‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 31 sur 115 · PROPAGULES FOLIACÉS · texte numérisé non relu

PROPAGULES FOLIACÉS

$ 32. A l'opposé des tubercules nous trouvons les’ propagules foliacés , corps arrondis , qui sont composés d’une masse solide homogène, l’onchidion (onchidium), et de parties foliformes , le phyllome (phylloma). L'onchidion est la base, pourvue de substance alimentaire , d’une force de nutrition et d’une vertu productive ; il sert de nourriture à la jeune plante, il attire la substance nutritive par les racines qu’il pousse, et c’est de lui que sort le jeune végétal. Le phyllome se compose de parties foliiformes concentriques et appliquées les unes sur les autres, comme des écailles, qui sont le premier jet produit par l’onchidion, et au centre desquelles se développe enfin la jeune plante. Ainsi le propagule foliacé est un tubercule dans lequel la masse nourricière s’est développée en un corps plus spécial, et l'enveloppe a cessé d’être un simple épiderme, pour devenir une pluralité de feuilles. Mais, avec une telle organisation, il a plus de force nutritive que de substance nourricière, tandis que le contraire a lieu dans le tubercule; aussi ne meurt-il pas comme ce dernier; sa substance nourricière n’est point épuisée, comme dans letubercule, mais se reproduit sans cesse, et par conséquent il Constitue

Go GÉNÉRATION PROPAGULAIRE.

un organe permanent du nouvel individu , lors même que les. écailles extérieures viennent à tomber: Mais, considéré dans ses rapports avec l'organisme souche, il peut être, à l'égard de cet organisme , ou une partie transitoire, et dont l’existence ne se rattache qu'à la propagation ($ 33), ou une partie persistante , et qui ne serve qu'accidentellement à la reproduction ($ 34).

a. Bulbes.

$ 33. La Bulbe (bulbus) est un propagule foliacé destiné à la propagation. On la rencontre surtout chez les plantes monocotylédones. Elle naît ordinairement sous terre ( bulbe terrestre) , à la partie supérieure de la racine , ou sur le côté de la bulbe de l'individu souche , plus rarement (bulbe aérienne) à ta tige , entre elle et les pétioles, ou même entre les pédoncules. Son onchidion, ou le corps solide fondamental , est un disque rond et charnu , dont le tissu cellulaire renferme un suc visqueux , la plupart du temps âcre. Le phyllome est composé de feuilles charnues , et presque toujours il l'emporte en volume sur l’onchidion ; la lorique (Zorica), qui fait le passage du tubercule à la bulbe , est la seule où l'inverse s’observe (1). Après que la bulbe s’est développée et a poussé en partie des racines dans la terre , elle se sépare peu à peu de la souche. L'onchidion , d’où partent les racines , se tuméfie ; le phyllome devient plus volumineux, et dans son milieu pousse , de la parue supérieure de l'onchidion , la tige de la jeune plante (la hampe), à laquelle la bulbe continue de servir de base.

b. Bourgeons.

$ 32. Le Bouwrgeon (‘gemma) est le développement d’une partie permanente:de la plante, savoir de la tige, ou d’une Pranche , mais d'une partie qui possède un certain degré d’individualité. Ici donc , conservation de soi-même et génération sont étroitement liées ensemble, et font mutuellement transition de l’une à l’autre. En effet, la vie de la plante est liée à la vie de la terre , et par conséquent aussi à la marche de

(1) Henschel, Von der Sexvualitæt der Pflanzsen , p. 523.

GÉNÉRATION PROPAGULAIRE, 63

l'année ; lorsque celle-ci finit, on voit mourir ou la plante entière (végétaux annuels) , ou la tige (végétaux bisannuels), ou l'aubier et les feuilles , dont le premier se convertit en bois et les autres tombent ( végétaux vivaces). L'absence d'organes centraux fait aussi que la vie de la plante se rapporte davantige aux choses du dehors; les parties où elle est la plus active sont la surface extérieure et les extrémités des racines et des branches. La couche périphérique du tronc, ou le liber et l’aubier, est la partie à proprement parler vivante de

d'arbre ; mais elle meurt vers la fin de l’année, se convertit

La

en bois, et est remplacée, l'année suivante, par une nouvelle couche périphérique. Cette nouvelle couche , qui a les apparences d’une accrue, est proprement une nouvelle plante , de même que, dans les Polypiers corticifères, chaque Polype est un nouvel animal , qui s’implante, comme périphérie vivante, sur les Polypes de l’année précédente , frappés de mort et devenus partie constituante de l'axe inorganique. Comme la formation du nouveau liber et du nouvel aubier est un terme moyen entre la génération et la conservation de soi-même, il en est de même pour celle des jeunes branches, qui expriment leur individualité en manifestant l'aptitude à continuer de vivre lorsqu’après les avoir séparées du tronc on les fiche en terre, ou on les greffe. Les branches de beaucoup de monocotylédones ne se forment que pour l’année courante , et par

génération surculaire ($ 29), c’est-à-dire qu'il survient au

tronc un renflement qui devient dans toute sa masse une nouvelle branche. Les plantes dicotylédones vivaces et ligneuses, au contraire, tendent à prolonger leur existence, en donnant naissance, comme dernier produit de leur vie annuelle , à des bourgeons ou germes de nouvelles parties pour l'année suivante. Ces bourgeons, en leur qualité de germes hétérogènes , ont une vie latente ($ 30); la vitalité se conserve pendant l'hiver dans leur masse organique concentrée , et se développe, au printemps suivant, en nouvelles parties de la plante. L'onchidion du bourgeon est un corps arrondi , Composé de tissu cellulaire, avec des vaisseaux qui sont Comme des racines plongées dans le tronc, entre le liber et l'écorce, Sans avoir aucun lien de continuité avec leurs vaisseaux. C’est

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l'intermédiaire entre l'être qui procrée et l'être procréé (1). Le phyllome consiste en feuilles , dont chacune part d’un petit renflement particulier de l'onchidion.

& Le bourgeon acquiert son développement sans se détacher de sa souche , et en général il ne se développe qu'à la surface de cette dernière , qui est pour lui ce que ie sol est pour la plante entière. D’après quelques observations (2), il paraît susceptible de germer comme une graine, quand on le détache avec précaution et qu’on le met en terre ; au moins réussit-il facilement lorsqu'on l’implante par la greffe sur un autre arbre affine, et contracte-t-il alors une liaison organique avec ce dernier.

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