‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiquesChapitre 145 sur 155 · HEURES · texte numérisé non relu

HEURES

TEMPS

QUANTITÉS

ÉTAT DE l'animal ET OBSEIIVATIONS.

de l'expérience.

en minutes.

en grammes.

Le cheval est encore couché.

Id.

Il est relevé.

Il est dehout.

Id.

Id.

Quelques gouttes seulement.

La sécrétion est suspendue et ne se réta-

blit plus.

(1) G. Colin, Expériences sur la sécrétion pancréatique du cheval, du porc et du mouton {Comptes rendus de l'Académie des sciences, 28 juillet 18ol, t. XXXIII).

D'après le résullat exprimé dans le tableau qui précède, ou voit que la sicrétiou pancréatique est uniforme pendant les doux premières heures, et qu'elle augmente j un peu à partir de la troisième, pour diminuer subitement et cesser bientôt ! après. La moyenne de la quantité obtenue est donc à peu près de 265 grammes I par heure, ou sensiblement le chiffre de la sécrétion chez la vache et le taureau. Elle aurait été plus considérable si le second canal pancréatique qui communique avec le premier eût été lié, ou si l'on eût recueilli par une autre petite sonde ce qu'il 1 verse dans l'intestin. ÎMais, à supposer que le fluide charrié par ces deux conduits, dont le second est très petit, eût été obtenu, il ne faudrait pas attacher une grande importance à son chiflVe, car l'irritation de la glande, suivant qu'elle est plus ou moins vive, trouble, à un degré variable, la sécrétion. D'ailleurs, la fistule peut être établie, tantôt lorsque la sécrétion est très active, tantôt lorsqu'elle est peu abondante. Évidemment elle l'était moins sur le cheval de l'expérience de .MM. Leuret et Lassaigne, puisqu'elle ne donna que 96 grammes en une demi-heure.

Il est encore un autre procédé qui permet de recueillir le suc pancréatique du cheval, sans léser la glande ni lier son canal excréteur : je l'ai employé plusieurs fois, et il m'a toujours réussi. Il consiste à lier le canal cholédoque et le pylore d'un cheval en pleine digestion, puis à chasser progressivement, à partir de la ligature et à l'aide de la pression des doigts, les matières que contient le duodénum qu'on lie ensuite à son extrémité postérieure. De cette manière, on vide sans l'ouvrir la première partie de l'intestin et l'on prépare un réservoir au suc pancréatique. Au bout d'une heure, ou tue l'animal, et l'on trouve dans l'anse duodénale 600, 800 et quelquefois 1000 grammes d'un suc parfaitement limpide et semblable à la salive maxillaire la plus pure ; c'est du suc pancréatique rendu très visqueux par ■ le produit des glandes de Brunner dont nous parlerons plus tard.

Il est à noter que dans cette circonstance, si l'anse duodénale est remplie et distendue, le suc qui continue à se sécréter s'accumule dans les canaux et y acquiert une extrême viscosité. Au moment où l'on détache le pancréas du duodénum, ou constate même que le liquide accumulé dans le duodénum reflue par le canal en assez grande quantité. Le résultat de cette variante montre bien que la moyenne de l'expérience précédente est loin d'être exagérée.

La sécrétion pancréatique du porc a des caractères que l'expérimentation ne peut aussi aisément reconnaître que chez les animaux ruminants. La fistule pancréatique s'établit sans difficulté chez le pachyderme. Il suffit pour cela de faire au-dessous de l'hypochondre droit une incision longue d'un décimètre et demi, par laquelle on attire l'anse duodénale qui porte l'insertion du canal excréteur. Bien que cette partie de l'intestin ait un mésentère trop court pour qu'on puisse l'amener au dehors de l'ouverture, ou aperçoit aisément le canal sur les sujets très maigres et l'on y fixe rapidement un tube d'argent muni d'une petite ampoule, puis on referme la plaie des parois abdominales. Si l'on veut comparer la sécrétion biliaire avec celle du pancréas, on adapte en même temps un appareil au canal cholédoque. A peine les tubes sont-ils fixés que l'un donne de la bile en grande quantité, et l'autre du suc pancréatique en plus faible proportion. Voici d'abord les quantités du suc pancréatique obtenu sur deux porcs adultes et de taille ordinaire.

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