‹ Traité de physiologie, consideŕeé comme science d'observation (volume 2)Chapitre 90 sur 115 · SEXUALITÉ INDIVIDUELLE · texte numérisé non relu

SEXUALITÉ INDIVIDUELLE

ce sperme aurait l'apparence seulement, et non l'essence de la liqueur séminale mâle. Cependant Prevost (1) prétend que les Moules ont des sexes réellement séparés, de sorte que la propagation n'aurait point lieu si les mâles et les femelles venaient à être séparés les uns des autres.

EX. Sexualité individuelle.

$ 156. La Sexualité individuelle, ou larépartition des parties génitales sur des individus différens ne commence à se mani . fester, dans le règne végétal, que chez les plantes polygames, qui constituent la vingt-troisième classe du système Linnéen ; mais elle y est encore mêlée avec l'hermaphrodisme : l'individu porte des fleurs mâles ou femelles, et en même temps des ‘fleurs hermaphrodites. Chez les plantes dioïques, qui forment la vingt-deuxième classe du système de Linné, la sexualité individuelle est plus prononcée; mais, d’un côté, elle est incomplète encore, parce qu’elle se borne aux organes génitaux, qu'elle ne s'exprime point dans toutes les particularités de la configuration et des phénomènes vitaux, et que l'hermaphrodisme s’y trouve fréquemment associé; d'un autre côté , Les espèces qui l’offrent sont peu nombreuses , plusieurs appartiennent à la série des plantes monocotylédones, et aucune ne porte le cachet de l’organisation végétale la plus parfaite. Dans le règne animal, au contraire , la sexualité individuelle n’est développée que d’une manière passagère et incomplète chez les êtres placés aux échelons inférieurs; parmi les Entozoaires , chez les Nématoïdes et les Acanthocéphales ; parmi les Mollusques, chez les Gastéropodes pectinibranches et les Céphalopodes. Elle devient permanente dans les classes des Insectes, des Arachnides, des Crustacés, et dans toutes les classes de Vertébrés. Chez l’homme enfin, elle se développe de la manière la plus complète, et c’est là seulement que nous apprenons à la connaître dans toute sa portée, ce qui nous oblivera, dans les considérations suivantes , à prendre principalement l'organisation humaine pour point de départ. Mais quand une différence sexuelle bien prononcée se manifeste chez un

(A) Isis , 4833, p. 670.

individu, elle ne demeure pas bornée aux seuls organes de la génération, et s'étend aussi plus ou moins au reste de l'organisme ; la vie entière prend un caractère seœuel, c'est-àdire que l’essence ou la nature propre apparaît sous deux formes correspondantes aux rapports de sexualité.

Maus le caractère sexuel est ou immédiat et relatif à la gé: nération ($ 159), ou médiat et général ($ 176).

A. Caractère sexuel de la génération.

$ 157. Le Caractère sexuel immédiat, ou le Caractère sevuel de la génération, consiste dans la direction spéciale que la vie de l'individu acquiert par rapport à la génération. C’est dans la manière diverse dont l’ensemble de l'organisme prend part à l'œuvre de la reproduction, que la pénétration de la sexualité dans ce même organisme s'exprime de la manière la plus explicite, et qu'il faut par conséquent chercher les fondemens du caractère sexuel.

L'être monogène, celui qui engendre à lui seul, est toujours femelle ($ 40-44). Dans la digénie, la part qui revient à chaque sexe est fort inégale. L'homme ne coopère à l’œuvre de là procréation que dans l'acte de la fécondation; hors de là, il vit davantage pour lui-même, poursuit son propre but, est plus libre et plus indépendant comme individu, forme par conséquent un antagonisme plus prononcé avec son espèce. La femme, au contraire, a commencé la génération avant la fécondation, et elle la continue après, dans la sémination, l'incubation , la parturition, l'allaitement ; la génération est donc la fonction qui prédomine en elle, la direction principale de sa vie , celle qui pénètre le plus dans ses autres fonctions ; elle est profondément enracinée dans sa nature, et ne fait qu’un avec son essence ; par elle, la femme tient plus intimement à l'espèce, et se rapproche davantage du tout. La génération détermine les premières directions de l'âme de la femme, et l’occupe continuellement ; 1l n’y a que la virago qui ait peu de goût pour les enfans, qui ne se complaise pas aux conversations roulant sur l'amour, la grossesse, l’enfantement. L’aptitude à ensendrer se manifeste plus tôt chez la femme que chez l'homme ; elles’y accompagne plus souvent d'orages, et elle y

