‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 58 sur 115 · PROPRIÉTÉS DE L'OVIDUCTE HOMOGÈNE · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS DE L'OVIDUCTE HOMOGÈNE

$ 102. L’oviducte est un organe de mouvement et de formation. Ces deux destinations se lient étroitement l’une à l'autre, de sorte qu'on n’aperçoit de différence relative que dans quelques points isolés, suivant que l’une ou l’autre d’entre elles y devient prédominante.

I. Le mouvement est, en général, une progression lente , afin de laisser à 14 formation le temps de s’accomplir. Aussi est-il surtout opéré par des muscles longitudinaux, qu'on peut déjà distinguer nettement dans les Mollusques, les Insectes et les Crustacés. J. Cloquet (2) a remarqué chez les Ascarides un mouvement ondulatoire, non seulement dans l'ovicanal et les oviductes, mais encore dans l'ovaire luimême , les organes et les fonctions de la génération ne faisant encore qu'un tout continu chez ces animaux, et s'y trouvant confondus ensemble. A un degré plus élevé de développement , la force motrice et la structure musculeuse se pronon-

(4) V. PI. IT, treizième forme.

(2) Anat, des vers intestinaux , p. 91,

cent surtout vers l'extrémité de l’oviducte, de sorte que les œufs y subissent une progression plus rapide ; ainsi, par exemple, dans le Doris argo, ce canal devient musculeux à sa sortie de l'ovaire. Le mouvement se ralentit dans les dilatations ; l'œuf y séjourne jusqu’à ce que lui-même se soit accru, ou que d’autres œufs se soient joints à lui. Quand un semblable réservoir se trouve distendu de l’une ou de l’autre manière, il a besoin d’une force motrice plus énergique, pour se débarrasser d’une masse plus considérable; aussi est-il muni de fibres musculaires plus fortes, comme on le voit déjà, par exemple , dans les Téettigonia et Blatta. (En examinant les oviductes d’une espèce d’Aciinie qui se rapproche beaucoup de la rufa, et qui habite ia mer Noire, j'ai trouvé que, quand on les met dans de l’eau fraîche, ïls se comportent comme les jeunes têtards de Grenouilles , c’est-àdire attirent de très-petits corpuscules étrangers, qui se meuvent ensuite autour d'eux, en descendant d’un côté, pour remonter de l’autre) (1).

IT. La formation qui a lieu dans les oviductes se rapporte en partie au mouvement, car elle produit un liquide qui facilite la progression et l'expulsion des œufs, en partie aussi au développement de ces mêmes œufs. Sous ce dernier point de vu&, tantôt elle s’accomplit déjà dans l'oviducte (2°, 3°), et tantôt elle est calculée pour l'avenir (4°, 5° ).

Dans le premier cas, elle peut consister :

2° En éveil de la vie, en fécondation, par l'accession d’un liquide masculin , que celui-ci ait été produit dans l’oviducte même, ou qu'il y soit venu du dehors.

3° En accroissement des œufs par un liquide nourricier.

Dans le second cas, elle peut avoir une destination ou chimique et plastique, ou mécanique et relative à la forme extérieure. En d’autres termes, elle peut consister :

4° À ajouter une substance nourricière qui sera consommée plus tard ;

5° A revêtir les œufs d'une enveloppe liquide ou solide, qui a l’uülité mécanique de les protéger ou de les fixer.

(4) Addition de Rathke.

172 OYIDUCTE HOMOGÈNE.

La plupart du temps il est fort diflicile de décider quel est : celle de ces cinq destinations qui appartient à chacune des formations particulières qu'on trouve dans les oviductes. D'après l’analogie avec d’autres phénomènes vitaux, nous devons reconnaitre, en général, que chaque sécrétion des oviductes remplit la plupart du temps plusieurs oflices à la fois, et que les diverses sécrétions qu'on rencontre dans ces organes concourent à un but commun. Nous essaierons dans la suite d'éclaircir toutes ces questions par l'application des lois de la probabilité ; ici nous devons nous contenter de faire connaître les formes d'une manière générale.

$ 103. L’addition de vésicules particulières, de tubes cylindriques , ou de tissus glanduleux , aux oviductes, paraît constituer une forme inférieure.

I. Dans la monogénie, l'oviducte des Holothuries reçoit déjà les conduits excréteurs de huit à dix vésicules oblongues, pyriformes et remplies de liquide (1).

IL. Dans l’hermaphrodisme, le Distoma hepaticum , parmi les Entozoaires, présente une couple de vaisseaux rameux, qui s'ouvrent dans le commencement sacciforme de l'oviducte (2); suivant Mehlis (3), il n'existe qu'un seul de ces vaisseaux, qui est situé au côté droit. Dans le Ver de terre, parmi les Annélides, cinq vaisseaux, qui commencent parçdes culs-de-sac, se rendent au commencement de l'oviducte (4) (ou plutôt dans une cavité commune aux différens ovaires, qui mériterait peut-être un nom particulier) (5). Chez les Mollusques, nous trouvons encore beaucoup d'obscurité, attendu que les organes accessoires qui s'unissent aux oviductes n'ont pas été nettement distingués partout des organes urinaires. (Dans quelques uns de ces animaux, le conduit excréteur des

(4) Tiedemann , Anatomie der Rohrenholothurie, p. 29.

(2) Ramdobr dans Magazin fuer die neuesten Entdeckungen der yesammten Naturkunde ,t. VI, p. 430.

(3) Observat. anatom. de distomate , p. 32.

(4) Schweigger, Handbuch der Naturgeschichte der skelettlosen unge : gliederten T'hiere, p. 555.

