‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiquesChapitre 34 sur 155 · DU TOUCHER · texte numérisé non relu

DU TOUCHER

La vue donne à l'animal la notion de la présence des objets, celle de 4eur forme, de leur couleur, de leur distance ; l'ouïe lui fait reconnaître les corps par les sons qu'ils peuvent produire ; l'odorat lui fait apprécier les émanations répandues dans ratraosphère ; le goût lui fait juger des qualités des substances dont il se nourrit. Parleur intermédiaire, il acquiert une foule de connaissances, éprouve une infinité de plaisirs ou de souffrances ; car les sens sont les portes ouvertes à tout ce qui est agréable comme à tout ce qui est pénible. Ils sont localisés; chacun d'eux fournit une série de notions que ne peuvent point donner les autres ; mais ils ne les donnent pas toutes, le resté vient d'un sens plus général que les précédents, dissémine en quelque sorte à toute la surface de l'être, transformant l'extérieur du corps en un sens universel destiné à recevoir une foule d'impressions susceptibles de compléter et de contrôler celles qui dérivent des autres. Ce dernier, qu'on appelle 1q toucher, est le plus simple de tous; il existe chez tous les animaux où il apparaît avant les sens plus complexes dont il peut, jusqu'à un certain point, tenir lieu, et desquels il se différencie sous trois rapports essentiels : i° parce qu'il n'est pas lo^ calisé ; 2° parce qu'il manque de nerfs particuliers à sensibilité spéciale ; 3° parce qu'il reçoit des impressions de nature très variée. C'est celui qu'il convient d'étudier en premier lieu.

Des organes du toucher. — C'est le tégument OU la peau extérieure qui est chargée de recevoir les impressions tactiles; mais elle ne jouit pas, dans tous les points de son étendue, du même degré de sensibilité, et elle n'est pas partout également bien disposée pour mettre en jeu sa sensibilité. Aussi y a-t-il certaines parties xlu corps qui sont plus spécialement que les autres affectées au sens du toucher.

Chez l'homme, la main est admirablement disposée pour cet office. Parsa forme, par le nombre et la mobilité de ses doigts, elle peut s'appliquer exactement sur les corps dont on veut apprécier la configuration, la disposition superficielle et la température. Mais cen'est point par sou secours que l'homme acquiert la supériorité de fon intelligence, ainsi que le croyaient certains philosophes, si bien réfutés par Galien (1) ; il trouve seulement dans cet organe uninslrnmenlqui lui permet d'exercer ses facultés dans toute leur plénitude. Les singes partagent avec lui le privilège d'avoir de véritables mains, et ils en ont quatre au lieu de deux. Les extrémités antérieures des onguiculés sont aussi des mains plus ou moins imparfaites.

(1) Voyez SCS Œuvres j)hilosophiques et médicales [De l'ulililé des}}arlies),[Uad. par Daremberg. Paris, 1853, t. I, p. 114.

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