‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 64 sur 115 · PARAL, ENTRE LES ORG. DE LA SPHÈR, MÉD · texte numérisé non relu

PARAL, ENTRE LES ORG. DE LA SPHÈR, MÉD

d'elles est entourée , dans le Chameau, d’une couche particulière et fort épaisse de fibres musculaires } (1).

IIT. Parallèle entre les organes sexuels mâles et femelles de la sphère médiane.

$ 117. Si maintenant nous comparons ensemble les organes mâles et femelles de la sphère médiane , nous trouvons qu'il y a entre eux une analogie manifeste dans l’idée déjà établie précédemment ($ 92), c’est-à-dire dans cette réunion de circonstances que leurs parties essentielles sont formées de membranes muqueuses, qu'ils remplissent le double office de conducteurs et d’agens de perfectionnement ou d'élaboration, et qu'ils servent d'intermédiaire entre les sphères interne et externe du système génital. Ils sont placés entre ces deux sphères, comme le point d’indifférence entre les deux pôles; ils tiennent ces deux pôles pour ainsi dire à distance l’un de l’autre , et ménagent leur action réciproque ou transportent l'activité de l’un sur l’autre.

La correspondance entre le canal déférent et l’oviducte est

frappante. Tous deux sont des canaux qui reçoivent et font

cheminer ce qui a été produit dans les organes primaires de formation. Tous deux commencent par une portion plus large (pavillon et épididyme), et, envisagés d'une manière générale , ils se dirigent des côtés vers la ligne médiane.

Quand on ne s'arrête point aux seuls contours exérieurs, on découvre une analogie non moins évidente entre la matrice et les vésicules séminales. Toutes deux, en effet, sont des cavités formées par une membrane muqueuse , logées entre le rectum et la vessie urinaire , qui reçoivent les oviductes et les canaux déférens , conservent la substance procréatrice que ces conduits leur ont amenée, l’élaborent et enfin l’expulsent. Nous avions déjà précédemment (2) établi ce parallèle, que Blainville a poussé jusqu’au point de prétendre que les animaux ovipares, privés de matrice, manquent également de vésicules séminales (3). Mais si l’on met de côté les animaux

(4) Addition de Baër.

(2) Berichte von der anatomischen Anstalt zu Kœnigsberg , p. 23. (3) Bulletin de ja soc. philomat., 4818, p. 159.

20/4 PARALLÈLE ENTRÉE LES ORGANES SÉXUELS inférieurs , cette assertion, bien que confirmée par l'absence des vésicules séminales chez les Monotrèmes, est réfutée par ce qu'on observe chez les Tardigrades, les Phoques, les Cétacés, les Marsupiaux, les Chameaux, etc., et d’ailleurs les organes génitaux des deux sexes d’une espèce ne se correspondent pas toujours complétement eu égard à leur degré de développement.

Meckel (1), Carus et Schmidt (2) ont comparé la prostate à la matrice, en se fondant principalement sur la forme de cette glande, comme aussi sur ce qu’elle occupe la ligne médiane du corps, et perdant de vue la différence totale qui existe entre un organe formé de membrane muqueuse, qui doit servir de réservoir à une substance produite dans d’autres orgares, et un organe plastique, qui a une structure glanduleuse et jouit d’une vie indépendante. Rosenmuller , qui le premier a émis l’idée de ce parallèle, s’est complétement trompé en comparant les oviductes aux vésicules séminales et les ligamens de l'ovaire aux canaux déférens (3). On serait plus fondé à comparer la prostate aux mamelles des femelles, puisque les deux organes sont situés superficiellement sous la peau, reçoivent des nerfs de la moelle épinière, ont un ussu ferme et blanc, produisent un liquide blanc, albumineux, lactescent , qui contient des globules et exhale une odeur spéciale de lait quand on le brüle (4), enfin versent ce liquide par plusieurs conduits excréteurs. On pourrait même jusqu'à un certain point comparer le museau de tanche au mamelon, comme l'a fait Bichat, qui n'avait d’ailleurs point songé à mettre la prostate en parallèle avec les mamelles.

$ 118. En comparant ensemble les organes mâles et femelles de cette sphère, pour saisir la différence sexuelle qui existe entre eux, et s’arrêtant surtout à l'espèce humaine , chez laquelle cette différence est plus prononcée que partout ailleurs , on trouve d'abord que la sphère médiane et indifférente l'emporte, chez la femme, sur les sphères interne et externe , tan-

(1) Beitræge zur vergleichenden Anatomie, t. IT, cah. II, p. 487. (2) Schmidt, Organisationsmetamorphose des Menschen, p. M.

