I. DU CERVEAU
' Aristote et Galien croyaient le cerveau insensible. Lorry, !\L Flourens (1), et, après eux, la plupart des expérimentateurs, ont constaté que cet organe peut être touché, piqué, soumis à l'action du feu et des caustiques, enlevé même couche par couche, sans que l'animal témoigne la moindre douleur; cependant quelques uns l'ont regardé comme étant doué d'une certaine sensibilité : Haller, Zinn (2), ont vu des chiens et des chevreaux s'agiter, jeter des cris, se plaindre vivement lorsqu'on irritait la substance blanche ou médullaire des lobes cérébraux. M. Serres (3) a vu aussi qu'une douleur vive se manifeste quand on enfonce à une certaine profondeur un instrument tranchant dans ces lobes. Il y a conséquemmcnt encore incertitude sur la question de savoir si les hémisphères cérébraux sont ou ne sont pas sensibles. D'une part, les recherches de Haller et celles de M. Serres tendent à démontrer qu'ils jouissent d'une scnsibililé assez prononcée ; mais, comme dans les expériences de Haller, les lésions de ces organes s'accompagnaient de convulsions, il est certain que cet illustre physiologiste, on irritant le cerveau, irritait aussi, et à son insu, soit la protubérance annulaire, soit la moelle allongée qui sont sensibles et excitables, de telle sorte que ses résultais ne sauraient être concluants. D'autre part, les expériences de IM. Flourens, faites sur un grand nombre d'ani-
(1) Ikcherclws expérimentales sur les proprielcs et les fondions du système nerveux , 2' édit., p. 18 et suiv.
(2) Mémoires sur la nature sensible ol irritable des parties du corps animal, t. I, p. 200 et siiiv. I>;iusaniip, t7.'>6.
(3) Anatomio comparée du cerveau , t. H, p. 0(52.
FONCTIONS DE l'ENCÉPHAF.E. 67
11 maux et répétées par M. Longet, nous montrent ces liémisplières com|)lélement i; insensibles à toute espèce d'excitations mécaniques ou chimiques. Dans l'intention fie vérifier ce fait sur nos grandes espèces, j'ai mis à découvert le cerveau du ciieval sur une assez grande étendue, et après avoir enlevé les méninges au niveau de la région dénudée, j'ai d'abord appliqué sur les circonvolnlions un pinceau im- .prégné d'acide azotique, puis j'ai enfoncé, à plusieurs reprises, soit un stylet, soit lua instrument irancliant, sous différentes directions et à une assez grande profon- Ideur, dans la substance cérébrale; j'ai enlevé celle-ci couche par couche sans que 'l'animal, à aucun momentde cetteopération, témoignât la moindre douleur et éprouvât ila plus légère convulsion. Jusqu'alors j'étais parfaitement d'accord avec les résultais Ide M. Fiourens; mais ayant réfléchi que les délabrements exécutés pour mettre à découvert le cerveau avaient pu produire nn ébranlement dans cet organe et déteriminer une douleur suffisante pour masquer la douleur plus faible qui pouvait pro- I venu' de l'irritation de sa pulpe, je me contentai de faire au crâne de petites ouverilures h l'aide du trépan : dans ce dernier cas, dès que le cerveau était comprimé avec le doigt, l'animal témoignait par un mouvement brusque une douleur non :équivoque ; de même, lorsqu'un stylet ou un scalpel était enfoncé à une certaine iprofondeur dans l'organe, cet animal cherchait à se soustraire à la piqûre. Il en a été ainsi sur un assez grand nombre de chevaux et un âne, à part quelques exceptions dans lesquelles les piqûres n'ont point provoqué de douleur appréciable. Dans la plupart de ces circonstances, les ouvertures du trépan étaient pratiquées assez bas pour que l'instrument destiné à irriter la substance cérébrale ne pût arriver au niveau des pédoncules, des tubercules bigéminés ou du bulbe rachidien dont la lésion eût évidemment entaché d'erreur toutes ces tentatives.
Si les hémisphères cérébraux sont sensibles, ce qui ne me paraît pas douteux, pour les solipèdes, ils ne sont point excitables, c'est-à-dire qu'ils ne provoquent point, à la suite de leur uritation, de contractions musculaires. C'est là une vérité que M. Fiourens a démontrée et sur laquelle tout le monde est d'arcord. Je n'ai I vu dans aucun cas, ni sur le cheval, ni sur le taureau, les piqûres plus ou moins profondes, la destruction plus ou moins complète, l'ablation couche par couche de leur substance, déterminer la moindre convulsion, et cependant Haller (1) a constaté des mouvements convulsifs souvent très violents à la suite de semblables lésions, sans doute, encore, parce qu'il irritait en même temps que le cerveau des parties éminemment excitables, telles que le mésocéphale et la moelle allongée. Il suffit, en effet, d'exercer une légère traction sur ces dernières, en retirant du crâne la substance ; des hémisphères, pour qu'aussitôt surviennent des secousses musculaires; mais tant : qu'on dilacère ou qu'on détruit celle-ci sans tirailler les parties excitables,Tanimal reste dans une immobilité complète.
