‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 67 sur 152 · DU COURS DU SANG DANS LIS ARTÈRBS · texte numérisé non relu

DU COURS DU SANG DANS LIS ARTÈRBS

Les deux forces motrices du sang dans les artères, savoir, la force à action inier* milteote développée par les contractions du cœur; puis la force continue résultant et de l'élasticité et de la contractiiiié des artères, impriment à ce fluide un mouve* ment non interrompu pendant la systole et la diastole du cœur. « Dans le premier temps» ainsi que le dit M. Bérard (1), le sang marche dans les artères, poussé par le cœur, qui resserre ses ventricules : c'est le moment du pouls, c'est le moment là le sang s'échappe par saccades d'une artère ouverte. Dans le second temps, les trois valvules des oriGces artériels sont ramenées vers l'axe du vaisseau ; c'est le Bomeot où l'écoulement cesse d'être saccadé ; c'est l'intervalle d'une pulsation à one autre; le sang marche poussé par la réaction élastique du vaisseau. »

L'intensité de ces deux forces réunies peut être, dans de certaines limites, évakée par le degré de la pression que le sang éprouve dans les différents points du qstème artériel. Cette pression elle-même se mesure par la hauteur i laquelle elle frit élever le sang dans un tube adapté à une artère , ou bien par la hauteur de la tofonne de mercure à laquelle elle fait équilibre, dans un tube recourbé fixé à une prière par l'une de ses extrémités.

Le premier procédé, dont le second n'est qu'une variante moderne, a été ima-

Cpar Haies (2), et employé avec succès par cet ingénieux expérimentateur, s ayant mis à découvert l'artère crurale d'une jument couchée sur le dos, •ivrit ce vaisseau i quelques centimètres au-dessous du pli de Faine, y introduisit Ity fixa un tuyau de cuivre recourbé, auquel était ajusté un tube de verre de I nètresde longueur. Aussitôt après, le sang s'éleva dans ce tube, maintenu vertifilemeut. jusqu'à la hauteur de 8 pieds 3 pouces, puis y éprouva des oscillations ^ élevaient et abaissaient alternativement son niveau de quelques pouces. Sur un cheval hongre plus vigoureux que la jument, le sang s'éleva dans le tube, fixé de Mme à l'artère crurale, jusqu'à une hauteur verticale de 9 pieds 8 pouces. Il s'éleva jusqu'à la hauteur de 9 pieds 6 pouces dans ce même tube adapté à la carotide d'une seconde jument. La hauteur de la colonne sanguine fut de 6 pieds { pouces pour la carotide d'un mouton , de k pieds 2 pouces pour l'artère crurale fon daim, et de 6 pieds 8 pouces à la crurale et à la carotide de deux chiens. Or n comparant la densité du sang à celle du mercure, on trouve que la plus élevée (9 pieds 8 pouces) répond à une colonne de mercure ayant le diamètre de la pre- ■îère et une hauteur treize fois et demie moins considérable. iM. Poiseuille, en te servant d'un tube recourbé en partie rempli de mercure, a vu que, par la près- ■M du sang artériel chez le cheval, In colonne de métal s'élevait à une hauteur de i&O à 182 millimètres: elle arrivait à celle de l(il millimètres chez le chien.

La pression éprouvée par le sang dans les artères n'est dune point la même, à beaucoup près» dans tous les animaux. Elle varie aussi , comme Haies en avait fait h remarque sur le même animal , suivant son degré de vigueur, suivant sun étal de repos ou d'activité, et la pléthore plus ou moins grande du système vasculaîre. Cet habile pbyaîcieB, dont les travaux sont trop peu connus, avait déjà cherché à apprécier ces variations en ce qui concerne l'état de la respiration et le d^é de réplé-

(1) Court d9 jihy$iologiê, t, 111, p. 728.

(3) Bmm*iiëii9ue ou 9Uitè9U€ d$s animaux, Irad. par de Sauvages. Paris, i780, p. 10.

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tioii deB ^-anseaox. Pour déterminer les diiïéreiices dans la pression qnc le t arières éprouve, il mesurait d*abord la hauteur Ik laquelle parvenait ce flnî un lobe vertical adapté à une artère, puis il faisait une saignée dont le pnid mesuré, et, après l'évacuation d'une première quantité de sang, il prenait < veau la hauteur du sang, faisait une nouvelle saignée et ainsi snccessifenM qu'an moment de la mort. En opérant de celte manière, il voyait qu'après émission sanguine la colonne de sang baissait dans le tube, de telle sorte qi colonne, dans les derniers instants, n'avait plus que 2 pieds et quelques de hauteur. Yoici , au reste, dans le tableau suivant, le résultat d'uue ex; faite sur une jument âgée de quatorze ans et de force moyenne.

FiG. 78.

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J*ai fait aussi sur des chevaux des expériences analogues à c Haies. Le lube de verre (fig. 78), long de 2 mètres i /2, était Oxé le tube d*un baromètre sur une règle graduée ; il s*adaptait infé ment au moyen d'un anneau de caoutchouc à un ajutage de ( robinet, fixé lui-même à l'artère carotide, dont le bout supérieur pour prévenir l'écoulement du sang provenant des anastonaose rienres. La hauteur du sang fut prise d'abord avant que l'animal eCl aucune partie de ce fluide, puis elle le fut successivement de deux < minutes après une évacuation de 2 kilogrammes de sang, pour c des mensurations. Le premier cheval , âgé de quatorze ans, du ( ftOO kilogrammes et de vigueur moyenne, donna au début de l'exp une colonne haute de 2'",2, puis, après avoir perdu 22,000 gi de sang en douze saignées successives, la colonne sanguine ne s'éleva pi Uk centimètres, après quoi l'animal mourut à la suiie d'une nouvelle émitti guine de 1 000 gramnies. Le secoml cheval, du |)oids de 686 kilograro»

DU COUBS OU SANG DANS LES ARTÈnSS. 29S

lêinc âge que le précéiicnt, ne donna qu'une colonne de la hauteur de i"»,9i, cl aGu une dernière de ki centimètres dans les derniers moments, api es une perte de 9 000 grammes de sang en dix-sept émissions successives. Toutes les hauteurs Dt été prises Tanimal étant calme , car au moment des efforts et des Tiolentes xpîrations, la colonne montait à 20, 30, 40 centimètres aa-dessos do niveau [D'elle avait sous l'influence du calme. Ces variations ne sont point indiquées dans e tableau suivant, pour éviter des complications.

V CBBVIL. 14 ANS. 400 mOG. |

2* CBCTAU 13 AW. 486 1114».

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