‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 103 sur 115 · PT ETES · texte numérisé non relu

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d’abord à une gemme, le bourgeon à une spore, et l'œuf à un bourgeon.

3° Les différences paraissant comme autant de degrés d’une série, selon que le principe dont nous venons de parler s’v trouve plus ou moins suivi, nous reconnaissons aussi que, parallèlement à cette série établie dans notre esprit, marche une série correspondante dans l’organisation et la vitalité des êtres vivans procréés sous ces diverses formes, et que par conséquent ce qui entre dans l'idée d’une fonction se trouve

aussi exprimé ou réalisé dans l’ensemble de l'organisation.

Les êtres organiques du plus bas degré paraissent ne naître que par hétérogénie. Ainsi, Nitzsch a trouvé, parmi les Cercaires, tous les individus d’une génération de même grandeur, sans accroissement et sans aucune espèce de propagation ; ainsi, Gruithuisen (1) assure que quelques autres Infusoires ont exactement, dès le principe, la taille et la forme qu'ils doivent toujours conserver. La monogénie est laforme ordmaire chez les plantes acotylédones; elle a lieu sans organes particuliers pour la génération , dans les Conferves, les Ulves, les Fucus et les Champignons, ou par le moyen d'organes génitaux, dans les Mousses, les Lichens et les Fougères. La digénie est la forme dominante parmi les plantes monocotylédones, mais la monogénie s'y rencontre encore quelquefois. Cette dernière est plus rare encore dans les plantes dicotylédones. La monogénie règne, sans organes génitaux, chez les Infusoires, les Polypes, les Rotateurs, les Acalèphes, avec des organes £ génitaux, chez les Echinodermess elle se maintient à côté de la digénie, chez les Vers, les Entozoaires, les Mollusques ; on ne la rencontre qu'exceptionnellement cher les Insectes, les Arachnides , les Reptiles, et elle cède toutà-fait le pas à la digénie chez les animaux vertébrés Da rieurs.

$ 224. Mais nous n'apercevons pas une arte uniformité de développement dans la série des êtres organisés; nous voyons , au contraire, que quoiqu'en général la forme de la

(4) Beitræge zur, Physiognosie, p. 303.

RÉSUMÉ. Loi génération et l'ensemble de l'organisation se correspondent l'un l'autre dans la manière dont ils se développent progressivement, cependant des formes différentes de génération coïincident avec un même degré d'organisation. Chaque classe de plantes et d'animaux renferme en elle plusieurs modes de propagation, les uns supérieurs et les autres inférieurs, bien qu'elle en ait qui prédominent et qui correspondent plus particulièrement à sa nature. Parmi les Mollusques, les Acéphales sont monogènes, les Gastéropodes, en partie hermaphrodites, et en partie aussi, comme les Céphalopodes, pourvus de sexes distincts. La même diversité règne dans la classe des Annélides, dont quelques uns, par exemple, les Sabelles, n’ont même point encore d'organes génitaux. On dirait qu'à chaque échelon de la vie la nature baisse la tête pour jeter un dernier coup d'œil à ce qu’elle laisse au dessous, et la lève pour apercevoir ce qui se trouve au dessus. Cette. dernière particularité se manifeste surtout d'une manière bien sensible dans l'apparition des paraphyses (8 68, 2°). Il ar— rive souvent aussi qu'une même espèce se propage de différentes manières; les Infusoires provenant de génération spontanée maintiennent leur espèce par scission, plus rarement par des gemmes et des spores; les Polypes se propagent principalement par gemmes, mais aussi par scission et par spores ; les Pucerons, tantôt par des spores et tantôt par des œufs ; les Insectes, par digénie et quelquefois aussi par monogénie; beaucoup de plantes, tantôt par des œufs, tantôt par des propagules tuberculeux ou bulbeux, etc. On reconnaît, ou du moins on suppose avec beaucoup de vraisemblance, qu’à ces alternatives correspondent des degrés plus ou moins élevés de la vie. Parmi les diverses formes que nous rencontrons dans une même espèce, nous appelons normale celle qui se présente si souvent en elle, que nous pouvons la regarder comme la règle, et les autres, au contraire, comme des exceptions. Quelque incertaine et peu scientifique que soit cette évaluation, fondée uniquement sur le nombre des cas, cependant elle est la seule en laquelle nous puissions avoir confiance.