Pour déterminer le rôle des hémisphères cérébraux, il est nécessaire de les détruire I l'un après l'autre ou tous les deux ensemble. Quand on opère cette destruction sin- : Un mammifère ou un oiseau, voici ce qu'on observe, d'après M. Fiourens. L'animal ' continue à vivre pendant un certain temps, se tient encore debout, conserve assez ' bien son équilibre et la faculté de .se mouvoir, mais il est comme assoupi et a perdu
(1) Exp. 130, 137, 138, 139, MO, U2, l/iS, etc., t. I.p. SOOt'lsuiv.
68 DES FONCTIONS DU SYSTÈME NEIlVEUX.
l'usage de ses sens : il ne voiL ni n'cnlcnd plus; il a perdu la mémoire, l'iiisiiiict, l'iiuelligence, la volonté; il ne se meul plussponlanément : si on le pousse, il marche, mais il se heurte contre les objets qui l'entourent, sans chercher à les éviter ; si on le met sur le dos, il se relève; si on le frappe, il ne songe poiul à s'enfuir; s'il est pressé par la faim, il n'a pas même l'idée de prendre la nourriture qu'on lui présente; cependant, si on lui met de l'eau ou des aliments dans la bouche, il les avale. Dans ce singulier étal, l'animal peut vivre jusqu'à des mois entiers : M. l'iourens a pu même conserver près d'une année une poule privée de ses lobes cérébraux, et M. Longel (1) a vu des pigeons résister de douze à dix-huit jours à une semblable mutilation. Les mammifères seuls périssent bientôt à la suite de l'ablation du cerveau, c'est à peine si le cheval y survit une demi-journée. Mais quelle que soit, du reste, la durée de la vie dans cette circonstance, on remarque que l'animal, bien que plus ou moins affaibli, conserve cependant la faculté de se mouvoir cl continue à jouir de la sensibilité générale, tandis qu'il a perdu, ou à peu près, l'usagi; de ses sens. Sur les deux premiers points tous les observateurs sont d'accord ; ils restent en dissidence seulement sur le dernier.
L'action des lobes cérébraux est donc complexe : examinons-la dans ses rapports avec les sensations, les mouvements et les facultés intellectuelles des animaux.
Rùlc des liémîsplières relativement aux sensations. — Les hémisphères cérébraux sont les parties de l'encéphale chargées de percevoir les impressions produites sur les organes des sens. M. Flourens a constaté que leur destruction complète abolit la vue, l'ouïe et les autres sensations. JNéaiunoins, suivant iMagendie, Bouillaud et Longct, il y aurait encore dans ce cas perception confuse de différentes impressions. Ainsi, les animaux seraient encore sensibles à l'action d'une vive lumière, des pigeons exécuteraient des mouvements brusques lors de la détonation d'une arme à feu, de jeunes chiens rejetteraient la coloquinte introduite dans leur bouche, différents animaux seraient affectés par les odeurs ammoniacales. 11 est difficile de trancher nettement la question sur ce point, surtout en ce qui concerne les mammifères chez lesquels la destruction des lobes cérébraux affaiblit à un haut degré la sensibilité générale, et détermine une paralysie qui met les animaux dans l'impossibilité de réagir à la suite des impressions qu'ils pourraient ressentir. Dès qu'un cheval a le cerveau enlevé, il est à peine affecté par de profondes piqûres, ou de grandes incisions à la peau ; le bruit que l'on fait autour de lui ne paraît pas l'émouvoir ; la lumière la plus vive ne fait pas varier Touvei ture de la pupille ; le doigt porté brusquement vers l'œil ne détermine pas de mouvements des paupières ; l'ammoniaque mise à l'entrée des naseaux n'occasionne ni ébrouement, ni rien qui indique une action sur la piluiiaire ; des substances amères placées sur la langue ne provoquent, ni dans cet organe, ni dans les mâchoires, le moindre mouvement quj puisse porter à penser que ces substances ont impressionné les papilles guslatives ; en un mot, toutes les sensations semblent anéanties. Les mêmes phénomènes s'observent chez les ruminants : une génisse à laquelle j'avais complètement détruit les deux hémisphères cérébraux se tennit encore debout et marchait assez facilement, mais elle se hem iail conti e les murs, ne voyait plus les objets qu'on appro-
(1) Anntomic et physiologie du ^yslènic nryrpu.v , t I , p. CIG.
