‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 45 sur 115 · I. Au plus bas degré , il ne consiste qu’en un seul canal · texte numérisé non relu

I. Au plus bas degré , il ne consiste qu’en un seul canal

1° Celui-ci peut être en forme d’utricule ou de poche (2), c'est-à-dire droit, court, mais large , comme chez quelques Entozoaires, Myriapodes , Crustacés et Insectes, notamment dans les Echinorhynchus gigas (3), Cucullanus(4), J'ulus(5), Cypris(6), Cyclops (7), Oniscus (8), Ephemera, Stratiomys et Polistes (9).

2° Ailleurs, il est étroit et long ,flexueux ou contourné (10), comme dans quelques Entozoaires , par exemple les Srrongylus et l’Ascaris lumbricoides , où , lorsqu'on le développe, on le trouve long de quatre à cinq pieds , ayant son cul-de-sac aussi mince qu'un fil de soie (41). La même chose a lieu dans quelques Insectes, par exemple la Sarcophaga carnaria , où il est roulé en spirale (12), et enfin, suivant les observations de Rathke, dans divers Crustacés inférieurs, tels que les Scolopendres.

‘ (4) Addition de Rathke.

(2) Voyez planche I, seconde forme.

(3) J. Cloquet, Anatomie des vers intestinaux, Paris 4824, in-4°, p. 94.

(4) Carus , Traité d’anat, comp., Paris 4835 , t. I, p. 380.

(5) Treviranus , Fermischte Schriften, t. IL, p. 45.

(6) Ibid., p. 57.

(7) Ramdohr , Beitræge zur Naturgeschichte eninger deutschen Monoculusarten , p. 3,11.

(8) Treviranus, /’ermische Schriften, t. I, p. 60.

(9) Burmeister, Handbuch der Entomologie, t. I, p. 499.

(10) Voyez pl. I, première forme.

(11) J. Cloquet, Loc. cit., p. 49.

(42) Burmeister, loc. cit., t.1, p. 200.

II. L'ovaire tubuleux simple passe à l'ovaire tubuleux ra- meux lorsqu'il se compose de plusieurs canaux , pareils les uns aux autres , et aboutissant tous à un oviducte , comme à un tronc commun ; Ces Canaux se réunissent sous un angle plus ou moins aigu , suivant qu'ils sont ou parallèles ou écartés les uns des autres.

3° Ordinairement ils ne sont point unis ensemble d’une manière intime (1), et cette forme est la plus fréquente de celles qu’on rencontre chez les Insectes, notamment beaucoup d'Hyménoptères, la plupart des Lépidoptères et presque tous les Coléoptères. Le nombre des canaux appartenant à un ovaire varie beaucoup suivant les espèces, et s'élève de deux à cent. Celui des œufs contenus dans chaque canal ne varie pas moins ; généralement parlant, 1l est en raison directe de la longueur des canaux et inverse de leur nombre.

‘4° Quelquefois ces canaux sont unis par une espèce de tissu cellulaire, qui, dans l’Acheta domestica, par exemple, forme des membranes autour d'eux et dans leurs interstices (2). On les trouve aussi enveloppés d’une membrane mince et commune , ainsi que Léon Dufour l’a observé chez les Carabiques.

b, Ovaire tubuleux rameux.

$ 54. Dans l'ovaire tubuleux rameux, \a portion qui sert de conduit excréteur commence à se séparer de la portion sécrétoire, en prenant une autre direction et devenant plus large. Elle apparaît sous la forme d’un tronc, tandis que l’autre représente un nombre plus ou moins grand de branches latérales. C'est dans ces cavités accessoires que se forment les œufs , qui passent ensuite dans là cavité commune. On rencontre cette disposition chez des Mollusques , mais surtout chez des Insectes. | TL. Les branches, surtout chez les Insectes, sont libres, et Al n'y à point de tissu qui les réunisse ensemble. | A La première de ces formes est l'ovaire rameux (3) dont

(4) Voyez pl. T, troisième forme.

(2) Gæde, Beitræge zur Anatomie der Insekten, p. 25. (3) Voyez pl. I, quatrième forme.

les branches partent alternativement de l’un et de l’autre côté du tronc, comme dans les Lepisma (1).

