DU PAS
5° Chaque pied est deux temps en l'air et deux temps sur le sol.
6 " Chaque membre levé emploie la durée de deux temps euliers à effectuer son oscillation, c'est-à-dire à parcourir le trajet qui sépare la piste qu'il vient de quitter de celle qu'il va occuper.
7" Ces oscillalions de deux membres levés ne peuveni ni commencer ni finir ensemble : celle du pied qui le premier a quitté le sol est cd'ecluée à moitié quand celle du pied qui s'est levé le dernier n'est qu'à son début.
8" Il y a toujours deux pieds en l'air et deux à l'appui, si ce n'est nu moment où l'allure est entamée.
Le corps est alternativement soutenu par un bipède latéral cl par un bipède diagonal.
10° Enfin, c'est toujours par le lever d'un pied de devant que commence l'allure : c'est indifféremment par le droit ou le gauche, s'ils se trouvent sur la même ligne transversale, et c'est par le |)lus reculé dans le cas contraire. Il en est ainsi, non seulement chez les solipèdes, mais encore chez les ruminants, même le dromadaire, chez le rhinocéros, etc.
Tel est le rhythme qui caractérise le pas ordinaire. Les modifications légères qu'il éprouve par le fait du ralentissement ou de l'accélération extrême de l'allure sont faciles à constater.
Si, par exemple, « l'animal remonte un plan incliné, le pas se trouvera nécessairement d'autant plus raccourci que la montée sera plus rapide, puisque le centre de gravité reporté en arrière par la position du corps, ne pourra plus être porté aussi en avant par la même dépense de force musculaire. Le pied postérieur n'atteindra plus la place laissée par l'antérieur, et nous verrons comme dans le trot raccourci, quatre pistes au lieu de deux pour un pas complet. Ue même, si le cheval est attelé à une voiture pesante, le fardeau à traînei" retiendra le centre de gravité, le pas sera raccourci, comme si l'animal remontait une pente; et si le fardeau est très lourd, le temps de l'appui l'emportant en longueur sur celui du soutien, le corps sera presque constamment alors supporté par trois pieds à la fois ; chaque extrémité retardant jusqu'au poser de celle qui l'a précédée dans l'action.
1) Si, au contraire, le cheval descend le plan incliné, le centre de gravité, se portant plus en avant, se déplacera plus facilement, le pas s'allongera, et la piste du pied antérieur sera dépassée plus ou moins par celle du pied postérieur ; mais ce résultat n'arrivera que si l'animal est libre ou peu chargé; car s'il a à retenir un fardeau un peu lourd, ou si la penle est très rapide, il aura soin de raccourcir son allure pour éviter d'être entraîné par l'accélération du mouvement (1). «
Les déplacements du centre de gravité dans le pas sont assez compliqués. Ceux qui s'effectuent suivant le sens horizontal sont les plus faciles à saisir. Lorsque le corps est soutenu par un bipède latéral, le centre de gravité se trouve, à peu près, sur le tiers antérieur de la ligne qui réunit les deux extrémités à l'appui; il passe de là au tiers antérieur de la ligne qui réunit les deux pieds d'un bi|)ède diagonal •dès que le corps, dans le temps suivant, est soutenu par ces derniers, puis il se porte sur le second bipède latéral, et de celui-ci sur le second bipède diagonal, de tello sorte qu'il a éprouvé, dans un pas complet, quatre déplacements suc-
■ (1) Lecoq, Traite do l'extérieur du cheval, 2' édit., p. 403.
cessifs d'autant plus étendus, que la croupe et le poitrail offrent plus de largeur.
Les déplacements verticaux peuvent être représentés par une succession d'arcs de cercles à convexité supérieure, qui auraient pour cordes les lignes de déplacement dans le sens horizontal; mais ils sont trop compliqués pour être compris sans le secours de figures.
Quant au déplacement total du corps dans un pas entier de l'allure que nous étudions, il peut être apprécié très exactement. Pour cela, il suffit de mesurer l'espace qui sépare deux foulées successives du même pied, c'est-à-dire la distance qui existe entre la pisle que quitte un pied et celle où il vient se placer inmiédiatemcnt après. Celle dislance représente précisément l'amplitude de l'oscillation d'une extrémité, amplitude dont l'étendue donne, ainsi que nous l'avons établi précédemment, la mesure de l'espace parcouru par le centre de gravité pendant la durée d'un pas complet d'une allure quelconque.
Le tableau suivant renferme les chiffres obtenus dans une expérience faite avec