FONCTIONS UE l.'liNr.É PU ALIJ . 69
cliail (le SOS yoiix, gardait sans le mâcher le foin qu'on lui nictlaii dans la bouche et ii'clait nullement impressionnée par le bruit d'un cor qu'on faisait sonner à ses oreilles. IM. Lon^et a également observe sur des chais et des lapins l'abolition des sensations que M. Fiourens a constatée le premier, notamment sur les oiseaux. Une poule que cet habile expérirnentaleur(l) avait privée de ses lobes cérébraux, et qui vécut plusieurs mois à la suite de cette mutilation, perdit manifestement l'usage de ses sens. Tout d'abord on jint s'assurer qu'elle avait cessé de voir et d'entendre ; ])lus tard, quand elle fut rétablie, il devint facile de constater qu'elle était aussi privée de la gustation et de l'olfaction : on la mettait sur un tas de blé, on lui plaçait sa nourriture sous les narines, on lui enfonçait le bec dans le grain, on le lui plongeait dans l'eau, on lui introduisait ses aliments à l'entrée de la bouche; mais elle ne mangeait ni ne buvait, il fallait lui porter le grain jusqu'à l'entrée du pharynx pour qu'il fût avalé, et il l'était alors comme les cailloux que l'on portait au même endroit.
D'après ces résultats, vérifiés un grand nombre de fois, M. Fiourens regarde les lobes cérébraux comme le siège des perceptions, comme l'organe qui donne aux sensations une forme distincte et les constitue telles qu'elles doivent être pour laisser une empreinte durable, devenir le principe des idées, et l'excitant des déterminations volontaires. Les faits qui ont été opposés à celte manière de voir ne sauraient l'infirmer : la persistance de l'ouïe chez des pigeons n'est pas sufïisamment prouvée par les mouvements brusques qu'ils ont exécutés lors de la détonation d'une arme à feu, ces mouveuienls ayant |)u résulter d'impressions tactiles développées par les vibrations de l'air ; celle de l'olfaction ne l'est pas non plus assez par les eflets produits par l'ammoniaque, puisque ce composé irritant peut agir aussi bien sur la sensibilité générale de la pituitaire et des brouches que sur la sensibilité olfactive. Si dans d'autres circonstances encore, les sensations, ou quelques unes d'entre elles, ont paru persister, après la destruction des hémisphères, elles étaient confuses, incomplètes, elles avaient perdu leurs caractères habituels, et peut-être ne s'étaientelles conservées que parce que la destruction dos hémisphères était incomplète.
La sensibilité générale n'est point abolie par l'ablation des lobes cérébraux : M. Fiourens, M. iMagendie, ^I, Longot et d'autres, ont remarqué que les animaux privés de leurs hémisphères étaient encore sensibles aux piqûres et aux diverses excitations, pourvu qu'elles fussent un peu fortes. Cependant cette sensibilité s'affaiblit considérablement, surtout chez les mammifères de grande taille, comme le cheval, par exemple. Cet aflaiblissement est tel, que souvent les piqûres d'épingle et même les coups de scalpel donnés dans la peau restent sans effets; il est beaucoup moins prononcé chez les oiseaux, qui se rétablissent après les mutilations de l'encéphale.
Les hémisphères cérébraux ont sur les sensations une action croisée comme sur les mouvements. M. Fiourens a observé que la destruction de l'un d'eux entraîne la perte de la vue du côté opposé. .J'ai constaté siu- un âne que celte action croisée existe égaleinent pour la sensibilité générale. Après avoir détruit en partie le lobe cérébral droit, j'ai vu que l'animal s'agiiail vivement quand on lui frapjjait l'oreille droite, ou lorsqu'on lui piquait la peau du inCuîV fA'Vi I^HHUs qu'il s'agitait à peine
{!) Ouvrage cité, \). 87.
à lu suite des coups portés sur l'oreille gauche ou des piqûres faites à gauche en diverses parties du corps. J'avoue cependant que, dans quelques circousiances, il n'y a pas eu de différence bien appréciable entre la sensibilité de l'une des moitiés du corps et celle de la moitié opposée.
