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I. Passons-les en revue d’abord chez les Mollusques

1° L’oviducte peut se partager en deux branches , dont l'une gagne les parties génitales femelles extérieures, l’autre le testicule et les parties mâles externes (4).

L'ovaire de la Pleurobranchæa , qui occupe la partie la

(2) V. PL VI, quatrième forme.

plus postérieure dela cavité ventrale, oùil s'attache au foie, est un £r0s Corps ovale, qui n’a point la forme d’une grappe, mais dont la surface présente seulement des sillons; l’oviducte se porte en avant, et donne deux branches, qui s’écartent à angle aiou ; l’une se prolonge jusqu’à l'ouverture femelle extérieure, l’autre traverse le testicule, et en ressort sous la forme d’un canal déférent , qui se rend au pénis ; le testicule , situé plus en avant que l'ovaire, est globuleux, il a une membrane musculeuse , et se compose d'innombrables filamens (canaux), disposés en rayons, dont les extrémités convergentes s’implantent sur le canal qui traverse l'organe, et s'ouvrent incontestablement dans son intérieur, de sorte que le conduit qui sort de la masse sphérique est à la fois ovicanal et canal déférent (1). Ici l'ovaire est l'organe primordial , indifférent, celui qui engendre la substance du fruit par sa force propre et indépendante; plus loin, l'appareil se divise en un organe femelle, qui reçoit la fécondation , et un organe mâle, qui la donne ; mais l’hermaphrodisme empêche cette scission de devenir complète ; la branche femelle va bien serendre en ligne droite dans l'organe femelle de copulation , mais elle tient cependant encore au testicule, quoique sous un angle aigu seulement, et dans une direction rétrograde, et comme la branche mâle pénètre dans la substance du testicule , cet organe reçoit une base femelle sur laquelle les canaux mâles sont seulement appliqués.

Dans le Lymnœus palustris | on rencontre de plus un réservoir particulier (2). L'ovaire , produit par un assemblage de vésicules disposées en manière de grappe, est situé au côté interne du foie, et l’oviducte se divise également en deux branches; à la branche femelle tiennent , et un organe composé de circonvolutions (utérus, selon Treviranus), qui s'ouvre dans son intérieur , et un organe globuleux, semblable au testicule, près duquel il est situé ( glande utérine de Treviranus ) ; cette branche va se rendre aux parties femelles extérieures ; la branche mâle s'ouvre, conjointementavec le testi-

(4) Leue, Diss, de Pleurobranchæa , p. 5.

(2) V. PL VI, cinquième forme.

cule (glande testiculaire de Treviranus) , qui est glanduleux, mou, arrondi, oblong et d'un jaune brun, dans le canal . déférent , qui se prolonge en pénis (1). Si nous devons considérer comme un testicule accessoire l'organe que Treviranus appelle glande utérine , ce qui n’est pas encore bien prouvé, l'hermaphrodisme serait poussé ici au point que la branche femelle elle-même recevrait un organe mâle.

2° La seconde forme consiste en ce que l'oviducte tout entier passe dans le testicule.

Cette disposition s'observe, parmi les Ptéropodes, dans le Clio borealis (2), où l'ovaire est une grappe conique, et l’oviducte se plonge dans un testicule arrondi et oblong , à peu de distance de son commencement.

Elle existe aussi, parmi les Nudibranches, dans les Doris et Tritonia. La Doris verrucosa (3) a l'ovaire confondu avec le foie ; son testicule arrondi est composé de deux moitiés, l’une, femelle, située à gauche, brunâtre et dense , reçoit l'oviducte provenant de l'ovaire , et envoie sa continuation à l'organe copulateur femelle ; l’autre, mâle, placée à droite et pelotonnée , contient un liquide jaunâtre , et donne naissance au canal déférent , qui va gagner le pénis (4). Dans la Doris argo (5), on trouve la même disposition : seulement le canal déférent qui provient de la moitié droite du testicule hermaphrodite , pénètre encore dans un second testicule particulier , allongé, volumineux , blanc et lobé , à l’autre extrémité duquel elle se prolonge en un pénis (6). Dans la Zritoniæ Homberqu, Vovaire est une grappe conique, que du tissu cellulaire réunit avec le foie en une seule masse occupant toute la partie postérieure du corps; l'oviducte, qui décrit denombreux contours, passe en travers sur le testicule, etse plonge dedans; le testicule est arrondi, resserré sur lui-même, et paraît composé de deux substances, l'une

(2) Zeitschrift fuer die Physiologie ,t.T, p. 24. (2) V. PL. VI, sixième forme.

