h déperdition du chyle et de la lymphe sur la nutrition générale, l'état du saog, d de suivre les eiïets consécutifs à rétablissement de la fistule, au rétablissement di ruinai ou à son oblitération partielle.

Pour établir une fistule au canal tlioracique du cheval, on couche le solipédestf le côté droit et Ton porte fortement en arrière le membre antérieur gauclie qi doit être maintenu dans cette position. Puis on fait une incision longue de 151 20 centimètres sur le trajet du masioîdo-huméral, parallèlement à la jugulaire di 2 ou 3 centimètres en-dessus. L*incision étant prolongée jusque li*ès près de h ligue de la première côte, on coupe en travers le mastoïdo-huméral et le soustei' pulo-hyofdien, près de Tangle de Tépule, on lie les divisions de la cervicale iai^ rieure et la branche principale de cette artère, si elles se trouvent blessées. Eah . on divise transversalement ei avec précaution le muscle scalènc à son însertiH au bord antérieur de la première côte. Cela fait, on voit au-dessous du demi' j muscle une a|)onévrose mince, à la face interne de laquelle on peut quelquefois ape^j cevoir le canal tlioracique. Alors on incise l'aponévrose et on cherclie le caoïltf] bord inférieurde l'œsophage, au niveau de la première côte. Dès (|u*ou Ta tn ou fait passer au-dessous de lui, à Taide d'une aiguille courbe et émoussée, i ciré, puis on Tincise longitudinalemcnt, dans une étendue de 1 centimètre. FV| cette ouverture on engage un tube métallique long de 12 à 15 centimètres, largeèj 1 à 8 millimètres et ix>riant un rebord à chacune de ses extrémités, enûn on iie( canal sur ce tube en a>ant soin de bien serrer le nœud droit. Une fois le tube Cié,l place quelques pinceaux d*étoupes dans la plaie dont on réunit les bords par i suture, en ayant soin de laisser entre ceux-ci le tube qui a son extrémité libre dirifl eu bas, et on relève l'animal. Cette opération n'est pas toujours très facile. Le s4| que fournissent les petits vaisseaux que l'on est souvent dans rimpossibililc de M] la graisse, les ganglions qui entourent l'extrémité terminale du canal tlioraci(|^] le soustraient parfois assez longtemps à la vue de rex|)érimentaleur ; enûo, If t**] flux du sang qui a lieu dans son intérieur lui donne encore assez fréqueouBtf' Paspect d'une veine. D'ailleurs, lors même que le canal est trouvé et incisé, ^ peut encore éprouver quelques diflicultés à y adapter solidement le tube. >

Dès que le tube est fixé au canal tlioracique, la lymphe nuMée au chvic >'ci l échappe par rcxtrémité libre sous l'aspect d'un fluide rosé qui se coagule rapiii^' \ ment dans les vases où on le recueille. L'écoulement s'accélère à chaque expirities l et se ralentit à chaque inspiration ; il se montre plus ou moins abondant .suiwot ^*état de la digestion, la taille, la vigueur de l'animal et d'autres circonstances p*f^ •

m COURS Dr chyli! bt de i.a lymphe. 101

lil faul placer en première ligne la disposition plus on moins heureuse €le adapté à la fistule. Voici les résultats obtenus sur deux chevaux de taille dont le canal resta ouvert |)endant douze heures.

Expérience sur un c/teval de taille moyenne âgé de dix am.

Eut de l'animal

el

oLcervatioos.

Heures

de Vexpénenee.

ir.

ff

F.tAl de Vanioial

et

obwrvalioM.

L^animal est debout.

Uqnide rosé.

id. 1

jd.

L*aniniâl mange, id.

s. i jhenre.'

L^animal se remet à

manger.

Il mange.

id.

Il ne mange plus.

L*anim.est touj.deboiit On cesse de recneîtlir le produit de la fistule.!

id. ' 1

id. 19. .

id. ;heure. |

Il ne mange plus. ij ,

n boit de Teau farioeose.

L*aaimal parait rassasié et désaltéré. Il est calme et ne donne pas de marques de souffh'ances.

Le liquide est roM*.

10* heure. ^

ir heure. |

ir»

ir.

heure, i

Il '

DR l/ABSORfTH)?l«

Expérience sw^ un autre cheval de taille oïdimiis^.

ll«urM de

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