produit une plus grande révolution dans l'organisme entier. Le célibat nuit davantage à la femme ; il occasione fréquemment l'aménorrhée , le squirrhe, le cancer et une mort prématurée; il y à moins de santé dans les couvens de femmes que dans ceux d'hommes. La fécondation et la grossesse agissent comme fortifians chez la femme, et les mères de nombreux enfans sont en général les mieux portantes, celles qui vivent le plus long-temps; la femme stérile est plus malheureuse que l’homme qui n’a point de progéniture. |

À. EXPRESSION DU CARACTÈRE SEXUEL IMMÉDIAT DANS LA STRUCTURE DES , ORGANES.

$ 158. De là vient aussi que la région des organes génnaux, la région hypogastrique et pubienne , est plus développée, et que toutes Les dimensions en sont plus considérables, proportionnellement à celles de l’épigastre et de la poitrine , chez la femme que chez l’homme. Eneflet, cette région est plus longue , et une plus grande distance sépare les pubis de lombilic. Elle est plus large aussi; car, tandis que les hypochondres sont plus serrés, et que le diaphragme, le foie, la rate, l’estomac, l'intestin grêle, occupent moins d'espace, la cavité pelvienne est plus spacieuse et les hanches ont plus de largeur. Elle est plus épaisse; car la paroi antérieure est plus bombée , et le bas-ventre fait une saillie plus prononcée, plus arrondie. La ligne qui s'étend du milieu du sternum à fa symphyse pubienne est parallèle à l'axe longitudinal du corps chez la femme, tandis qu’elle converge vers cet axe chez l'homme (1). Si la cavité abdominale est d’un pouce et demi environ !plus haute ($ 178 ): chez la femme que chez l'homme , suivant la remarque de Delisle (2), ce phénomène tient principalement à la plus grande ampleur de la région hypogastrique ( depuis l’ombilic jusqu'à la base du tronc ); car la région épigastrique ( depuis le bord inférieur de la cage thoracique jusqu'à l'ombilic) est plus courte que chez l’homme (3).

(4) Ackermann , /nfantis androgynt historia, p. 63. : (2) Froriep , Notizen ,t, XL, p. 342.

(3) Meckel, Manuel d'anatomie , t, LIL, p. 719.

Ainsi, chez la femme, la région pelvienne devient prédominante , et les organes génitaux internes occupent le milieu du corps entier, tant dans la direction de haut en bas, que dans celle d'avant en arrière (1). La conservation de l’espèce s'exprime aussi matériellement comme point central de l'orsanisme féminin. Le contour du corps de la femme forme un ovale allongé, dont la plus grande largeur correspond aux hanches, la srosse extrémité circonscrit la tête, et l'autre les pieds. Chez l'homme, au contraire, le contour du tronc représente un carré régulier , ou un cône, dont la base répond aux épaules, de sorte que le tronc va en se rétrécissant de son extrémité supérieure à son extrémité inférieure (2). La même chose s'observe chez les animaux ; ainsi, le Taureau, par exemple, se distingue par une poitrine plus large et un bas-ventre plus étroit.

$ 159. Ghez l'homme , Le bassin est plus subordonné ; il est étroit, resserré et destiné à former en dedans une paroi solide pour des organes de pure éjection , ‘à fournir en dehors des points d'attache aux organes d’un mouvement volontaire énergique. Voilà pourquoi la dimension en longueur y prédomine ; il constitue une cavité plus allongée, conique, comprimée sur les côtés, rétrécie par le bas, et ressemble proportionnellement davantage à un tube, tandis qu'il a plus de largeur chez les synandres, et, suivant Mojon (3), chez les eunuques aussi. Le bassin de la femme est organisé pour une vie plus intérieure ; il est plus approprié à servir de réservoir, et à renfermer en lui-même un point central de la plasticité. En outre, il estplus déployé ; tout en lui est plus écarté, tous les diamètres sont plus grands, l'ensemble est plus spacieux. Mais il! est surtout plus développé en largeur, et plus resserré dans le sens de la lonsueur ; le dabidiré horizogtal est plus srand , le contour files circulaire , et la forme totale plus rapprochée de celle d’une sphère. Il exprime même, dans la masse solide qui le constitue, sa destination, qui est de recevoir , de porter et de mettre au monde. En effet, ses os sont plus minces,