(3) V. PL VI, septième forme.

(4) Meckel, Beitræge, t, I, cah. 2, p. 41.

(b) V. PL VI, huitième forme.

(6) Meckel, wid., p. 7.

blanche et l’autre jaune , qui serpentent dans l’intérieur dé l'organe.

Quant à ce qui concerne les Mollusques pulmonés , chez le Planorbis corneus, l'ovaire , qui est vésiculeux et à branches courtes , occupe, avec le foie , les tours postérieurs de la coquille, conformément à la figure de laquelle ilse contourne en vis sur lui-même; ce testicule a une couleur orangée', un tissu grenu et une surface lisse ; il reçoit, à son extrémité antérieure ou externe, l'oviducte, qui en sort pour aller gagner l'organe copulateur femelle, pendant que le canal déférent qui y tient, et qui est pourvu encore d’une glande oblonoue, peut-être d'un second testicule (glande du canal de la verge, selon Treviranus), va se rendre au pénis (1). Dans le Limax ater (2), l'ovaire en grappe et formé de vésicules blanches, est situé à la partie postérieure du corps, entre les lobes postérieurs du foie; l’oviducte s'applique à un testicule arrondi, oblong , lobuleux , et retenu par une membrane, mais reçoit auparavant le canal déférent, par abouchement ; le conduit sémino-ovarien (vagin et utérus de Treviranus) qui résulte de là, est un long canal contourné en tire-bourre, au bord duquel, dans toute sa longueur , règne une glande en forme de bandelette, qui paraît semblable au testicule , qui en est peut-être un second (ligament glanduleux de l'utérus , selon Treviranus), et qui semble s'ouvrir dans son intérieur par plusieurs conduits excréteurs ; dans ce canal existe une gouttière, qui paraît venir du testicule et servir à l'écoulement du sperme ; à l'endroit où cesse la gouttière , le canal se divise de nouveau en un conduit déférent etun oviducte, qui se rendent séparément à la cavité sexuelle commune (3). L’Æelix ne diffère de la Limace que parce que la parüe supérieure de l'oviducte , celle qui vient de l'ovaire, se plonge dans le testicule même, et parce que le conduit sémino-ovarien est plus court, ou se partage de meilleure heure en canal déférent et oviducte inférieur (4).

(4) Zeitschrift fuer Physiologie , t. T, p. 45.

(2) V. PI. VI, neuvième forme.

(4) Swammerdam , Bibel der Natur, PI. V, fig. 40.

HERMAPHRODISME ANORMAT: 21

IL. A l'égard des autres classes d'animaux sans vertèbres , on rencontre cet hermaphrodisme dans plusieurs.

3° Il a lieu d’abord dans les Nématodes. Suivant Nordmann (1), le long oviducte du Distoma perlatum s'abouche dans le testicule droit , par le canal déférent duquel sont expulsés aussi les œufs.

° Dans les Vers de terre, selon Morren (2), les quatre paires d’ovaires tiennent aux testicules par des canaux ; les testicules , au reste, deviennent imperceptibles après la fécondation, et disparaissent souvent.

B. Hermaphrodisme anormal.

$ 155. Les Mollusques , notamment les Ptéropodes et les Gastéropodes, paraissent désigner le point de la série animale où l’hermaphrodisme est développé au plus haut degré, et au-delà duquel il s'éteint. On a bien cru voir un hermaphrodisme normal chez quelques animaux vertébrés, mais en cela on s’est trompé. Ainsi Home (3)a prétendu que les Petromyzon etles Myxine étaient hermaphrodites, et que, outre les ovaires, ces Poissons avaient destesticules glanduleux; mais Rathke (4) a trouvé chez eux des individus mâles , et fait voir que les organes auxquels Home avait donné le nom de testicules dans les femelles , étaient de véritables reins. C’est seulement par anomalie et comme rétrogradation vers des formes inférieures, que l'hermaphrodisme serencontre encore chez les animaux vertébrés et chez l'homme. Mais les êtres chez lesquels il est le plus fréquent et le moins anormal sont les plantes dioïques , qui n’ont point encore de sexualité individuelle arrêtée , le caractère dominant des végétaux étant ou l'absence de toute sexualité, ou l'existence d'une sexualité purement locale. Ainsi l’on rencontre fréquemment quelques fleurs mâles chez les individus femelles d'Urtica dioica , de Mercurialis annua, de Spinacia oleracea, de Cannabis sativa, etc. Chez les