(3) Abhandlungen der phy. medic. Societæt su Erlangen , t. 1, p. 47. (4) Gruithuisen , Beitræge zur Physiognosie, p. 170.

dis qu'au contraire, chez l’homme, les extrêmes ou les pôles prédominent sur la portion mitoyenne ou Indifférente. «+ 4° Chez l’homme, les testicules et la verge, chez la femme, les oviductes et la matrice, sont les parties les plus développées du système génital.

2° Plus un organe est élevé, plus son développement est complet, plus aussi son organisation est spéciale et diffère de celle de tous les autres. Or le testicule, organe qui consiste en vaisseaux d’une longueur extrême ($ 81), qui est situé hors de la cavité du tronc et enveloppé de membranes propres (8 88), et la verge, qui est un conduit excréteur devenu un membre saillant et cylindrique ($ 135), offrent des conditions d'organisation dont on ne rencontre les analogues nulle part ailleurs , tandis que les canaux déférens et les vésicules séminales, envisagés d’une manière générale, se comportent comme des conduits excréteurs et des réservoirs de glandes et de viscères glanduleux , et trouvent leurs analogues notamment dans les uretères et la vessie urmaire, ou dans le con : duit et la vésicule biliaires. Chez la femme, l'ovaire a proportionnellement plus d’analogie avec les glandes et les organes slanduleux , et la matrice avec les commencemens des cavités formées d’une membrane muqueuse ; mais l’oviducte, entièrement détaché de son organe plastique (8 94, 6°), et la matrice, envisagée tant dans son tissu ($ 106, 2° ) que dans les phénomènes vitaux qu’elle déploie pendant la menstruation, la gestation et la parturition, présentent des particularités à côté desquelles on ne peut rien mettre d'analogue. De même que les vaisseaux constituent un système général, qui se retrouve partout, et qui partout agit de la même manière, tandis que l'intestin, au contraire, est un organe spécial, ou une espèce particulière de vaisseaux, de même aussi les organes de la sphère génitale médiane tiennent davantage du vaisseau chez l'homme et de l'intestin chez la femme.

3° Plus le degré de formation où se trouve un organe est élevé, plus aussi cet organe est segmenté, c’est-à-dire divisé en parties hétérogènes. Sous ce point de vue aussi, le sexe masculin occupe un degré inférieur ; car le canal déférent n’est jamais séparé du testicule ($ 109), et, la vésicule séminale

n’est qu’un appendice , un sinus, une sorte de cœcum de ce conduit. Au contraire, l'oviducte forme l’antagonisme le plus fort et le plus prononcé avec l'ovaire ($ 94, 6°), et la matrice avec l’oviducte ( 8 405 }).

A° L’oviducte et le canal déférent sont munis d'organes accessoires ; à leur degré inférieur de formation ($ 103, 115). Au plus haut terme du développement, les organes accessoires femelles disparaissent, la matrice les attirant d'abord matéricllement dans son domaine, pour ensuite les anéantir et s'emparer de leur fonction ( $ 106, 4), tandis que les or sanes accessoires mâles se maintiennent toujours ($ 114, 115).

5° Nous avons déjà trouvé que l’activité des organes femelles de cette sphère est plus étendue et plus considérable ( 102 ): de même aussi c’est dans la matrice , chez la femme, dans le testicule et la verge , chez l'homme, que le système génital présente le plus fréquemment des maladies et des anomalies de conformation.

$ 119. Cette prépondérance du côté de la sphère femelle s'exprime particulièrement dans la réunion de directions opposées de l’activité vitale. Les organes mâles de la sphère médiane sont de simples prolongemens de l'organe plastique primaire, et ils ne font que conduire au dehors le produit de cet organe. Outre cette fonction, les organes femelles ont encore celle de conduire du dehors aw dedans | pendant la fécondation. Dans les premiers, la vie ne fait que se manifester à l'extérieur ; dans les autres, il y à de plus une action intérieure, qui devient prédominante. La direction vers le dehors s'exprime par la pluralité, et celle vers le dedans par l'unité : voilà pourquoi la duplicité prédomine dans les organes mâles ($ 410), tandis que les organes femelles manifestent partout la tendance à faire disparaître cette duplicité ($ 106, 107). Jamais il ne naît deux oviductes d’un ovaire qui soit réellement impair, et non pas seulement unique en apparence, par la fusion des deux ovaires sur la ligne médiane (1), tandis qu'il n’est pas rare que deux canaux déférens proviennent d’un testicule impair ( $ 110, 2° ). Les vésicules

