‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 66 sur 152 · I. Des càoses du coors du sang dans les artères · texte numérisé non relu

I. Des càoses du coors du sang dans les artères

Le sang se meut, dans les artères, du centre vers la périphérie, du oeiir fcnh parties, ou du tronc vers les branches : son mouvement y résulte de deux fiii| parfaitement distinctes. Tune propre au cœur, l'autre inhérente aux artèref 4( mêmes. La première, qui agit par intermittence, est développée par la ooatnot des ventricules ; la seconde, qui exerce une action continue, tient à rélailidt&i l'espèce de conlraclilité dont jouissent les tuniques artérielles. Considérons ei| ticuiier chacune de ces causes de la circulation dans les artères.

Avant que les ventricules du cœur entrent en contraction, les oriûces sont fermés. Le sang de l'artère, soumis à la pression des parois vascoliinii tendent à revenir sur elles-mêmes, a abaissé mécaniquement les trois valvrieii moides; la colonne sanguine qui faisait effort pour refluer vers le cceur, a les trois replis membraneux qui, en s'imbriquantou en s'appliquant l'un sorhl face à face vers leur partie libre, ont fermé l'orifice. A l'instant de la systole triculaire, le sang des grandes cavités cardiaques, comprimé brusquement et' une très grande force, surmonte la résistance opposée par les valvules qui l'orifice artériel, il les soulève, les écarte et les projette vers la surface inl( parois du tronc artériel , mais il ne les applique pas entièrement sur ces comme on le dit dans tous les ouvrages : par leur moitié inférieure ers membraneuses se rapprochent du fond des fosses ovalaires qui séparent le de leur bord adhérent de la circonférence du vaisseau, fosses extrêmement M cliez les solipèdes , les ruminants , et creusées dans la substance muscQlaire;^ ventricules. Cette force impulsive, que Ilarvey et Spallanzani regardaient k | près comme la seule cause de la progression du sang dans les artères, est, M ainsi dire, instantanée, tant la durée de la systole ventriculaire est courte. KUed être très énergique pour soulever les valvules abaissées sous l'effort de la cotai sanguine , et vaincre la tendance du sang b refluer dans le ventricule aoe 1 que l'orifice du vaisseau est devenu libre ; enfin pour chasser dans des canaoïi pleins, et qu'il faut conséquemment dilater, une certaine quantité de sang. Il tard nous chercherons à déterminer l'intensité de cette puissance.

La seconde force qui met en mouvement le sang dans les artères dérive de réb ticité et d'une sorte de contractilité propre aux tuniques de ces vaisseaux.

L'élasticité des artères réside dans leur tunique moyenne très épaisse, É mée par du tissu fibreux jaune semblable à celui du ligament cervical des grd mammifères, de la tunique abdominale, des ligaments des ongles des carnasM Celte tunique qui, à l'aorte primitive du cheval, a une épaisseur de 6 à 8 millioM et une épaisseur considérable dans toutes les autres artères, surtout dans odkiÉ membres à partir du milieu de l'avant-bras et de la jambe , est formée de fli circulaires dont les caractères physiques, la composition et les propriétés n'^^^H cune analogie avec celles du tissu musculaire. Ces fibres, plus ou ntoios raoew

BD COUBS bV SANT. DANS LIS ARTÈRES. 289

Dliennent peu d'eau, sont insolubles dans l'acide acétique, très solubles dans les ides minéraux, et leur solution n*esl précipitée ni par l'alcool ni par le cyanure de

et de potassium. Au contraire, les fibres du tissu musculaire sont solubles dans cidc acétique, très peu solubles dans les acides et leur dissolution est précipitée r le cyanure.

Par le fait de cette élasticité, les artères constamment distendues par le sang,

plus au moment où le cœur opère sa systole que dans les intervalles, ten* nt à revenir sur elles-mêmes d'une manière continue : elles exercent sur le sang e pression énergique qui contribue pour une part notable & sa progression. C'est Ite élasticité qui fait sortir, avec une certaine force, le sang compris dans un imeiit d'artère entre deux ligatures; c'est elle qui détermine l'écoulement du ag à travers les blessures artérielles une fois que les mouvements du cœur ont cessé; »t elle qui, après une interruption brusque du cours du sang dans l'aorte pri* hive comprimée, fait sortir encore une certaine quantité de ce fluide ; c'est elle Éo qui , après la mort , pousse dans les capillaires et les veines la plus grande Me du sang que contient le système vasculaire et réduit toutes les artères à un pictre beaucoupiuoindre qu'à Tétat normal. De même, c'est cette élasticité qui Mt le calibre des artères à mesure que, dans les maladies, les battements du pr perdent de leur énergie, et qui les rapetisse graduellement sur les animaux piron tue par des émissions sanguines plus ou moins rapides. ^'Li rétraction que les artères éprouvent par suite de leur élasticité est d'autant pi considérable que ces vaisseaux étaient plus dilatés par le sang : elle arrive bien* |lHes limites qu'elle ne dépasse plus ; alors le vaisseau s'il est d'un fort calibre, ItoiDe le tronc de l'artère pulmonaire, de l'aorte, dans ses régions thoraciquc ou {hbminale, est aplati d'un côté à l'autre, et il est rétréci circulairement s'il était h petit diamètre comme les artères des extrémités. L'aplatissement très proiKé dans l'aorte immédiatement après la mort qui soit une hémorrhagic abonttte, cesse une ibis que l'air peut s'introduii*e dans l'intérieur du vaisseau, et le celui-ci revient plus ou moins h sa forme cylindrique. ÏJà contractilité, très obscure dans les artères, y tient à une coucbc de fibres transrBsles placée entre ta membrane interne et la tunique de tissu élastique. Cette ■che, découverte par Henle, est formée par des fibres musculaires, différentes cHles du dartos et analogues aux fibres de l'intestin et à celles qui se voient dans corps caverneux du cheval. Le resserrement qu'elle peut produire est d'autant «appréciable et plus étendu que les artères ont un diamètre moins considérable. Ij contractilité des vaisseaux artériels a été tour à tour niée et admise, et sesefs, souvent confondus avec ceux de l'élasticité, en ont été rarement bien démêlés, chat, qui ne l'admettait point, avait reconnu : l"que les artères iriûtées extéttrementoQ à leur face interne, h l'aide d'un instrument tranchant, n'éprouvaient iCBo resserrement ; 2"* que ces vaisseaux remplis en quelques points de fluides ir- Eaatin'oflfraient aucun mouvement appréciable; 3" qu'enfin ils ne donnaient, ni Hdant la vie ni immédiatement après la mort, le moindre signe de contraction irilalre, mt lorsqu'on les dissèque couche par couche, soit lorsqu'on les soumet l'aaioii d'un courant galvanique. D'autres aflirmeut que le galvanisme, l'ac- I des acides déterminent un resserrement manifeste, et qu'une portion d'art<*re u. 19