(2) Micrographische Beitræge , t. TI, p. 95.

(2) De lumbrici terrestris hist. nat. et anatom., p. ut

(3) Philos. Trans, A815, p. 265.

(4) Bemerkungen mr den innern Bau der Pricke , p. D7+

Poissons osseux , les organes génitaux mâles et femelles se. ressemblent beaucoup; la différence des sexes ne se pro- | nonce que par de faibles traits dans l'habitude extérieure du | corps , et la fonction sexuelle, dans sa portion animale et soumise à la volonté , n’est guère plus qu’une simple excrétion. Aussi est-ce chez eux qu'on voit le plus fréquemment l'hermapbrodisme complet (1). Il'est plus rare chez les Mammifères et dans l'espèce humaine , où la plupart du temps il se borne à la sphère externe des organes génitaux Chez les Insectes et les Oiseaux, l'être tout entier est pour ainsi dire | pénétré ou imbu de sexualité, qui détermine l'habitude gé- ! nérale du corps etle genre de vie ; jamais encore on n’a re-, connu formellement d'hermaphrodisme complet chez ces | animaux’, qui n’en ont offert de traces que dans leurs formes ; extérieures. | L. Le plus haut degré de l'hermaphrodisme anormal est la | coexistence des testicules et des ovaires, qui représente de : la manière la plus complète l'indifférence sexuelle absolue. 1° Au premier rang se place la coexistence de deux testi=! cules et de deux ovaires, qui a été observée par Hunter dans | des Anes (2) et des bêtes à cornes (3), par Laumonier (4) et. autres (5) dans l'espèce humaine. : | 2° Ailleurs, il y a un ovaire d'un côté et un testicule de l’autre. Ces deux organes peuvent avoir leur situation normale, ou en occuper une autre ; par exemple, le testicule se trouver à larégion lombaire et l'ovaire à l'anneau mgumal (6). Rudolphi (7) , Verdier et Pinel ont trouvé le testicule à droite et l'ovaire à gauche ; Maret et Sue, le testicule à gauche et l'ovaire à droite. IT. L'anomalie est moins considérable quand elle ne porte

(1) Meckel, Traité gén. d’anat. comp., t. I, p. 590.

(2) Observations on certain'parts of the animal æconomy , p. 48.

(3) Joid., p. 52.

(4) Dict. des sc. méd.,t. XXI, p. 4111.

(5) Burdach, Anatomische Untersuchungen , p. 39 et 62.—Meckel, dans Reil, Archiv fuer die Physiologie , t. XT, p. 328.

(6) Burdaeh, loc. cit., p. 39 et63.

(7) Froriep, Motisen , 1. X, p. 405.

que sur la sphère médiane, cas dans lequel l’un des sexes prédomine, quoique obscurei par la présence de l’autre.

3° Dans la gynandrie de ce degré, il y à des testicules ; mais les vésicules séminales sont transformées en une matrice (1).

4° Dans l'androgynie qui s'y rapporte, les ovaires sont unis avec les canaux déférens et les vésicules séminales (2).

ITT. À un troisième degré, l’anomalie n'intéresse que la sphère externe des organes génitaux.

5° Dans la sgynandrie, le pénis est sans urètre (3), ou creusé d'une simple souttière (4); ou bien june cavité en cul-de-sac s’est formée par la scission soit du périnée, soit du scrotum (5); ou bien enfin il y à tantôt simple cryptorchidisme (6), tantôt développement, comme chez la femme, du mont de Vénus (7) ou des mamelles (8).