Plus l'organisation est imparfaite, plus le nombre des for- 6 26

mes de procréation est considérable. Chez l'être parvenu au dernier terme de la perfection, la génération se trouve réduite à une seule forme déterminée. Cet être peut rétrograder vers un échelon inférieur; un individu humain, par exemple, peut être sans sexe (1), ou hermaphrodite ($ 155 ), mais alors aussi il n’y a plus de génération. Plus les particularités relatives à la génération s'écartent du degré normal de formation, plus l'existence de l'individu est incomplète et compromise ; ainsi , l'absence de sexe n’a point encore été observée avec certitude sur l'homme adulte (2). 8 225. Si les différentes formes de l'être qui procrée reposent sur le développement d’un seul et même principe (8 223 , 1°), représentent une progression contmue ($ 225, 2°), et peuvent avoir lieu simultanément dans une même espèce ($ 224 ), elles ne sauraient être ce qu’il y a d’essentiel dans la génération. L’être proprement dit qui procrée doit être au-delà de ces formes , comme force identique, qui se montre active tantôt par tel moyen et tantôt par tel autre, comme être unique, qui seulement se manifeste de plusieurs manières différentes. La forme, ou le mode de manifestation, est l'enveloppe extérieure dont l'être se revêt. C'est aux deux extrémités que nous reconnaissons de la manière la plus évidente l'être qui procrée ; à l'extrémité inférieure, parce que la forme y est plus simple, plus imparfaite, et l'enveloppe par conséquent plus transparente; à l'extrémité supérieure, parce que l'être y devient plus fort, et que ce qui n’existait qu'en puissance à l’autre extrémité, est parvenu ici au plus haut point de perfection. Nous allons donc examiner principalement la génération spontanée ($ 226-229) et les formes supérieures de la génération qui exige le concours des sexes ($ 230, 231 ).

$ 226. La génération spontanée doit révéler de la manière la plus claire l'essencede la procréation, parce qu’elle est la forme primitive générale. L'existence d'êtres organisés sup- :

(4) Voigtel , Handbuch der pathologischen Anatomie , t. TIT, p. 364. — Meckel, Handbuch der pathologischen Anatomie , t. 1, p. 656. (2) Berichte von der anatomischen Anstalt zu Kœnigsbery, p. 28.

RÉSUMÉ. 405 pose celle de la terre, de l’eau et de l'air. Mais l'existence de ces élémens inorganiques n’est pas liée à celle d'êtres organisés ; ils peuvent subsister indépendamment d'eux; par conséquent, ils doivent les avoir précédés, assertion à l'appui de laquelle vient l’analogie, puisque nous rencontrons partout dans la nature le simple avant le composé, et que les Corps organisés sont composés de ces formes élémentaires de la matière. En faisant l'histoire du monde organique, nous chercherons à développer par des faits la modalité de cette génération primordiale : ici nous ne l’envisagerons que sous le point de vue qui se rapporte à notre sujet présent.

Le seul moyen de concevoir comment notre planète a pu se peupler d'êtres vivans , est d'admettre que les corps organisés se sont développés des corps inorganiques , phénomène qui se passe encore aujourd'hui sous nos yeux dans l’hétérogénie. Or on peut admettre deux cas extrêmes, ou qu'il ne s’est formé qu'une seule espèce d'êtres organisés, dont les circonstances ont tellement modifié l'organisation, qu'elle a fini par produire toutes les espèces actuellement vivantes (*); ou que toutes les espèces qui vivent de nos jours se sont produites en même temps de la matière imorganique. Mais l'un et l’autre cas sont également improbables , et [a vérité semble se trouver entre eux. En effet, l'hétérogénie nous apprend que d'une espèce d’Infusoires ne se développent point toutes les autres ; que toutes les espèces ne naissent point non plus simultanément, mais que, de temps à autre, des espèces aflines proviennent de celles qui subsistent déjà, ou paraissent à la même époque qu’elle. Nous devons donc présumer que toutes les espèces d'organismes entre lesquelles on aperçoit des différences essentielles, sont provenues de la matière inorganique à des époques diverses, et qu’elles sont arrivées peu à peu à l'état dans lequel nous les voyons. L’objection que la génération spontanée ne donne plus naissance au-

(*) Consultez surtout , au sujet de cette hypothèse , Lamarck ( Philosophie zoologique ; Paris 1830 , 2 vol. in-8°), et par rapport à l'influence des circonstances sur les êtres organisés , Marquis (Fragmens de philosophie botanique ; Paris 1821 , in-8), et Raspail (Nouveau système de physiologie végétale, Paris 4837 ,t, II, p. 249).

ho RÉSUMÉ.

jourd'hui à des êtres organisés parfaits, n'a aucune valeur, car bien des choses n'arrivent plus maintenant qui ont dû avoir lieu jadis; les eaux ne déposent plus de masses granitiques , et il ne se forme plus de roches primitives. Nous voyons ce que la force naturelle de la terre peut accomplir de nos jours; ce qu'elle à pu faire jadis, nous n’en jugeons que d’après les effets et par les résultats. Mais tout annonce qu’à l’instar des corps organisés , la terre a possédé des forces différentes aux diverses époques de son existence, qu’elle a dépassé maintenant l’âge de la jeunesse, où la vie débordait, pour ainsi dire , en elle de toutes parts, et où sa force plastique s’épanchait en une infinie diversité de produits; qu'aujourd'hui enfin à peine produit-elle encore quelque chose de nouveau, mais se borne à conserver ce qui à été produit, et que par conséquent elle a perdu en grande partie sa faculté procréatrice. Supposons qu’un être intelligent, qui n'aurait aucune notion du caractère progressif de la vie, ni aucune idée de la génération, aperçût pour la première fois un couple à cheveux blancs avec des enfans adultes , il lui semblerait impossible que ces hommes eussent fait partie autrefois des vieillards, et qu'ils eussent été formés par eux, Il en est ainsi de notre planète; nous et nos pères, depuis des milliers d'années, nous la voyons dans son âge de vieillesse , et de ce qu'elle n’a plus la faculté d’engendrer des hommes, nous ne devons pas conclure qu’elle ne l’a jamais possédée. Mais si l’on trouvait répugnant d'admettre que l'homme, avec son organisation parfaite , fût né de cette mapière , nous répondrions : |

