‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 8 sur 152 · I. De l'absorption cotanêb · texte numérisé non relu

I. De l'absorption cotanêb

U pean, destinée à envelopper l'animal et à le protéger contre l'action des élémesis avec lesqneb il est en contact , a été organisée de manière à ne pouvoir absorber qu'à on très faible degré. L'épiderme qui la recouvre cbes tons , le BiQcos, les écailles, les coquilles , les productions qui la revêtent chet uik tmXÛBL

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nombre d*ciitre eux, deviennent des obstacles plus ou moins insurmontables à Tacconi plissement d'une funclion si active à la surface des membranes muqueuses. Il faut rechercher ici comment celte enveloppe peut absorber, déterminer les conditions diverses et les limites de cette absorption.

Ia's animaux inférieurs qui vivent dans Teau ont un tégument extérieur très perméable, dont l'organisation diffère très peu de celle des membranes muqueuses : aussi absorbent-ils activement par Textérieur comme par Tintérieur. L'hydre, accidentellement retournée, digère par la peau devenue membrane moqueuse, et elle continue à absorber par sa membrane interne transformée en enveloppe cutanée. Les mollusques nus, d'après Spallanzani, et les batraciens, d'après les expériences d'Kdwards, absorbent beaucoup d'eau quand ils sont replongés dans ce liquide, après a\oir séjourné longtemps dans un milieu sec. Les mêmes animaux absorbent facilement par leur pean, fme et enduite de mucus, les sels et les substances vénéneuses avec lesquelles on les met en contact.

Les animaux des classes supérieures ont un tégument qui n'est point favorablement disi)osé pour absorber. La plupart des reptiles sont recouverts d'écaillés plot ou moins épaisses réunies en une enveloppe partout continue avec elle-même; les oiseaux ont des plumes , les mammifères des poils très rapprochés, et il y a, dans les intervalles de ces productions, un épidcrme formé de plusieurs couches de cellules. Cet épiderme est fort épais chez les mammifères aquatiques, tels que les phoques et les cétacés ; il Test également beaucoup chez les mammifères h pem nue des climats chauds, comme le tapir, le rhinocéros, l'éléphant, l'hippopotame; de plus il est enduit, dans ces derniers, d'une matière sébacée, onctueuse, qui augmente son imperméabilité.

Parmi nos espèces domestiques, les oiseaux de basse-cour sont incontestablement ceux dont la peau réunit les conditions les plus favorables à l'absorption; viennent ensuite le mouton , qui a le tégument si souple et si fin ; le chat, le lapin, le chien, qui l'a si vasculaire, puis le porc, les grands ruminants et les soltpèdes. Chez tous la peau de l'encolure, du dos, des reins, de la croupe et des régions inférieures des membres, est plus dense, moins vasculaire et recouverte d'un épiderme moins perméable que celle des lèvres, du pourtour des naseaux , des yeoz, du périnée et de la face interne de l'avant-bras et de la cuisse.

L'absorption cutanée, abstraction faite des espèces d'animaux et des régions do corps, jouit d'une activité variable suivant diverses circonstances : l*" elle est très faible et très lente lorsque l'épiderme est intact; 2* elle devient plus active lorsque les couches superficielles de l'éiMderme sont entamées et enlevées; '6^ elle le devient davantage encore quand le revêtement épidermique, complètement détaché, laisse la surface du derme à nu ; û"* enfin elle s'y opère à un haut degré lor8(|ue ce tégumenl est gercé, crevassé, c'est-à-dire lorsque son tissu est transformé en plaie ou en surface accidentelle. Il importe de tenir compte de ces conditions diverses pour apprécier, à leur juste valeur, les faits qui démontrent la faculté absorbante de la peau, et qui permettent d'en déterminer les limites.

La peau intacte peut absorber de l'eau lorsque le corps est plongé dans ce liquide. Le fait est parfaitement établi pour plusieurs invertébrés, pour les batraciens, par exemple. Il esldioinsbien prouvé pour rbomme, dont le tégument ne possède pis

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te grande perméabilité ; mais il ne Test nullement pour les grands animaux, tels qne \ mammifères, par exemple. On ignore complètement si le phoque el les cétacés, li Tirent constamment dans Teau, si Thippopotame, qui y demeure le plus souvent Migé, si le porc, le sanglier, qui aiment tant à se vautrer dans la fange, absorbent i ce liquide. On n*a jamais cherché à savoir si le mouton qui passe une heure iDS un bain , si le cheval, qu'on a conduit à la rivière, ont augmenté de poids. Très obablement on arriverait à constater une légère absorption cutanée, s'il était «ible de donner aux recherches de ce genre une précision dont elles ne sont 1ère susceptibles, car il faudrait pouvoir tenir compte de la transpiration pulmolire et counée, des excrétions diverses et de l'eau qui adhère aux poils et à la rface de la peau.

