PARAIT, ENTRE LES ORG. DE LA SPH. EXTER
pénis se trouve contenu dans un tube fixé à l'abdomen (4). C’est ce qu'on voit surtout chez les Carnassiers, les Ruminans, les Pachydermes , les Solipèdes, les Amphibies et les Cétacés. Dans les Marsupiaux et les Rongeurs, le prépuce forme au périnée une gaîne qui s'ouvre immédiatement à l'anus et en partie derrière les testicules. Cette disposition se répète, par l'effet d’une anomalie, chez les synandres, dont le prépuce n’est . point fermé en manière de tube, mais s'étend d’un côté à l'autre du ventre sur le pénis.
2° À un degré plus élevé, le prépuce forme un tube ou fourreau complet. Ici le pénis est toujours détaché du tronc, et Constitue un membre qui pend au devant des pubis (2). C’est ce qu’on observe chez les Chéiroptères, les Quadrumanes et l’homme.
II, Parallèle entre les organes sexuels femelles et mâles de la sphère externe.
8 136. La sphère externe des organes génitaux est également soumise à la règle qui veut qu'à un degré inférieur de développement l'organisation offre un antagonisme moins prononcé tant dans chaque sexe que dans les deux sexes considérés l’un par rapport à l’autre.
Quant au premier point, la supériorité du développement s'exprime de la manière suivante. Le vagin offre des plis dirigés en dedans; il a plus de longueur; on n'y aperçoit pas de fibres musculaires, et sa direction s'éloigne en bas et en avant de celle de la matrice ; lui-même se divise en deux parties, l'une interne, plus longue, l’autre externe, plus courte ; à celle-ci viennent se joindre encore des nymphes et un mont de Vénus. Le pénis manifeste aussi son plus haut degré de développement, tant parce qu’il renferme en luimême des parties essentiellement différentes , que parce qu'il se détache davantage du corps pour prendre le caractère d'un organe particulier. |
A l'égard de la différence des sexes, elle se développe aussi
(4) V. PI. V, huitiéme forme.
(2) V. PI. V, neuvième forme,
de plus en plus à mesure qu'on remonte l'échelle animale, de manière que les animaux supérieurs sont les seuls chez lesquels nous trouvions des sexes parfaitement caractérisés et | pourvus de tout ee qui leur est propre. Ainsi, lorsqu'il sera question de chercher en quoi consiste l'essence des sexes , nous devrons surtout attacher nos regards à l'échelon le plus élevé du règne animal, et bien nous garder de nous laisser induire en erreur par les dispositions opposées qui se » rencontrent chez les animaux inférieurs.
$ 157. Le caractère sexuel dans la sphère externe est la prédominance des rapports avec l’intérieur chez la femelle , avec l'extérieur chez le mâle. Le vagin et le pénis se correspondent comme étant les cylindres destinés à établir la relation mutuelle entre les deux sexes, et à porter au dehors ce qui a été conservé et développé dans la sphère médiane. ! Mais le premier de ces cylindres est creux , en forme d’utricule , etretiré dans la cavité du corps; son activité se manifeste par la contraction , et il est destiné à recevoir, comme à expulser. L'autre, au contraire, constitue un membre libre au dehors, dont l’activité se manifeste par un surcroît d’expansion , par la turgescence, et qui n’est destiné qu'à s’introduire et à évacuer, sans nulle exception. | À un degré inférieur de développement, l'expansion des
organes mâles est si faible, que ces organes portent encore plus ou moins le caractère féminin, et qu’il est impossible d’apercevoir aucune différence sexuelle extérieure. Car , d'abord , les canaux déférens se terminent par des orifices sim ples ($ 131), comme les oviductes. Ensuite ils se prolongent en un Cylindre creux, qui ressemble au vagin, mais qui devient une verge par la liberté dont jouissent ses surfaces pé- » riphériques, et en vertu de laquelle il peut se renverser sur lui-même ($ 133); ainsi il s’est rencontré assez fréquemment des femmes dont le vagin retourné , par l'effet d’une disposition anormale , à été pris pour je pénis d’un hermaphrodite. Plus loin, la verge, devenue un vagin qui demeure constamment retourné , est encore renfermée dans une cavité ($ 134), d'où elle ne sort que quand elle vient à se gonfler, de manière que la différence sexuelle ne se prononce à l'extérieur
que pendant l’accomplissement de la fonction elle-même. A un plus haut degré, la verge occupe la surface extérieure du corps, qu'elle ne doit plus quitter désormais, mais continue d'être fixée au corps par sa gaine ($ 135, 4°), et il n’y à qu’un petit nombre d'animaux , outre l’homme, chez lesquels elle soit libre ($S 135, 2°), de sorte que ce dernier cas est le seul où la séparation des sexes s'exprime dans toute sa latitude et en tout temps.