4° Le Champignon , qu'aujourd'hui nous voyons croître sur la terre par l'effet d'une génération spontanée (*), est aussi un organisme compliqué , qui renferme en lui-même une multitude de parties concourant au même but, et qui représente un ensemble de formes délicates. L’Infusoire, qui naît sous nos yeux sans parens, est doué d’une vie intérieure, du sentiment et de la volonté. Si, de nos jours et dans un âge si avancé , la terre donne encore des produits si surprenans,

(*) Parent-Duchâtelet, Hygiène publique , Paris 4836, in-8°, t. I, p. 228.

pourquoi n’aurait-elle pas pu former aussi un organisme humain quand elle était dans toute la force de la jeunesse?

2 Il est plus que probable que les premiers hommes n'é- aient point encore ce que l'homme est aujourd'hui , car l’humanité ne se développe que peu à peu, et une prédisposition originaire quelconque ne se réalise complétement que dans le cours des siècles.

$ 227. La possibilité que tous les êtres organisés aient été produits par la matière morganique, et que cette procréation primitive et générale, tout en se conservant en partie, ait fait place à d'autres formes 'de génération, est prouvée par l'analogie d’autres phénomènes de la vie. Si effectivement il nous est permis, en tant que notre planète parcourt différentes périodes dans sa formation et produit des êtres organisés , de la comparer à un organisme , nous aurons lieu de présumer que les phénomènes qui s’observent chez un corps organisé peuvent aussi avoir lieu en elle.

1° Nous voyons qu’un être organisé forme des parues de son corps qui , après s'être développées , périssent, et qu’alors cet être en reproduit de semblables en remplacement de celles qui sont tombées. L’Insecte rejette sa peau, le Crustacé son test l'Oiseau ses plumes, le Mammifère ses poils, l’homme son épiderme, et chez tous ces parues se reproduisent. C’est là une véritable régénération mdépendante de la formation qui existait antérieurement. Nous voyons également des maladies, par exemple des spasmes, des fièvres intermittentes, etc., se développer, disparaître, et se montrer de nouveau lorsque les ;mêmes circonstances viennent à se réunir. Comme ces maladies et ces parties ne sont, comparées à d'autres, que des produits périssables, dépourvus d'indépendance et d'individualisation, de même la planète à pu produire des organismes qui ne se sont point élevés jusqu’à l’mdépendance de l'espèce, mais qui ont péri tels qu'ils étaient nés, sans avoir rien fait pour propager leur espèce. Ce sont des membres passagers de l’organinisme terrestre, qui ne conservent leur existence propre que pendant quelque temps , et ne peuvent point se propager ; mais l'espèce se réveille toujours, parce que sa formation n'a

rien de déterminé, et que les conditions de sa production existent partout sur la planète.

2 Les organes centraux du corps animal, le cœur, les poumons, etc., sont l'opposé de ces formations périssables , qui sans cesse se reproduisent. Ils sont le point le plus élevé et le plus individualisé qu'il soit donné à la force plastique orsanique d'atteindre ; aussi ne peuvent-ils être produits qu’une seule fois, et quand ils ont été détruits , ils ne se reproduisent point. L'organisme entretient leur existence vivante par voie de nutrition, c’est-à-dire par un renouvellement de substance qui s'accompagne toujours du maintien de la forme, mais non par voie de régénération. De même, certaines maladies, la variole, par exemple, se sont formées par un concours tout particulier de circonstances déterminées, et ne se conservent qu'en passant d’un individu à un autre, ou en se propageant; mais s'il était possible que tout à coup elles disparussent de la surface entière de la terre, elles seraient éteintes à jamais. Cependant, de ce que le cœur ne se reproduit plus du sang chez l’homme une fois né, et de ce que la variole ne s’engendre plus de nouveau aujourd’hui, nul homme sensé ne conclura qu'ils n’ont pas pu naître à une époque antérieure. De même aussi la planète à pu, dans le moment où elle était arrivée au plus haut période de sa force plastique , et dans des circonstances qui ne reparaîtront point, produire les êtres organisés les plus parfaits, qui se maintiennent par propagation, comme le cœur par nutrition et la variole par contagion. Ces êtres organisés parfaits ne se produisent donc plus de nouveau aujourd'hui, et si tous les individus d’une espèce venaient à être anéantis , l'espèce entière serait perdue à tout jamais pour la planète, cas dans lequel se trouvent effectivement la plupart des animaux dont nous trouvons les débris à l'état fossile.