2° Dans l'ovaire pectiné, celui par exemple du Phasma gigas (2), les branches sont disposées à la suite les unes des autre sur un des côtés du tronc. |

3° Dans l'ovaire plumeux, tel que celui du Gryllus grossus, on les voit se détacher à angle droit, et les unes vis-à-vis des autres , des deux côtés de ce même tronc.

4° Dans l'ovaire moriforme, elles sont partout très-serrées les unes contre les autres, et la plupart, fort courtes, tandis que le tronc offre d'ordinaire une dilatation en forme de sac, comme dans le Meloe (3).

Il. L’ovaire rameux présente l'aspect d’une glande , lorsque ses branches sont réunies en une masse commune par du tissu cellulaire, disposition qui paraît avoir lieu dans quelques Annélides et Gastéropodes. Ainsi Rathke dit que, dansle Limax ater, les ramifications sont retenues ensemble par une médiocre quantité de üssu cellulaire , de sorte qu'on peut diviser l'ovaire en lobes , ceux-ci en lobules, et ces derniers en lobes plus peuts encore, tous correspondant aux branches, rameaux et ramilles.

$ 55. A l'opposé de l'ovaire tubuleux se trouve l'ovaire celluleux, dans lequel la partie où se forment Les œufs est séparée de la voie qui sert à leur expulsion , et consiste en cellules, ou espaces clos, dont les œufs percent les parois , quand ils arrivent à maturité. Baer (4) appelle séroma le tissu qui renferme ces espaces, et donne le nom de capsules (thecæ ) à la partie qui forme la paroi des cellules. Mais les cellules sont tantôt de simples vacuoles dans le tissu ($ 56-60), tantôt des vési-

cules constituées par une membrane spéciale ($ 61 ).

(1) Treviranus, V’ermischte Schriften, t. TX, p. 45.

(2) Nov Act, Nat. Cur.,i. XIT, p. 2.

(3) Meckel, Beitræge zur vergleichenden Anatomie, t. 1, cah. 2, p.420. (4) Hensinger, Zeitschrift fuer die organische Physik , t. LL, p. 445.

DE L'OVAIRE CELLULEUX. 91 a. Ovaire interstitiel.

& 56. La sécrétion des membranes muqueuses et des glandes qui en sont formées s'exécute, en général, de la manière suivante ; à la surface interne du canal, il se sépare du suc nourricier , dans le tissu environnant, un liquide particulier , qui, en traversant les parois et séjournant ensuite dans la cavité du canal lui-même , se perfectionne et subit des modifications particulières. Maintenant la sécrétion du liquide destiné à produirel’œuf de l'ovaire interstitiel a lieu également dans le tissu; mais ce liquide y prend aussi la forme d'un œuf, qui, en s’accroissant, distend le tissu ambiant, et se crée par là une cellule , dont il n'existait aucune trace jusqu'alors. Cette cellule n’est point non plus tapissée d’une membrane spéciale, mais ressemble aux capsules dans lesquelles on trouve , par exemple, les spores des Polypes ( $ 37). C’est principalement aux découvertes faites par Rathke que nous devons la connaissance de cette forme. ; ;

Outre la partie celluleuse, dans laquelle se forment les œufs, l'ovaire interstitiel peut être pourvu (S 57-59) ou dépourvu ( $ 60 ) d’une autre cavité.

* Ovaire interstitiel creux.

8 57. L'ovaire interstitiel creux forme les œufs dans sa paroi, et les admet ensuite dans sa cavité, lorsque, après s'être développés jusqu'à un certain point, ils ont percé cette paroi en dedans. Mais tantôt la cavité sert à la fois de réservoir et de conducteur aux œufs ($ 58), et tantôt elle ne remplit que le simple rôle de réservoir ($ 59 ).

t Ovaire interstitiel creux conducteur.

$ 58. L'ovaire interstitiel creux conducteur tient de près à l'ovaire tubuleux ($ 52). Comme lui, il a la forme d’un canal, d’un utricule ou d’un sac, qui se continue immédiatement avec le canal excréteur , et qui, par conséquent, conduit les œufs dans la voie par laquelle ils doivent sorür , après qu'ils ont été retenus quelque temps dans l’intérieur de l'organe. Il n'en diffère que parce que les œufs sont logés non pas dans la cavité, mais hors d'elle, entre sa membrane muqueuse et la

membrane qui revêt cette dernière. Lorsqu'ils ont acquis un certain volume, ils font saillie dans la cavité, en soulevant la membrane muqueuse qui les couvre, et ils finissent par déchirer cette membrane, de manière à parvenir dans la cavité elle-même. Mais la paroi formée par la membrane muqueuse est, dans l’origine , tantôt lisse, tantôt garnie de plis dirigés en dedans, qui produisent autant de lames saillantes (1).