(1) Haller , £lem, phys., t. VIT, P. IL, p. 46. Chullinien dans Reil, Ærchic , t. 7 12: à:

(3) Mémoires sur les effets de la Los San Montpellier , 180%, p. 13.

plus délicats; ils offrent des creux moins profonds et des saillies moins prononcées ; mais ils sont.unis ensemble par des ligamens plus serrés et plus forts, par des cartilages plus grands, plus larges et plus épais (4).

Ghez les animaux, le bassin présente à peine des différences sexuelles appréciables. En général, il est plus allongé, plus tubiforme et plus étroit que dans l'espèce humaine, mais en même temps moins clos par des parois osseuses situées en face l'une de l’autre, les pubis se trouvant vis-à-vis, non pas du sacrum, mais des os mobiles de la queue. Par conséquent, il ressemble plus à une gouttière qu’à une cavité osseuse.

$ 160. Quant à ce qui concerne le grand bassin, les os innominés de la femme sont plus développés, plus larges , plus aplatis et pourvus de tubérosités moins fortes ; chez l'homme, et surtout chez les animaux, ils sont plus allongés et plus étroits. Eu égard à la direction de bas en haut, ou à partir du petit bassin, nous remarquons que, chez l’homme, les os innominés sont plus redressés, puisqu'ils font un angle de soixante degrés avec l'horizon, tandis que, chez la femme, ils sont plus obliques et ne s'élèvent que sous un angle de quarante sept degrés. La direction d’arrière en avant , ou à partir du sacrum, présente aussi une différence correspondante ; les os innominés décrivent encesens unarc plus petitchez l’homme, et plus grand chez la femme ; la longueur est de huit pouces neuf lignes chez le premier, et de neuf pouces deux lignes chez la seconde. Ainsi, pendant que les os innominés de l’homme sont plus resserrés vers le haut et courbés sur euxmêmes, ceux de la femme ont leurs bords supérieurs plus écartés l’un de l’autre, en sorte que les hanches sont plus larges, font plus de saillie, et présentent une surface plus étendue pour l'attache des muscles, qui les rendent plus arrondies et plus bombées : de là vient qu'ici le diamètre transversal du bassin s'élève jusqu’à neuf ou dix pouces. Ajoutons encore que, chez la femme , les os innominés sont plus rejetés en arrière , et ne s'étendent pas aussi loin en devant, d'où il suit que le grand bassin présente à sa partie

(4) Siebold , Handbuch der Frauensimmerkrankheïten ; p.42 et 14.

antérieure une paroi osseuse moins étendue. Aussi le bord postérieur et perpendiculaire, celui qui s'étend de l’épne postérieure et supérieure à l’inférieure, s'élève-t1l à deux pouces chez la femme, tandis qu'il n’a qu'un pouce et huit lignes chez l’homme ; l’antérieur , ou celui qui s'étend de l’épine antérieure etsupérieure à l'inférieure, à un pouce et dix lignes seulement chez la femme, et deux pouces trois lignes chez l'homme ; en même temps, les deux épines antérieures et supérieures sont plus éloignées l'une de l’autre chez la femme que chez l’homme.

$ 161. Le petit bassin de la femme présente plusieurs par- .

ticularités.

lo Le promontoire est moins saillant, c’est-à-dire que les vertèbres lombaires et le sacrum forment ensemble un angle moins aigu.