(b) Addition de Baër.

rems paraît ne point se terminer par un orifice à part, et s'unir avec l’oviducte } (1). Mais on trouve ici:

1 Une vésicule, qui est peut-être la vessie urinaire chez quelques uns de ces animaux. Elle aboutit presque toujours, par un long conduit excréteur, dans l'extrémité de l'oviducte. C'est ce qu'on voit, par exemple, dans les Heliz pomatia, Pleurobranchus tuberculatus, Doris argo , Pleurobranchæa, etc. Chez ce dernier Mollusque, la branche femeile de l’oviducte recoit en haut une vésicule. Dans le Doridium coriaceum , une petite vésicule, munie d'un long pédicule, une autre plus petite, et une troisième remplie d'une substance épaisse , d’un jaune rouge , s'ouvrent dans la cavité sexuellecommune, de manière qu'on ne peut point distinguer ce qui appartient à la partie mâle et à la partie femelle.

2° Une vésicule rameuse existe, chez l'Helix pomatia, sous la forme d’un cylindre, partagé en plusieurs divisions , qui contient un suc laiteux , et qui s'ouvre dans la cavité génitale , conjointement avec l’oviducte et une autre vésicule.

3° Il ya, en outre, des glandes qui pourraient bien être en partie des reins. Dans la Thethys leporina, une grosse glande d’un jaune d’ocre s'ouvre à la partie inférieure de l’oviducte. Dans le Planorbis corneus, à l'oviducte qui sort du testicule s’attachent un corps glanduleux et une masse qui contient une humeur jaune (rein?) (2). Le testicule secondaire du Limax ater (3) et du Lymnœus palustris (4) peut aussi être rangé ici.

IIT. Parmu les animaux digènes qui présentent de pareils organes, on distingue surtout les Insectes.

4° L'organe peut être simple chez eux. C’est tantôt une vésicule simple ( Melolontha œulgaris, Carabus hortensis, Acheta domestica , etc.), qui, dans le Psocus pulsatorius , contient des kystes pédiculés (5) ; tantôt une vésicule qui est la fin de vaisseaux en cul-de-sac, par conséquent le réservoir d’une sub-

(4) Addition de Baër.

(2) Zeitschrift fuer die Pt t.L, D. 48.1

(3) Ibid., p. 2.

(4) Jbid., p. 23.

(5) Nitzsch, dans Germar, Magazin fuer Entomologie , t, IV, p, 280.

stance formée dans ces vaisseaux, comme chez le Tenebrio molitor, où un vaisseau borgne se prolonge en un s2c qui contient un liquide blanchâtre et s'ouvre immédiatement à l'extrémité de l'ovicanal (4), comme aussi chez la Vespa vulgaris, où deux vaisseaux borgnes dégénèrent en une vessie pyriforme , qui s’abouche, par un conduit excréteur, dans le milieu de l’ovicanal (2) ; tantôt enfin un vaisseau borgne, ou , en d’autres termes, une vésicule allongée, comme dans le Blaps gages (3) et le Dytiscus marginatus (4), où elle est ouverte en forme de sac, et s’abouche dans le milieu de lovicanal, comme aussi dans la Blafta orientalis, où elle est longue, étroite, et se rend à l'extrémité de l’ovicanal (5).

5° Quand il y à deux organes accessoires, ils sont ou inégaux ou symétriques. Dansle premier cas, ce sont, tantôt deux vésicules, comme dans le Buprestis, où une petite poche s'ouvre dans le conduit excréteur d’une poche plus volumineuse et pleine d’une poussière jaune , qui s'abouche avec la partie moyenne de l’ovicanal (6), comme aussi dans le Blaps mortisaga, où les courts conduits excréteurs de deux vésicules fort petites, qu'on peut considérer plutôt comme des extrémités en cul-de-sac de vaisseaux, se réunissent en un long

tronc, qui aboutit à la partie moyenne de l’ovicanal(7) ; tantôt

deux vaisseaux, qui, chez l Hippobosca ovina, sont rameux et se jettent dans le commencement de l’ovicanal (8), et dont, chez le Cerambyx moschatus, l'un est plus court, et l’autre pluslong (9); tantôt une vésicule et un vaisseau en cul-de-sac, comme dans la Lamia tristis, où une vésicule allongée, pleine d’un suc

(1) Gæde, Beitræge zur Anatomie der Insekten, PI. IE, fig, 40.

(2) Swammerdam, Bibel der Natur, PL. XIX , fig. 4.

(3),Meckel, Beitræge zur vergleichenden Anatomie, t. I, PL VII, figure 4.

(4) Hegetschweïler, Miss, de insectorum genitalibus , fig. 2.

(b) Gæde, Loc. cit., PL I, fig. 40.

(6) Meckel, Loc. cit., t. I, PI. VIII, fig. S.

(7) Gæde, Loc, cit., PL. T, fig 6.

(8) Ramdohr, dans Magazin fuer die neuesten Entdeckungen der ge= sammten Naturkunde , t. VI, p. 430.

(9) Hegetschweïler , Zac, cot., fig. 4,

brunâtre ; s'ouvre dans le commencement de lovicanal, près d'un long vaisseau borgne, contenant un suc! blanc bleuñtre (4), comme aussi dans la Locusta viridissima, où la vésicule arrondie et le court vaisseau utriculaire contiennent un liquide blanc et grenu, et s’abouchent dans l'extrémité de l’ovicanal'(2), comme enfin dans le Gryllus grossus, où la vésicule arrondie et munie d’un long conduit excréteur contourné sur lui-même, s'ouvre au même endroit, ainsi que le vaisseau, qui est très-long (3). Chez quelques Insectes, Crustacés et Arachnides, on trouve deux vésicules symétriques, qui aboutissent soit au commencement de l’ovicanal, comme dans la Lepisma saccharina(A)et dans l'Idotea entomon, où leurs parois sont épaisses et musculeuses (5); soit vers la fin de l'ovicanal, comme dans le Pediculus capitis, où ils ont quelques branches courtes et grosses (6); soit à l'extrémité des oviductes , comme chez l'Aranea diadema , où il contiennent une humeur jaunâtre (7).

