RÉSUMÉ DES CONSIDÉRATIONS SUR L'ÈTRE QUI PROCRÉE
$ 222. Nous avons constaté que l'être qui procrée revêt des formes diverses. En cherchant à classer ces formes pour les passer en revue, nous sommes arrivés de tous côtés à un antagonisme, c’est-à-dire à deux propositions se contredisant et excluant toute troisième. Nous avons vu toute la possibilité imaginable épuisée dans chaque proposition et dans son contraire, et nous avons reconnu qu il nous eût été possibie d'établir les propositions sans le secours même de l'expérience : un être organique est engendré , ou par un être dont la nature diffère de la sienne ($ 7), ou par un être de même nature que lui ($ 19); dans ce dernier cas, il l’est par un seul individu ($ 20 ) ou par plusieurs ($ 46); s’il l’est par plusieurs, c'est en vertu, ou d'une formation qui tient au reste du corps par des liens organiques ( $ 21), ou par secrétion et dépôt (835), etc. À aucune couple de ces propositions contradictoires , nous n'avons pu supposer la possibilité d'en associer une troisième. Mais aussi ce dont nous avons pu admettre la possibilité, l'objection nous l’a montré jouissant d’une existence réelle, et jamais nous n’avons vu une proposition réalisée , sans trouver également la réalisation de son contraire. La réalité nous apparaît donc ici comme un épuisement de la possibilité; en d'autres termes, la nature est la réalisation de tout ce qu’on peut concevoir; notre imagination et la variété de l'existence réelle se correspondent l’une l’autre; il semble que la nature ait eu comme nous de l'imagination, et qu'elle ait créé, dans une réalité extérieure, d’après des lois rationnelles, ce que nous formons dans le cercle de nos idées. Mais notre imagination ne pouvait pas établir d'elle-même ces antagonismes ; il fallait qu'auparavant elle-même en eût reçu la matière de l'expérience. Quand nous nous figurions la possibilité qu'un être vivant naquit d'un être de même nature que lui ou d'une nature différente, cet acte de notre part supposait déjà que nous avions porté nos regards sur la diversité
des corps, que nous devions à l'expérience la notion de ce qui ne vit pas, de ce qui vit, et de ce qui possède la vie de telle ou telle manière. Sans un pareil point de repos, notre imagination n'aurait point créé une image de ce qui est véritablement possible, mais un fantôme, une chimère. Nous avons trouvé ces formes différentes & posteriori, puis nous les avons connues a priori, et nous n'avons pas la prétention de croire avoir épuisé complétement la possibilité et la réalité, peut-être l'expérience fera-t-elle découvrir un jour de nouveaux antagonismes, dont l'intelligence reconnaîtra dèslors la nécessité.
$ 223. Mais il y à wnifé dans cette pluralité. Cette diversité des formes peut être ramenée à un principe, qui est celui de la singularité progressive et de l'individualité CTOISsante. $:
1° Dans l'hétérogénie ($ 7 ), le rapport est Mie et incertain; un même être peut être engendréstantôt par tel COLDE et tantôt par tel autre, comme on voit naître les Infusoires les plus simples, qu’on fasse infuser du foin, ou des fleurs, ou de la viande; un même corps peut également engendrer tantôt tel être et tantôt tel autre, l'intestin de l'homme, par exemple, des Cercaires, ou des Ascarides lombricoïdes, ou des Tænia. La propagation, au contraire, a pour condition l'existence de corps particuliers, d'indiviqus de la même espèce ($ 19). A un degré inférieur, elle est opérée par chaque te , SANS SeLOE (820), d'abord . par l'effet d’une scission de la masse homogène, qu'amène l'accroissement de cette même masse ($ 22) ; puis par formation d’appendices particuliers, qui se développent en autant d'mdividus ( $ 26), et qui sont ou simples et homogènes ($ 27 ), ou composés et hétérogènes ($ 30); ensuite l’antagonisme entre l'être qui RTpER et l'être procréé, dont on n'apercevait jusqu'alors qu’un faible indice, se prononce davantage, par une séparauon qui à lieu dès le principe, par un dépôt ou une sécrétion de la substance devant servir à la producion d'un nouvel imdividu ( $ 35 ); après n'avoir été qu'une masse homogène ($ 36), formée d'abord au premier endroit venu ($37), puis dans des organes particuliers ($ A0 ),
RÉSUMÉ. 30) éette substance devient un appareil compliqué , l'œuf ( $ 43 ), qui non seulement fait antagonisme à l'ovaire, opposé luimême au reste de l'organisme individuel, is encore renferme en lui-même l’antasonisme Menvéloppe et de contenu de germe et d PE Un degré plus élevé nous présente la digénie, dans laquelle, aux antagonismes précédens , se joint encore celui de l'ovaire et du testicule ($ 450), et où enfin ce n'est plus un antagonisme d'organes, mais un antasonisme d'individus ($ 156), qui produit la génération. De même, l'individualisation suit toujours une marche progressive dans la formation des organes génitaux sexuels, puisque ce qui était d'abord simple en soi et semblable à tout le reste, se résout de plus en plus en antagonismes, et ne cesse pas d'aller en se particularisant ($ 85, 90, 2°,106, 121, 136), jusqu’à ce qu'enfin le rapport des sexes s’empare entièrement de l'essence des individus ( $ 176 ), pénètre l'âme, et, débordant de toutes parts, se montre dans toute la piénitude de lindividualisation. Ainsi nous avons une série, où cé qui était d'abord homogène se divise en anneaux , et où les anneaux se multiplient de manière à produire une chaîne toujours de plus en plus longue, dans laquelle apparaissent continuellement de nouveaux antaponismes, qui ne cessent jamais de devenir plus marqués et de jeter des racines de plus en plus profondes dans l'essence des individus procréateurs.
2° Comme la différence. des formes est ramenée par ce principe à une différence de quantité, de même aussi elle nous apparait sous la forme d’une série non interrompue de développemens, attendu que la particularisation va toujours en croissant, et que partout deux formes qui se touchent passent de l'une à l’autre par une gradation insensible. Ainsi, à l'hétérogémie ($ 7) se rattache la fissiparité (S 22) celle-ci la gemmiparité (827), à cette dernière la formation des spores ($ 36), etc., et, par rapport aux Cas particuliers , il est diflicile de dire quelle est, à proprement parler, la forme qu'on à sous-les yeux; la génération par scission ressemble souvent à celle par gemmes; la spore ressemble