DES PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX DE LA CIRCULATION
Jusqu'ici, nous avons examiné successivement le rôle de chacune des pari se compose le système circulatoire ; nous avons analysé à part l'action du a artères, des capillaires et des veines, et les phénomènes caractéristiques d du sang dans chacune de ces espèces de vaisseaux. Il nous reste maintcoant sager la circulation dans son ensemble, c'est-à-dire à passer en revue ses mènes généraux, à voir comment le cœur règle la circulation dans toute Tète système vasculaire, en détermine la vitesse, et comment, enfin, se Irouvc l'harmonie qui existe entre la petite et la grande circulation.
Le cœur, placé au centre du système circulatoire, est, comme nous l'ai l'agent essentiel de l'impulsion communiquée aux fluides qui se meuveit diflérents ordres de vaisseaux : le nombre et l'énergie de ses contractioi quantité de sang qui, à chacune d'elles, est projetée dans les artères, sont circonstances principales qui influent le plus sur l'ensemble de U ciicolilic
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t nooibre des contractions que le cœur exécute en un temps donné n*est pas lême pour toutes les espèces animales, et pour une même espèce, il varie suil Tâge, les conditions physiologiques ou morbides dans lesquelles peuvent se ner les animaux.
^ndaut la vie fœule, les contractions du cœur sont très rapprochées, si Ton en s pir les observations des embryologistes. Elles le deviennent de moins en moins !i la naissance à mesure que les animaux arrivent au terme de leur complet eloppement. Alors, leur nombre pour chaque espèce se maintient à un chiffre ilier, puis il décroît encore quelque peu vers le déclin de la vie. irar les animaux domestiques, on s'accorde généralement à reconnaître, d'après ird (1), que le nombre des battements du cœur est, par minute, à Tâge adulte, 12 11 38 chex le cheval, de ^5 à 68 chez Tàne, de 35 à 62 chez le bœuf, de 70 ) chez le mouton et la chèvre, de 90 à 100 chez le chien. Pour les espèces rages, M. F. Dubois (2) a compté 92 pulsations à un singe, 60 à un lion, 66 à t^, 60 à une panthère, 55 à une hyène, 60 à une girafe, 66 à un tapir, 120 k lODris. J*ai compté 68 pulsations à une lionne, 25 à 32 à un dromadaire, et !51i 28 à un éléphant. Prévost et Dumas ont trouvé pour les oiseaux 160 puisas\ la poule, 136 au pigeon, 110 à Toie, et Fontana 77 pulsations à la saladre, 20 aux carpes et 26 à des anguilles. Enfin, d'autres observateurs ontméme le nombre des pulsations chez les articulés, les mollusques et les insectes. 1 fréquence ou la rareté des contractions du cœur dans les diverses classes du e anima] , ne paraît être en rapport , comme le remarque fort judicieusement }, Dubois, ni avec le degré de complexité d'oi*ganisation, ni avec la perfection mode de respiration, ni enfin avec le régime et la taille des animaux. Les molles et les crustacés ont, en général, les mouvements du cœur aussi fréquents les reptiles ; ceux-ci, quoique ayant la respiration imparfaite, le sang froid, les fements lents, ont ces contractions souvent aussi rapprochées que celles des èbrés supérieurs.
ependant, en ce qui concerne les vertébrés, il est incontestable que les oiseaux lia respiration est très étendue et dont les mouvements sont fréquents et rapides, les mouvements du cceur portés à leur maximum de précipitation. A leur suite ment les mammifères en général, puis les reptiles et les poissons. Dans une Déclasse de vertébrés, la fréquence du pouls diminue à mesure que les espèces [tuèrent de la taille. La souris et le cochon d'Inde ont de 120 à 160 pulsations, lis que l'éléphant adulte n'en a que 25 à 28, comme je m'en suis assuré le pretrca palpant l'auriculaire postérieure, la seule qui ait des battements perccp- I» à travers les téguments du monstrueux pachyderme, b fréquence des contractions du cœur s'accroît sous l'influence d'une multitude dues et dans une infinité de circonstances physiologiques ou pathologiques. La le émotion que cause à un animal timide l'approche de l'homme suffit pour cipîier notablement ces contractions, de manière \ donner à l'observateur des ioiioQa fart éloignées de l'état normal. La frayeur, l'agitation, l'exercice, letra-
tvéiértnaire, 4* ëdit., t. U.
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vail digestif, les eflbrls de toute espèce, les excitations vives, la donleur, le tm fébrile, les affectioDs aiguës, produisent des effets analogues.
Parmi les conditions dans lesquelles les contractions cardiaques s*accélèrfiit faut noter la décapitation ou la section de la moelle allongée, Tasphyxie, leshéM rhagies mortelles et les injections de différentes substances dans les veines.