La peau des oiseaux qui sont appelés à vivre dans l'eau n'al>sorbe pas au delà de rtaines limites, même assez restreintes. Si dans les expériences de Spallanzani et lies de W. Edvirards les mollusques, les grenouilles, les couleuvres même absorlient beaucoup lorsqu'on les plongeait dans l'eau ou dans un milieu très humide, ictif ité considérable de l'absorption tenait en partie à l'étatde la peau, plus ou moins rîspée et desséchée par suite du contact prolongé de l'atmosphère, et aux déper* liions de floides éprouvées dans l'air par ces animaux. Il est facile de voir que iez les espèces aquatiques la peau est protégée contre l'action immédiate de l'eau. etce membrane est enduite d'un mucus épais chez les batraciens ; elle est recou- Hie chez les phoques, chez l'hippopotame, d'une matière onctueuse qui empêche ^erme de se gonfler, de blanchir et de se détacher. Enfin on sait que le plulage des oiseaux soustrait la peau au contact du liquide.

Le tégument absorbe les gaz aussi facilement que les liquides. Chaussicr et Tautres expérimentateurs ont fait mourir des animaux plongés dans de l'hydroèae sulfuré pendant que la tête, libre au dehors des appareils, permettait à ces oimaux de respirer un air pur. Les réactifs mirent en évidence le gaz toxique dans is tissus sous-jacents à la peau des sujets ainsi empoisonnés.

La peau absorbe encore divers liquides, tels que les huiles essentielles, les sublances en dissolution ou susceptibles de se dissoudre par le produit de la transpiition cutanée. Il faut en donner les preuves.

MQIIer ayant maintenu les pattes de derrière d'une grenouille dans une solution e prussiate de potasse trouva, an bout de deux heures, que la lymphe sous-cutanée evenait bleue par Faction des sels de fer.

J'appliquai sur toute l'étendue de la peau d'une grenouille, préalablement fixée ir une planchette, une dissolution aqueuse de 1 décigramme de sulfate de (rychnine. Un quart d'heure s'était à peine écoulé depuis le moment de l'applicano de la substance vénéneuse, que l'animal éprouvait des secousses tétaniques, la bout de vingt minutes l'animal était mort Cependant il y eut encore pendant m quart d'heure quelques légers mouvements du diaphragme maxillaire qui n'avait las été touché par le poison.

J'étendis, en une seule fois et en moins d'une minute, la même quantité de sulale de strychnine sur la peau d'un énorme crapaud. Les convulsions et la roideur éuoique commencèrent à se montrer au bout de quatre minutes, et dix minutes pins tard le batracien ne donnait plus aucim signe de vie.

3t> PK l'absorption.

La même quantité de sel vénéneux en dissolution fut déposée sur la peau d'une salamandre aquatique, et à trois reprises différentes de huit en huit minutes. Les premiers signes de tétanos se manifestèrent à la sixième minute de Texpérience, mais l'animal ne mourut qu'après trois heures.

J'étendis sur la peau d'un gros lézard vert, et à plusieurs reprises, une dissolu* tion aqueuse de 23 centigrammes de sulfate de strychnine. Au bout d'une heurt et demie le reptile était paralysé. Ses membres, étendus et appliqués sur les c6l6s du corps, n'éprouvaient que de faibles secousses convulsives, soit spontanément, soit sous l'influence d'une exciution extérieure. La respiration était suspendue et h queue complètement privée de mouvement. Cet état se prolongea pendant quiue heures et l'animal mourut.

J'appliquai de la môme manière et à plusieurs reprises, pendant trois heures, une dissolution de 1 gramme de sulfate de strychnine sur la peau d'une énorme couleuvre à collier convenablement fixée. Six heures après le commencement de l'expérience le reptile, jusqu'alors très agité, se roula en plusieurs sens sur loimême et devint immobile ; la peau était plissée et les côtes rapprochées. La respiration était très ralentie. L'animal, bien qu'on i'irritftt, ne faisait aucun mouvement et conservait la position que l'on donnait à son corps sans souplesse. 11 conserva cet état pendant trois jours et mourut.