1° Chez les Céphalopodes , les ovaires en forme de sac sont, d’après Ratbke, garnis en dedans de ces replis, dans lesquels naissent les œufs.

2° SuivantStrauss (2), les œufs des ScoZopendra et Lithobius se forment entre les deux membranes de l'ovaire, et soulèvent l’interne, jusqu'à ce qu'ils ne paraissent plus que comme suspendus à un pédicule, qui finit par se déchirer aussi.

3° Rathke a vu (3) l'œuf de l'Écrevisse arriver de la même manière dans la cavité de l'ovaire vésiculiforme , au milieu de l'épaisse paroi duquel il s'était formé.

he La même chose a lieu chez les Arachnides’ (4), où les œufs sont saillans et disposés ou en grappes de raisin (5), ou en séries (6), à la face interne de l'ovaire vésiculeux.

5° Les ovaires de la plupart des Poissons sont de grands utricules , à parois minces, avec des saïllies intérieures, ayant ordinairement la forme de plis foliacés, qui suivent la longueur ou la largeur de lutricule, et affectant plus rarement celle de petites villosités coniques ou pyramidales (7). Ainsi, par exemple, l'ovaire impair de la Blennie est un sac composé d’une membrane muqueuse, d’une couche de tissu cellulaire et d’un feuillet péritonéal; quand le poisson approche du

(4) V. pl. I, cinquième forme,

(2) Consid. gén. sur l’anat. comp. des an. articulés, p. 292.

(3) .Untersuchungen ueber die Bildung und Entwickelung des Flusskrebses , p. 1.

(4) V. pl. I , sixième forme.

(5) Treviranus, Ueber den innern Bau der Arachniden , p. 36.

(6) Nov. Act. Nat, Cur.,t. XI, p. 338.

(7) Rathke, Bertræge zur Geschichte der L'hierwelt , p. 420.

terme de la maturité, il se forme, dans la couche‘ de tissu cellulaire, des œufs qui la distendent, ainsi que la membrane muqueuse , et font saillie à la surface interne, jusqu’à ce qu'ils ne tiennent plus enfin que par de courts pédicules (4). ( J'ai observé une forme remarquable chez la Scorpæna scrofa ; il ne se produit pas d'œufs dans les parois latérales de l'ovaire utriculiforme ; mais la membrane muqueuse se renverse en dedans à son fond ou à son extrémité antérieure, et représente ainsi un 2ros Corps, plein de tissu cellulaire, qui remplit entièrement l’utricule, etdans lequel naissent les œufs.) (2).

tt Ovaire interstitiel creux réceptaculaire.

$ 59. À un degré plus élevé , c’est-à-dire chez les Reptiles, à l'exception des Chéloniens, les ovaires creux interstitiels n’ont plus de connexion immédiate avec les oviductes ; leurs cavités ne servent plus que de réservoirs. Ce sont les ovaires creux interstitiels réceptaculaires, dont la cavité peut être ou simple ou divisée.

4° Les ovaires des Sauriens, Ophidiens et Urodèles (3) ressemblent parfaitement aux ovaires interstitiels creux conducteurs, attendu que les œufs s’y forment aussi entre la-membrane muqueuse et le péritoine, puis passent dans la cavité du sac ; la seule différence tient à ce qu'ils ne se prolongent point en oviductes (4).

2° Chez les Anoures (5), l'ovaire se compose de neuf à treize cavités conoïdes , qui sont formées par la membrane muqueuse ; leur extrémité étroite, qui est dirigée vers le centre, offre une ouverture pour la sortie des œufs ; l'extrémité opposée, qui est large, et représente la base du cône, forme la périphérie de l'ovaire , où la membrane muqueuse se trouve tapissée par le péritome; les œufs se forment dans le tissu

(4) Rathke, Æbhandlung zur Bildung und Entwichelungsyesehichte der Menschen und der There, t. IT, p. 4.

