‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiquesChapitre 144 sur 155 · ÉTAT DE L'ANIMAL · texte numérisé non relu

ÉTAT DE L'ANIMAL

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ODSEnVATIONS

ODSIÎIWATIONS.

Prem

ier jour.

Troisi

èmejour.

L'animal osl encore coiiolic.

L'animal mange.

Id. (encore un peu).

Il csl (Ic'boul.

Piumine.

11 l'cfiiso les aliments qn'im

Ne rumine pas.

lui prcfonlc.

Il esl cmicliû cl ne- rumine

pas encore.

Rumine un peu.

Qualricme jour.

L'ampoule esl renversée et le

li(pii(le perdu.

La sécrélion est suspenilue.

Queltpies grammes seulement,

sécrétion suspendue.

Cinquième jour.

L'animal mange. i

Il mange encore.

L'animal csl couché.

11 commence à ruminer.

Sécrétion suspendue.

Il continue à ruminer.

Deuxième jour.

L'animal esl couclié.

Sixième jour.

L'animal rumine.

La sécrélion esl h peu prcs

Sécrétion suspendue.

suspendue.

A partir de ce moment, on

cesse d'observer l'animal.

La sécrétion csl suspendue.

Tel esl le l ésullal d'une cxpi'riencc qui l éussil h merveille et qu'il fut possible (le suivre assez longtemps pour faire une élude minutieuse de la sécrétion pancréatique. Mais les choses ne se passent pas toujours ainsi. Le pancréas est une glande dont l'action so troui)le et se suspend sous l'induence d'une irritation très légère. I/expérinientateur, malgré tout le soin qu'il peut mctlre à se placer dans les meilleures conditions, ne doit pas s'attendre à jouir constamment du spectacle que donne la sécrétion lorsque ses phénomènes conservent leur régularité; il est exposé à des déceptions ou plutôt à de^ résultais qui s'éloignent de l'état normal. Indiquons ici les principaux, afin qu'on dislingue bien les caractères typi(jues de la sécrétion de ceux qu'elle prend dès qu'elle vient h éprouver une perturbation plus ou moins considérable.

Si l'on établit la fistule, à un de ces moments pendant lesquels la sécrétion est suspendue ou extrêmement ralentie, on trouve le canal ilasque et alTaissé, et rien ne s'écoule par le tube qu'on y fixe à l'aide d'une ligature; la sécrétion ne s'établit que quatre, cinq, six heures après que l'appareil a été fixé; quelquefois môme elle ne s'établit qu'après plusieurs jours, bien que les animaux mangent et ruminent h peu près comme dans les circonstances ordinaires. Ainsi elle n'avait pas encore repris son activité au bout de vingt-quatre heures chez un laurcau très vigoureux , et au bout de quarante-huit heures chez une vache; enfin elle ne commença à donner des quantités appréciables de liquide que le cinquième jour chez un petit taureau d'un an, dont les fonctions digestives ne furent point suspendues.

Si, au contraire, la sécrétion est active lorsqu'on fait la fistule, le liquide coule immédiatement, dès que le tube est placé, ou il commence à couler au bout d'un quart d'heure, car il peut arriver que les manipulations de l'expérience déterminent une suspension momentanée dans l'action de la glande. Alors la sécrétion présente , pendant un certain temps, les caractères ordinaires. Bientôt elle augmente graduellement et n'éprouve ni arrêt ni oscillations marquées. Ce signe de mauvais augure indique que le pancréas s'irrite et s'endannne. Aussi la sécrétion, après s'être exagérée graduellement pendant vingt, vingt-quatre, trente heures, s'arrête presque tout à coup et demeure suspendue deux , trois, quatre jours, après lesquels on voit s'échapper des flots de suc pancréatique limpide, non visqueux , charriant des débris d'épitliélium.

Ce dernier résultat est assez fréquent, car l'irritation de la plaie abdominale et celle du canal excréteur se propagent à la glande, dans une étendue plus ou moins considérable, bien que celle-ci n'ait été ni froissée ni déplacée. Nous verrons qu'il se reproduit avec une exagération telle chez le cheval , le mouton , le chien et le porc , que les véritables caractères de la sécrétion sont tout à fait masqués, et qu'ils eussent longtemps échappé aux investigations des physiologistes sans les heureuses conditions que présentent les animaux ruminants.

Enfin, dans tous les cas, soit que la sécrétion se trouve suspendue, soit que son produit s'échappe à l'extérieur pendant un certain temps, le canal se coupe au niveau de la ligature, le tube tombe six, huit jours après l'opération ; il se forme un épanchement qui cerne les extrémités du conduit divisé, et bientôt celui-ci se cicalrise et se rétablit avec un diamèlre peu différent de celui qu'il avait primitivement, ainsi que je l'ai constaté deux fois sur le veau et le taureau. L'animal qui n'a

pas cessé de manger et de ruminer, guérit très promptement , comme si les parois abdominales seules eussent été divisées.

C'est par une suite d'expériences faites dans diverses conditions, c'est par une série de combinaisons bien calculées, qu'on arrive à démêler les phénomènes réguliers de la sécrétion, des phénomènes insolites et exceptionnels qu'elle peut présenter. Comme une sorte de protée, elle revêt différentes formes, parmi lesquelles il faut reconnaître celle qui appartient îi l'état normal.

Chez les solipèdcs (1), la sécrétion pancréatique est fort difficile ii étudier. Le pancréas de ces animaux est profondément situé au-dessous de la colonne vertébrale. Son canal excréteur est enveloppé par la glande jusqu'à son insertion et il a des parois excessivement minces. Pour aller le chercher, il faut ouvrir largement le ventre, sur la ligne médiane, depuis le sternum jusqu'à 20 ou 30 centimètres du pubis, faire sortir de la cavité abdominale une partie du côlon , inciser le duodénum sur une étendue de trois à quatre travers de doigt , puis engager une sonde à bourrelet dans le canal, et l'y fixer au moyen d'une ligature très serrée qui embrasse l'extrémité inférieure de la glande; enfin il faut replacer l'intestin et fermer par une suture de ruban la plaie des parois de l'abdomen.

Ce procédé que de Graaf employa le premier sur le chien, réussit à MM. Leuretet Lassaigne sur le cheval. Il m'a permis une fois, après trois tentatives infructueuses, de recueillir une assez grande quantité de suc pancréatique. L'expérience fut faite sur un cheval qui avait mangé du foin et de l'avoine plusieurs heures avant que la fistule fût établie. Dès que le duodénum fut ouvert, et qu'une petite éponge fut engagée à l'ouverture pylorique pour prévenir l'expulsion du chyme, je vis très distinctement le liquide s'échapper en nappe et par saccades par l'orifice du canal. Une fois que la sonde munie de son ampoule de caoutchouc fut fixée, le liquide descendit dans celle-ci , même avant qu'on eût relevé l'animal. Voici le produit de la fistule depuis le commencement de l'expérience jusqu'au moment de la suspension de la sécrétion,

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