6° Trois organes accessoires sont, "tantôt semblables les uns aux autres, comme dans la Musca chamaæleon, où ils ressemblent à des utricules, et s'ouvrent à l'extrémité de l’ovicanal; tantôt inégaux , et consistent soit en deux vésicules et un vais- Seau, comme dans la ZLeptura (8), soit en une vésicule et deux vaisseaux, comme dans le Papilio urticæ (9) et l'Oryctes nasicornis (10), où la vésicule s'ouvre à l'extrémité et les vaisseaux au commencement de l'ovicanal. Il peut aussi y avoir trois vésicules, comme dans le Meloe, où l’une est jaunâtre , égale à l'ovaire en grosseur , et contient une substance brunâtre , caustique , avec un corps arrondi, blanc et transparent , la seconde est plus étroite, oblongue et pleine d'un

(4) Meckel, Loc. cit.,t. I, PL. VIII, fig. 47.

(2) Gæde, loc. cit., p. 32.

(3) Hegetschweiler, locz cit., fig. 7,

(4) Treviranus, /’ermischte Schriften , t, TI, PI. TITI, fig. 8.

(5) Rathke, Beitræge zur Geschichte der T'hierwelt 1. X, PL IV, fig, 22, (6) Swammerdam, loc. cit., PL. IT, fig. S.

(7) Treviranus , V’ermischte Schriften ,t. X, PI. I, fig. A.

(8) Hegetschweiler , Loc. cit., p. 25.

(9) Swammerdam , loc. cit., PI, XXXVI, fig. 3.

(10) Zoid., PI. XXX , fig. 40,

liquide visqueux, la troisième enfin plus petite et remplie d’une liqueur claire, et où toutes trois s'ouvrent dans le commencement de l'ovicanal (1). La même chose a lieu dans la Phryganea grandis, où une vésicule ronde, une oblongue et une grosse à quatre cornes s’abouchent dans l’ovicanal (2).

7° On trouve un organe accessoire quadruple dans l'Apis mellifica, où deux vaisseaux en cul-de-sac et réunis ensemble s'ouvrent dans le commencement de l’ovicanal, une vésicule globuleuse (bourse du gluten) s'insère plus loin, puis une grosse vésicule allongée ( bourse du venin), qui sert de réservoir à un liquide produit dans deux vaisseaux borgnes (3); dans la Tettigonia plebeia, où l'on voit s’insérer au commencement de l'ovicanal deux vaisseaux contenant une liqueur blanchôtre, plus bas une vésicule ovale, qui renferme un gros novau jaunâtre , arrondi, et plus loin encore, vers l’extrémité de l’ovicanal , un long vaisseau dans l'intérieur duquel se trouve un liquide blanchâtre (4), dans le Papilio brassicæ, où une grosse vésicule s'abouche au commencement de l'ovicanal, plus loin une petite vésicule qui est l'extrémité d'un long vaisseau, et plus bas encore deux vésicules symétriques, unies ensemble , qui terminent également de très-longs vaisseaux (5).

b° Il y a six organes accessoires dans la Scolopendre, où l'extrémité de l’ovicanal reçoit symétriquement une couple de vésicules utriculiformes et deux paires de glandes pourvues de conduits excréteurs (6) ; et dans l'Hydrophile, où l'on voit une vésicule et cinq vaisseaux, en forme d'utricules, pleins d'un liquide épais et verdâtre (7).

6° Les organes accessoires manquent entièrement chez quelques Insectes, tels que les Tipula, Ephemera, Syrphus te-

(4) Meckel , Loc. cit,,t.T, PI. VIT, fig, 4.

(2) Gæde , Loc. cit., PI. I, fig. 3.

(3) Swammerdam . Loc. cit., PI. XIX, fig. 3.

(4) Meckel , Loc. cit., PI. I, fig. 6.

(5) Herold , Die Entwichelungsgeschichte der Schmetterlinge , PI. 33. (6) Treviranus, J’ermischte Schriften, t, 1, PI. V, fig. 8.

(7) Hegetschweïler, Loc. cit, p. 25.

OVIDUCTE TOMOGÈNE. K97

max (A) et Scarabœus stercorarius (2). Leur absence est évidemment compensée, chez ce dernier , par l’ampleur considérable des oviductes et de l’ovicanal. de

7e C’est à tort qu'on a rangé la bourse de Fabricius, chez les Oiseaux ( & 293, I), parmi les organes accessoires de l’oviducte.

$ 104. La membrane qui constitue les oviductes, tantôt partage avec ces organes accessoires la fonction de produire les liquides qui servent à la génération, et tantôt l’accomplit seule, lorsque ces organes n'existent pomt, comme, par exemple, chez les Poissons et les Batraciens. Dans beaucoup d'Insectes , elle paraît être, malgré le grand nombre de trachées qu'elle renferme, trop cassante pour pouvoir contribuer beau- Coup à cette production, et c’est pour cela que des organes accessoires lui ont été adjoints. Quand ces derniers manquent, elle est plus développée, sa face interne présente les saillies particulières aux membranes muqueuses, elle ressemble beaucoup au canal digestif, et elle est diversement organi- Sée dans les divers points de son étendue. Ainsi déjà, chez les Céphalopodes, chaque branche de l’oviducte a la structure d’un intestin vers son extrémité, attendu que, surtout à l’époque de la ponte, des plis saillans en forme de feuillets se dessinent dans sa cavité, et que des rétrécissemens placés de distance en distance la partagent en plusieurs compartimens (3). Les oviductes des Raies, des Squales et des Chimères offrent des plis semblables ; mais leur paroi présente, en outre, sur un point de son étendue , une substance glanduleuse, consistant en canaux situés à côté les uns des autres, dont les extrémités en cul-de-sac sont tournées vers la périphérie. Dans les Urodèles, ils sont lisses à leur origine ; mais ils ont, à leur partie moyenne, des plis longitudinaux et transversaux, dont une partie s'entrecroise et l’autre forme des villosités séparées les unes des autres; vers leur terminaison, on remarque de fortes fibres musculaires et des plis moins prononcés (4).

(4) Luid., fig. 9.

(2) Posselt, Peitræge zur Anatomie der Insekten , fig. 28. ° (3) V. PL IIT, seconde forme.