(2) Addition de Rathke.

(3) V. pl. I, septième forme.

(4) Rathke, Beitræge zur Geschichte der Thierwelt, t. I, p. 28. — H. Datrochet, Mémoires pour servir à l’histoire anatomique et physiologique des végétaux et des unimaux , Paris 4837, t. IL. |

(5) V. pl. TI, huitième forme.

celfulaire compris entre les deux membranes , et parviennent dans les cavités, après avoir déchiré la muqueuse (1).

* Ovaire interstitiel plein.

& 60. Dans l'ovaire interstitiel plein, la cavité qui servait de réceptacle ( $ b9 ) a disparu aussi, et il n'existe pas non plus d'oviducte. Chez quelques Poissons, tels que les Petromyzon fluviatilis, Acipenser sturio, Muræna janguilla, Cobitis tænia, Salmo salar et fario, chaque ovaire est une lame simple, qui consiste en une membrane interne, lisse et séreuse ( provenant du péritoine dans les Saumons et les Lamproies ), une membrane moyenne , épaisse, ferme, celluleuse, pourvue de fibres longitudinales entrelacées ou parallèles, et une membrane externe, péritonéale. Sur l’une des faces de cette lame on aperçoit des saillies qui figurent soit des plis, tantôt longitudinaux et tantôt transversaux, dont le bord libre est lisse, ou sinueux, ou lobé, soit des villosités en forme de massue et représentant des verrues (2). Ces saillies sont abondamment pourvues de vaisseaux; elles s'élèvent de la membrane celluleuse , et là où elles reposent sur elle, consistent en un tissu cellulaire peu serré, dans lequel les œufs se forment, la plupart du temps en deux et plusieurs couches (3). Dans la Lamproie, l'ovaire ne résulte que de lames placées en travers, qui reposent sur le vaisseau sanguin étendu le long de la cavité abdominale , comme sur un tissu tout-à-fait étranger à elles, .et ne sont d’ailleurs unies ensemble que par l'enveloppe pé- ritonéale qui passe de l’une à l’autre (4).

b. Ovaire vésiculeux.

$ 61. L’ovaire vésiculeux est particulier à quelques Poissons carülagineux , aux Chéloniens , aux Oiseaux et aux Mammifères. Il consiste en un tissu cellulaire modifié, ou parenchyme , que revêt le péritome , et dans lequel se trouvent plusieurs vésicules closes, dont chacune est le laboratoire où se

(4) Rathke , Loc. cit.,t. III, p. 30.

(2) V. pl. I, neuvième forme.

(3) Rathke , Beitræge zur Geschichte der T'hierwelt , p. 422 et 465. (4) Rathke, Bemerkungen ueber der innern Bau der Pricke, p.55.

DE L'OŒUF VÉGÉTAL. 0

forme un œuf. Cet ovaire nbralé en grappe de raisiñ (1) lorsque les vésicules l'emportent sur le parenchyme, comme chez les Poissons cartilagineux , les Chéloniens, les Oiseaux et quelques Mammifères, notamment les Rongeurs, le Hérisson, le Koala, le Wombat, et l'Ornithorhynque; divisé en masses globuleuses (2), quand il renferme à peu près autant de parenchyme que de vésicules, comme dans le Cochon; enfin , lisse à la surface (3), lorsque le parenchyme l'emporte sur les vésicules, et que celles-ci sont réunies en une masse indivise, comme chez les autres Mammifères et chez la femme.

L’ovaire des Mammifères se compose d’un tissu cellulaire parenchymateux , abreuvé de sucs, et parsemé de vaisseaux sanguins, dont la surface est condensée en une membrane (l’albuginée ), qui reçoit encore une enveloppe du péritoine. La paroi des vésicules qu'il renferme ( folliculi s. vesiculæ Graafii) consiste en une couche extérieure et demi-transparente de tissu cellulaire, qui est étroitement unie avec le parenchyme environnant , d'où elle reçoit des vaisseaux , et en une autre couche intérieure, plus épaisse, moins transparente, plus molle, à grains fins sur sa surface interne, qui paraît recevoir les ramifications vasculaires les plus déliées,

‘ B. Produit de l’ovaire.

Maintenant nous allons passer au Produit de l'ovaire , ou à l'œuf avant la fécondation.

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