2° Le sacrum est plus court; sa longueur , mesurée en suivant la courbure, est à celle du corps entier ; : 54 : 1000, tandis que, chez l’homme, le rapport est de 68 : 1000 (1). Le sacrumdes animaux est plus long encore. Cet os , en outre, est plus large chez la femme que chez l’homme etles animaux, de manière qu'il donne plus de largeur à la région sacrée en général. Il est plus fortement courbé dans le sens de sa longueur, attendu qu’à partir même de la dernière vertèbre lombaire, 1l s'infléchit fortement en arrière, tandis que, chez l’homme et les animaux , il descend plus en ligne droite. Mais , dans le sens de sa largeur , il est plus plane que chez l'homme.

3° Les os coccygiens sont plus grêles et plus mobiles, les parties bombées des surfaces articulaires ayant plus desaillie, et les enfoncemens correspondans moins de profondeur. En même temps leur extrémité inférieure se porte moins en avant, où dans l’intérieur du bassin.

4° L'ischion descend moinsthbas et est plus perpendiculaire chez la femme, plus oblique, au contraire, de dehors en dedans, chez l’homme. Aussi l’épine sciatique de la femme se diriget-elle moins en dedans, et la tubérosité sciatique davantage en dehors , ce qui fait qu'un plus srand intervalle sépare les

(4) Autenrieth , oc. cit., p. 75.

deux tubérosités l’une de l’autre. La partie antérieure de l’ischion se porte en dehors et en devant de la ligne perpendiculaire chez la femme, en dedans et en arrière de cette même lisne chez l’homme (1). Dans la femme aussi, l’échancrure située entre la tubérosité sciatique et la cavité cotyloïde, pour le tendon du muscle obturateur interne, est plus étroite. Chez les Mammifères, les os ischions , plus larges, sont plus rapprochés encore l’un de l’autre que chez l’homme.

5° Le pubis de la femme est plus étroit; sa portion horizontale est plus allongée et ne forme point un lit aussi large que chez l’homme pour les vaisseaux qui marchent sur son bord supérieur ; sa portion descendante est tournée davantage en dehors et en devant.

S 162. De cette conformation des os de la femme résultent les particularités suivantes : |

1° Comme le sacrum est placé de haut en bas et d'avant en arrière, 1l faut que l'anneau formé par les os pelviens qui partent de ses côtés descende obliquement en avant, ou présente une inclinaison, de manière que le bord supérieur de la symphyse pubienne se trouve à trois pouces au dessous du promontoire , d’où il suit que le bassin est plus ouvert en avant et en haut que chez l’homme.

2° Le détroit supérieur du petit bassin forme donc, dans la direction d'avant en arrière, un plan oblique plus rapproché de la perpendiculaire chez la femme que chez l'homme. La ligne circulaire qui marque ce détroit, est plus prononcée que chez l’homme, parce que les os coxaux s’écartent davantage de la direction perpendiculaire. Le diamètre antéropostérieur est de quatre pouces, l’oblique de quatre pouces et demi, et le transverse de cinq pouces.

3° L’excavation du petit bassin est élargie de tous les côtés dans la direction horizontale. Le diamètre transversal, à cause de l'éloignement des os ischions, s'élève à quatre pouces, et son rapport à celui de l'homme est de 123 : 100 (2); l'antéropostérieur est porté à quatre pouces et demi par la courbure

(A) Zbid., p. 87.

(2) lbid,, p. 74,

du sacrum, et son rapport à celui de l’homme est de 108 : 1004 enfin l’oblique à quatre pouces et demi de long. En même temps , les ouvertures latérales, c’est-à-dire les trous ovales en devant et les échancrures sciatiques en arrière, sont plus grandes chez la femme, parce que les os pubis et ischions sont plus étroits. Dans l'homme et chez les Mammifères , ces ouvertures sont plus petites. De plus, la paroi antérieure à dix-huit lignes de hauteur et elle est bombée, tandis que la postérieure est haute de quatre pouces et demi et excavée ; l'axe du bassm décrit donc une forte courbure , tandis qu'il est moins courbé chez l'homme, et ne l’est point du tout chez les Mammifères.

h° Le détroit inférieur du bassin est plus large (chez la femme ; le diamètre antéro-postérieur, qui est plus long , a quatre pouces trois lignes, et le diamètre transverse quatre pouces. L’arcade pubienne de l'homme est plus étroite et plus aiguë; elle forme un angle de soixante-dix à quatre-vingts degrés : celle de la femme est plus large, plus arrondie; elle a proprement la forme d’un arc, et décrit un angle de quatrevingts à quatre-vingt-dix degrés, de sorte que le détroit ins férieur du bassin est plus ouvert en devant.