(4) Rathke, Beitræge zur Geschichte der Thierwelt , 1. T, p. 65. I. 12

mn OVIDUCTÉ HÉTÉROGÈNE.

Dans la Testudo europæa, le commencement des oviductes présente également des plis longitudinaux ; plus loin on aperçoit une portion rétrécie, d'apparence grenue , et enfin une autre portion plus ample, pourvue de plis confondus les uns avec les autres, et contenant l'œuf, avec sa coquille déjà formée (4). Chez les Oiseaux, le commencement est garni de villosités, et ressemble en tous points à la portion villeuse d’un intestin ; vient ensuite une partie plus longue, plus étroite et plus . blanche , qui est munie de plis longitudinaux et d’un grand nombre de fibres musculaires longitudinales, dontles premiers deviennent réticulés vers les deux extrémités, tandis que les secondes forment une bandelette lisgamenteuse, qui se sonfle à l'époque de la ponte, et partage cet espace en plusieurs sinus ; plus loin, on trouve une cavité ovale, plus courte, bornée à ses deux extrémités par un renflement, ayant des parois épaisses , pourvue de muscles longitudinaux et annulaires ( utérus ), dans laquelle l'œuf séjourne et acquiert sa coquille ; enfin, on a ht as le vagin, section dont la surface est lisse (2).

Du reste, l'analogie de l'oviducte avec l'intestin s'annonce aussi par cette circonstance que, chez tous les animaux vertébrés, il est situé dans une sorte de mésentère (mésomètre }, qui s'attache à la colonne vertébrale, aux reins et aux troncs vasculaires.

B. Oviducte hétérogène.

$ 105. Chez les Mammifères, les organes accessoires ont disparu , et les fonctions sont concentrées dans les organes eux-mêmes de la sphère médiane , mais en même temps répartis entre les deux organes dont cette sphère se compose ici, Savoir, l’oviducte et la matrice.

4° L’oviducte, appelé érompe de Fallope, établit la communication entre l'organe générateur primordial, l'ovaire , et la sphère externe du système génital. Il sert donc à conduire Le principe fécondant du dehors au dedans, et le germe du

(1) Bojanus , Anatome testudinis europæt , t. II, p.470. (2) Spangenberg , Disg, circa partes genitales fomineas dvium,p, 5 :

OYIDUCTE HÉTÉROGÈNE, 179

fruit de dedans en dehors. Comme conduit excréteur détaché d'un ovaire pair , il est lui-même toujours pair. Constamment, même chez les plus grands Mammifères, il a l'apparence d'un vaisseau, et, proportionnellemenñt au volume du corps, il est beaucoup AE étroit que chez les animaux ovipares, Surtout à son commencement et à sa fin; seulement il surpasse , eu égard au diamètre , le conduit déférent qui lui correspond. Il se compose d’une membrane muqueuse, qui forme quelques faibles plis longitudinaux et sécrète du mucus, avec une vapeur séreuse. Sa membrane musculaire est faible. Mais, entre ces deux tuniques, il y a du tissu cellulaire riche en vaisseaux et susceptible de turgescence.

2° À cet oviducte se rattache un réservoir qui, d'après la direction de sa vie du dehors au dedans, reçoit l'œuf, le perfectionne , et développe en lui le fœtus, mais, d’après son autre direction de dedans en dehors, expulse le fœtus formé, ainsi que l'œuf. Ce réservoir porte le nom de matrice (uterus). L'oviducte lui-même se renfle de distance en distance, et présente ainsi des dilatations utriculiformes ou vésiculiformes ($96), qui arrêtent les œufs dans leur progression, les retiennent pendant quelque temps, et contribuent même en partie à y développer le fruit, de manière qu’on peut les considérer comme des rudimens de la matrice, sans cependant être en droit de les regarder comme de véritables matrices, si l’on s'arrête à la signification rigoureuse du mot. En effet :

a. Ces dilatations ne sont point constantes. Elles ne deviennent visibles que quand les œufs se sont accumulés; de sorte que, jusqu’à un certain point, "elles sont le résultat d’une distension mécanique.

b. Chez certains animaux il en existe plusieurs. Ainsi, dans l'Abeille, les oviductes et l’ovicanal en sont garnis.

c. L’inconstance de leur situation annonce qu'elles ne sont point essentielles. Elles occupent tantôt le commencement, tantôt le milieu ou la fin de l’oviducte.

d. Elles ne sont que des ampliations de ce conduit, avec lequel elles se confondent par des nuances insensibles et sans ligne de démarcation bien tranchée, tandis que là matrice est un organe à part, et différent de l'oviducte.

e. Enfin, ce qui est le point capital, le germe ne s’y perfectionne généralement que jusqu’à un certain point. Si le fruit s’y développe chez quelques animaux, ce phénomène ou n'a lieu qu'à certaines époques , de sorte qu'il est plutôt éventuel qu’essentiel , ou bien il s'opère sans connexions organiques immédiates et par le seul fait d’une incubation proprement dite. La matrice, au contraire, ne procure jamais le développement du fruit parvenu dans son intérieur qu'au moyen d'une connexion organique immédiate entre elle et l'œuf, et

c'est là ce que nous pouvons considérer comme le caractère qui lui appartient en propre.

$ 106. Les diverses modifications que l'oviducte et la matrice présentent, forment une série dont le principe consiste en une tendance à l’individualisation, à la spécialisation de la forme et de la vitalité, à la séparation des diverses parties essentielles de cette sphère , par conséquent à la simplification. Ce principe se manifeste de différentes manières, savoir, dans les rapports avec les organes mâles correspondans, dont il sera parlé plus loin ($ 121 ), dans ceux avec les organes de la! conservation individuelle ( 1° ), entre l’oviducte et l’ovaire (2° ), entre l’oviducte et la matrice (3°), entre la matrice et les organes accessoires ( 4° ), enfin entre les diverses parties de la matrice, ou dans les rapports de cet organe avec lui-même ($ 107 ).