3° Enfin il y a des parties organiques qui tiennent le milieu entre les formations générales , inférieures, transitoires (1°), etles organes particuliers, centraux, persistans (2), de telle sorte qu'elles persistent bien, en général, comme ces derniers, mais que, quand elles ont été détruites, elles peuvent se reproduire comme les premières. L’os , par exemple,

RÉSUMÉ. 4o7 est continuellement entretenu par la nutrition; mais, lorsqu'il a été frappé de mort, un autre os semblable peut se produire à sa place, si les circonstances sont favorables. La même chose a lieu pour certaines maladies ; ainsi le typhus contagieux se propage par infection; mais quand il est éteint depuis long-temps, il peut être reproduit de nouveau par un concours de circonstances déterminées. Il est donc également possible que la génération spontanée donne quelquefois naissance, sur notre planète , à des êtres organisés qui d'ordinaire ne doivent leur existence qu'à la propagation.

$ 228. 1° Ce qui agit, à proprement parler , dans l’hétérogénie, n’est point un être organique déterminé , car l'effet se manifeste avant qu'il existe des êtres organisés : la source doit donc être placée plus haut, dans une force créatrice organique antérieure à ses produits, les êtres organisés.

2° Cependant il ne peut point y avoir de différence essentelle entre le commencement de la vie et sa continuation; la génération ne peut donc s'effectuer que par la vie. Mais, dans la génération spontanée , il se forme, de substances hétérogènes , un être vivant qui n’est point une combinaison de ces substances et de leurs qualités, qui déploie des qualités différentes, qui possède en lui-même une source d’activité, qui change sans cesse, tout en continuant de rester semblable à lui-même, et qui à une durée d'existence déterminée par sa nature. Nul être ne peut rien engendrer d'hétérogène ; la pierre ne produit point de pensées, et la pensée ne produit pas de pierres. Or, rien ne naissant de son contraire, ce qui possède la vie ne peut non plus provenir de ce qui en est absolument dépourvu. Nous voyons que la vie appartient, non à telle ou telle des parties organiques , mais à leur ensemble , en tant qu’elles forment un tout par leur réunion; nous devons donc présumer aussi que les parties de la planète ne paraissent privées de vie et inorganiques qu'à l'état de séparation et d'isolement, qu'au contraire l’univers est un tout organique et vivant. Et de même que les parties d'un individu organique sont des manifestations de la force inhérente à l’ensemble, par laquelle la vie se phénoménalise, de même aussi les corps hétérogènes doivent être simplement les sup-

ports ou les intermédiaires de la force procréatrice inhérente à l'univers , les instrumens à l’aide desquels cette force se révèle. L'eau, l'air et la terre sont des conditions extérieures de la conservation des êtres organisés, ou les moyens par lesquels la force vivante peut se manifester ; mais comme le commencement de la vie ne saurait différer essentiellement de sa cominuation , il faut que, dans la génération spontanée, ces élémens ne soient non plus que des moyens mis en œuvre par la force vitale qui tend à se manifester. 2

3° Ce qui agit dans l'hétérogénie, n’est point un; ce n’est ni l'eau, ni l'air, ni la terre, c’est leur ensemble (8 10); mais cet ensemble n’est point une chose concrète ; ce qu'il renferme de commun n'existe donc qu’en idée; par conséquent l'être sénérateur doit être idéal.

A° La génération primordiale n’exige point une substance unique et déterminée, mais seulement une spécialisation des formes. En elfet , l’eau, la terre et l'air ne sont pas des substances élémentaires , mais des formes élémentaires , qui désionent les modes possibles de manifestation de toute matière. Comme leur présence à tous trois est nécessaire pour que la génération primordiale puisse avoir lieu, celle-ci nous apparait comme le résultat ou le produit de l’universalité de la matière , ces Corps étant eux-mêmes les représentans de l’ensemble des modes possibles de manifestation sur notre planète. S'il ne s'agissait que des substances, nous pourrions produire des êtres organisés avec un seul de ces trois mem-

bres, puisqu'ils sont composés de mêmes substances élémentaires.

bo Ce qui agit dans la génération primordiale ne peut point être une force périssable : il faut que ce soit une force éternelle, car elle a aoi dès l'origine, et elle continue toujours d'agir.

6° Ce ne peut être enfin une force particulière , et il faut que ce soit une force générale , puisque tous les êtres organiques Jui doivent leur existence.

$ 229. En reprenant toutes ces considérations, nous nous trouvons conduits à admettre les principes suivans, qui de-

RÉSUMÉ. 409 vront être plus amplement examinés dans le cours de nos recherches.

1° C’est un principe éternel ($ 228, 5°) et idéal ($ 228, 3°), existant dans l’univers (6 228, 4°), qui crée toutes les choses particulières ($ 228 , 6°) et les harmonise ensemble, de mamère que la nature, envisagée dans sa totalité, est vivante, mais que chaque chose particulière paraît sans vie ‘lorsqu'on la voit isolée du tout (S 228, 2°).

2° Déterminée par la domination de ce principe idéal, la nature tend à animer aussi les mdividualités, c'est-à-dire à établir en elles un ordre de choses semblable à celui qui règne dans le tout, à se répéter ou se copier elle-même dans des proportions plus exiguës. C’est donc la même force qui crée l'univers et qui produit les êtres vivans ; la force génératrice est une force créatrice ($ 228, 1°).

