‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 63 sur 115 · VÉSICULES SÉMINALES · texte numérisé non relu

VÉSICULES SÉMINALES

3° Comme la vésicule biliaire, elles manquent chez plusieurs Mammifères, et, chez quelques uns au moins de ceux quiensont dépourvus , notamment les Chiens etles Loups, l’accouplement dure fort long-temps , de même que, chez les animaux privés de vésicule biliaire , on voit la chylification s’opérer plus tardivement et dans une étendue plus considérable du canal intestinal.

&o L'observation déjà faite depuis long-temps, qu'une injection poussée dans le conduit déférent , ne sort par l’urètre qu'après avoir rempli les vésicules séminales (1), a été confirmée par Wilson (2). Pendant la vie, le sperme doit être obligé de suivre la même voie vers les vésicules séminales, lorsque l’orifice urétral du conduit est bouché.

5° Il n'est point constant que le liquide contenu dans les vésicules séminales soit moins épais et plus brunâtre que dans les conduits déférens , qu'il n’exhale point l'odeur du sperme, et qu'il ne se fluidifie pas à l’air (3). De Graaf et Brugnone ont reconnu que ce liquide était du véritable sperme , et, d'après Wilson (4), il diffère bien du sperme contenu dans le commencement du canal déférent, mais ressemble à celui qui existe dans Îa terminaison de ce conduit. (Prevost et Dumas prétendent qu'il ne renferme pas d’animalcules spermatiques , et que, quand on en rencontre, c’est que ces êtres S'y sont fortuitement égarés. Cette assertion est une de celles qui excitent tant de surprise dans les travaux de ces physiciens, puisque la plupart des anciennes observations sur les animalcules spermatiques ont été faites sur le liquide qui avait été tiré des vésicules séminales, comme, par exemple, celles de Buffon et de Gleichen) (5).

6° Jamais, chez les Mammifères, on ne trouve de vésicules séminales satts prostate ni glandes de Cowper; s’il s “agissait seulement d’une sécrétion, celles-ci pourraient suflire.

7° Chez les animaux , la formation du sperme n’a lieu que

(1) Haller, Elem. physiol., t. VIT, p. 454.

(2) Lectures on the urinary organs , p. 131.

(3) Wilson, Loc. cit., p. 121.

(4) Ibid. , p. 451.

(5) Addition de Baër.

VÉSICULES SÉMINALES. 199 d'une manière périodique , et à l’époque du rut, ce qui fait que des vésicules séminales leur sont moins nécessaires. Ces poches paraissent être indispensables chez l’homme, parce qu'il se produit continuellement du sperme chez lui. ,

8° On à vu des animaux qui engendraient encore immédiatement après la castration, tant qu'il restait du sperme dans leurs vésicules séminales (1). Brugnone a trouvé, chez des animaux qui avaient été châtrés, ces vésicules petites et ne contenant qu'un peu de mucus. Il à reconnu, dans un homme, chez lequel la communication avait été détruite entre un testicule et la vésicule séminale correspondante , que cette dernière était vide. Mais, une fois, Otto (2) a rencontré de la semence ‘dans l’une des vésicules neuf mois encore après la castration.

IT. Chez beaucoup d'animaux, les vésicules séminales ont pour rôle principal ou exclusif de sécréter : chez l’homme, la sécrétion s'ajoute à leur autre rôle , comme il arrive pour tous les réservoirs, notamment la vésicule du fiel et la vessie urinaire. De plus, comme nous verrons dans la suite ($ 857) que ces réservoirs peuvent produire un liquide analogue à celui qu'ils ne font d’ailleurs que recevoir, il se pourrait bien aussi que les vésicules séminales fussent en état de former un liquide analogue au sperme.

9° Les minces organes accessoires vasculiformes des Insectes ne paraissent nullement propres à servir de réservoirs ; ils ressemblent bien plutôt aux canaux testiculaires, mais contiennent un liquide différent.

10° Déjà le conduit déférent offre souvent une structure celluleuse ; ces cellules se multiplient dans les vésicules séminales, dont la membrane muqueuse est d’ailleurs riche en vaisseaux et pourvue de petites villosités, de même que la prostate de quelques animaux ressemble à une vésicule celluleuse , tandis que les vésicules séminales du Cochon ont une apparence glanduleuse.

1° Chez le Hérisson, les vésicules séminales s'ouvrent dans

(1) De Graaf ," De mulierum org. generationt inservient, , p. 82. (2) Seltene Beobachtungen, t.1 ,p. 131.

l’urètre séparément des conduits déférens ; Prevost et Dumas n’ont point trouvé d'animalcules spermatiques dans leur liquide (4), tandis qu'ils en ont vu dans ce même liquide chez le Lapin, quoique la séparation ait également lieu ici (2).

12° Wilson nous apprend qu'un homme auquel il avait extirpé les testicules cancéreux , ressentait encore des désirs vénériens, qu'il eut plusieurs fois commerce avec des femmes, et qu'il répandait un liquide analogue à du sperme (3).

D'après tous ces faits, il paraît aussi peu convenable de regarder les vésicules exclusivement comme des :réservoirs , que de voir seulement en elles des organes sécrétoires , ainsi que l'ont fait Wharton, Van Horne , Swammerdam , Harder, Taury et Jean Hunter (4).

D. Glandes accessoires.

$ 115. Les organes glanduleux qui s’adjoignent aux conduits déférens, ne diffèrent d’eux que parce que l’activité plastique, déjà existante dans les vésicules séminales, y a tout-àfait refoulé le caractère de réservoir. Les organes accessoires vasculiformes des Insectes (& 113, 11°) doivent en être considérés comme des rudimens , puisque , chez ces animaux, tous Les organes de plasticité apparaissent sous la forme de Vaisseaux.