1° Il se révèle d'abord comme tendance à l'individualisation des organes génitaux. L’oviducte est originairement semblabie à un vaisseau, à un conduit excréteur ( $ 94 ). Sa séparation d’avec l'ovaire le représente déjà comme un organe spécial et différent de tous les autres organes ($ 94, 6°). Lorsqu'il acquiert un plus grand diamètre , et que sa paroi prend les caractères d'une membrane muqueuse, villeuse et plissée, d'une couche musculeuse et d'un repli du péritoine, il acquiert la forme de l’appareil digestif, et ressemble, dans sa partie étroite, à un intestin, dans sa dilatation, à un estomac ou à un cœcum ( $ 104). Cette ressemblance s'exprime encore dans la matrice de la plupart des Mammifères ; mais elle est plus prononcée que partout ailleurs dans celle des Marsupiaux, qui à des parois fort minces, quoiqu'elle soit

OVIDUCTÉ IMÉTÉROCÈNE. 181

bien marquée aussi dans les Ruminans , les Solipèdes, les Pachydermes et lesCarnassiers. Chezles Quadrumanes et les Édentés, la matrice a des parois plus épaisses que chezles autres Mammifères, mais infiniment moins que chez la femme. C’est chez cette dernière seulement qu’elle perd toute ressemblance avec un intestin, en acquérant un tissu propre, solide, résistant, spongieux et des parois plus épaisses que chez aucun autre animal.

2° Quelques Mammifères inférieurs offrent encore des traces d'union entre l'ovaire et l’oviducte par le moyen du péritoine , qui s'étend de l’un à l’autre organe , et forme ainsi une cavité dans laquelle l'ovaire et le commencement de l'oviducte sont placés vis-à-vis l’un de l’autre , en sorte qu’on peut jusqu’à un certain point considérer cette capsule comme l’analogue de la tunique vaginale du testicule. Cette disposition a été reconnue par Albers, Lobstein et Rosenthal (4) dans les Phoques, par Weber (2) dans la Loutre et le Putois, par Treviranus (3) dans la Marte, etc. Chez les Mammifères supérieurs et chez la femme, la connexion a disparu entièrement, le péritoine tendu entre l'ovaire et l’oviducte est déchiré , et nous trouvons là le seul cas connu d’un sac séreux s’ouvrant dans le canal d’une membrane muqueuse qui aboutit à l'extérieur.

3° À mesure que le développement fait des progrès, la matrice se sépare de l’oviducte et du vagin par une ligne de démarcation qui devient de plus en plus tranchée, Chez les animaux dont la matrice est réduite à sa forme la plus simple, savoir, chez quelques petits Carnassiers, dont l'ovaire se trouve renfermé dans une tunique vaginale (2°), à peine peut-on distmguer les cornes utérines des oviductes; ces derniers se dilatent tellement à leur extrémité, dans le Kanguroo, qu’ils y deviennent presque égaux à la matrice. En général, ils ont, chez les Mammifères, des fibres musculaires plus fortes que chez la femme et jouissent d’un mouvement péristaltique (4). De son côté, la matrice est plus allongée chez tous les Mam-

(2) Nova Act. Nat, Cur., t. XV, PLII, p. 344.

(2) Meckel, 4rchiv fuer Anatomie 1 Physiologie , 4826, p. 105. (3) D thrifh fuer Physiologie , t. X, p. 490.

(4) Haller, Ælem. physiol., t. VIL, p. 104,

. 182 OYIDUCTE HÉTÉROGÈNE.

mifères que chez la femme. Dans la plupart deces animaux, elle a la forme d’un utricule, et ressemble à un oviducte dilaté ou à unovicanal. Ainsi, chez les Édentés et les Paresseux, où elle devient simple ($ 107, 7°) , elle demeure en forme d'utricule, et nul renflement saillant ne signale son extrémité dans le vagin. C’est dans l'espèce humaine, où elle devient un réservoir particulier et sphéroïdal, qu’elle diffère le plus des oviductes vasculiformes et du vagin utriculiforme, que la ligne de démarcation la plus tranchée s'établit entre elle et ces deux ordres d'organes. Comme elle prend la forme d’une sphère, en se resserrant sur elle-même , ia prédominance ‘de la direction en longueur n'appartient plus qu'à l'oviducte, en sa qualité d’organe simplement moteur. Aussi n'est-ce que dans l'espèce humaine que ce dernier a une longueur égale à celle de tout le reste des organes génitaux femelles. En eflet, si nous prenons la longueur de l'oviducte =1, celle de la matrice et du vagin est, d’après les mesures de Daubenton :

Femme 1,02 Loutre 5,00 Saimiri 1,41 Cabiai 5,14 Patas 1,94 Maki D 1) Malbrouc 2,06 Lapin domest. 5,40 Papion 2,22 Muscardin 5,00 Sa 2,2) Cochon sauvage 5.4 Mangabey 2,60 Lapim RES] 5 82 Mandrill 2,75 Chat jar Brebis 2,95 * Chatsauvage 6,26 Coaita 3,16 Campagnol 6,33 Cochon d'Inde 3,40 Lion |

Dromadaire 3,76 Polatouche sis Magot 4,00 Hérisson. 6,70 Genette A,08 Chien 6,76 Phoque A,12 Chevreuil , Lynx 7,00 Surikate h,18 Lièvre 7,45 Belette | A,60 Cochon de Siam 7,20 Chauve-souris… 4,66 Loup | 7,30 Cariacou 4,69 Coati on