Ainsi l'épiderme épais et écailleux des lézards et des serpents n'est point on obstacle invincible à l'absorption.

Je versai ï plusieurs reprises sous les ailes et sous le ventre d'un pigeon» doM les plumes étaient intactes, une dissolution de 1 gramme de sulfate de strychnlMi L'oiseau commença à éprouver des symptômes d'empoisonnement trois heures après la première application de la substance.

J'étendis en dix fois sous le ventre et la poitrine d'un chat, dont les pattes étaient liées sur une planchette, une dissolution de 2 grammes et demi de valérianate de strychnine. Les lotions durèrent quatre heures. Il n'éprouva de symptômes d'empoisonnement qu'après dix heures, et il mourut seize heures après le commence* ment de l'expérience.

Je versai lentement sur la région dorso-lombaire d'un cheval , pendant ciai heures , une dissolution de dO grammes de cyanure de fer et de potassium » ei ayant soin de ne pas laisser dessécher la surface sur laquelle le liquide était versé. Au bout de quatre heures et demie, l'urine rendue par l'animal contenait dti traces du sel, et quelques heures plus tard les traces étaient encore plus sensibles. L'épiderme n'avait été nullement entamé, car on ne fit jamais de frictions en arrosant la surface avec la dissolution saline.

Je versai sur la région dorso-lombaire d'un cheval, pendant dix minutei. 100 grammes d'essence de térébenthine. L'animal ne tarda pas à éprouver l'irritation vive que produit ce liquide sur la peau des soli|)èdes, et au bout de deux heures son urine dégageait l'odeur de violette, qui caractérise l'absorption et l'élimination de l'essence.

J'appliquai lentement, ï l'aide d'un pinceau fin, 3 grammes d'huile de crotontiglium i la face interne de la cuisse d'un cheval. Douze heures après, un engorgement considérable s'était développé en dedans des deux cuisses et au périnée ; mais il

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avait pis 0Q de purgitioD. Ggrammesde la même builo,délayé8dansl5 grammes koolt et appliqués de la même manière, produisirent une très légère purgaiion. ainsi la peau si épaisse et si dense du dievai absorbe, même dans les points où ! a le plus d'épaisseur, el sans que Tépiderme soit intéressé. Elle devra absorber locoap mieux encore dans les points el chez les animaux où elle est mince, surit quand son revêtement épidermique aura été intéressé, soit par Teffet des fricis, soit par l'action des substances mises en contact avec elle. C'est en effet ce arrive en maintes circonstances.

Lebkuechner (1) frictionna un lapin à plusieurs reprises sous l'abdomen avec une ulion de prussiate de potasse. 11 ne tarda pas à retrouver dans le sang des artères les veioes, et surtout dans l'urine, le sel absorbé.

1 fil de même des frictions sous le ventre d'un de ces rongeurs avec une dissoon d*acétate de plomb. En moins de vingt «quatre heures, l'animal eut des con* lioDs el mourut. £n faisant agir l'hydrogène sulfuré sur le tissu cellulaire sousané, on y démontra la présence du plomb.

Dans d'autres expériences, il put constater l'absorption du chlorure de barium, l'ammoniure de cuivre, du camphre, de l'essence de térébenthine, mais sou- Dtt eo se servant de substances irritantes et de frictions énergiques, il détermina laîoemeot une pénétration physique.

Les effets de plusieurs médicaments viennent démontrer la réalité de l'absorption anée. Tous les praticiens savent que les préparations mercurielles employées en itioos sur la peau déterminent, à la longue , une salivation plus ou moins abouite, une action spéciale sur les mamelles , et chez les ruminants des trembleaïs, une sorte d'infection mercurielle, qui peut aller, chez le mouton et la chèvre, qu'à l'empoisonnement. L'iode et ses composés s'absorbent également; l'huile crotoo tigiium en frictions purge le chien; la pommade stibiée peut quelquefois faire vomir ; l'essence de térébenthine, employée de la même manière, va agir r les reins; l'huile essentielle de la moutarde passe aussi probablement dans le ig, el va stimuler les organes génîto-urinaires.