$ 163. Le bassin entier, laboratoire de la RERO Res étant plus développé chez la femme, les parties qui s’y rattachent le sont également. *

1° Les muscles des lombes et du siége sont plus prononcés que chez l'homme; les fesses sont étant plus rebondies; que le bassin aussi est plus incliné ($ 162, 1°) et le sacrum : | plus courbé. Chez les femmes des Dao , peuple placé au dernier échelon de l’organisation humaine, ce renflement dépénère en un coussin graisseux, qui ressemble aux fesses nues des Papions et du Mandrill, mais qui est beaucoup plus volumineux, et sur lequel les femmes se tiennent la plupart du temps accroupies. À chaque mouvement du corps, äl tremble comme de la gelée; on a pu se convaincre à Paris, | par la dissection , qu'il devait naissance à des couches énor- | mes d’une graisse presque liquide, amassées sous les muscles | fessiers (1).

(1) Virey, Hist. nat. du genre humain , t. I, p. 241.

2 Les nerfs du plexus pelvien sont près d’une fois aussi pros chez la femme que chez l'homme. Les branches qui vont des plexus mésentériques supérieur et inférieur aux organes génitaux , Sont également beaucoup plus volumineuses (1).

3° L’aorte descendante est plus grosse et augmente davantage de capacité en descendant, que chez l'homme (2). Les artères iliaques sont plus volumineuses ; elles ont un plus grand nombre de branches, et amènent une plus grande quantité de sang aux organes pelviens. Mais elles établissent aussi un conflit plus actif ou plus vivant entre le sang et ces organes. En général , effectivement , le sang est plus isolé dans les gros troncs artériels, à cause de l'épaisseur et de la densité plus grande des parois ; mais ses rapports avec les organes deviennent plus intimes dans les ramifications, qui ont des parois plus minces et moins serrées. Or l'aorte descendante diminue plus de densité chez la femme que chez l'homme. On à trouvé que , sous ce point de vue, celle de la Brebis était à celle du Belier :

. Dans le voisinage du cœur . « 1044 : 1027 Dans l'aorte ascendante : 4000 : 1033 Au sommet de l'aorte descendante : «1000 : 1408 Au dessus des artères rénales . : 1000 : 4238 Au dessus des artères iliaques : : 1000 : 1272

| L’abondance plus grande du sang, et l'intimité plus pro- |noncée de ses rapports avec les organes pelviens de la femme, | doivent donc faire de ces organes le foyer d’une vitalité plus énergique et d’une activité plastique plus développée; aussi les inflammations et les productions anormales y sont-elles

| bien plus fréquentes que chez l’homme.

es

2. EXPRESSION DU CARACTÈRE SEXUEL IMMÉDIAT DANS LES FONCTIONS DES ORGANES,

$ 164. La prépondérance de la génération se manifeste en- {fin par une fonction qui se rapporte directement à celle-là, | et qui appartient d’une manière exclusive à la femme, là \Menstruation.

} (4) Ackermann , /nfantis androgynt historia, p. 68. + @) Haller, Elem. physiol., t. VIL, P. II, p. 46.

4° Les phénomènes essentiels de la menstruation consistent en ce que les parties génitales externes, même le clitoris, deviennent un peuturgescentes, et en ce que la matrice se distend par le bas ou descend, de manière qu’on peut en sentir la partie inférieure à une hauteur moins considérable dans le bassin. Ses vaisseaux ausmentent de volume, ellemême se sonfle , et devient plus rouge à sa face interne; son orifice s'arrondit, le pourtour de cette ouverture se ramollit, et la lèvre postérieure s’allonge, Plus la fonction génitale est excitée, mieux aussi ces phénomènes se dessinent. La congestion dont les vaisseaux pelviens sont le siége amène de la douleur et des tiraillemens dans les lombes, le sacrum et le bassin, un: sentiment de lassitude dans les cuisses, de la chaleur aux parties génitales, quelquefois un accroissement de sécrétion, parfois même une ardeur douloureuse pendant l'émission de l'urme, et une tension également douloureuse du bas-ventre. La tuméfaction simultanée des mamelles annonce que l’activité se trouve exaltée dans le système génital tout entier.