Panthère h,73. Marte 7,60

Marmotte 7,70 Civette 11,55 Cerf 8,66 Loir 14,50 Renard 10,50 Cochon privé 15,00 Ours 11,50

l° Ce n’est pas seulement en prenant une forme sphérique, mais encore en se débarrassant de tout organe plastique accessoire , quela matrice annonce, dans l’espèce humaine, qu'elle est parvenue à un plus haut degré de concentration. Quelles que soient les fonctions des vésicules et des différens vaisseaux qui accompagnent l’oviducte et l’ovicanal ($ 103), ils ne sont cependant jamais que des rudimens partiels d’une matrice. Chez les Mammifères, ces organes ont pénétré plus avant dansle cercle de l'appareil génital, puisque la matrice s’est emparée de leur fonction. On peut en considérer comme des vestiges les canaux aperçus d'abord par Malpighi, et retrouvés depuis par Gaertner (1), qui existent chez le Bœuf, le Cheval, le Cochon et peutêtre d’autres Mammifères encore. Ces canaux de Gaertner traversent les parois du vagin, dans lequel ils s’ouvrent, des deux côtés de l’orifice de l’urètre ; puis ils passent dans celles de la matrice , sur les deux côtés de cet organe, jusqu'aux ligamens larges ou replis du péritoine. Rathke (2) les regarde comme les résidus des conduits excréteurs des corps de Wolff. Des canaux analogues existent, d'après FE. Geoffroy Saint- Hilaire et Martin (3), chez les Chéloniens et les Crocodiles, mais dans les deux sexes : ils s'ouvrent d’un côté dans le cloaque, à la base de la verge ou du clitoris, de l’autre dans le sac péritonéal, près des oviductes, chez les femelles. Geoffroy pense qu'ils conduisent de l'air aux ovaires (4). $107. L'individualisation et la simplification, auxquelles tendent ici les progrès du développement , se manifestent enfin dans les rapports de la matrice avec elle-même, et consistent en une disparition progressive de la duplicité. Quoique (4) Hartenkeiïl, Medizinisch-chirurgische Zeitung , 1824, t. IT, p. 105. (2) Meckel , Archiv fuer Anatomie und Physiologie, t. VI, P. 379.

(3) Férussac, Bulletin des sciences médicales, t. XIV, p: 7. (4) Gerson et Julius, Magasin der auslændischen Literatur , t. XXIX,

ressemblant du reste aux Mammifères , les Monotrèmes diffèrent d'eux par l'absence de la matrice; leurs oviductes se terminent en deux dilatations complétement séparées l’une de l’autre (1). |

4° Ces dilatations sont développées, chez les Marsupiaux, en matrices, qui néanmoins, quoique appliquées l’une contre l’autre (comme les dilatations qu'on observe chez les Grenouilles) (2) , ne sont point réunies en un seul organe , mais représentent une matrice multifide (uterus multifidus), composée d’un corps médian et de deux conduits latéraux (3). Le corps médian est étendu en ligne droite, et tantôt non divisé, tantôt partagé, dans le sens de sa longueur , par une cloison plus ou moins complète ; ilreçoit l'œuf. A sa base s’abouchent avec lui deux conduits latéraux, qui sont plus longs, en forme d’anses, recourbés ou même contournés sur eux-mêmes, qui de plus ont souvent un tissu différent de celui du corps médian, et qui s'ouvrent par leur autre extrémité dans le vagin. On pourrait les considérer comme des organes accessoires , ou comme des canaux de :Gaertner détachés et libres; mais si l'orifice du corps médian dans le vagin est fermé et ne s’ouvre qu’à l’époque de la parturition , ils doivent servir de conducteurs au principe fécondant (4).

Comme le vagin lui-même est partagé dans le Kanguroo, de même les monstruosités humaines nous offrent aussi plusieurs exemples de cas dans lesquels la duplicité de la matrice s’étendait jusqu'au vagin (5). Tiedemann en a rencontré un; l’une des deux portions de la matrice était pleine du produit de Ja génération, et elle mit au monde un fruit à terme (6). Thilow a décrit une matrice humaine à trois cavités (7).

2° À cette formese rattache celle de la matrice biforée (uterus biforiss. duplex) (8), dans laquelle le vagin est indivis,

(4) V. PL IT, douzième forme,

(2) V. PI ITT, treizième forme.

(3) V. PL IV, première forme.

(4) Carus , Traité élément. d’anat. comp., t. IT, p. 443.

(5) Voigtel, Handbuch der patholochischen Anatomie , t. TIT, p. 454

(6) Meckel, Deutsches Archiv fuer die Physiologie, t. V, p. 131.

(7) Beschreibung anatomisch-pathologischer Gegenstænde, p. 20—33. (8) V.FPI. IV, deuxième forme.

mais chaque matrice a la forme d’un intestin, et possède son orifice propre, qui est simple, etne se renfle point en manière de bourrelet. On rencontre cette disposition chez la plupart des Rongeurs , tels que Lièvre, Lapin, Castor, Rat, Souris, etc. On l’observe aussi dans le Cochon. Elle à été rencon.. trée, comme monstruosité , dans l'espèce humaine, par Morand (1), Dupuvytren (2) et Tiedemann (3); dans ce dernier cas, la duplicité anormale était compensée par la simplicité anormale du rein et de l’uretère.

2° Vient ensuite la matrice bicolle (uterus bicollis s. divisus) (4), dans laquelle l'ouverture est simple, mais la duplicité commence immédiatement au dessus, de sorte que les deux cavités de l'organe se confondent ensemble , quoique dans une très-petite étendue seulement; aussi les œufs ne parviennent-ils jamais dans la cavité commune , et demeurentils dans les cavités séparées. Cette forme appartient aux Carnassiers , aux Phoques et à certains Rongeurs, tels que les Cavia aguti, paka et porcellus. Xci l'orifice n’est pas seulement devenu impair : il offre en outre un renflement ; mais le col n'est point encore développé. Les parties paires, appelées cornes , Ont encore, comme dans les formes précédentes, une longueur considérable , et sont ou étendues en ligne droite, comme chez la Chienne et la Chatte , ou recourbées comme dans le Hérisson et la Taupe.

4° Dans la matrice à deux corps (uterus bicorporeus s. bicornis divisus) (5), la réunion s’étend déjà plus loin, de sorte que la partie inférieure ou le col devient simple , tandis que le corps est encore double et représente deux cornes fortement recourbées. Gette forme est particulière aux Ruminans. Lorsqu'il v à deux œufs, ils sont séparés l’un de l’autre , dans les deux corps, mais une partie de leurs membranes se porte, à travers le col commun , de l’un des corps dans l’autre.