La section de la moelle produit sur-lc-cbampuncaccéléraiionconsidértbledesbai mentsdu cœur suivie bientôt d'un ralentissement graduel. A partir de denxsecw après cette section sur un clieval en arrière de l'occipital, j*ai compté à la carotide pi lablement mise à découvert 30 pulsations dans la première minute, 30 i la seoM 32 à la troisième, 33 à la quatrième, 38 à la cinquième, puis de 36 à àS àim minutes suivantes. J'ai constaté la même pix>gre8siou sur les animaux décapîléi quelques légères différences près relatives à l'espèce, et surtout à l'âge des aniou
Sur un cheval dont on ferma hermétiquement la trachée, au moment ci main pénétrait dans la poitrine et venait s'appliquer sur le cœur, j'ai compté 27 pi sations à la première minute, 3/( à la seconde, 36 à la troisième, 66 i laquairièi 7^ à la cinquième, Ul à la sixième, ^8 à la septième, puis elles furent rempbQ par les mouvements fibrillaires du cœur qui ne produisaient plus aucun change» dans la capacité des cavités cardiaques, ni aucun déplacement de cet organe.
Chez les animaux auxquels on ouvre les artères pour déterminer une iiénxHTfeq promptement mortelle, les battements du cœur ne tardent pas à devenir plus Ml breox et à s'accélérer graduellement jusqu'à l'instant de la mort, ou plutôt jiH|i celui où ils se suspendent, car l'animal continue h exécuter des mouvements ci vulsifs et des mouvements respiratoires une à deux minutes après la suspeaÉ des contractions effectives du cœur. Un cheval dont la carotide était ouverte,* pendant la première minute 77 pulsations cardiaques, 77 pulsations à la deuiièfli 82 à la troisième, 98 à la quatrième, 121 à la cinquième, 115 à la sixième et il à la septième. Comme les pulsations artérielles sont peu distinctes dans les M niers moments, il est convenable pour en déterminer le nombre et en apprèdri l'énergie, d'appliquer la main sur le cœur par une ouverture faite d'avance d parois abdominales et ensuite au diaphragiiie. ^
Enfin, à la suite de l'injection de substances étrangères dans les veines, \f$oà tractions cardiaques diminuent subitement de nombre , puis au bout d'nn ctfvl temps, après être arrivées à leur minimum de vitesse, s'accélèrent peu à peoetrerii'' nent plus tard à leur chiffre normal si la substance injectée n'est pas susceptibit^ sa nature ou sa quantité de donner lieu à des troubles graves dans l'orgioii^ L'émétique, l'ipécacuanha, les sulfates de fer, de cuivre, le chromate de poB^ le sublimé corrosif, l'alcool, l'opium, les teintures stimulantes, produisent (^ stamment cet effet, comme nous l'avons vu dans nos expériences. Deux secorf' après l'injection de 10 grammes d'émétique en dissolution dans 100 gn^ d'eau, un cheval eut 31 pulsations à la première minute, 26 à la seconde, Mi' troisième, 33 à la quatrième, 30 à la cinquième, 29 à la sixième. Le maxiniai'' se fit remarquer à la troisième heure , puis la fréquence des battemeots ditf^ d'une manière progressive.
La force déployée par les contractions du cœur a déjà été calculée par d'hakl' mathématiciens et de savants physiologistes; mais elle l'a été d*aprèi te M'
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es OQ incomplètes qui ont dû conduire à des résultats inexacts et, pour la plasans valeur même approximative.
>relil (1), qa'il faut toujours citer, même pour ses erreurs, quand il s^agit de inique animale, Borelli, pour trouver la force du cœur, compare le poids de rgane à celui des muscles dont il a préalablement évalué la puissance; il arrive nne suite de déductions à établir que sa force de contraction est égale
00 livres. Mais comme, d'après ses calculs, celte force peut vaincre la résisi da sang artériel qu'il trouve 60 fois plus grande, il la porte au chiffre total de )00 livres. En suivant l'ingénieux physiologiste dans ses nombreuses détertions, on voit que, parunt d'une première évaluation fondée sur des bases unelles, il ne tarde pas à s'appuyer sur d'autres bases tout k fait inexactes qui nduisent à une monstrueuse exagération.
eill, en se fondant sur des principes différents, mais encore incertains, arrive à ^ultat très éloigné du précédent. D'après les quantités de sang qui s'écoulent 'artère et la veine crurale ouvertes, il croit déterminer d'abord la vitesse avec îlle ce^uide se meut dans les artères; puis en admettant que le ventricule he expulse deux onces de sang à chaque contraction, il calcule la force nécespour mouvoir la colonne liquide dont la hauteur et le volume sont supposés lUS, et il trouve que cette force est de 5 onces !