6° Dans l’androgynie, le clitoris est pourvu d’un urètre (9), ou le vagin s'ouvre dans ce dernier canal (10), ou il est rétréci (11), ou enfin le clitoris a un volume extraordinaire (12).

7° Qu'il nous soit permis de présenter encore, en manière d'appendice , une hypothèse sur les Moules dont nous ‘avons déjà parlé précédemment ($ 68, 1°) , et qui contiennent

(4) Burdach, Anatomische Untersuchungen, p. 37 et 59-62, — Reil, 4rchiv, t. XI, p. 319. —Laumonier , dans Dict. des sc, méd., t. XXI, p.441.

(2) Hunter , loc, cit., p. b4.

(3) Burdach , loc. cit., p. 32-37, 48-59.—Reil , Archio , t. XI, p. 342.

(4) Burdach , Loc, cit., p. 32et 47. — Reil, Archiv, t. XI, p. 340.

(5) Burdach, loc. cit., p.31 et 46.— Reil, 4rchiv , t. XI, p. 309. — Morelli, dans Zeitschrift fuer Physiologie, t. VII, p. 231. — Nægele, ibid.,t. V, p. 436. — Isid. Geoffroy Saint-Hilaire , Histoire des anomalies de l’organisation , t. II, p. 74.

(6) Burdach, Loc. cit., p. 31 et 45.

(7) Reil, AÆrchio , t. XI ,p. 308.

(8) Ibid., p. 307.

(9) Burdach, loc. cit., p. 40 et 62.

(40) Züid., p. 41, 63 et 69, — Fournier, dans Dict. des se. méd., t. IV; p. 465.

(41) Burdach, loc. cit., p. 44 et 70. —Reil, Archiv , t. XI, p. 291.

(42) Burdach , loc. cit., p. 43 et 69. — Reil, Archiv, t. XI, p. 292. —

- Hardy, dans Dict. des sc. méd., t, IV, p. 464. — Béclard , dans Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Histoire des anomalies, Paris 4836, t. IT, p. 402.

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à HERMAPHRODISME ANORMAL.

un liquide analogue au sperme. Des observations faites par Baër sur ces animaux (4), il résulte : |

a. Que chez eux il n’y a point d'hermaphrodisme relatif au temps ($ 148), car les individus qui contiennent ce liquide! | ne sont ni plus jeunes ni moins développés que ceux qui portent des œufs.

b. Qu'on ne peut point admettre non plus d'hermaphrodisme relatif à l’espace ($ 150) ; car, chez certains individus, une partie de l'ovaire contient des œufs, même complétement développés, tandis que l’autrerenferme, dans des conduits spéciaux, la liqueur laiteuse, avec des Spermatozoaires. Mais, bien plus fréquemment, les deux produits sontrépartis sur des individus différens, et de telle manière que ceux chez lesquels on trouve des œufs se distinguent déjà extérieurement par la brièveté et la largeur de leur corps, ceux au contraire qui contien-" nent le liquide lactescent par l’allongement plus considérable de cemême corps. D'après cela, il est impossible d'admettre que l'animal se féconde lui-même. 1

c. Il ne peut pas non plus y avoir ici de véritable sexualité individuelle ; car ces animaux n’ont point d'organes mâles ex- térieurs. Les orifices des oviductes ne peuvent ésalement point absorber le sperme dans l'eau; car ils traversent la peau du ventre d’une manière oblique. Les œufs occupent un lieu où l'eau ne parvient qu'avec difficulté, et ils commencent déjà à se développer dans la profondeur de l'ovaire.

D'après tout cela, les Moules pourvues de sperme paraissent n'avoir pas la moindre aptitude à engendrer , et être des hermaphrodites anormaux, c'est-à-dire stériles. Elles nous fourmratent donc un exemple d'apparition, dans une classe d’animaux monogènes femelles, d'individus offrant des traces inutiles de masculinité , annoncées par la formation du sperme et la configuration générale. Le sperme se formerait sans testicules ($ 68, 1°), dans les ovaires, de même que, chez d'autres Mollusques, on trouve des Spermatozoaires dans le liquide de ce dernier organe (8 153, 5°); mais, semblable aux filamens confervoides dans les fausses anthère:s ($ 68, 2°),

(4) Froriep, Notizen, t. XAI.

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