5° La duplicité ne s'étend plus qu’au fond de la matrice , et

ie

(1) Voigtel , Loc. cit., t. III, p. 454.

(2) Dict. des sc. méd., t. IV, p. 459.

(3) Meckel, Loc. cit.,t. V, p.131.

(4) V. PI. IV, troisième forme.

(5) V, PI. IV, quatrième forme.

186 OVIDUCTE HÉTÉROCÈNE.

les cornes ne sont plus produites que par ce fond, qui en conséquence est plus court. C’est la matrice à deux fonds (uterus bifundalis s. bicornis simplez) (A), qui appartient en propre aux Solipèdes. Ici la cavité non divisée du corps reçoit l'œuf entier, et les cornes n’apparaissent , surtout dans l'état de gestation, que comme des appendices recourbés , dans lesquels une partie seulement des membranes de l'œuf se trouve reçue.

6° Plus loin, la duplicité est réduite aux deux parties du fond où s’abouchent les oviductes. C’estla matrice biangulaire (uterus biangularis) (2). Comme les angles suivent ici la direction des uretères, avec lesquels ils se confondent par une transition insensible , le fond paraît excavé à sa surface périphérique. Tel est le cas des Edentés, des Makis, et de quelques Singes, le Gibbon, par exemple.

7° La matrice simple (uterus simplez) (3) n’offre plus aucune trace de duplicité, de manière que son fond paraît convexe à la périphérie. Si elle affecte cette forme chez quelques Edentés et Quadrumanes , elle est cependant encore tirée en longueur , et ce n’est que chez la femme qu’on la voit se resserrer complétement sur elle-même. Baër a reconnu (4) qu’elle présente encore, dans le Bradypus tridactylus, un indice de duplicité , trahi par une double ouverture à sa cavité, qui est simple. Chez la femme, la duplicité se rencontre quelquefois comme monstruosité. Mais si, en pareil cas, on distingue la matrice à deux chambres (wéerus bifidus), dont la cavité est partagée par une cloison , de la matrice à deux cornes (uéerus bicornis) , cette distinction n’est pas la plus essentielle ; car, ici comme en général dans ce qui concerne la détermination des formes de la matrice, on ne s'attache qu’à l'apparence extérieure, qui n’exprime pas la disposition intérieure d'une manière rigoureuse. En effet, une matrice peut être partagée dans son intérieur , et cependant représenter à l'extérieur un cylindre non divisé, ou être partagée dans la plus grande

(4) V. PL IV, cinquième forme.

(2) V: PI. IV, sixième forme.

(3) V. PL. IV, septième forme.

(4) Meckel, Deutsches Archiv fuer die Physiologie, t. VIIT, p. 366,

ÉPIDIDYME. 187

partie de sa cavité , et n'avoir pourtant que des cornes trèscourtes. C’est ainsi que, d’après les mesures prises par Daubenton , la partie impaire de la matrice est aux parties extérieurement paires , ou à ce qu'on appelle les cornes , sous le rapport de la longueur, dans la Panthère etle Lapin : : 1: 1,30, dans le Dromadaire : : 1 : 0,45, et dansle Chevreuil : :1 : 2,66, quoique la matrice du Lapin soit la plus divisée ‘celle du Cheyreuil la moins divisée, et celles du Dromadaire et duChevreuil aussi divisées l’une que l’autre. Voilà pourquoi nous avons renoncé aux distinctions communément admises, et créé une nouvelle nomenclature , qui se fonde sur la disposition intérieure.

$ 108. Les Poissons à testicules vésieulaires ($ 79, 4° sont les seuls animaux qui manquent d'organes pour l'émission du sperme. Tel est particulièrement le cas de la Lamproie, dont, suivant toutes les apparences, le sperme pénètre dans la cavité abdominale , à travers l'enveloppe extérieure du testicule, et passe de là dans le cloaque, par une vésicule conique (1). Dans l'Esturgeon , il y a peut-être un conduit déférent séparé du testicule , commençant, comme l’oviducte , par un orifice libre, infundibuliforme, et se terminant dans l'uretère (2).

À. Epididyme.

8 109. Partout ailleurs le conduit déférent est la continuation immédiate du testicule , c’est-à-dire du tronc commun des canaux testiculaires. En conséquence , il présente partout le

type ordinaire des conduits excréteurs. Quand il a une longueur considérable , il se contourne beaucoup à son origine , comme font les canaux testiculaires eux-mêmes ; ses circonvolutions , réunies par du tissu cellulaire , représentent souvent un corps analogue au testicule, qu'on appelle épididyme , el dans lequel lorsqu'il existe encore plusieurs canaux testiculaires, ceux-ci se réunissent peu à peu en un seul.

(4) Rathke, Ueber der inntern Bau der Priche , p. 8. (2) Berichte von der anatomischen Anstalt zu Kaœnigsberg, t. I, p. 40.

188 ÉPIDIDYME.

1° On trouve déjà un peloton semblable, dans la Sanpsue ; chez les Annélides (1).

2° Les Céphalopodes , parmi les Mollusques , en offrent également un.

3° Il y en a aussi parmi les Insectes, chez les Hyménoptères (2), les Orthoptères, notamment la Locusta viridissima (3), et les Hémiptères , surtout la Nepa scorpioides (4).

4° Les corps qu'on trouve près des testicules, dans les Raiïes et les Squales , et qui consistent en des assemblages de canaux entortillés , ont été considérés comme des épididymes; mais Muller (5) soutient que ce sont des organes particuliers.

5° L’épididyme n'existe ni chez les Batraciens , ni chez les Poissons. La partie qu’on désigne sous ce nom, dans les Chéloniens, constitue, d'après Muller (6), un organe accessoire.

6° On ne commence à voir un épididyme que chez Les Ophidiens , les Sauriens et les Oiseaux , oùilest, d’après Rathke, un reste du corps de Wolff.

