IV. ACTION DE l\ LANGUE
La langue est un organe de sensibililéel de mouvement. Elle sert, chez les animaux, à la gustation, à la préhension des aliments et des boissons, à la mastication et à la déglutition.
Pendant la mastication, sa sensibilité lui fait distinguer la saveur spéciale des aliments, apprécier leur état de division, reconnaîlie lesparlicsde la bouche qu'ils occupent ; elle lui fait éviter d'être pincée par les dents. Sa molilité lui permet de les attirer dans la cavité buccale, de les amener sous les molaires et de les y renvoyer quand ils se sont échappés de dessous leur table de frottement.
Pour exécuter ces différents mouvements, elle est pourvue d'un grand nombre de muscles ayant chacun un office particulier.
D'abord, elle est fixée à l'hyoïde et à la mâchoire inférieure de manière à être mue, indépendamment de l'action de ses muscles : ainsi, elle s'abaisse avec cette mâchoire, se meut latéralement et s'élève avec elle ; elle suit de môme les mouvements de l'hyoïde, lorsque ce petit appareil osseux s'élève, s'abaisse ou se porte en arrière.
Ses mouvements particuliers sont produits par ses muscles intrinsèques et extrinsèques. Elle est tirée hors de la bouche par les génio-glosses, en arrière par les hyoglosses supérieurs et les kérato-glosses, en arrière et en bas par les basio-glosses, de côté par ces mêmes muscles quand ceux de droite se contractent, alors que ceux de gauche sont relâchés, et réciproquement. Sa pointe se porte en haut, en bas ou latéralement ; enfin, l'organe change de forme, s'aplatit ou s'élargit ; sa face supérieure devient plane, concave ou convexe, s'applique sur le palais ou s'en éloigne, par l'action de faisceaux charnus disposés en divers sens, et que certains anatomistes ont considérés comme des muscles distincts auxquels ils ont donné des noms particuliers.
Les expérimentateurs sont d'accord pour rapporter la motricité de la langue aux nerfs hypoglosses dont la section entraîne la paralysie de cet organe. Pauizza a observé ce qui suit après la section de ces nerfs : Le chien à qui l'on donne du lait fait de vains efforts pour le lapper; sa langue reste immobile, il peut bien prendre du pain avec ses denlset le broyer; mais sa languequi ne peut ni le retenir ni concourir à la déglutition le laisse tomber de la bouche. L'animal ne saurait, du reste, ni retenir un bol qu'on lui a mis dans la cavité buccale, ni le déglutir, ni aussi faire rentrer sa langue lorsqu'elle est pendante, ni la remettre dans sa position quand on l'a renversée sur elle-même. Le mouton chez lequel on a fait cette section se trouve dans l'impossibilité de saisir l'herbe et de la faire parvenir dans sa bouche.
La sensibilité générale et tactile de la langue, qu'il faut bien distinguer de la sensibilité gustative dont nous avons déjà parlé, tient au nerf lingual de la cinquième paire qui se distribue au tissu musculaire et à la membrane muqueuse, tandis que l'hypoglosse se ramifie seulement dans les muscles. La sensibilité tactile peut être