(4) Excepté dans les Moules, Addiéion de Baër,

séminales sont paires partout ; jamais la matrice n’est divisée en deux organes totalement séparés. Dans toute une classe du règne animal , celle des Oiseaux, l'oviducte est impair, sans exception, et le canal déférent pair. La disparition ou la per- Sistance des organes accessoires ( $ 118 , 4° ) se rattache à la

| prédominance tete de la tendance vers l’unité ou vers

la pluralité.

& 420. L'action dirigée vers l'extérieur se manifeste sous la

forme de mouvement : la direction de la vie vers l’intérieur a pour effet la création et la formation. Aussi le mouvement l'emporte-t-il sur la plasticité dans les organes masculins de cette sphère , et la plasticité sur le mouvement dans les or- Sanes féminins.

1° La substance que reçoivent les vésicules séminales est déjà presque parachevée; il ne lui faut plus qu'une légère élaboration et une faible addition, pour réunir toutes les con: ditions qu'elle doit avoir avant d’être expulsée au dehors. La matrice, au contraire, reçoit une substance proportionnellement bien plus grossière; elle fait infiniment plus pour perfectionner cette substance, et en cela elle atteint à un but plus relevé.

20 La portion tubiforme et à proprement parler conductrice de cette sphère est plus développée chez l'homme; le canal déférent est beaucoup plus long que l’oviducte, et il surpasse plus en longueur les vésicules séminales, que l’oviducte ne le fait par rapport à la matrice. Le réservoir, comme partie de cette sphère dans laquelle s'exécute surtout la formation, est beaucoup plus développé chez la femme que chez l’homme Les vésicules séminales sont petites, situées plus bas, vers le détroit inférieur du bassin, fixées à la vessie urinaire, et en général peu importantes, puisque la génération a lieu sans elles chez un grand nombre de Mammifères. La matrice est infiniment plus volumineuse et située plus haut dans le bassin, comme un organe libre et jouissant d’une existence plus indépendante. Sa srosseur à même déterminé quelques physiologistes à chercher le caractère des organes génitaux femelles dans la prédominance de l'expansion, et celui des organes génitaux mâles dans la prédominance de la contraction, vue manifestement

trop rétrécie, puisque l'ovaire et le testicule, l'oviducte et le canal déférent , le vagin et la verge ne sont nullement dans un pareil rapport les uns avec les autres. |

3° Le canal déférent charrie toujours, et par sa propre énergie, des substances provenant du testicule ; l’oviducte ne devient conduit excréteur que par momens, à l'époque où l’activité vitale acquiert son plus haut degré d’exaltation. Les vésicules séminales agissent à la manière des muscles qui reconnaissent l'empire de la volonté, c’est-à-dire qu'elles expulsent plus ou moins rapidement leur contenu à des époques indéterminées. Le mouvement de la matrice, semblable à une action musculaire plastique , est assujetti à un rhythme déterminé ; il s’établit après l'écoulement d’un certain laps de temps, et survient peu à peu. L'action libre, le mouvement volontaire, précède l'émission du sperme, la détermine et l'accomplit; mais, dans la parturition , ce mouvement n'arrive qu’en second lieu et à titre seulement d’auxiliaire.

4° Comme , chez la femme, la sphère médiane prédomine sur les deux autres ($ 118 }, mais que, dans cette sphère elle-même, le réservoir l'emporte sur le canal conducteur (2°), et dans le réservoir la formation sur le mouvement ( 4°, 2°), il résulte de là que la matrice représente le foyer proprement dit du système génital femelle et de son activité plastique. De même que cette signification s'exprime dans les‘circonstances relatives à la grandeur, à la situation, à la structure , à la répartition des vaisseaux et des nerfs, et à tous les phénomènes de la vie , de même aussi elle se manifeste dans la disposition des ligamens ronds de la matrice. Toutes les conjectures hasardées jadis sur les usages de ces ligamens (1) étaient insuflisantes. Parce qu'ils ont une forme cylindrique, on les regardait comme des canaux conduisant de la semence ou de l'air dans la matrice ; mais ils ne sont point creux. Parce qu ils contiennent des fibres musculaires, on croyait qu'ils tirent la matrice de haut en bas pendant la copulation et la parturition ; mais ils n’ont pas de point fixe, car ils ne s’attachent pas à des os. Parce qu'ilsrenferment des vaisseaux qui établissent une com-