2° Dans l’état normal, il n’y a que des mouvemens fébriles faibles et à peine sensibles ; mais il s'en développe de plus prononcés dans le cas d’exaltation de la sensibilité, de pléthore sanguine ou de quelqu'une de ces dispositions individuelles dont la cause est obscure, et qu’on appelle idiosyncrasies. Alors le pouls devient plus vite et plus fort, ou inésal et imtermittent ; le sang se porte à la tête, le visage rougit, Ja céphalalsie se déclare : la peau change aussi de couleur, la transpiration‘ prend une autre odeur, et quelquefois 1l se manifeste une petite éruption cutanée. Un cercle bleu se dessine autour des yeux, Les traits du visage changent jusqu’à un certain point, l'œil perd son éclat, et les cheveux bouclent moins. L'appétit diminue, la sensibilité se pervertit ou s'exalte, de manière que les impressions agissent avec plus de force. La femme qui à ses règles est portée à la colère , à la mauvaise humeur, à la mélancolie , au sommeil , au repos. Elle a plus de disposition aux spasmes, et le magnétisme animal exerce une plus puissante influence sur elle. Tous ces phénomènes, qui sont peu prononcés et même insensibles chez les femmes bien portantes et robustes, annoncent que

des systèmes sanguin et nerveux prennent part à ce qui se passe dans l’économie.

$ 165. L’affection générale diminue, ou perd le caractère d'excitation , d'effervescence , et prend celui de la faiblesse , quoique l’exaltation de l'impressionnabilité persiste , lorsque l’hémorrbagie par les parties génitales extérieures s'établit et augmente. Cette hémorrhagie a sa source dans la membrane muqueuse du vagin, mais principalement de la matrice.

4° On a vu quelquefois, dans les cas de renversement ou de prolapsus de la matrice, le sang s'échapper par gouttes de ce viscère (1).

2° J. Hunter a vu des cadavres de femmes mortes pendant Ja menstruation, dans lesquels le sang continuait encore à sortir de la matrice. La surface interne de ce viscère a été trouvée plus rouge qu'à l'ordinaire (2), ou même garnie d’aspérités, de villosités (3).

… 3° Un épanchement de sang dans la matrice a été observé après la suppression de l'écoulement.

A° Les lochies, qui sont analogues à la menstruation, viennent évidemment de la matrice. Il en est de même de l’hémorrhagie dans les fausses couches.

5° Les vaisseaux de la matrice sont plus nombreux et plus amples que ceux du vagin; ils laissent plus aisément suinter la partie la plus ténue des liquides qu'on injecte dans leur intérieur.

6° Mais le vagin peut aussi ou prendre part à l’hémorrhagie , ou y suppléer lorsque la matrice ne donne pas de sang. Le premier cas est possible , à cause de la continuité des deux organes et de leurs vaisseaux, et parce qu’il y a manifestement congestion dans le vagin. Le second est prouvé par les exemples de femmes enceintes qui n’ont pas cessé d'être réglées, quoique la matrice soit généralement close pendant

(4) Haller , loc. cit, P. IT, p. 449. — Osiander, Æandbuch der Entbindungshunst,t.1, p. 470.

(2) Maygrier, dans le Dict. des sc. méd.,t. XXXII, p. 394.

(3) Jœrg, Grundlinien zu einer allyemeinen Physiologie des Menschen,

la grossesse, et chez lesquelles on a vu le sang provenir du vagin (1). |

7° Il paraît oiseux de rechercher si le sang coule des artères ou des veines (2); car, en tout cas, ce liquide provient des ramifications les plus déliées, ou des vaisseaux capillaires , qui tiennent le milieu entre les artères et les veines, et les unissent ensemble, sans appartenir ni aux uns ni aux autres. Le sang que ces capillaires laissent échapper est celui qu’apportent les artères, parce que ce liquide y marche de dedans en.dehors; mais, comme les capillaires se ramifient et s’anastomosent à l’mfini, le liquide ne s’en écoule qu'après avoir séjourné quelque temps dans leur intérieur et être devenu plus veineux. Lorsque c’est au voisinage du point où ils se continuent avec Îes racines des veines que les capillaires saignent , la seule différence consiste en ce que le sang artériel a séjourné un peu plus long-temps dans leur intérieur.