200 DB Là CmCULàTlON.

pleine de sang ei comprise entre deux ligaturai se vide plus ?ite et pim i meut pendant la vie que sur le cadavre. Mais ces derniers argameols ont pei è valeur : les courants électriques sont restés sans effet pour beaucoup d'expérimeatateurs; les acides déterminent sur les parois artérielles un racoro»aeiiieot,ni sorte de crispation qui a pu être prise pour une véritable contraction ; enfin» à m l'animal vivant la portion remplie de sang se vide mieux que sur le cadavre, €*al que dans le premier cas Tartère est dilatée, pleine de sang fluide» el reviemar elle-même, en vertu de son élasticité, tandis que dans le second cette artère» fi ne renferme pins qu'un peu de sang souvent coagulé, s'est déjà affainéeeiniserrée, autant que le permettait le jeu de son ressort élastique. Les observaiMi de Parry ne sont guère concluantes. La rétraction progressive» ou le décreiai" ment graduel du diamètre de la carotide d'un bélier pendant que l'aBiari perd son sang et qu'il meurt d*hémorrhagie, est principalement le rétolialli retour élastique de l'artère sur elle-même, à mesure qu'elle perd son conlMi Les aliernatives de dilatation et de rétraction qu'elle offre parfois avant la m^ tiennent aux variations d'énergie des battements du cœur» et aussi à leur i sion momentanée assez fréquente, d'après mes observations, aux approches dtl mort. £uûn la légère expansion qu'elles éprouvent sur le cadavre au bout de ( ou vingt-quatre heures, relativement à ce qu'elles étaient au moment de la i peut être attribuée, si tant est qu'elle soit réelle, au développement des gui la pénétration de l'air dans les vaisseaux pendant les manœuvres des dissectioMj pénétration qui a pour effet de rendre aux artères affaissées par la pression aiaMM phérique uu diamètre tel que leur élasticité ne soit plus violentée. D'ailleors H différences porUnt sur des fractions très minimes de millimètres ne suffisent pM prouver très nettement une contraction spéciale, d'autant qu'elles peuvent régàÊt du mode de mensuration et de la traction plus ou moins forte exercée sur le vâH seau pris |K)ur terme de comparaison. !

Néanmoins la conlractiiiié tonique des artères ne saurait être niée. Si elleM peu marquée et non susceptible d'être n)isc en évidence dans les grosses artMy| elle devient manifeste sur les petites. W'eber a constaté que des artérioles tM\ septième à un dix-sepiième de ligne de diamètre perdent le tiers de ce diaiiM sous rinfluence d'une in italion galvanique. Schwann a vu qu'en faisant toflkS! quelques gouttes d'eau froide sur le mésentère du crapaud placé sous le uiiLimci#l les petites artères devenaient deux ou trois fois plus petites qu'elles ne l'étiidl auparavant; au bout d*un certain temps, elles revenaient peu à peu k leur ciH0 primitif, puis se resserraient de nouveau sous l'influence d'une nouvelle aspersi^ Il y a loin, comme on le voit , entre la contraction de ces artères ténues et la f^^ tendue rétraction observée sur des troncs volumineux.

Ainsi les artères possèdent une contraclililé spéciale , très faible, qui a'eft |fl manifeste dans les plus volumineuses, mais qui devient sensible dans ceUo'* petit calibre. Peut-être est-elle mise en jeu, comme le pense MQIler» soos ris* flucncc de l'eau froide, qui arrête les hémorrhagies. Peut-être aussi preni* part au retrait que les artères éprouvent au moment de la morL J'ajoute qatpn* bablement elle contribue au resserrement, bientôt suivi d'une oblitération» dan ^ canal artériel et les artères ombilicales, sur les animaux nouvean-nés.

Page 1