3° Les corps qui engendrent sont seulement ce par quoi la sénération s'accomplit, les organes de la génération , les supports de la force génératrice ($ 228 , 2°).

4° Pour que les corps puissent devenir organes de la génération, il faut qu'ils agissent ensemble dans les différentes formes de l'existence matérielle ; par conséquent il faut, d'un côté, qu’ils forment un antagonisme reposant sur la différence, non de l'essence, mais de la forme de manifestation; et de l’autre, que toutes les formes soient présentes, qu’il y ait de la terre, de l’eau et de l'air (228, 4°), ou, pour employer des termes plus généraux, un corps solide , un corps liquide et un Corps gazeux.

$ 230. A l'égard de l’homogénie ,

A° Les êtres vivans qui sont provenus de génération primordiale, se propagent; l'espèce, que la génération primordiale avait fait naître ou reproduite de nouveau , se conserve ici. La propagation est donc une répétition de la génération primordiale , et comme telle elle doit, puisque ses produits sont les mêmes , dépendre de la même cause, avoir seulement des moyens différens; les supports de la génération étaient Rà l'air, l'eau et la terre ; ici ce sont des organes vivans.

2 La propagation ne fait qu'étendre plus loin ce qui a été commencé par la génération primordiale , car l'activité vitale

qui l’accomplit est la même que celle par laquelle cette dernière à été mise en jeu. Quand l’activité vitale de l’individa s’est développée jusqu'à son plus haut degré, elle apparaît comme force génératrice , et la plasticité qui avait formé les organes de l'individu, forme alors un nouvel individu. La force génératrice ne diffère donc pas essentiellement de la force plastique ; elle n’en est que le plus haut degré, qu'une direction particulière. Wolff la désignait comme la force essentielle qui construit le corps organisé sans modèle , conduit les parties nourricières de l'œuf au fruit, sans avoir besoin d'un appareil mécanique spécial (1), dirige aussi l'humidité du sol dans la plante, l'y distribue et la dépose dans les différens organes (2). Cependant Wolff considérait la fonction d'amener la nourriture comme étant le point essentiel, tandis que la principale chose est la conversion ou l'assimilation de cette nourriture. En effet, le fondement de la formation organique n’est point une substance préexistante , mais une force qui crée la matière organique et lui impose la forme, une force plastique. Or, comme une force, quelle qu’elle soit, tend toujours à se manifester, à se phénoménaliser, on peut aussi Se la représenter comme un penchant, et, en eflet, Blumenbach (3) donne le nom de nisus formativus à la force qui opère la nutrition des parties solides subsistantes , la reproduction des parties perdues et la génération de nouveaux individus. Lorsque la substance, auparavant grossière , est arrivée à la maturité et. parvenue au lieu de sa destination, ce nisus entre en jeu, produit originairement la forme , la conserve pendant toute la vie, et tend à la rétablir quand elle a reçu quelque atteinte. Cependant le nisus formativus est une qualité occulte (4), dont nous cherchons en vain la cause, et dont nous ignorons l’origine, parce qu’il suppose toujours un être organisé qui lui ait servi de point de départ.

Quelque chose d'aveugle et d'inintelligent ne peut créer des êtres dirigés vers des buts déterminés. Le pouvoir de produire

(4) Theoria generationis, p. 73.

(2) Jbid., p. 42.

(3) Ueber den Bildungstrieb, p. 31.

(4) Jbid., p. 33.

RÉSUMÉ. Ari un organisme n'appartient qu'à une force intelligente (4). Aussi, Stahl érigeait-il l'âme en principe général de la vie, qui construit, nourrit et régénère le corps. Mais il prenait ici le mot d'âme dans une acception particulière, puisqu'il ne pouvait refuser la force génératrice et plastique aux plantes ellesmêmes; et quand il se servait de ce mot en lui laissant sa Signification vulgaire, il avait contre lui l’expérience, qui nous apprend que l’âme individuelle, étant assujettie à la condition du temps, ne peut former un organisme pendant l’état d’imperfection par lequel elle débute, et n'acquiert ce pouvoir qu'après être arrivée au dernier terme de son développement. Stahl reconnaissait la puissance de l'idéal, mais il errait en cherchant la cause de la vie dans la manifestation finie de cet idéal. Il n’y a que l'absolu, l’idéal, qui puisse être la cause première et par conséquent véritable de la vie et de la génération. Aussi, les occasionalistes admettaient-ils que la divinité donne la forme organique à la matière à l’occasion d’un accouplement. Mais, dans ce système, on sépare la cause de l'effet, et l'on se figure le monde comme une horloge existante par élle-même, sur laquelle l’ouvrier n’agit que par occasion. C’est dédéifier dieu que de lui opposer le monde, d’en faire une puissance placée en face de lui, et de prétendre que son activité ne se déploie que par momens. La nature n’est rien si elle ne repose point sur des lois éternelles, et ces lois ne sont autre chose que l'expression d’un infini, que la révélation de dieu. Platon peignait cette unité par une allésorie ; il supposait, entre la divinité et l'homme, des êtres intermédiaires, des démons particuliers, de nature divine, qui engendrent les êtres vivans , en forment l’âme d’une partie d’euxmêmes, et construisent le corps organique avec la matière. Sans employer ainsi un langage figuré, Harvey, Willis et autres, admettaient l’activité immédiate de l'idéal dans la vie, én désignant la force plastique et génératrice sous les noms d'anima vegetativa, idea plastica , idea seminalis. C'est un idéal qui fait la base de la vie, et ce n’est non plus qu'un idéal qui agit dans la propagation.