(4) Haller , Ælem. physiol., t. VIT, P. II, p. 447.

mMunication entre ceux de la matrice et ceux de la cuisse, on présumait que, pendant la gestation , ils servent à débarrasser la matrice de son excès de sang, et à reporter ce liquide dans les vaisseaux Cruraux ; mais, d'un côté, un effet précisément inverse serait produit par les artères qui montent dans leur intérieur d’un autre côté, la matrice est bien plus apte que la cuisse à supporter une augmentation considérable de la masse des fluides dans ses tissus, et enfin ce mécanisme ne favoriserait pas le retour du sang dans la veine cave, de manière qu'ilne remédierait pas pleinement à la pléthore utérine. IL paraît donc qu'on doit considérer les ligamens ronds comme des parties dont l'existence se rattache primordialement à l’analogie entre les deux sexes et à l’imitation des organes masculins , mais qui ne sont cependant pas sans utilité, et qui mettent la matrice en rapport avec les parties extérieures, la maintiennent dans sa situation, et lui fournissent des vaisseaux d’anastomose. On pourrait donc les regarder comme les analogues des cordons spermatiques, puisque, à l'instar de ces derniers , ils représentent un faisceau de vaisseaux qui s'étendent du réservoir de la seconde sphère au bord supérieur des os pubis , en passant par dessus les vaisseaux cruraux , et qui traversent l'anneau inguinal pour aller gagner les parties extérieures, notamment les grandes lèvres, (analogue du scrotum ) ; on voit également que la gaîne celluleuse dans laquelle ils franchissent l'anneau, ressemble au prolongement du péritoine dans la tunique vaginale, en ce qu'elle est creuse avant la naissance, et s’oblitère ensuite. Mais Meckel a émis une opinion plus satisfaisante encore (4), celle que le ligament rond de la matrice est l'analosue du gouvernail de Hunter. En effet, les deux organes sont formés de tissu cellulaire, reçoivent quelques fibres des muscles abdominaux , passent à travers l'anneau inguinal, et se perdent dans les grandes lèvres et le serotum. Tous deux partent originairement des canaux conducteurs, chez les embryons femelles de l’oviducte, chez les mâles du canal défé. rent; mais, Comme les progrès du développement de l'embryon

(1) Beitræge aur vergleichenden Anatomie, t. IT, cah. IT, p. 488, Va a J. 1 2

font que la différence sexuelle se prononce de plus en plus, et que la prédominance se trouve ainsi acquise, dans l'un des sexes, à la matrice, dans l’autre au testicule, ces parties sont attirées par l'organe qui l'emporte; le lisament rond s'attache alors à la matrice , au dessous de l’abouchement de. l'oviducte , et le gouvernail retourné devient le crémaster et. l'enveloppe celluleuse du testicule. Rathke (1) à mieux démontré encore jusqu'à quel point les deux organes se COr-. respondent. Le ligament rond est donc une partie du cordon spermatique et un crémaster de la matrice, comme Wrisberg (2) l'avait déjà donné à entendre ; mais la raison de cette. métamorphose tient à la signification ou destination spéciale de la matrice, par opposition à celle du testicule.

$ 421. Si enfin nous portons encore nos regards sur la disposition de cette sphère aux différens échelons de la série animale, nous trouvons d’abord qu’à un degré inférieur les organes qui en font partie ont une analogie plus prononcée avec les autres organes, de même que la matrice en particulier ressemble encore plus ou moins à l'intestin chez les Mammifères; nous reconnaissons ensuite qu'ils se ressemblent davantage dans les deux sexes.