aies, en adaptant un tube vertical aune artère, constate que le sang s'y élève à hauteur de 6, 7, 8 pieds, plus ou moins, suivant les animaux; il suppose que la (déployée par le cœur, lors de sa contraction, est égale à celle qui ferait équilibre le colonne de sang dont la hauteur est égale à celle indiquée par l'instrument,
1 base représentée par la surface interne du ventricule gauche. Or, pour le rai, chez lequel le sang s'élève à une hauteur de 9 pieds 6 pouces anglais, la surt interne du ventricule gauche étant égale à 26 pouces carrés, ce ventricule porte au moment de la systole une pression égale à celle d'une colonne cylin- |iie de sang haute de 116 pouces, et dont la coupe aurait 26 pouces carrés, iniie dont le poids serait de 113 livres 22 centièmes. Pour le mouton, la pres- B établie d'après ces bases serait de 35 livres 52 cent, de 11 à 33 livres pour le in, enfin, de 51 livres 5 dixièmes pour l'homme. L'effort dynamique du cœur Bit donc variable suivant les animaux, mais toujours susceptible d'être calculé ^CMoaiflsant, d'une part, la hauteur à laquelle s'élève le sang artériel dans un tube Mal, et d'autre part, la surface interne du ventricule gauche.
: hio, ï notre époque, après les tentatives que je viens de rappeler, après celles k-knonlli, de Sauvages et d'autres physiologistes, M. Poiseuille a repris la NoD si diversement résolue de la force du cœur; il a déterminé la pression Initiée par le sang dans les artères, et il a considéré cette pression comme tattotant exactement la force statique déployée par l'organe central de la ■ihtion.
'IPoseoille (2) se fonde sur les mêmes principes que Haies, et opère par un Ndé ï peu près semblable à celui du physicien anglais. Au lieu d'adapter à V^ on tobe droit et vertical, il y fixe un tube deux fois recourbé, en partie
1} De motu ojitmallttm, pan secand., prop. lxvu et saiv. Q ll$ckerelm mf la force du eamt aorlique, Paris, 1828.
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rempli de mercure qui s'élèvQ dans Tune des branches, par la pression du sai hauteur treize fois et demie moindre que le sang, à cause de la différence c qui existe entre ces deux liquides. Au lieu de donner la force du cœur coo égale à celle qui fait équilibre à une colonne de sang dont la base serait surface interne du ventricule gauche, M. Poiseuille la considère comme re par celle qui ferait équilibre à une colonne de mercure dont la hauteur sei fois cl demie moindre que celle du sang, et dont la base serait égaie à la coi versaledu tronc de Taortc primitive. Pour lui, celle force, au lieu d*étre égs cheval à 11 3 livres 22 centièmes, est égaie à 10 livres 10 onces 7 gros 61 g somme, pour les deux eipérimentateurs, la force du cœur est représeut pression du sang dans les artères ; pour les deux, les procédés sont les n» diiïérence entre les résultats du premier etceux du second tient uuiquemen Tun supjyose la base de la colonne fluide égale en étendue à la surface in ventricule gauche, tandis que Tautre la suppose égale à Taire transversale de I l'aorte. <:es deux évaluations sont inexactes : les procédés dont je viens • donnent la mesure de la pression que le sang supporte dans les artèr ils ne donnent que cela ; cette pression ne représente nullement la force par les contractions du cœur.
Pour nous convaincre que la pression du sang artériel ne peut servir k la force statique ou dynamique du cœur, voyons ce qui se passe relativemu pression dans diverses circonstances que rexpérimentatcur peut, pour la faire naître à volonté. Adaptez un tube vertical à la carotide d'un cheval,e le sang parviendra à la hauteur de 2 mètres, par exemple. Si alors raninii effort violent, une expiration prolongée, la colonne s'élèvera à 2 mètres 2 60 centimètres, puis elle reviendra peu à |>eu à son niveau primitif. Direz -i dans ces conditions la force du cœur s'est accrue de manière à augmeuti dixième à un cinqjjîème. Non, la nouvelle ascension du sang résulte de c pression supportée par le contenu des artères est devenue plus considérable^ de l'effort. Jnjectez de l'eau dans les veines de l'animal, et |)eu de temps ap verrez le niveau de la colonne sanguine s'élever |)ar suite de cette plétiion de cette réplétion rapide de tous les vaisseaux ; liez l'aorte {mstérieure afii conscrire lechampde la circulation et d'augmenter très vite la prop(»rtiou de dans les vaisseaux des parties antérieures, et la pression encore accrue fera i veau monter le niveau de la colonne dans rhéniodynamoniètre. Considère] les conditions opposées : voyez le niveau du sang baisser dans l'inspiraiiuii, le descendre peu à peu, à mesure que par des saignées abondantes, le s\sté culairese désemplit, et que le sang qui reste dans les artères perd progress de sa tension. Au moment oij la plus grande |)artic du sang se sera écouU colonne sera réduite au tiers ou au quart de ses pro|)ortion8 initiales. Cqi le cœur fonctionnera toujours avec son énergie première, ses bruib ser forts, son choc sur les parois costales sera \ iolent ; la main ap[)liqué6 à face à travers une ouverture du diaphragme, appréciera la rapidité et 1 remarquable de ses coutractions, énergicqui, dans ce cas, semble plutôt aii| que diminuée.
Ainsi, puisque la pression du sang artériel augmente ou diminue dm