(4) Haller, E7em. physiolog,, t. VIIX, p. 412 et 448.

3° Mais l'idée de la vie est l'accord d'un être avec lui-même par l’activité, ou, eu égard au corps, la conservation de soimême par un renouvellement continuel. La propagation est une conservation de la vie subsistante ; les Infusoires qui, conformément aux circonstances momentanées, et comme œuvre de l'instant, sont nés par génération spontanée, se maintiennent, après que cette génération a cessé, par scission Où par formation de spores. La propagation est donc un acte de la vie ; donc l’être qui engendre doit être identique avec l'être qui vit, qui se conserve lui-même. Mais la propagation est une conservation de l'espèce, et non de l'individu; par conséquent c’est l'espèce et non l'individu qui constitue l'être procréateur proprement dit, ou, pour employer d’autres termes, ce qu'il y a d’actif et de vivant dans la génération. De là vient que la vie individuelle , notamment celle du mâle , dans laquelle l'individualité est portée au plus haut degré, peut subsister sans cette fonction, que même, en passant sous l'influence de l’espèce, elle s'appauvrit et se raccoureit. Mais l'espèce, qui se maintient elle-même par la propagation, n’est point un être déterminé et concret; c’est un être abstrait et idéal, la chose persistante, essentielle et procréatrice, dans la propagation. Les individus ne sont donc que de simples organes pour la réalisation de l'idée, et nous ne pouvons leur appliquer l’épithète de génitaux, qu'autant que partout nous attribuons l'effet à l'instrument mis en action par une autre force. On n’a pas de peine non plus à concevoir qu'il n’y a qu’une chose supérieure à l'individualité qui procrée; car un être ne peut produire que ce qui est homogène à sa nature, et non son semblable ; ainsi, l'œil crée une image, mais non un nouvel œil; l'âme crée des pensées, mais non une autre âme; il faut toujours que le créateur soit supérieur à la créature, et plus puissant qu’elle. Mais l'individu , comme tel, ne saurait procréer, car l'individualité consiste dans l'isolation, dans la particularisation de la vie, au lieu que la génération est dirisée vers un infini, et tend immédiatement à former de nouveaux individus. Les deux idées sont donc dans un état d'antagonisme qui ne peut cesser qu'autant qu'une direction vers l'infini s'établit dans la vie, et franchit les bornes de l'indivi-

RÉSUMÉ. 415 dualité. Nous arrivons ainsi à la confirmation de cette sentence d'Harvey : Quos fœcundum facit, in omnibus idem aut consimilis naturæ est; idque divinum , analogon cœlo, arti, intellectur, providentiæ (1).

4° A l'égard des parties par lesquelles s’accomplit la propagaton, l'usage déjà les désigne sous le nom d'organes génitaux, indiquant par là qu’elles ne sont pas la cause, mais seulement le moyen d'exécution de la fonction. Les détails dans lesquels nous sommes entrés précédemment attestent l'exactitude de cette manière de voir; si l'individu tout entier est impuissant pour procréer, comment une partie spéciale, créée par la force plastique de cet individu , pourrait-elle contenir en ellemême la cause de la génération? L'observation vient encore à l'appui, car la propagation peut avoir lieu sans organes génitaux ($ 21-37). Ces organes n'existent que chez les êtres organisés parfaits, et ils n'apparaissent que par suite d’une scission de l'organisme en parties différentes les unes des autres : ce qui, jusqu'alors, avait été exécuté par la masse générale, est accompli ici par une partie spéciale et imdividualisée. Si la vie consiste en un conflit de parties différentes, elle doit aussi être d'autant plus parfaite que les parties diffèrent davantage les unes des autres, et qu'elle renferme en elle-même un plus grand nombre d'antagonismes. C’est en ce sens que l’antagonisme des organes génitaux place l'organisme dans la sphère d'une existence plus complète et plus riche. L’antagonisme entre l'organe appartenant à l'espèce et les organes appartenant à l'individu, doit donner une tension plus considérable à la vie tout entière, et l'être qui procrée doit, aussi bien que l'être procréé , avoir par cela même un degré de plus de perfection. La génération doit se perfectionner encore davantage lorsque l'organe consacré à l'espèce se résout lui-même en antagonismes secondaires, et devient un système organique; mais il faut que la force de la vie, telle qu'elle est déterminée par l’idée de l'espèce, se déploie pleine et en: tière dans ce système.