1° Chez les animaux inférieurs, où s'opère une fécondation * extérieure, l'oviducte n’est, comme le canal déférent, qu’un simple organe d’éjection. Chez ceux qui sont fécondés intérieurement , il ressemble moins à ce canal, parce qu'il agit en même temps comme organe d'ingestion. Cette dernière forme se présentant aussi chez les animaux inférieurs, on pourrait penser qu'il existe un degré intermédiaire, où l’oviducte n’accomplit que l’éjection ( la ponte des œufs } et laisse à un conducteur spécial de la fécondation le soin de présider à l'ingestion proprement dite. Si les observations et descriptions, sont exactes, ce cas aurait lieu en eflet chez quelques Entozoaires. Dans l'Echinorhynchus gigas, les deux oviductes, prolongemens immédiats des ovaires, se réunissent antérieurement en un ovicanal commun et plus large, qui se dirige

(4) Abhandlung zur Bildungsgeschichte des Menschen, t. I, p. 74. (2) Commentationes medici etc., argumenti, Gotting. 4800, in-8°,'p. 305.

vers la trompe , et nous devons présumer, d'après toute analogie, que les œufs sont pondus par cet ovicanal ; car Rudolphi (1) en a vu sortir , lorsqu'il comprimait la trompe. L'un des ovaires se termine postérieurement en cul-de-sac, de sorte que c’est [à aussi que commence la formation des œufs ; l’autre, au contraire, se prolonge, à sa partie postérieure, en un vaisseau fort étroit, qui s'ouvre à la queue, et J. Cloquet a vu le membre génital mâle s’introduire en cet endroit. Ce vaisseau ne peut done qu’admettre le sperme fécondant. S'il était en même temps organe de ponte, non seulement l’oviducte serait beaucoup plus étroit à sa terminaison que dans le reste de son trajet, mais encore la réunion des deux oviductes ou ovaires serait une simple anastomose, et non point un OVicanal, enfin les œufs de l'ovaire le plus court devraient se porter en avant, arriver au point de réunion, se reporter de là en arrière , et parcourir toute l’étendue de l'ovaire le plus long , avant de pouvoir parvenir au dehors. Un tel état de choses étant placé en dehors de toute analogie, on peut fort bien présumer qu’il y a ici deux canaux diflérens pour la fécondation et pour la ponte. Je n'abandonnerais cette conjecture que dans le eas où l’on réussirait à établir la probabilité qu'il n'existe ici qu’un seul ovaire , le court , et que l’autre, ou le plus long, n’est qu'un simple oviducte. ( Je ne pense pas que les œufs de l'Echinorhynque sortent par la trompe ; mes motifs pour en douter sont :

a. Ni Bojanus, niJ. Cloquet, qui l'a essayé sur cent cinquante sujets, n’ont pu exprimer d'œufs de la trompe.

b. J. Cloquet a quelquefois exprimé de l'ouverture postérieure des œufs non parvenus à maturité.

c. On ne conçoit pas où les œufs se logeraient, puisque fé trompe de l'Echinorhynque est Drofondénrent enféhoéé dans les parois des intestins, et qu’il n'est point vraisemblable que l'animal abandonne jamais l'endroit où il s’est une fois fixé.

d. Bojanus, dans l'Echinorhynchus gigas, et Westrumb, dans d’autres espèces, ont trouvé, à l'extrémité postérieure

(4) Entozoorum hist. nat.,t. I, p. 292,

de l'ovaire, une petite cavité, qui est évidemment un court oviducte.

e. Quoique, d’après J. Cloquet, l’un des ovaires se termine postérieurement en cul-de-sac dans l'Echinorhynchus gigas, Westrumb à vu, dans plusieurs autres espèces, deux ovaires, qui communiquaient manifestement en arrière avec cette ca vité (appelée par lui wferus ).

f. Le filament par lequel l'extrémité antérieure des ovaires : tient à la trompe, est probablement un vaisseau nourricier , attendu qu’on l’observe aussi chez le mâle, où il s'attache au testicule } (1).

Suivant Rudolphi (2), le membre génital mâle servirait aussi à l'expulsion des œufs dans les vers Trématodes hermaphrodites, par exemple les Distomes, tandis qu'un autre canal recevrait seulement ce membre pendant l’accouplement. Cette disposition est cependant contredite par les observations exactes de Mehlis (3). ( Comment aussi les œufs parviendraient-ils dans ce membre ? L’oviducte s'ouvrant tout auprès du cirre , il est très-facile de commettre une erreur. En examinant des Distomes qui pondaient sous Le microscope, je n’ai jamais pu apercevoir distinctement l'ouverture par laquelle s’échappaient les œufs ; mais, dans le Distoma cirrigerum , espèce à cirre énorme , que j'ai observée dans l'Ecrevisse , j'ai vu sortir du sommet de cet organe un liquide épais, jui ne contenait point d'œufs ) (4).

