‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 59 sur 115 · À. DILATATIONS DES CONDUITS DÉFÉRENS · texte numérisé non relu

À. DILATATIONS DES CONDUITS DÉFÉRENS

& 412. Les conduits déférens se dilatent quelquefois de distance en distance. Chez les Ascarides, la partie postérieure du canal est plus ample que l'antérieure (2). Dans les Acanthocéphales, elle s'élargit au point de constituer une vésicule. Ces sortes de dilatations ne sont point rares parmi les Gastéropodes. Le conduit déférent de la Paludina vivipara (3) est tout entier converti en un utricule, et celui du Lymnœus palustris, après avoir présenté un utricule oblong près du testicule, devient immédiatement après vésiculeux, et plus loin vasculiforme (4). Chez les Céphalopodes, il se dilate d’abord en un utricule, puis en une poche musculeuse. Dansles Insectes, lé point où les deux conduits déférens se réunissent , tant ensemble qu'avec les organes accessoires, présente fréquemmént une dilatation vésiculeuse, à laquelle succède, tantôt immédiatement l'organe copulateur, comme dans le Geotrupes stercorarius, tantôt encore une certaine longueur de conduit séminal, comme dans la Tettigonia plebeia (5). Les conduits déférens de l’Abeille se dilatent avant leur réunion. Dans les Pleuronectes, leur commencement forme un sac large et plat (6); chez les autres Poissons osseux, l'extrémité du conduit déférent commun présente une petite dilatation ; dans les Raies et les Squales, les extrémités des conduits dé-

(1) Froriep , Notizen , t. XXXII, p.307.

(2) J. Cloquet, Anat. des vers intestinaux, p. 44.

(3) Zeitschrift fuer Physiologie, 1.1, p. 30.

(4) Ibid. , p. 2.

(5) Meckel , Loc. eit.; t. I, cah. I, p. 5.

(6) Rathke, Beitræge sur Geschichte der L'hierwelt, & A, p. 461;

férens sont des utricules longs, épais et appliqués l’un contre l’autre. Ces canaux se dilatent également en une vésicule, chez les Grenouilles, avant de s’aboucher dans le cloaque. Chez les Oiseaux aussi, leurs extrémités présentent de petites vésicules ovales, qui reposent sur le cloaque, dans l’intérieur duquel elles font un peu de saillie. Une pareille dilatation , située à l'extrémité , existe aussi chez les Mammifères, notamment les Solipèdes, la plupart des Ruminans, plusieurs Rongeurs et l’Éléphant (1). Enfin les conduits déférens sont un peu dilatés à leur extrémité chez l'homme. Ces dilatations servent évidemment de réservoirs, qui permettent à la semence de s'amasser, afin qu'elle puisse être ensuite versée en plus grande quantité à la fois. Mais, en même temps, elles modifient cette humeur et la perfectionnent.

1° Cette influence qu'ils exercent sur elle tient à l’action qu'elle subit de la part de leurs parois vivantes, et qui s’accompagne peut-être aussi de l'absorption des parties aqueuses. En effet, comme le sperme se forme peu à peu pendant qu'il parcourt les canaux testiculaires , nous voyons aussi qu’il acquiert déjà d’autres qualités dans l’épididyme , où, chez les Oiseaux, par exemple, il prend une teinte différente de celle qu’il avait dans les testicules (2), tandis que, chez les Mammifères, il devient blanc, de gris qu'il était jusqu'’alors (3). Or cette influence augmente incontestablement lorsque la dilatation dont nous parlons ici est parsemée de plis, ou d’un tissu lamelleux. Ainsi , chez la plupart des Poissons osseux, mais très-distinctement dans les Pleuronectes et les Saumons, elle renferme un tissu spongieux de fibres et de lames solides, blanches , entrecroisées, entre lesquelles il reste un canal libre (4), et chez les Solipèdes, les cavités sont rétrécies par des cellules.

2° Les parois de ces ‘dilatations sont fort souvent minces, par exemple, chez les Oiseaux, où leur épaisseur le cède toujours à celle du restant du canal déférent, parce qu'elles

(4) Cuvier, Anat. comp.,t. V, p. 35.

(2) Tannenberg , De part. genital, masculis avium, p.19. (3) De Graaf, loc. cit., p. 64.

(4) Rathke, Loc. cùt.,t, IT , p. 487.

sont privées de tunique péritonéale; mais, chez plusieurs animaux , elles deviennent épaisses, plissées et comme glanduleuses , de sorte qu’alors elles sécrètent, suivant toutes les apparences, un liquide qui se mêle au sperme. Ainsi, dans les Gastéropodes, par exemple le Lymnæus, elles sont parsemées de grains glanduleux , etgarnies de plis longitudinaux, entre lesquels se trouvent des points dilatés ou des sinus (1). Dans les Céphalopodes, elles présentent des plis et des cloisons en spirale. Chez certains Insectes , tels que la Teétigonia plebeia, elles sont épaisses et glanduleuses. Elles ont également des parois épaisses chez la plupart des Mammifères, où il paraît se sécréter une humeur blanche et gélatineuse dans les cellules, par exemple chez les Solipèdes (2). De même chez l’homme, la face interne du conduit déférent, qui jusque-là avait été lisse, présente un aspect réticulé dans le point où ce canal subit une dilatation.