$ 231. La monogénie est accomplie par l'individu ; celui-ci

(A) Exercilat, de jenerat, animat., p, 121.

se répète dans un autre individu , ou propage en lui son existence, et lui communique aussi ses qualités non essentielles, celles par lesquelles il se distingue des autres individus de la même espèce, de même que, par exemple, la grefle et la bouture propagent la couleur des fleurs, la saveur des fruits et autres qualités non essentielles à l'espèce et purement individuelles. Dans la propagation par des sexes, au contraire, le nouvel individu n’est pas une copie de ses parens, il acquiert des forces et des organes qui manquent à ceux-ci, et ne réalise que l’idée de l'espèce : cette idée devient donc plus saillante, et l'individualité moins prononcée. Ici, où la séparation des organes génitaux va jusqu'à la répartition sur des individus différens, la génération s’accomplit par le concours de deux vies. Deux êtres non semblables, qui n'ont de rapport ensemble qu'eu égard à l'idée de l'espèce, opèrent la propagation; chacun d'eux, en particulier, n'a que la possibilité de manifester sa vitalité propre, mais ne fait preuve par lui-même que d’une activité stérile et purement apparente, précisément parce que la vie n'est pas dans la partie, mais dans le tout; chacun, isolé, ne porte pas le caractère complet de son sexe, qui ne se prononce en lui qu'au moment de son union avec l’autre. Ici donc l'idée de l'espèce se montre bien mieux encore la chose essentielle dans la génération; ce n’est point un être concret qui porte la faculté procréatrice, mais un être abstrait, faisant la base de deux individus. Cette haute puissance de l’idée est le véritable fondement de la sexualité; elle fait de [a génération un acte purement dynamique et idéal; elle donne au produit plus de vitalité, et à l'espèce plus de liberté dans le déploiement de son caractère général, de sorte qu’elle peut se développer à un plus haut de-, gré; les sexes portent en eux une diversiié de directions qui ne sauraient être réunies dans un même individu. Tel est le sens de la scission toujours croissante du système génital en sphères subalternes de plus en plus distinctes les unes des autres, et qui concourent à une fonction commune plus idéale. Tel est enfin le sens de la sexualité, qui va toujours en s'étendant de plus en plus, pénètre l'esprit

RÉSUMÉ, 435 et le cœur, et fait que deux âmes, l’une mâle et l’autre femelle , réunissent et confondent leur activité dans l'intérêt de la procréation.

$ 232. La cause de toute génération, en général, est dans la force idéale infinie, qui se révèle dans l'organisme de l'univers, et qui, absolument une, répète dans la partie ce qu'elle a fait dans le tout, c’est-à-dire répand partout l’existence vivante. Cette force agit d'après des lois éternelles, qui sont identiques avec elle, et dont ses œuvres sont la révélation. Ainsi, la génération primordiale est accomplie par la force générale de la nature, à laquelle ce qui n’a point vie sert d'instrument pour produire la vie, mais seulement une vie commune, une vie inférieure, germe d'une autre plus relevée. Quand ce germe s’est développé, la propagation a lieu par la force de l'espèce, qui agit dans les individus vivans, et qui, en s’élevant toujours de plus en plus au dessus de l'individualité, en se manifestant d'une manière toujours de plus en plus dynamique et spirituelle, procrée aussi une vie toujours de plus en plus parfaite, qui arrive enfin à pouvoir contempler l’ensemble de l'univers et sa cause éternelle. Mais s’il faut qu'une vie dans laquelle l’action variée et harmonieuse de l'univers se répète sur une plus petite échelle, arrive à l'existence, ce ne peut être une individualité seule qui l’y amène, puisqu'elle est incomplète; il faut que ce soit le concours des deux individualités, qui se complètent l’une l’autre, qui, dans leur conflit dynamique, représentent une chose dynamique, idéale, une image du tout, mais qui soient liées ensemble par quelque chose de commun ; 11 y à nécessité d’un antagonisme, avec son moyen d'union. Maintenant il a, dans l'infini, unité absolue et absence de tout antagonisme autre que celui de son existence et de sa manifestation. Le plus élevé de tous les antagonismes est donc celui de l'existence primordiale, intérieure, et de l’activité extérieure qui en procède, et cet antagonisme doit être partout l'intermédiaire de la génération, ou l'être en apparence procréateur.

I. En traitant de la sexualité ($ 204-212), dans laquelle l'idée fondamentale se manifeste de la manière la plus éner-

gique et la plus claire, nous avons prouvé qu'au féminin ap-. partient la primordialité dans cet antagonisme , que les différens facteurs s’y trouvent réunis en une existence intérieure unique, qu'il a des connexions plus intimes avec le tout, qu'en conséquence c’est lui qui plus particulièrement procrée, où qui prend la plus grande part à la génération. Le membre primordial ou féminin, dans la génération spontanée!', est l’eau; car bien que ce ne soit pas ici le lieu de développer les motifs autorisant à regarder l’eau comme la première chose qui ait paru sur notre planète, il est clair cependant

1° Que c’est particulièrement à elle qu'appartient la plasticité dans la nature , puisque, sous sa forme liquide, elle occupe l'échelon mitoyen de la cohésion, et que, dans sa composition, elle se comporte comme un corps indifférent, puisqu'étant mobile et variable à un haut depré, sans cependant manquer de toute consistance et de toute force de résistance , elle renferme en elle la possibilité de toutes les formations diverses, puisque enfin elle se décompose par l’influence de l'électricité, et produit de nouvelles formations.