Enfin, on a présumé que, dans le Tœnia , les œufs sortaient par l'extrémité postérieure du corps, tandis que les organes copulateurs mâles et femelles se trouvaient à la partie antérieure (5).

L'obscurité qui règne encore sur ce sujet est telle qu’on ne doit pas trop s'empresser de renoncer à l'idée que la disposition mentionnée précédemment soit possible. Dureste , même dans la matrice des Marsupiaux (8 107, 1°), les conduits la-

(4) Addition de Baër.

(2) Loc. eit.,t. I, p. 295.

(4) Addition de Baër.

(5) Meckel, Beitræye, t, IT, ah. IT, p. 474.

téraux semblent être destinés à recevoir la fécondation , et le corps moyen, au contraire, à admettre les œufs, pour les chasser au dehors (*).

2° Chez les animaux inférieurs , l’oviducte, comme le canal déférent, est encore continu à l'organe plastique primaire ($ 52-57); il offre la duplicité qui caractérise celui-ci ($100 ), ne fait comme lui que faiblement antagonisme au réservoir dans lequel il se termine ($ 104), et, jusqu'aux Poissons, ressemble encore presque entièrement au canal déférent, sous le rapport desa conformation et de sa situation. De même que, chez les Poissons cartilagineux , l'oviducte se détache pour la première fois de l'ovaire, de même aussi ces animaux sont les premiers chez lesquels le canal déférent acquière une grande longueur et décrive de nombreuses circonvolutions. C’est chez : les Oiseaux que l’oviducte diffère le plus des canaux déférens, parce que, dans cette classe du règne animal, la fonction génitale exerce une influence puissante sur toute la vie. Les oviductes du Bradypus tridactylus sont, d’après Baër (1), enroulés un grand nombre de fois sur eux-mêmes, et fixés aux ovaires, de sorte qu'ils ressemblent aux épididymes. Ils sont également roulés en peloton dans le Simia sylvanus et dans l'Opossum (2).

3° Chez les Mammifères, des faisceaux de fibres musculaires s'étendent, entre les plis du péritoine (ligament large), jusquesur lesovaires, qu’ils semblent comprimer, comme pourrait le faire un muscle crémaster. Dans l'espèce humaine, il n'y à que des fibres musculaires infiniment plus faibles et bornées au ligament rond; cependant Wrisberg (3) a vu quelquefois, dans des cadavres de femmes robustes, qui avaient péri de mort violente, des fibres rougeâtres s’étendre le long des vaisseaux jusqu’à l'ovaire.

L° Rathke (4) a remarqué, dans la Salamandre, un liga-

(*) Voyez, à ce sujet, un Mémoire d’Owen, dans Philos. Trans., 1834, P.II,p. 333 ; et dans Ann. d’anat. et de phys., Paris 4837, in-8, t. I, p.34.

(4) Meckel, Deutsches Archiv fuer die Physiologie, t. VIT, p. 366.

(2) Blumenbach, Handbuch der vergleichenden Anatomie , p. 465.

(3) Commentationes medici argumenti , p. 302.

(4) Beitræge zur Geschichte der T'hierwelt ,t, I, p. 70.

ment qui, de l'extrémité du testicule , immédiatement contre la colonne vertébrale , s'étend directement en avant, jusqu'aux plis du péritoine qui vont gagner les poumons et l’estomac, ets’y perd dans la membrane péritonéale. Ce ligament, qu'on découvrira peut-être chez d’autres animaux encore, paraît être l’analogue du ligament antérieur de la matrice que Stenson et Rudolphi ont trouvé chez quelques animaux, et dont Nitzsch a constaté l'existence chez les Carnassiers et les Rongeurs en général. (Je l’ai même trouvé dans des Singes, mais dont l'espèce échappe à ma mémoire ; je crois cependant qu'ilsappartenaient à celle du Simia inuus) (4). Il part du fond de la matrice, se porte en devant, entre les feuillets du péritoine , se perd presque toujours d’une manière insensible dans cette membrane, ou derrière elle, s'attache aux dernières côtes chez quelques animaux , et chien) PAFTOIS des fibres musculaires bien distinctes. Il FabUle jusqu'à un certain point les filamens qui partent de l'extrémité antérieure des ovaires appartenant aux animaux inférieurs, et qui se réunissent les uns avec les autres (S 89, 3°).

bo Des glandes, qu'on peut mettre en parallèle avec celles de Cowper, sont très-volummeuses chez les Monotrèmes et les Marsupiaux femelles. On les reconnaît même encore chez les autres Mammifères femelles ; mais il n’en reste plus, dans la femme , que des vestiges à peine appréciables.

