IL DE LA RUADE
Sons ce nom, on désigne l'action par laquelle l'animal projette brusquement la partie postérieure de son corps en l'air par une subite délente des membres abdominaux.
Celte action qui, plus restreinte, constitue l'un des éléments du saut, se produit de la manière suivante. L'animal qui veut ruer fléchit l'encolure , abaisse la tête et amène ainsi une plus grande partie du poids du corps sur les membres antérieurs. Puis , à la suite de celte préparation, les membres abdominaux étendant brusque-
ment leurs rayons, lèvent la croupe en haut, et projettent les pieds postérieurs bien en arrière de la ligne sur laquelle ils se trouvaient précédemment.
Les agents qui concourent à l'accomplissement de cet acte sont fort nombreux. En première ligne se trouvent les fléchisseurs des phalanges, l'extenseur du méta- , tarse, les muscles roluliens et le grand fessier ; en second lieu, les ischio-tibiaux et l'ilio-spinal. Les uns sont plus spécialement chargés d'opérer la détente qui élève la croupe ; les autres de projeter plus ou moins en arrière les membres postérieurs ; il faut examiner successivement le rôle de chacun d'eux en particulier, et déterminer l'ordre suivant lequel ils agissent.
Le premier élément de la ruade consiste en une détente plus ou moins rapide et plus ou moins énergique des niembi es postérieurs, détente effectuée non seulement par la contraction des extenseurs des divers rayons, mais encore par celle des fléchisseurs de la région digilée.
Les rayons des membres postérieurs formant des angles qui doivent être redressés, simultanément ou successivement, pour effectuer la projection du corps en haut, sont parfaitement disposés, à cause du degré de leur inclinaison réciproque, pour permettre un mouvement 1res étendu. Le premier des angles, à partir du pied, c'est-à-dire l'angle métatarso-phalangien, est redressé par les fléchisseurs de la région digilée; lo second, ou le tibio-tarsien, l'est par le bifémoro calcanéen et parles muscles précédenls ; le troisième ou le fémoro-tibial , par les muscles rotuliens; enfin le quatrième, ou le coxo-fémoral , par le grand et le moyen fessier. Chacun d'eux l'est dans une certaine mesure, et tous le sont au moment même où le pied appuie sur le sol.
L'effacement de l'angle du boulet résulte de la contraction des trois fléchisseurs des phalanges qui agissent sur un levier du deuxième genre dont l'appni est au sol, la puissance appliquée à la face postérieure des sésamoïdes, et la résistance au centre de l'articulation métatarso-phalangienne sur laquelle pèse une partie du poids du corps. Il a lieu de la même manière que dans le membre antérieur, lors de la détente qui contribue à la production du cabrer. Son mécanisme a cela de très remarquable, que les mêmes muscles qui fléchissent la région digitée sur le métatarse, lorsque le pied se lève ou lorsqu'il est en l'air, étendent cette région quand le pied est à l'appui, et en agissant précisément sur le levier éminemment favorable à la puissance.
Le redressement de l'angle du jarret prend une grande part à l'impulsion du train postérieur, il est opéré directement par le bifémoro-calcanéen, et indirectement par le fléchisseur superficiel et le fléchisseur profond des phalanges qui , tous les deux, passant en arrière du tarse, l'un au sommet du calcanéum, l'anlrc dans l'arcade tarsienne, ne peuvent, par conséquent, relever le boulet sans contribuer à ouvrir l'angle tibio-larsien. L'extenseur du métatarse et le fléchisseur superficiel des phalanges agissent encore ici sur le levier du deuxième genre, la puissance élant au sonmiel du calcanéum, la résistance à l'articulation et le point d'appui au sol. C'est encore là une particularité intéressante que les fléchisseurs du pied deviennent les auxiliaires de l'rxli nseur du jarret.
L'extension de la jambe sur la cuisse et de la cuisse sur le bassin, ou, en d'autres termes, l'ouverUire des angles du grassel et de la hanche, contribue ainsi.