La peau , une fois privée de son épiderme par les préparations vésicantes ou par ■très causeSt peut absorber avec une très grande activité, comme le prouvent accidents qui résultent de hi résorption de la cantbaridine. Enfin, lorsque cette inbrane est excoriée, dénudée en plusieurs points, lorsqu'elle oITre des dartres, gerçures, des crevasses, elle acquiert à un haut degré la faculté de saisir les subites solubles que l'on met en contact avec elle, comme le sublimé, l'acide arséu, etc. Aussi but-il alors n'user de ces agents toxiques qu'avec une extrême erre.

Uosi ia peau absorbe, mais à un faible degré et avec lenteur, lorsque son tissu iotacC et que son enveloppe épidermique n'est pas détruite. Cette membrane K rester impunément en rapport, pendant longtemps, avec les substances vénéises, qui n'ont pas d'action chimique sur elle. L'acide arsénieux des bains dans loêls on tient plongé les moutons pendant des heures entières ne détermine lais de phénomènes d'empoisonnement. La dissolution alcoolique de noix voque à forte dosep le sulfate de strychnine, dissous dans l'alcool et appliqué sur

(1) ArMim gMnim éê ffiMoMe, Paris, 1825, t. VIL

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la peaa du cheval , ne déterminent point de convulsions, bien que des quantités fort minimes de ces substances suffisent, étant absorbées, pour produire des eflets sensibles. L'acide cyanhydrique lui-même, versé sur ce tégument, ne produit pai d'action appréciable. Cette faculté absorbante, que possède l'enveloppe cutanée, eK mise à profit par le médecin dans ce qu'il appelle les méthodes iatraleptique et mr dermique, méthodes qui mériteraient d'être étudiées sérieusement chez les animainL

IL D£ L'aBSOBPTION par la muqueuse DIGESTIVE.

I^ membrane muqueuse des voies digestives n'a pas plus d'uniformité de foM- i Uons que d'identité de structure dans les diverses parties de l'appareil qu'elle ta* pisse. Concourant à la formation de réservoirs à l'intérieur desquels s'opèrent an i actes fort variés, elle se met partout en harmonie d'organisation avec le rôle qu'elle i est appelée à remplir : dans certains points elle reste un simple tégument , dav d'autres elle devient plus spécialement un organe de sécrétion , dans d'autres cet core un organe d'absorption. A la bouche elle est dense et épaisse, recouverte d'ut épithélium pavimenteux ; le pigment de la peau s'y trouve souvent conservé, et kl papilles s'y montrent parfois avec un énorme développement. Au pharynx, à l'ceat» phage, elle possède encore des caractères analogues à ceux qui lui appartiennent I l'entrée du tube digestif; les fluides qui l'humectent proviennent aussi des glaidules qui doublent sa face adhérente. Là elle n'est organisée ni pour la sécrétioii, , ni pour l'absorption. La texture qui la rendrait apte à exécuter ces deux actions m '• lui laisserait pas la solidité qu'elle doit avoir pour résister à l'influence physique dM aliments non modifiés avec lesquels elle se trouve momentanément en contact.

Dans l'estomac, les choses changent d'aspect. Les aliments qui n'ont enoon éprouvé que quelques changements mécaniques vont s'arrêter dans un réservsir plus ou moins spacieux , et y subir une élaboration essentielle. La muqueuse gv* trique va se modifier profondément, ou plutôt se transformer en une vaste glttdt membraneuse ; en même temps elle acquerra la propriété d'absorber, car les detf ^^ facultés de sécréter et d'absorber dérivent de diverses particularités de texture qi ^ ne sont point incompatibles les unes avec les autres. Cependant la muiiueose plr ^ trique ne présente pas toujours une organisation uniforme. Lorsque l'estoniiciik ^ divisé en plusieurs compartiments, les premiers ne forment que des poclie»dtfi ^ lesquelles les aliments se tiennent en dépôt, en attendant leur tour de chymificatklii ^ Aussi la muqueuse de ces réservoirs conserve- t*elle l'épaisseur, la résistance, l'es- ^ veloppe épithéliale qu'elle avait à l'entrée de l'appareil digestif; c'est ce qa'on lA ^ chez les ruminants, les tardigrades et quelques autres animaux dont nous tviNi ^ parlé en traitant de la digestion.