7° L’épididyme est plus gros et plus distinct du testicule chez les Mammifères que chez Les Oiseaux. ILa un volume trèsconsidérable quand le testicule lui-même est gros, comme, par exemple, dans la Taupe. Chez les Marsupiaux et la plupart des Rongeurs , il n’est uni au testicule que par deux cordons minces, dont l’un renferme les conduits testiculaires, et dont l’autre est un simple ligament. Chez l’homme, les douze à quatorze canaux testiculaires contournés ensemble de manière à produire une espèce de cône ($ 81), entrent dans l’épididyme, en forment la partie la plus large, c’est-à-dire le commencement ou latête, et seréunissent ensuite en un seul canal , qui, contourné un grand nombre de fois sur lui-même, représente le reste de l’épididyme.

(4) Bojanus , dans Zsis 817, cah. VIT, PI. VII, fig. 4, (2) Hegetschweïiler , Loc. cit., p. 22.

(3) Carus , Traité d’anat. comp. t. IL, p. 388.

(4) Anatom. comp., t. V, p.20.

(5) De glandularum secernentium structura, p. 106.

CONDUIT DÉFÉRENT. 189 B. Conduits déférens.

$ 110. Ce qui caractérise les conduits déférens, c’est la prédominance de la duplicité.

I. Examinons d'abord ce qui arrive dans le cas de testicule impair.

A0 11 n’y a qu'un seul conduit déférent chez les Mollusques hermaphrodites et les Gastéropodes digènes, animaux dans lesquels la duplicité et la symétrie , en général, sont fort peu développées. Parmi les animaux symétriques, le Phalangium (1) est le seul exemple connu d'un conduit déférent impair au

moment même de son origine.

2° Le canal déférent des Céphalopodes est partagé par une cloison en deux demi-conduits (2), et lorsque les deux testicules se rapprochent l’un de l’autre sur la ligne médiane, puis se confondent ensemble, on voit sortir deux conduits‘ déférens de la'masse non divisée. C’est ce qui arrive, par exemple, chez les Décapodes et plusieurs Lépidoptères. (Le testicule impair des Moules semble également se prolonger en un conduit déférent pair ) (3).

IT. Plusieurs cas peuvent avoir lieu quand le testicule est double.

1° Les deux conduits déférens qui partent de ces organes se réunissent chez les Poissons. Leur réunion s’opère trèspromptement, ou immédiatement derrière les testicules, chez la plupart des Poissons osseux. Mais le tronc des canaux testiculaires , ou , en son absence , une bandelette lisse, qui a la même signification, parcourt la longueur entière de chaque testicule, à son côté supérieur ou interne, et tient déjà lieu ici du conduit déférent, de sorte que la duplicité n’est point aussi faible qu’elle le paraît quand on n’a égard qu’aux conduits déférens libres. Ces derniers, chez d’autres Poissons, ne se réunissent que fort loin derrière les testicules, et peu avant de seterminer. Dans les Insectes, cette réunion est gé-

(4) Treviranus, V’ermischte Schriften, t.1, p. 36. (2) Cuvier , loc. cit.,t. V, p. 166.

(3) Addition de Baër.

nérale ; cependant, presque toujours, la partie paire a beaucoup plus de longueur que la partie impaire produite par la

fusion des deux canaux, ou que le conduit déférent commun. |

2° Les deux conduits demeure séparés chez les Crustacés et les Arachnides, chez quelques Poissons osseux, entre autres le Brochet (1), chez les Poissons cartilagineux, les Reptiles, les Oiseaux , les Mammifères et l'Homme. Quoiqu'ils se réunissent extérieurement, dans une partie de leur trajet, assez longue, chez l'Ours, le Raton et le Blaireau, courte, au’contraire , chez la Loutre et le Phoque , cependant leurs cavités demeurent distinctes (2). Au reste, nous trouvons un exemple des erreurs auxquelles peut conduire la téléologie , dans cette assertion de Graaf, que si les conduits déférens étaient réunis en un seul canal, celui-ci serait la plupart du temps lésé dans l'opération de la taille , et que de là résulterait l'impuissance, quod cum videret PRINT PER rerum conditor, voluit illas partes & se invicem separare (3).

$ 111. Une autre particularité est la longueur considérable, qui fait que ces canaux sont plus ou moins contournés ou repliés sur eux-mêmes. Ils sont, par exemple, cinq fois aussi longs que le corps entier dans le Dytiscus marginalis, huit à dix fois dans les Nécrophores et les Blaps (4), douze à quatorze dans la Tettigonia plebeia (5), trente fois dans le Carabe doré. Ils ont huit pouces de long dans l'Écrevisse (6), et, dans les Lépidoptères, la portion impaire , ou le canal: déférent com mun, à souvent une longueur de deux pouces (7). Chez les Maminifères qui ont les testicules dans un scrotum , ces conduits parcourent un long trajet, attendu que, As d’abord des extrémités supérieures des testicules , où ils constituent les épididymes, ils remontent ensuite, traversent l'anneau inguinal , passent de là dans le bassin, au dessus de la vessie

(1) Rathke, Beitræge zur Geschichte der L'hierwelt , t. IT, p. 463. (2) Cuvier, Loc. cit.,t. V, p. 21.

(3) De virorum or es generation inser vientibus , P. 66.

(4) Meckel , Beitræge zur vergleichenden Aibéani e t IL, cah. IT. (5) Ibid., ce £,p:.5,

(6) Rœsel, {nsectenbelustigungen , &. TL , p. 330.

(7) Hegetschweiler, loc. cit,, p. 22.

et au dessous du rectum ; après quoi ils se portent de nouveau en bas, outre qu'ils sont flexueux. Quand les testicules sont |losés dans la cavité abdominale , les conduits déférens décrivent encore davantage de courbures ; c’est ainsi, par exemple, qu’ils sont flexueux au plushaut degré chez les Gé: tacés. Le canal simple de l’épididyme human à, tout seul, süivant Lauth (1), une longueur de dix-neuf pieds, quand on le déroule.

Page 1