DU SAUT
visse, au homard, îi la langouste, à plusieurs mollusques où il tient à un mécanisme particulier qu'il est inutile d'examiner ici (1),
L'éloiidue du déplacement opéré par le saut, soit verticalement, soit dans le sens horizontal , dépend de diverses circonstances dont les principales sont iucontcslablement la longueur des extrémités postérieures, l'énergie et la vitesse de la détente. On saitenelTct, et il est presque superflu de le rappeler, que les animaux à longues pattes de derrière sont des animaux sauteurs par excellence. Mais celte longueur n'atteindrait pas son but si elle ne coïncidait avec un développement considérable des muscles des divers rayons et une conformation spéciale du bassin et de la région lombaire dont le lièvre nous donne un remarquable exemple. Enfin, on conçoit, sans le secours d'une démonstration, tout l'avantage qui résulte de l'énergie et de la vitesse de la détente. Celle-ci ne semble même arriver à son maximum d'intensité qu'après un élan communiqué par une course de quelques instants. Dans tous les cas, l'élévation du corps est peu considérable chez les animaux, tels que le cheval qui parvient à grand'peine à franchir des obstacles élevés seulement à un mètre au-dessus de la surface du sol. L'étendue de l'espace parcouru est, suivant l'observation de Guvier, inversement proportionnelle à la taille des animaux : les plus petits faisant des sauts relativement bien plus considérables que n'en font ceux de liaute stature.
Si l'espace parcouru par le corps est en rapport direct avec le degré de l'impulsion qui lui est communiquée, celle-ci paraît avoir souvent une énorme intensité. Aussi peut-elle soulever l'animal, lors même qu'il se trouve chargédu poids du cavalier, poids analogue h celui que les anciens athlètes portaient aux mains, sur les épaules ou sur la tète, dans le but de provoquer des efforts musculaires plus énergiques.
Tel est le mécanisme du saut. J'ai dit comment le corps s'élève. II retombe quand l'impulsion qui lui a été communiquée se trouve épuisée ou détruite par l'action de la pesanteur. Alors il peut rebondir comme une bille élastique si la projection est verticale, ou bien, s'il est animé d'un mouvement horizontal, continuer à se mouvoir jusqu'à l'instant où la vitesse qui lui a été communiquée s'est complètement éteinte. Sa chute s'accompagne d'une flexion des diverses jointures destinée à amortir les réactions, ainsi qu'il a été dit dans le chapitre précédent.