Chez les ruminants, on sait que la membrane interne du rumen , du réseao fl( du feuillet n'est qu'un simple tégument. Là, en eflet, elle est mince, très deoatf peu vasculaire. Sa surface libre est hérissée de papilles et recouverte d'un épithè^ < lium pavimenteux épais et très adhérent; celui-ci ne se détache aisément que siT le cadavre qui a déjà éprouvé un commencement de décomposition. Cet épithélinSf moins perméable aux liquides que celui de la bouche et de l'oesophage, constitue saiP doute le principal obstacle à l'absorption dans les premiers compartiments gastriqwn

L'organisation de la muqueuse des premiers estomacs des ruminants n'est fi»

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seole coiidilion qui fndiqae que rabmrpUon ne doit pas 6tre bien sensible à la irface de celte membrane; le rôle départi à ces réservoirs implique de toute némlé la négation d'une telle propriété. En effet, les aliments accumulés en quanté énorme dans la panse des ruminants doivent y être tenus en dépôt pendant un srtain temps, puis revenir lentement à la bouche éprouver une nouvelle trituraon, et enfin passer dans la caillette et l'intestin grêle. Or ce renvoi des aliments à

bouche ne peut se faire qu'autant que l'aliment est suffisamment délayé. Dès D'il est desséché, il ne se fractionne plus en petites masses et n'est point sus- ■ptible de revenir à la cavité buccale. Pour prévenir la dessiccation des aliments ms des réservoirs dont l'immense surface dépasse de beaucoup celle de la peau,

nature les a tapissés d'un épithélium épais, qui engaine les papilles et s'insinue actement dans leurs plus petits intervalles. Sans cet enduit presque imper^* éaMe, cette sorte d'émail, le vase immense eût insensiblement perdu la partie lide de son contenu. Les cellules de la panse des lamas et des chameaux ne conrvent si longtemps l'eau qui s'y accumule que parce qu'elles sont tapissées par *^\t même couche épitbéliale. De plus, les aliments n'ont point encore été suffiimment élaborés pour qu'ils puissent céder beaucoup de principes assimilables. Lien de ce que renferment les premiers réservoirs n*a encore éprouvé l'action -aasfiMiiialrice du suc gastrique. Ce serait donc un contre-sens physiologique D'une absorption dans de telles conditions.

Néanmoins ce serait une erreur de croire que sa muqueuse des premiers esto* lacs est, par le seul fait de la présence d'un épithélium pavimenieux , totalement épourme de la faculté d'absorber. Il est probable qu'elle absorbe un peu, puisque I peau elle-même, malgré l'épaisseur de son épiderme, jouit de celte propriété à m faible degré. Les lymphatiques des premiers réservoirs gastriques et les gan- (BoDS qui se trouvent dans leurs scissures pourraient bien servir à cet usage.

La caillette paraît être, à en juger par l'aspect et la nature de sa muqueuse, dans le bonnes conditions pour absorber. Cette muqueuse est épaisse, molle, très vascudre, semblable en tous points k celle de Testomac simple des carnivores et à celle Q sac droit de l'estomac des solipèdes; de plus, elle offre des lames très longues, leSaçaUes par la distension, destinées à augmenter considérablement sa surface, w est en moyenne pour le bœuf de 1 mètre 20 décimètres carrés, c'est-à-dire inq fois plus grande que la muqueuse du sac droit de l'estomac du cheval. Toute- Hselle ne semble pas absorber avec une très grande activité.

Pour apprécier la faculté absorbante de l'estomac, il importait de prendre une abstance dont l'introduction dans les voies circulatoires se décelât avec facilité, .'extrait alcoolique de noix vomique, par l'action qu'il exerce sur le système nerfeox et sur les muscles, permet à l'expérimentateur de reconnaître les premiers ■lants de l'absorption, de suivre celle-ci dans tous ses degrés jusqu'à celui où elle le. Par le temps qui s'écoule, d'une part, entre le moment de l'ingestion de la sublaace toxique et celui de ses premiers effets, d'autre part, entre l'apparition de ceuxnet la mort, on a un moyen de graduer en quelque sorte la vitesse de l'absorption.

Pour juger de l'activité de l'absorption dans la caillette des ruminants, nous s, M. Bouley et moi, mis à découvert le pylore sur un taureau d'un an, et ' une petite incision à cet orifice nous avons injecté dans le quatrième estomac

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