2° L'eau est le premier aliment de tous les êtres organisés, et le plus général. Or, la nutrition étant une production de soi-même, ou la conservation de la vie ne faisant réellement qu’un avec l'éveil de la vie, l'eau doit être aussi la substance plastique propremènt dite et générale dans la génération.

3° L'eau est ce qu'il y a de plus essentiel dans la génération spontanée ; car, à son égard, 1l s’agit non pas seulement du mode de cohésion, mais encore de la substance, puisqu'on ne peut point la remplacer par d’autres liquides, comme le mercure, l'huile, l'alcool, etc., tandis qu’au contraire le corps . solide et le gaz peuvent varier beaucoup ($ 44).

L° La substance génitale femelle est primordialement une eau organique, végétale ($ 64 1°) ou animale ($ 66).

De même aussi, dans la monogénie, le suc végétal ou le sérum contient le principe féminin.

Al. Une force dirigée de dedans en dehors doit concourir à la génération avec l'existence primordiale et intérieure. Nous avons vu que, dans la génération sexuelle, le masculin parait

RÉSUMÉ. AA en second lieu, qu'il doit son origine au développement, à la différence, qu'il se caractérise par la prédominance des rapports avec l'extérieur, par une diversité plus prononcée, par un relâchement plus grand des liens qui l’unissent au tout, et par une individualisation plus parfaite. Dans la génération spontanée, c’est le corps solide ($ 9, I) qui tient sa place.

5° En effet, tout ce qui est solide et secondaire a pris naissance d’un liquide.

6° La solidité désigne la séparation de l'existence par une délimitation particulière, l'isolation, l’individualisation.

7° Le corps solide ne prend qu’une part indirecte à l'acte procréateur, soit qu'il se dissolve dans l’eau, soit qu’un changement de son essence détermine l’eau à former des Infusoires.

8° Génération et conservation de soi-même sont deux actes similaires. Or, nous voyons que les organismes inférieurs se nourrissent plus facilement, que des corps solides inorganisés et de l’eau suflisent pour les faire exister, qu’au contraire, quand il s’est développé des forees supérieures, la plasticité a moins de puissance, et qu'alors la nutrition exige une substance solide qui ait été vivante, tant parce que ces sortes de substances sont plus décomposables et plus susceptibles de déployer des eflets galvaniques, que parce qu’elles se rapprochent davantage de l'être vivant, et se transforment plus facilement en masse organique. Si donc la force plastique de notre planète a été autrefois plus puissante qu’elle ne l’est au jourd'hui, on peut penser que la génération primordiale a été mise en jeu jadis par des dépôts inorganiques produits au sein des eaux, mais qu'aujourd'hui elle a lieu, sinon exclu sivement, du moins principalement, lorsqu'on fait infuser dans de l’eau une substance qui a joui de la vie ($ 9

Dans la monogénie, la substance solide du corps organisé exerce une action fécondante sur le liquide , et nous avons vu, en effet, que la formation de la liqueur destinée à la généra: tion est - par un contact intime et multiplié avec les parois vivantes. ; III. L'air enfin, dans la génération primordiale, est l'inter :

médiaire de l’action mutuelle de la terre et de l’eau, de même | que l'accès de Pair est une condition du développement de l'électricité produite par le contact d’un corps solide et d’un corps liquide. Dans la monogénie, le lien correspondant est l'unité de la vie individuelle; dans la génération sexuelle, c'est l'unité de l’idée de l'espèce.

EXPLICATION DES PLANCIIES.

Pour rendre intellisibles les axiomes morphologiques , la physiologie a besoin de figures qui aient été tracées dans le sens de ces propositions. Il s’agit, non de représenter des formes d'espèces déterminées, mais des formes pures et générales, non de montrer la réalité individuelle , mais d’exprimer l'idée dans toute sa vérité, non de copier les formes organiques telles qu’elles apparaissent à l’anatomiste, mais de les dessiner telles que l’abstraction nous les fait connaître; non de peindre les organes dans leurs connexions variées à l'infini, mais de les offrir sous un aspect qui permette de saisir aussitôt le principe de leur développement ; non de marquer les caractères individuels de grandeur, de position, etc., mais de faire ressortir les caractères essentiels de la structure. En un mot, les figures qui servent à la physiologie doivent avoir le caractère du système. Mais il est mauvais de les rendre purement géométriques, parce que la vie ne s'exprime jamais que sous des formes plus libres, et qu’elle adoucit la raideur de la loi géométrique par une multitude infinie de nuances. Le mieux est done de se tenir aussi près que possible de la réalité, de choisir ceux des êtres organiques qu’on peut considérer, relativement à tel ou tel organe, comme des types d’un degré déterminé de formation , et de remplir les lacunes, quand ces types viennent à manquer, par des figures imaginaires. Plusieurs auteurs de manuels de botanique ont représenté les formes pures des organes végétaux; j'ai essayé, en marchant sur leurs traces, de donner une série de figures propres à représenter aux yeux les degrés de développement des organes génitaux qui sont décrits dans le premier Livre.

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