Rôle des liéinisplières céréltraiix rclativemeiit aux mouvements. —
L'action des hémisphères sur les mouvements est assez difficile à bien caractériser : elle paraît consister en une irritation qui détermine les mouvements spontanés ou volontaires. On la démontre expérimentalement en détruisant en partie ou en totalité les lobes cérébraux; mais cette destruction ne produit pas les mêmes effets sur toutes les classes d'animaux; en général, elle entraîne une prostration des forces musculaires qui peut aller jusqu'à la paralysie et la perle plus ou moins évidente de la spontanéité dans les actions locomotrices. D'après M. Flourens (1), la poule privée de ses lobes cérébraux se tient encore debout, elle conserve parfaitement l'équilibre, marche quand on l'irrite ou qu'on la pousse ; elle cesse de se mouvoir dès qu'on ne l'irrite plus, elle reste dans la situation où on la place ; presque toujours elle est plongée dans un assoupissement profond. Si on la réveille, elle ne tarde pas à retomber dans la somnolence ; lorsqu'elle en sort spontanément, elle secoue la tète, agile ses plumes, les nettoie quelquefois avec son bec, change de patte pour se reposer; par moments elle marche comme sans motif et sans but, se heurte contre les obstacles qui se trouvent sur son passage, sans chercher à les éviter; en un mot, elle a conservé la faculté d'exécuter ses mouvements habituels, tout en perdant leur spontanéité, c'est-à-dire la faculté de les vouloir. Les reptiles et les poissons conservent également, suivant Desmoulius, l'entier usage de leurs mouvements; ils continuent à nager comme avant l'ablation de leurs lobes cérébraux. Il n'en est point ainsi, à beaucoup près, chez les mammifères : dès qu'on détruit les hémisphères cérébraux à un cheval, il perd l'équilibre et tombe. A peine peul-on même parvenir à enlever les couches superficielles avant que la chute ait lieu. Une fois que l'ablation est achevée, l'affaiblissement musculaire est extrême, l'animal reste étendu sur le côté, avec les membres dans l'extension, le cou et la tôle immobiles, la langue pendante hors de la bouche, les lèvres flasques, les paupières baissées, les naseaux à peine dilatés; et cet état, qu'aucune convulsion ne vient troubler, persiste jusqu'au moment de la mort. Si l'on .se borne à la destruction partielle d'un seul hémisphère , on peut quelquefois parvenir à conserver l'animal debout pendant un certain temps et juger alors des modifications apportées dans la locomotion : un âne auquel j'avais enlevé la couche superlicielle du lobe cérébral droit se lint debout pendant près d'une heure; il penchait un peu à gauche; les membres de ce côté fléchissaient sous le poids du corps et se mouvaient en masse avec difficulté. Abandonné à lui-même, il restait immobile. Dès qu'on venait à l'exciter par des piqûres ou des coups sur les oreilles, il se mettait en marche et marchait très vile; par moments il tournait en cercle du côté opposé à la lésion ; en se heurtant contre les murs il tombait ; mais on parvenait sans trop de peine à le faire relever. Insensiblement la prostration fit des progrès, et bientôt il ne fut plus possible de le faire marcher sans le soutenir. Sur un autre âne, l'hé-
(1) Ouvrage cité, p. 8".
FONCTIONS DK 1,'liNCÉl'IIALE. 71
inisplière gauche, préalablement mis à découvert, fuîiiicisé dans le sens de sa longueur ; aussitôt il survint une îiémiplégie à droite, le solipède tomba sur ce côlé et l'on lie parvint pas ii le faire relever. Sur plusieurs chevaux, une simple piqûre de scalpel iraversant un des lobes cérébraux dans toute son épaisseur a quelquefois sulïi jiour entraîner instantanément la chute de l'animal et le mettre dans l'impossibilité de se relever. Les animaux de l'espèce bovine supportent beaucoup mieux que le cheval et même que l'àne les mulilalions des hémis|)hèrcs. Une géni.sse que j'avais privée (l'un de ses lobes cérébraux se tint debout pendant plus d'une demi-heure, conserva tant de vivacité et marcha si aisément, qu'il était fort difficile de reconnaître l'an'aiblissement musculaire du côté opposé à la lésion ; quand le lobe restant fut enlevé comme le premier, elle put encore se soutenir, bien qu'avec assez de peine, avancer, reculer et tourner, si on la sollicitait à exécuter ces divers déplacements.
Ces résultats, si dissemblables qu'ils soient, nous montrent cependant assez clairement : 1° que l'action des hémisphères sur les mouvements est croisée comme elle l'est pour les sensations et la sensibilité générale ; 2" que ces parties de l'encéphale sont le point de départ des déterminations volontaires, sans lesquelles les mouvements sont tout à fait automatiques.
L'action croisée des lobes cérébraux est simple, c'est-à-dire que l'influence motrice, qui émane du lobe droit, va agir sur les parties gauches du corps, et que celle du lobe gauche va s'exercer sur les parties droites. Quelques expérimentateurs ont prétendu que cette action croisée était double : Saucerolte a avancé que les parties antérieures des hémisphères avaient plus spécialement une iniluence sur les mouvements des membres abdominaux, et que leurs parties postérieures agissaient sur ceux des membres thoraciques. Serres (1), en s'appuyant sur des données expérimentales qui ne paraissent pas avoir été confirmées, a soutenu la même opinion : il a vu chez le chien la lésion de la partie antérieure des lobes produire la paralysie des pattes de derrière, et la lésion des parties postérieures ou des radiations postérieures des couches optiques déterminer la paralysie des pattes de devant; enfin, celle des parties intermédiaires, c'est-à-dire de la région moyenne du centre ovale, affaiblir également les extrémités antérieures et les postérieures. Quant à l'influence exercée par les hémisphères sur la spontanéité des mouvements, on a voulu la nier parce qu'on a constaté, après la destruction de ces parties, la persistance de quelques uns de ces derniers, tels que celui qu'effectue le gallinacé pour mettre sa tète sous l'aile, nettoyer ou aiguiser ses plumes avec son bec; mais ce sont là des actes que l'habitude a pour ainsi dire rendus instinctifs, et qui peuvent, jusqu'à un certain point, s'opérer sans l'inlervention de la volonté ; ils ne suffisent pas pour retirer aux lobes cérébraux la faculté de vouloir les mouvements, faculté qui s'anéantit complètement ou , à peu près, chez les oiseaux après l'ablation des organes où résident l'instinct et l'intelligence.