1° Dans les Mollusques, au contraire , la forme de masses slanduleuses est celle qui domine; voilà pourquoi on voit paraître ici des glandes aux conduits déférens , et cela non seulement chez les Mollusques hermaphrodites, par exemple le Planorbis corneus, où le conduit déférent est uni, dans le milleu de son trajet, avec une glande grenue et jaune (5), mais encore chez ceux à sexes séparés, par exemple les Géphalopodes, où ce même canal reçoit, entre ses deux dilatations, le conduit excréteur d’une glande oblongue.

(2) Annales des sc. naturelles , t. I , p. 170.

(2) Ibid., p. 27.

(3) Loc. cit., p. 153.

(4) J. Hunter, Observations on certain parts of the animal œconomy , London 1792, in-4°, p. 27-44; où Completes Horks, by 3, Palmer, London 4837, t. IV, in-8°, fig.”

(9) Zeitschrift fuer die Physiologie, 1. T, p. 45.

2, Chez quelques Poissons, une glande uniquement composée de grains isolés, s'applique autour de l'extrémité du conduit séminal (4).

3° Les Urodèles présentent au même endroit une grosse glande formant bourrelet (2).

4° Tannenberg a remarqué, chez les Oiseaux, entre les extrémités des canaux déférens et du rectum , une glande ronde et rouge, dont il n'a pu découvrir les conduits excréteurs (3).

50 Chez les Mammifères , les organes accessoires glanduleux se terminent dans l’urètre. La prostate ne paraît manquer qu'aux seuls Monotrèmes et Tardigrades. Elle consiste en des utricules ou canaux ramifiés , appliqués les uns contre les autres, et contient un liquide , qui est blanc comme de la crème , un peu épais, visqueux , de saveur salée et coagulable par l’alcool. Elle se développe toujours en même temps que les organes générateurs , et doit par conséquent avoir un but qui se rapporte spécialement à la génération , quoique sa position fasse que , quand elle vient à tomber malade, ce sont surtout l’excrétion de l'urine et celle des matières fécales qui se trouvent dérangées. De Graaf l’a trouvée tuméfiée et engorgée chez les hommes qui avaient vécu dans linconduite, et quand la mort avait eu lieu immédiatement avant ou “hree l'acte vénérien (4).

Les glandes de Cowper sont situées plus en devant; elles contiennent un liquide mucilagineux , jaunâtre ou rougeûtre, et se composent d’un plus ou moins grand nombre de petits utricules partagés en sinus, cellules et branches.

$ 116. Toute la sphère médiane du système masculin de la génération, envisagée d’une manière générale, se caractérise par la prédominance de l’'irritabilité.

On aperçoit déjà des fibres musculaires aux canaux déférens des Ascarides (5) et des Insectes (6), chez lesquels on parvient

(4) Rathke, Beitræge zur Geschichte der Thierwelt, t. IT, p. 180. y 164), UT; p.91 (3) De partib. genitalib, masculis avium , p. 26. (4) Loc. cit., p. 75.

(5) J. Cloquet, Anat. des vers intestinaux, p. 45. (6) Hegetschweïler , Loc. cit., p. 10.

surtout très-bien à distinguer la membrane musculeuse extérieure, qui est ferme et dense, de la membrane muqueuse interne, qui est mince et transparente. Dans l’homme, cette membrane extérieure est épaisse, ferme, d’un jaune brunâtre , et Meckel y a quelquefois aperçu.très-distinctement des fibres annulaires (1). |

Les fibres musculaires des vésicules séminales s’aperçoivent principalement chez les gros animaux ; Brugnone, Hunter (2) et Wilson (3) les ont vues , dans le Cheval par exemple, formant deux couches superposées. Dans l'Éléphant , les vésicules ont un muscle longitudinal considérable, qui les raccourcit et- les vide (4).

On a même observé les mouvemens d’une manière TE

Schelver a vu les conduits déférens d’un Dyüsque se contracter quand il y touchait avec une aiguille (5). Lorsque Tiedemann passait un pinceau imbibé d'alcool sur les conduits déférens de Mammifères, ils s’agitaient d'un mouvement vermiforme, et lorsqu'il les coupait en travers, ils se raccourcissaient d'une manière notable (6). Andral a reconnu que les vésicules séminales du Cochon d'Inde exécutaient des mouvemens péristaltiques semblables à ceux des intestins , sous l'influence du galvanisme , et que , quand on les incisait , long-temps même après la mort , ils se contrac- | taient rapidement. et chassaient le liquide contenu dans leur intérieur (7). La dilatation vésiculiforme des canaux déférens chez les Oiseaux esi située, quand il existe un organe de copulation, entre ses muscles releveurs, par lesquels elle peut être comprimée. Les glandes de Cowper sont partout placées dans un tissu de muscles et de fibres tendineuses (chacune

(4) Manuel d'anatomie, Paris 4825, t. IIT, p. 629.

(2) Meckel, dans sa trad. all. de l’Anat. comp. de Cuvier, t. IV, p. 430.

(3) Lectures , p. 419.

(4) Guvier, Anat. comp., t. V, p. 39.

(5) Tiedemann et Gmelin, Recherches sur la route que prennent diverses substances pour passer de l'estomac dans le sang , Paris 4821, in-8°, p.21.

(6) Wiedemann, Archiv fuer Zoologie ,t. II , p. 248.

(7) Meckel , Deutsches Archiv fuer die Physiologie, t. VIIL, p. 467.

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