8 4143. Il faut bien distinguer les dilatations situées sur le trajet même des canaux déférens , dont par conséquent elles font immédiatement partie, des organes, pour la plupart creux, qui s’insèrent sur les côtés de ces conduits, comme autant de parties subordonnées ou accessoires.

I. Nous en trouvons déjà chez les Entozoaires. Dans l’Echinorhynchus gigas , il y a de petites vésicules non symétriques et reposant sans pédicule sur le canal déférent commun, qui font le passage des dilatations proprement dites, ou vésicules séminales ($ 112), aux organes accessoires, puisqu'on doit les considérer comme des sinus ou des boursouflures d’une des parois latérales du conduit. Dans l’Echinorhynchus proteus, ce sont des vésicules portées sur de longs pédicules.

I. Les organes accessoires existent presque généralement chez les Insectes, y revêtent les formes les plus diversifiées , et souvent ressemblent tout-à-fait aux testicules. D’ordinaire, ils s'abouchent avec le point où les deux canaux déférens se

(4) Zeitschrift fuer die Physiologie,t, 1, p, 23, (2) Cuvier , Loc. cit, t, V, p. 32.

réunissent pour en produire un commun; mais quelquefois aussi ils s'ouvrent dans les canaux déférens encore séparés, ou même dans le conduit qui résulte de leur réunion, vers son extrémité.

1° Ce sont parfois des vésicules, dont on trouve une, par exemple , dans la Blatta orientalis (1); ou deux longuement pédiculées, comme dans le Bombyx mori (2); ou deux inégales , par exemple, dans le Cimez hyoscyami, chez lequel l'une repose immédiatement sur le point de réunion, tandis que l’autre commence par cinq racines vasculiformes, ét s'ouvre par un pédicule à l'extrémité du conduit déférent commun (3); où deux paires, comme dans la Musca putris, qui en a deux portées sur de longs pédicules et deux autres dont les pédicules sont courts (4), comme aussi dans la Locusta viridissima , chez laquelle ce sont deux faisceaux de vésicules portées par de courts pédicules (5).

2° Des vésicules allongées et pyriformes, faisant passage aux utricules, se trouvent au nombre tantôt d’une paire, dans la Nepa (6), tantôt de deux paires, comme dans l’AÆscalaphus ita— licus, où elles s'ouvrent déjà dans les conduits déférens, et où la paire la plus petite commence par une longue racine vasculiforme (7).

3° On rencontre une couple d’'utricules, qui tantôt sont presque aussi larges à leur origine qu'à leur autre extrémité, comme dans les Abeilles etles Éphémères (8), le Dytiscus marginalis (9) , le Carabus hortensis (10), et la Lepisma saccharinum (11), tantôt sont rétrécis et vasculiformes au commencement , comme dans le Melolontha vulgaris (12).

(1) Gæde , Beitræge zur Anatomie der Insekten , p. 20.

(2) Swammerdam , Bibel der Natur, PI. XXVIIE, fig. à.

(3) Hegetschweiler, Zoc. cit., fig. 6.

(4) Swammerdam , he: cit. PL AUS fig. 47.

(5) Gæde, loc. cit., p. 26.

(6) Swammerdam , loc, cit,, PL. TIT, be. 6.

(7) Hébetscliweiler , toc. cit.; fig. A2.

(8) Swammerdam , loc. cit., PI, XXI.

(9) Hegetschweïler, loc. cit., fig. 8.

(40) Gæde , Loc. cût., p. 25.

(41) Treviranus , ’ermischte Schriften, t. II.

(12) Hegetschweiler , Loc, cüt., fig, 5.

4Ilyadesutricules plusétroits, ou des vaisseaux, aunombre de deux, dans la Stratiomys chamæleon (4), le Papilio brassicæ (2), l'Oryctes nasicornis (3), où ces utricules ont vingt pouces de long, la Tettigonia plebeia (4), où ils sont huit fois aussi longs que le corps entier, et le Lamia tristis, où ils s'ouvrent dans le canal déférent; au nombre de quatre, ordinairement dissemblables eu égard à la situation et à la direction, ou différens sous le rapport du liquide qu'ils contiennent, dans le Geotrupes stercorarius (5), le Tenebrio molitor (6), le Clerus alveolaris (7), et le Blaps mortisaga ; au nombre de six , dans le Meloe (8) , et l'Hydrophilus piceus ; au nombre de huit, dans la Notonecta glauca; enfin constituant deux faisceaux en forme de houppes, qui s'ouvrent par deux troncs dans les conduits déférens, chez la Locusta verrucivora.

5° De même que ces différentes formes passent de l’une à l’autre par des gradations insensibles , de même aussi elles se rencontrent réunies ensemble. Ainsi on trouve deux utricules et une vésicule dans le Syrphus tenax (9) ; deux vaisseaux et deux vésicules , qui s'ouvrent les premiers dans les conduits déférens, et les secondes dans le canal commun, chez le Carabus monilis;, deux utricules et deux troncs formés chacun de trois vaisseaux , dans le Dytiscus (10) ; un utricule au point de réunion et deux vaisseaux à l'extrémité du canal commun, dans les Scolopendres (11) ; deux petites vésicules, deux plus longues, deux utricules et deux vaisseaux, dans le Buprestis mariana (12).

Page 1