Rôle des liéinisplièrcs relativement aux instincts et à rintelligcncc. —
Indépendamment de leur action sur les sensations et les mouvements, les hémisphères en ont une autre bien plus remarquable, celle d'effectuer les opérations instinctives et intellectuelles.
(1) Analomie comparée du conwau, t. 11, p. G80.
On savait, depuis longlciiips, d'après les eiïets qui survieniietU à la suite des maladies et des lésions cérébrales, que l'intelligence, la mémoire, la volonté, etc., ont leur siège dans l'encéphale. Mais cette croyance conjecturale était vague : on ignorait si toutes les parties de l'encéphale prenaient part au développement de ces facultés ou quelques unes d'entre elles seulement. L'expérimentation est venue éclairer ces points si intéressants de la physiologie du système nerveux.
En effet, M. Flourensa démontré clairement que les diverses facultés instinctives et intellectuelles ont leur siège dans les hémisphères cérébraux et non dans toutes les parties de l'encéphale à la fois, comme on l'avait pensé jusqu'alors. Quand ces hémisphères sont détruits, l'animal conserve la feculté de se mouvoir, il respire, il digère comme d'habitude ; mais il perd non seulement toutes ses sensations, il perd encore la mémoire, le jugement, la volonté et les instincts les plus vivaces de son espèce; il devient tout à fait stupide : presque constamment assoupi ou plongé dans le sommeil, son existence se passe dans la torpeur. Lorsqu'il est réveillé, il exécute à peine quelques mouvements si rien ne vient l'exciter ; il ne cherche ni à s'abriter, ni à fuir, ni à se défendre ; on le maltraite, sans qu'il essaie d'éviter les coups ; il n'a pas même l'idée de prendrela nourriture qu'on met devant lui et se laisserait mourir sur un tas d'aliments, si une main étrangère ne venait les lui mettre dans la bouche. Cependant quelques uns de ses actes semblent indiquer que sa volonté n'est pas complètement annihilée : l'oiseau met sa tête sous l'aile pour dormir, il tente parfois de s'échapper quand on l'importune; se repose tantôt sur une patte, tantôt sur l'autre, nettoie ses plumes avec son bec, se relève si on le couche sur le dos; mais, à part ces exceptions, rien dans ces actions ne révèle de véritables déterminations volontaires, comme rien ne révèle la persistance de l'instinct et de l'intelligence.
Ces effets si remarquables ne s'observent point quand on se borne à détruire le cervelet, les tubercules higéminés et les parties de l'encéphale autres que les hémisphères ; d'où il suit que ces derniers sont, à eux seuls, le siège des facultés dont nous parlons. Mais ces facultés sont nombreuses; ont-elles chacune un foyer propre, un organe spécial, ou bien ont-elles un siège et un foyer communs d'où émanent à la fois l'intelligence, la mémoire, les divers instincts?
"Willis et Vieussens admettaient gratuitement que l'activité cérébrale était localisée dans la substance corticale, et le premier essayait d'assigner des sièges divers à quelques unes des facultés intellectuelles; Gall multiplia ces dernières et attribua à chacune un organe particulier dans l'encéphale, aussi bien chez les animaux que dans l'espèce humaine; il édifia sur ces bases hypothétiques un système qui devait crouler devant une simple expérience. 3L Flourens, en opérant l'ablation des lobes cérébraux, fit voir que toutes les facultés, au lieu d'avoir chacune un département circonscrit dans le cerveau, ont un seul et même foyer : en voici la preuve : « On peut, dit-il (1), retrancher soit par devant, soit par derrière, soit par en haut, soit par côté, une portion assez étendue des lobes cérébraux sans que leurs fonctions soient perdues. Une portion assez restreinte de ces lobes suffit donc à l'exercice de leurs fonctions. A mesure que ce retranchement s'opère, toutes les fonctions s'affaiblissent et s'éteignent gradueilemeni ; et, passé certaines limites, elles sont tout à fait
(1) Ouvrage cite, p. 99.
