I. Dis caractères du cours du sang dans les veines
Le sang qui, dans les artères, se meut du centre vers la circonférence, du cœur nies capillaires, progresse au contraire dans les veines, de la circonférence aa Mre, des capillaires vers le cœur. Césalpin (1) le premier reconnut ce fait en ■sidérant que les veines superficielles, comprimées par le doij;t ou par une Hgare, se gonflent au-dessous de l'obstacle, c'est-à-dire entre lui et les parties d*où sang est ramené. Plus tard, Harvcy le démontra par la disposition des valvules m le bord libre est tourné vers le cœur, valvules qui s'appliquent contre les rois des vaisseaux quand le sang marche vers cet organe, et qui au contraire se •dent en travers |)our lui barrer le passage dès que ce fluide tend à rétrograder I centre vers la circonférence. Knfin, il suffit de couper en travers la jugulaire m animal vivant pour voir que le segment supérieur verse du sang , tandis que ilérieur n'en laisse pas écouler, preuve évidente que le fluide qui marche dans lie veine va de la tète vers le cœur et non du cœur vers cette dernière. Les cas ns lesquels le sang des veines semble progresser du centre vers la périphérie tmi appréciés plus tard.
La vitesse avec laquelle le sang se meut dans les veines est beaucoup moins Inde que celle du mouvement de ce fluide dans le système artériel. La diff'érence Ire ces diux vitesses tient à la diflérence môme qui existe entre la capacité des iaes et celle des artères. Il est facile de voir, d'après l'examen le plus superfiil du système vascnlaire, que presque partout les veines sont plus nombreuses e les artères, et que, dans toutes les parties, les premières ont un diamètre bien Périeurà celui des secondes. Ainsi, chez les solipèdes, aux membres antérieurs, Ire les veines satellites des artères, il y a sur le trajet de l'avant-bras une sonstsnée antérieure et une interne ; aux membres postérieurs, une veine superficie à la face interne du jarret, de la jambe et de la cuisse ; au tronc, une sousitame thoracique, une azygos. Dans les parties où une seule veine correspond à ^ artère, comme la glosso-faciale pour l'artère du même nom, la jugulaire des Apèdes pour la carotide , les divisions des veines pulmonaires pour celles de l'ar- ^ homologne, les branches intestinales de la veine porte pour celles de la grande
(1) {fuœslkmum peripat.^ lib. V, Veiii«e, 1595.
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et de la petite mésentérique, les veines surpassent toujours les artères sot» le n^ port du volume. La différence , telle qu'on peut l'obtenir en comparant ces te ordres de vaisseaux très dilatés par le sang sur les animaux vivants ou sur lesaèvres par les injections, a été évaluée par plusieurs physiologistes. Borelii a pétendu que les veines, dans leur ensemble, avaient quatre fois la capacité do artén^ ei Haller qu'elles avaient seulement un peu moins du double du volamedeai dernières. L'aire de la jugulaire du cheval, vers le milieu du cou, est quatre foiscefe de la carotide au même niveau ; cette aire, dans le dromadaire, est encore tionnellement plus considérable , car elle est de 46 centimètres carrés. Mais 1> rapports changent très notablement suivant les r^ons de l'économie et que les veines sont plus ou moins rapprochées de leur abouchement aux du cœur. L'aire des veines dépasse d'autant plus celle des artères que les sont plus rapprochées des systèmes capillaires ; elle diminue à mesure que vaisseaux se rapprochent du cœur, car toujours le tronc veineux qui dérive èl fosion de plusieurs branches a une lumière plus petite que la somme à lumière de ces branches. Enfin, une fois que les deux veines caves sont tuées, l'aire de ces vaisseaux dépasse fort peu celle des deux troncs aortiqœi respondants.
Il résulte de ces dispositions anatomiques : 1* que le cours du sang dût plus lent dans les veines que dans les artères; 2^ que ce cours doit être de en moins lent à mesure que le sang se rapproche de l'organe central de la lation. Or, en admettant que la capacité des veines soit généralement ï pei double de celle des artères, il est évident que la vitesse du sang dans le veineux sera moitié moindre que celle du sang artériel. Ces deux vitesses devM' dront peu différentes Tune de l'autre dans les gros troncs, car il faut de \f0 nécessité, comme nous le démontrerons plus tard , que dans un tem|)s donné Ip veines pulmonaires apportent à l'oreillette gauche autant de sang que l'artère ft monaire en emporte du ventricule droit. 11 faut de même que les veines oH versent dans le cœur autant de sang qu'en reçoivent l'aorte antérieure et la poil rieure.
La détermination exacte de la vitesse du sang dans les différents points du ^ tème veineux , et l'appréciation rigoureuse du rapport qui existe entre cBi celle du sang artériel , ne peuvent être établies expérimentalement. Les quaHi de sang obtenues par des sections de veines et d'artères qui se correspondent l'i prennent absolument rien à cet égard, puisque l'abondance de l'écoulement fl . guin dépend de la pression éprouvée par les fluides dans leurs vaisseaux respect pression infiniment plus forte dans les artères que dans les veines.
La progression du sang dans les veines est régulière , continue , sans iotcffi tences sensibles, à moins de circonstances exceptionnelles. Les veines mises à déo vert sur l'animal vivant, la jugulaire, les mésaraîques, par exemple, n'épn vent pas de dilatation et de rétrécissement alternatifs , elles ne donnent an A qui est appliqué à leur surface aucune marque de pulsation ; leurs couriNi ' leurs sinuosités diverses conservent constamment le même aspect et ne mootr rien d'analogue aux mouvements des flexuosités artérielles. Jl n'y a de diastok de systole qu'au sinus de la veine cave antérieure dont les parois sont muscuhi
DU COURS DO SAMO DANS LIS VKINBS. M.i
Boo insertîoQ, et tout près de rabouchement de la veine cave postérieore, ne je Tai va sur les chevaux vivants dont la |)oitriue était ouverte. Ces veines ^ bissent échapper le sang en nappe ou sous forme de jet continu, non dé et assez faible. £n adaptant un tube de verre au segment supérieur de la aire coupée en travers, on s'assure que les quantités de sang qui s'écoulent ; vaisseau dans des temps successifs égaux, sont à peu près égales entre elles, ru que la tête et l'encolure conservent une immobilité complète, ut à remarquer que la marche du sang dans les veines est loin d'oiïrir, pour eiystème, cette uniformité caractéristique de la circulation artérielle. I^ mou- !0t du sang veineux, moins immédiatement dépendant de l'impulsion du cœur Délai du sang artériel , peut être accéléré dans une veine et ralenti dans une i très voisine, isolée de la première ou en communication avec elle par des tomoses. Ainsi, la circulation peut être gênée dans les veines superficielles membre et parfaitement libre dans les profondes: alors les unes, gonflées et aes, laissent se dessiner leurs réseaux sous-cutanés, tandis que les autres, sateldes artères, conservent leur volume normal. De même le cours du sang peut nleoti et gêné dans les veines de la tête, ou dans celles de l'intestin, de l'estomac s autres viscères digestifs quand l'abdomen est ouvert sans que le reste du sysparticipe à cet état Enfin, le mouvement de ce fluide peut être difficile dans xrtaine partie du trajet d'une veine tout en conservant une certaine liberté autres points. Ces variétés dans la tension, le degré de plénitude des veines, pidité du noouvement des fluides qu'elles charrient tiennent à l'action d'une de causes, et surtout à celle des résistances diverses que les forces motrices Bg veineux ont à vaincre.