D'un autre côté, chez les animaux inférieurs, l'organe femelle fait saillie au dehors et se rapproche de la forme masculine. Outre le vagin pénétrant dans la verge, etle pondoir, dont il sera question plus tard ($ 281, 334 }), nous trouvons de temps en temps des saillies extérieures, à l'extrémité desquelles se terminent les organes génitaux femelles. Ce sont de petites papilles dans les Écrevisses et les Araignées , des cônes charnus dansla Paludina vivipara,parmiles Mollusques, dans les Cobitis barbatula , Pleuronectes flesus, Silurus glanis, etc., parmi les Poissons ; il est même quelques Mammifères, par exemple le Lemur tardigradus (A), chez lesquels la vulve fait saillie en manière de court cylindre. A un plus haut degré d'organisation encore, une partie du vestibule, imitant le pénis, se prononce exiérieurement sous la forme d'un cylindre saillant. En effet, le clitoris a ses corps spongieux , comme le pénis, mais 1ls sont moins développés; et, suivant la remarque faite par Graaf, ils sont, proportion gardée, séparés l’un de l’autre ou fendus dans une plus grande longueur , de sorte que leur tronc impair est à leurs branches : 1 : 2, tandis que la proportion est de 4 ? 1 dans le pénis (2). En outre, le clitoris n’a point de canal, ce qui fait aussi qu'il manque de gland. Par conséquent ce n’est point un organe conducteur, mais seulement un organe d’excitation, comme le pénis des animaux inférieurs ($ 132, 1°), avec cette différence toutefois qu'il a pour destination, non point d’exciter comme ce dernier, mais d'être excité, et qu'au lieu d'agir en dehors de lui-même sur un autre corps, ilne fait que rece-
(1) Magazin fuer die neuesten Entdeckungen, 1, IT, p, 69. (2) Meckel , Zeitræge, t, IT, cah. 2, p. 202.:
voir des impressions. Sa forme est calquée sur celle du pénis; mais comme il ne renferme ni conduits urinaires, ni canaux servant à la génération, comme il n'exerce pas non plus d’action sur l’autre sexe, il n’a que l'apparence de la verge, sans en posséder l'essence, et n’est qu’une imitation de cet organe restée dans les bornes rudimentaires. En effet, dans l'espèce humaine même, la manière dont il est attaché ne diffère pas de celle qu’on observe chez les animaux, puisque son prépuce n’est tendu que sur une seule de ses faces. Gependant on retrouve quelques dispositions analogues ou formes de transition chez certains animaux des échelons inférieurs. L’os qui, dans les Quadrumanes et les Chiens, n'appartient qu’au pénis seul, existe aussi dans le clitoris chez l'Ours , la Loutre, les Chats, et la plupart des Rongeurs. Mais, chez aucun de ces animaux, il n'appartient exclusivement au clitoris. Dans les Quadrumanes , ainsi que la plupart des Carnassiers et des Rongeurs, il y a peu de différence, pour la taille , entre la verge et le clitoris. Ces deux parties perdent enfin leur caractère spécial lorsque le clitoris devient un organe conducteur ($ 129, 5°) et le pénis un organe de simple excitation ( $ 132,1, ).
$ 138. Quand il existe des voies urinaires, les organes génitaux constituant la sphère externe entrent en connexion avec eux. Tantôt alors l’urètre, venant de la vessie, s’ouvre dans les oviductes et les canaux déférens, ce qui a lieu chez les Gastéropodes, suivant Treviranus; tantôt ces derniers organes aboutissent aux uretères, à la vessie ou à l’urètre. Les Oiseaux et l’Ornithorhynque sont les seuls animaux chez lesquels il n’y ait point, à proprement parler, de connexion semblable, attendu que les organes génitaux et urinaires s’ouvrent bien dans le même cloaque, mais y ont des orifices distincts.
Cette connexion repose sur l’affinité des deux systèmes, résultant de ce qu’en eux prédomine l’éjection. Comme l’éjection est le caractère dominant du sexe masculin, c’est aussi chez lui surtout qu’on rencontre la connexion ; aussi les voies urinaires s'ouvrent-elles, chez les Poissons osseux, par un orifice qui leur est commun avee les conduits déférens,
mais jamais la même chose n'arrive pour les oviductes (1), Lorsque cette connexion a lieu dans les deux sexes, chez des animaux occupant un échelon plus élevé, elle exprime le caractère sexuel par la manière particulière dont elle s’effectue. Chez l’homme, l’urètre, comme organe d'éjection qui sert à la conservation de l'individu, forme le tronc dans lequel s'abouchent les canaux déférens, réduits au rôle de parties accessoires et subalternes ; chez la femme, au contraire, le vagin, organe de la conservation de l'espèce, est le tronc auquel aboutit l'urètre , qui n’est plus qu’un organe accessoire. Chez les hermaphrodites femelles, le vagin s’insère dans l'urètre ( $ 155, 6° ).
En vertu de l’analogie existante entre les deux sexes, l’u: rètre de la femme manifeste encore une tendance à se cou: vrir d’un corps celluleux ; mais, comme il ne se prolonge point en un cylindre libre, et qu’il se termine dans une cavité L ce corps celluleux ne peut que s'étendre sur la paroi de la cavité elle-même, en manière de bourrelet fendu , à l'instar du rudiment des corps caverneux du pénis des Oiseaux ; ($ 132, 2°), et de cette manière, comme l’a fait voir Auten rieth (2), il représente les nymphes, qui ne se prolongent que jusqu’au clitoris, sans former un gland proprement dit à ce dernier. Les nymphes n'étant donc que les rudimens d’un Corps caverneux de l’urètre englobés dans la paroi d’une cavité, le muscle bulbo-caverneux qui s'applique au COT PS Caverneux doit également se répandre en deux segmens dans cette paroi, et devenir ainsi un constricteur du vagin.
L'hymen marque la limite entre les organes génitaux purs de tout mélange (le vagin interne) et la réunion des voies urinaires et génitales (vestibule). Nous ne pourrions donc en trouver l’analogue, chez l'homme, que dans le petit repli cutané situé aux orifices des canaux déférens, et non, comme l'a fait Suiebel (3), dans une membrane tendue à l'extrémité de l’urètre.
$ 159. De même que, chez l’homme, la peau du bas-ventre
(4) Rathke, Beitræge zur Geschichte der Thierwelt AIME 7 (2) Reil, Archiv fuer die Physiologie, t. I, p. S9. (3) Meckel, Deutsches Arehie , t. VIIL, p. 207.