FO.NCTIUiNS Uli l'KNCÉI'UALK. 715
l'iciiitps. L(-s lobes ccrébraiix concourent donc par loullciir eiiseniblc à l'exercice plein cl enlier de leurs fonctions. Kniin, dès qu'une perception est perdue, loules le sont ; (1rs qu'une l'acullc disparait, lontesdisparaissent. Tl n'y a donc point de sièges divers ni pour les diverses facultés, ni i)our les diverses perceptions. La faculté de percevoir, de juger, de vouloir une chose, réside dans le même lieu que celle d'en percevoir, d'en juger, d'en vouloir une autre; et, couséquemment, celle faculté essentiellement une réside essentiellement dans un seul organe. »
S'il fallait encore une autre preuve à l'appui de celte vérité que les facultés n'ont point de sièges isolés, on la trouverait dans une nouvelle expérience non moins inléressanle que la précédenle : M. Tlourens enlève par couches successives une partie des lobes cérébraux ; il s'arrête aussitôt que l'opération a amené la perte de tons les sens et toutes les facultés intellectuelles. Au bout de quelques jours, l'animal mutilé commence à réacquérir la vue, l'ouïe, la mémoire, et dès qu'il a recouvré l'une de ces facultés, il les a recouvrées toutes. Le fait de la non -localisation des diverses facultés est donc incontestable ; sa démonstration est le plus terrible coup qu'on puisse porter à la phrénologie.
Les hémisphères cérébraux étant les organes de l'intelligence, on conçoit que celle-ci sera d'autant plus développée que ces hémisphères seront plus volumineux. On remarque elfectivement qu'à partir de l'espèce humaine la masse de l'encéphale, et spécialement celle du cerveau, décroissent à mesure que l'inlelligence devient obtuse ; cependant on tomberait dans une grave erreur si l'on voulait juger du degré d'intelligence de chaque animal par le volume de son cerveau. 11 esl facile de voir, en jetant les yeux sur le tableau suivant, que nos seules espèces domestiques seraient mal classées sous le rapport psychologique si elles l'étaient d'après le poids de leur encéphale comparé à celui du corps.
Table.\u indiquant le poids de l'encéphale et de la moelle épinière dans ses rapports avec celui du corps.
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Taureau. . . .
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:: 1 : 3oo
Porc gras. . .
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:: 1 : no
Chat ....
7/l DES l'ONCTIONS DU SYSTÈME NEUVKdX. '
Ainsi, d'iipiès te lablean, le chat serait placé en première ligne, puis le chien, le lapin, lachcvre, le bélier et l'âne. Le cheval, si intelligent, ne viendrait qu'à la suite des plus obtus de tous les solipèdes; du plus slupide de tous les ruminants et serait à peu près sur le même rang que le bœuf et la vache ; enfin, le porc occuperait le dernier degré de cette échelle. Évidemment, une classification aussi vicieuse indique assez que le volume de l'encéphale ne peut faire ai)|)récier exactement le degré d'intelligence de chaque espiice. D'ailleurs il il suflit de réfléchir un peu aux chiffres donnés par Haller, Cuvier et Leuret, pour se convaincre que les animaux sauvages ne seraient pas mieux classés que les précédents s'ils l'étaient d'après le poids de leur cerveau comparé à celui du corps. L'éléphant, par exemple, se trouverait bien au-dessous du cerf et du chevreuil ; le loup, le renard, au-dessous de la souris, du rat et de la taupe; les mammifères en général, au-dessous d'un grand nombre d'oiseaux (1).
La forme du cerveau, l'aspect, le nombre et la profondeur des circonvolutions ne sauraient pas plus que son volume servir à déterminer exactement l'étendue de l'intelligence propre à chaque animal. Les parties antérieures de cet organe qui seraient, d'après Gall et ftl. Eouilinud, plus spécialement affectées aux opérations intellectuelles, ne sont pas toujours plus développées dans les espèces qui se rapprochent de l'homme que dans les autres : elles sont souvent étroites dans les premières, comme le chien et le renard, tandis qu'elles sont larges dans les secondes, comme le mouton, la chèvre et le bœuf. Les circonvolutions, si bien marquées chez l'homme et une infinité d'animaux intelligents, le sont à peine chez certaines espèces heureusement douées sous le rapport psychologique ; elles ne peuvent donner que des approximations vagues sur la valeur desquelles il ne faut pas trop compter. Bien qu'en résumé, ni le poids de l'encéphale, ni les proportions des parties antérieures des hémisphères, ni la multiplicité et la profondeur des circonvolutions ne puissent cojiduire à établir une série où les animaux seraient placés dans l'ordre de leur intelligence relative, il est incontestable, d'une manière générale, que le poids du cerveau est d'autant plus considérable et ses circonvolutions d'autant mieux dessinées, que les espèces animales jouissent d'une plus grande somme d'intelligence.
Tel est le rôle des lobes cérébraux envisagés en masse ; il reste 5 voir si quelques unes de leurs parties n'ont pas des fonctions distinctes de celles qu'exécute l'ensemble de l'organe.
