‹ Traité de physiologie comparée des animaux domestiquesChapitre 55 sur 155 · I. DU CABRER · texte numérisé non relu

I. DU CABRER

On appelle ainsi l'acte par lequel le corps des quadrupèdes s'élève et se maintient debout sur les membres postérieurs.

Le cabrer comprend deux choses essentiellement distinctes, savoir : le mouvement qui fait élever le corps sur le train de derrière, et l'attitude qui est le résultat plus ou moins prolongé de ce mouvement.

C'est une action difficile à produire : 1" à cause de la difficulté qu'éprouve le train de devant h opérer une violente délente analogue à celle des membres postérieurs dans le saut et la ruade; 2° à cause de l'éloignement considérable qui existe entre le centre de gravité et la ligne d'appui des membres postérieurs sur laquelle ce centre doit être amené. Elle ne peut durer longtemps, par suite de l'intensité des efforts musculaires qu'elle nécessite, de l'étroitesse de la base de sustenialion et de l'impossibilité à peu près complète du corps à prendre une direction verticale. Dès l'instant que le centre de gravité passe toujours, soit en avant, soit très près de la limite antérieure du point d'appui, le corps tend à retomber sur les membres thoraciques, et il y revient en effet aussitôt que les efforts musculaires sont impuissants à contrebalancer cette tendance. Si, par moments, il arrive sur la base de sustentation, le moindre effort peut déterminer en arrière une chute de l'animal.

On doit distinguer dans le cabrer deux temps successifs : l'un pendant lequel l'animal relève l'encolure ainsi que la tête et fléchit légèrement les membres antérieurs ; l'autre, de projection, dans lequel les membres thoraciques, par une brusque et énergique détente, soulèvent la partie antérieure du tronc; enfin, on peut même en reconnaître un troisième, suivant immédiatement la projection opérée par le bipède antérieur, et pendant lequel diverses puissances musculaires élèvent progressivement la masse du tronc sur le train de derrière, pour la mettre en équilibre sur la base de sustentation. Le mécanisme de cet acte a été exposé, avec une lucidité remarquable par iM. Lecoq (1), qui a surtout exactement précisé le rôle des agents chargés d'aider l'impulsion des extrémités antérieures.

La projection du corps en haut et en arrière effectuée parla détente des membres antérieurs préalablement un peu fléchis, constitue l'élément initial de l'action du cabrer. Llle résulte, en gi ande partie, de la contraction brusque des muscles qui redressent, d'une part, l'articulation métacarpo-phalangienne ; d'autre part, l'articulalion sca|)ulo-humérale, muscles qui sont, pour la première, les fléchisseurs de la région digilée ; pour la seconde, le corgco-radial et le sus- épineux.

Les fléchisseurs des phalanges, en se contractant, lorsque le pied est encore à l'appui, agissent énergiquement sur le sommet de l'angle du boulet qu'ils tendentà redresser. La force qu'ils développent alors se décompose en deux parties : l'une qui pousse le pied contre le sol et qui reste sans résultat utile; l'autre qui élève les parties supérieures du membre et, avec elles, les régions antérieures du corps. Cette action, comparable h la détente d'un arc dont une extrémité reposerait sur un plan résis-

• Traitéde l'extérieur du cheval, 2' édit., p. 374.

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