ARTICLE II De la sphère externe des organes sexuels.

$ 122. La plante n’a qu'une vie périphérique. Aussi, lorsque les organes génitaux se détachent du reste de la Masse, ils ne le font qu'à la surface, et surtout aux dernières extrémités. En eflet, on les voit déjà chez les végétaux monogènes paraître au bout des feuilles, comme dansles Hépatiques , ou sur des pédicules, comme dans les Moisissures. La fleur complète repose également sur un pédoncule, qui lui amène les vaisseaux dont les racines plongent dans la tige. Elle se

(1) Addition de Baër.

SPHÈRE EXTERNE DES ORGANES SEXUELS. 219 partage en organes périphériques (périanihe, périgone) et en organes centraux.

Le calice, ou périanthe externe, reçoit les vaisseaux extérieurs du pédoncule; il est constitué par un tissu cellulaire ferme et rempli d’une substance colorante verte ; on y découvre peu de trachées, son épiderme est garni de stomates, enfin il y à analogie entre lui et la feuille, sous le rapport de la texture et des fonctions, car il absorbe et exhale. La corolle, ou périanthe interne, est une métamorphose plus élevée de la feuille ; elle recoit les vaisseaux des pédoncules situés plus en dedans que ceux qui précèdent, notamment les trachées, et se distingue par la délicatesse de sa texture, par l'absence ‘des Stomates, et le plus souvent par une coloration particulière. (Il n’est pas exact de dire que la corolle soit généralement privée de stomates. Outre qu’on en trouve dans un très-grand nombre de périanthes colorés, il y en à aussi dans certaines plantes qui possèdent une véritable corolle. Krocker a donné l'énumération de celles qui sont dans ce cas) (1). Ces organes périphériques ont surtout de l'affinité avec les parties mâles; aussi les étamines, devenues monstrueuses, se transformentelles en‘une riche corolle et produisent-elles ce qu’on appelle . les fleurs pleines. En eux, se développent principalement des matériaux combustibles ; dans le calice, la matière colorante verte et résineuse ; dans la corolle, le principe odorant , qui dégage l’excès d'hydrogène carboné, sous la forme soit d'une huile éthérée , soit d’un corps volatil plus composé. La corolle exhale aussi de l'hydrogène, qu'on a vu quelquefois s’enflammer pendant les nuits obscures , phénomène qu'offre assez fréquemment par exemple le Dictamnus albus, de même qu'on a vu des fleurs de couleur orangée, comme celles du Calendula, du Tropæolum majus, du Lilium bulbiferum et du Tagetes erecta, émettre des lueurs électriques, aux mois de juillet et d'août, pendant ou immédiatement après le coucher du soleil, lorsque l'air était serein. A la corolle se rattache le nectaire, qui, dans sa substance moins dense et moins serrée,

(4) Addition de Valentin.

216 TERMINAISON DES OVIDUCTES.

produit le suc mielleux, peut-être par antagonisme avec l'arôme de la corolle et le pollen de l’anthère.

Les parties centrales ont une conformation qui rappelle celle de la tige; elles sont la répétition de cette dernière dans la fleur. Le filet est le support de l’anthère; il consiste en tissu cellulaire allongé, avec des trachées , détermine la situation et le mouvement de l’anthère , et peut être comparé par conséquent à la sphère externe des organes génitaux mâles des animaux. Le stigmate est l'organe femelle extérieur, une surface inégale , la plupart du temps parsemée de poils déliés et transparens , et qui secrète un liquide onctueux , oléagineux. Le style , composé de tissu cellulaire et des dernières extrémités des trachées centrales du pédoncule, représente une colonne, qui repose sur l'ovaire , et dont l'extrémité libre se confond avec lestigmate ; il est le conducteur dela fécondation.

$ 123. Chez les animaux, la sphère externe est destinée, dans les deux sexes, à l’éjection de ce qui avait été conservé dans la sphère médiane, et à l'exercice de l’action des sexes. l’un sur l’autre.

Les parties femelles qui se rapportent à cette sphère sont ou de simples extrémités des oviductes , qui n’offrent rien de . spécial ($ 423 }, ou des organes ayant une délimitation particulière {$ 425 ).

A. Terminaison des oviductes.

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