Le corps calleux, qui réunit les deux hémisphères, est l'apanage exclusif des mammifères; les oiseaux, les reptiles et les poissons en sont dépourvus. Lapeyronie le regardait comme le siège de l'âme, et Saucerotte, ayant obser\é que sa section produisait une secousse violente suivie de la perte immédiate du sentiment, adopta la même opinion. Treviranus, se basant sur des considérations purement spéculatives, le considéra comme l'agent chargé d'établir une relation intime entre les deux hémisphères, de laquelle résulterait l'unité de leurs opérations; mais ce ne sont là que des hypothèses. Les physiologistes modernes ont essayé de déterminer si cette partie de l'encéphale avait réellement un rôle spécial : Lorry, ftL Flourens, iM. Magendie, ont irrité et détruit le corps calleux sans qu'il en résultât de convul-
(1) Voyez Cuvier, AncUomio comparco, 2" édil., t. IH, p. 77 et suiv.
FONCnoNS Dr: r.'KNCicciiALF,. 75 sioiis ; M. Longel (1) l'a incisé dans loulcsa longncm- sur des chiens cl dos lapins : (•(.'S animaux n'ont pas éprouvé de douleur lors de l'opéralion, ils ont souvent continué à se tenir dcbonl, à niarciier ou à courir comme auparavant; enfin celle-ci n'a élé suivie ni de convulsions, ni de la perle de la sensibilité. J'ai fait la même expérience sur deux chevaux : l'un est resté très peu de temps debout et s'est jeté à la renverse, après avoir éprouvé quelques mouvements convulsifs dans l'œil ; l'autre a é|)rouvéun an'aiblisscment considérable, quelques instants après la section, et s'est laissé tomber sur le côté; aucun n'a en de convulsions. Le corps calleux ne paraît donc pas jouir de propriétés, ni remplir des fonctions dilTérentes de celles du reste des hémis|)hères.
Les co)'ps striés, qui existent dans tous les vertébrés, les poissons exceptés, offrent leur maximum de développement chez les oiseaux. Leurs usages ne sont pas parfaitement déterminés. Willis en faisait l'aboutissant des sensations et le point de départ des mouvements volontaires ; Saucerotle les regardait comme tenant sous leur dépendance les mouvements des membres postérieurs; M. Magendie (2) leur .assigne un rôle tout particulier fort remarquable : il prétend qu'il existe chez les mammifères et les oiseaux deux forces diamétralement opposées, l'une qui excite les animaux à se porter en avant, et qui a son siège dans le cervelet et peut-être dans la moelle allongée , l'autre qui les porte à se mouvoir en arrière ou à reculer, et qui a son point de départ dans les corps striés. Lorsque l'équilibre entre ces deux forces vient à être lompu par la lésion du cervelet ou par celle des corps striés, les mouvements sont modifiés dans le sens de la force devenue prédominante. Ainsi, quand les corps striés sont détruits, la force qui tend à pousser en arrière étant annihilée, l'autre agit seule et entraîne le corps en avant. « Aussitôt l'animal s'élance dans cette direction et court avecrajiidité; s'il s'arrête, il conserve l'attitude de la fuite : on dirait que l'animal est poussé en avant par une puissance à laquelle il ne peut résister ; dans cette course rapide, il passe quelquefois par-dessus les obstacles qu'il rencontre. » M. Magendie a trouvé, en faveur de sa manière de voir, im argun]ent dans le fait des chevaux immobiles qui ne peuvent point reculer comme chacun le sait, et qui une fois emportés ont même beaucoup de peine à s'arrêter ; il a rencontrédans les grands ventricules de ces animaux un épancheinent de sérosité qui avait comprimé les corps striés et quelquefois altéré leur surface. Il n'y aurait rien à objecter au savant physiologiste si toutes les expériences concordaient avec les siennes et si l'explication de l'immobilité était vraie dans toutes les circonstances.
Mais d'abord est-il bien démontré que les chevaux immobiles soient portés en avant par une impulsion irrésistible, ou même qu'ils aient une tendance plus marquée que les autres à se mouvoir dans ce sens ? N'est-il pas, au contraire, probable qu'il n'y a chez eux qu'impossibilité ou extrême difficulté à reculer? Ensuite, à supposer que l'épanchement, par sa compression sur les corps striés, détermine l'immobilité, cet épanchement est-il constant? Or M. ÎMagendie est peut-être le seul qui l'ait observé dans cette circonstance. Enfin, les expériences par lesquelles
(1) Traité de physiologie, t. II, p. 233.
(2j Précis élémentaire de physiologie, H* édit., t. I , p. 404.
76 DIS FONCTIONS DU SYSTÈME NBttVtUX.
le lôle dos corps slriés nviiit é\è niiisi déIcnniiK!', ont élc répétées sans donner des rcsidlals send)lal)!os anx précédenis : M. I.ongcl n'a |)as vu les lapins qu'il avait privés de leurs corps striés se porter en avant plus que d'habitude ; ces animaux restaient au contraire en repos; une forte excitation suffisait h peine pour les mettre en mouvement et quelquefois en fuite, mais bientôt ils s'arrêtaient et retombaient dans une immobilité à peu |)rès complète; d'où il a conclu que la force motrice admise par M. Wagendic dans les corps striés était une force purement imaginaire. J'ai piqué, avec un stylet d'acier en forme de fer de lance, un des corps striés du cheval : l'animal n'a rien présenté de particulier dans les douze heures qui ont suivi la piqûre : il avançait, reculait et tournait, soit à droite, soit à gauche, comme auparavant, et toutes les fois qu'on l'y sollicitait. Après ce temps, trois nouvelles piqûres furent faites sur le même corps strié, et immédiatement après, le solipède faiblit sur les membres postérieurs qui furent frappés de paralysie; on lui soutint le train de derrière avec une traverse passée sous le ventre et il marcha assez facilement ; ses membres antérieurs se mouvaient parfaitement ; ses membres postérieurs traînaient sur le sol ; quand on cessait de le soutenir, il tombait; mais alors, chose singulière, les extrémités paralysées semblaient retrouver leurs forces pour contribuer à le relever; quand on voulait le faire reculer, il tombait également; enfin la faiblesse des extrémités postérieures se dissipa, et il |)ut se tenir debout sans le secours d'aucun appui étranger. A l'autopsie, il fut constaté que le corps strié, et le corps strié seul, avait été atteint par le stylet. Ce fait n'est donc pas non plus favorable à l'hypothèse de la force motrice du corps strié : bien d'autres sont dans le même cas. Jl n'est pas rare, par exemple, de trouver des concrétions du plexus choroïde qui viennent comprimer ces parties : tout le monde en a vu ; j'en ai rencontré moi-uième une de la grosseur d'uneamande dans le plexus choroïde droit d'un cheval, et deux autres presque aussi volumineuses, une de chaque côté, dans le cerveau d'un second cheval. Ces deux sujets, qui ne furent point examinés avec soin avant leur mort, puisqu'on ne pouvait soupçonner l'existence de ces concrétions, ne se firent pas remarquer par une tendance invincible à se porter en avant. Du reste, dans le vertige abdominal où celle tendance est si prononcée, trouvel-on des lésions de ces parties qui puissent expliquer cette tendance si énergique et si constante ?
Les couches optiques n'ont pas de fonctions mieux déterminées que celles des corps striés. Ces parties sont, d'après M. Flourens, insensibles et non excitables, c'est-à-dire que leur lésion ne produit ni douleur, ni contractions musculaires. L'action qu'elles exercent sur les mouvements volontaires est croisée chez les mammifères Cl les oiseaux ; elle est directe chez les reptiles : aussi, quand l'une d'elles est détruite, les premiers tournent du côté opposé à la lésion, cl les seconds, du côté même de celle-ci (1). M. Serres, qui a constaté expérimentalement que leur irritation ou leur ablation produit une paralysie des extrémités antérieures, admet que ces couches sont les organes incitateurs des mouvements des membres thoraciques; mais Longcl (2), n'ayant pas vu que la paralysie fût plus prononcée dans
(1) licchcrches expcrimoilales sur les fondions du système nerveux , p. 52.
(2) Ânatomieel physiologie du système nervcuj^, t. 1, p. 502.
FONCTIONS DE l'eNCÉPHALE. 77
les membres anlériciirs que dans les posléricuis, repousse celle manière do voir, loulen l egardanl les couches optiques comme des foyers d'innervalion loconiolrice.
La voîite à tvoispiliers, cornes d'Ammon, les ventricules cérébraux, la glande /)ituitaire, ont leurs fonctions tout ù fait inconnues, à supposer qu'ils en possèdent (le particulières. La voûte à trois piliers a été considérée comme servant, ainsi que le corps calleux, à établir une liaison ronctionncllc entre les deux iiémisplièrcs cérébraux; les cornes d'Ammon, comme ayant certains rapports avec l'exercice de la mémoire ; la clande piluilairc, comme destinée à sécréter un fluide spécial, etc. Mais ce ne sont là que des hypothèses sur lesquelles il est inutile de s'arrêter.
Telles sont les propriétés et les fonctions des lobes cérébraux et de leurs parties essentielles. D'une part, ces lobes, s'ils sont sensibles, ne le sont que très peu. Leur lésion ne détermine pas de convulsions ; d'autre part, ils ont sur les mouvements une action croisée dont la cause sera indiquée plus tard ; enfin, ils sont le siège des perceptions, des instincts, de l'intelligence et de la volonté ; leur destruction entraîne la perte des sens, de loulesles facultés psychologiques et soustrait les mouvements à l'influence des déterminations volontaires.