8° Il paraît être tout aussi peu important de rechercher si la menstruation mérite qu'on lui donne le nom de sécrétion (3). En appelant sécrétion la formation d'un liquide particulier et différent du sang , cette question se résoudrait par la négative ; mais la réponse deviendrait aflirmative en considérant la sécrétion comme la transsudation normale d’un liquide hors des parois du système vasculaire.

9° Généralement parlant , la menstruation dure à peu près cinq jours ; le premier jour, l'écoulement est faible, intermittent et séreux ; le second , il est plus fort , et le sang plus pur ; le troisième , il est dans toute sa force, continu, et composé de sang pur ; au quatrième , il diminue, et au cin= quième , il redevient séreux , puis cesse peu à peu. La quantité moyenne de liquide qui sort pendant ce laps de temps ; s'élève à environ cinq ou six onces. Il y à ensuite un intervalle de repos , qui dure ordinairement vingt-trois jours.

$ 166. Comme la menstruation s'annonce par des phéno-

mènes locaux et généraux, de même nous devons la rappor-ter à deux causes.

(1) Haller, loc. cit, P. II, p. 447.

(2) bid., p. 451.

(3) Walther, Physiologie des Menschen , $ 630.

La cause générale tient évidemment à ce que la formation du sang est assez abondante, dans le corps de la femme, pour amener toutes les quatres semaines un excès de ce liquide, | dont l’expulsion devient un besoin. Car,

1° Après la menstruation, la femme jouit d’une pleine santé et du libre exercice de toutes ses forces, et son corps a le | même poids que quelque temps auparavant (1). Mais, pour | qu'après avoir éprouvé une perte quelconque le corps conserve encore sa force et sa masse normales, il faut que ce qu'il a perdu n’ait été qu'un excédant de cette masse , et si la perte arrive sans cause extérieure , il faut qu'elle tienne à ce que la force et la masse’ s'étaient accumulées en excès.

2° La menstruation est plus abondante lorsque le sang se produit en grande quantité , comme chez les femmes qui observent un régime de vie succulent et ne se fatiguent point. Elle l'est moins quand le sang vient à manquer par l'effet de la frupalité, du besoin , de longues maladies, de saignées fréquentes , etc.

3° La suppression des règles détermine des symptômes de pléthore sanguine , des congestions vers d’autres organes , et des hémorrhagies. |

4° La menstruation augmente toutes les fois que le cours du sang est accéléré par des boissons spiritueuses , le mouvement , la chaleur, des affections excitantes de l'âme, la fièvre. Elle est diminuée par les alimens acides et rafraîchissans, les substances astringentes , les passions déprimantes , etc.

Mais d’où dépend cette exubérance du sang ? Freind (2) lattribuait à ce que , la transpiration étant plus faible , il y a moins de sang consommé. Mais nous croyons en trouver bien plutôt la cause dans cette circonstance que la force plastique en général, et par conséquent aussi la formation du sang, ont beaucoup plus d'énergie chez la femme que chez l'homme, puisque l'accroissement et la diminution de la menstruation sont en raison directe de la plasticité et par suite aussi de la transpiration. En eflet,

(4) Freind, £mmenologra', p. 14.

(2) Loc. cit,, p. 48.

5° Là où la masse et la force sont employées au mouvement et à [a nutrition des muscles, la plasticité peut moins sc: déployer dans d’autres directions; là, au contraire , où la force musculaire est peu exercée, il se produit plus facilement un excès de masse liquide. Maintenant les règles sont plus abondantes chez les femmes oisives que chez les femmes labo: rieuses, chez celles d’une constitution débile que chez celles qui jouissent d'une santé robuste, chez les citadines que chez les villageoiïses. Elles diminuent beaucoup, même dans les | climats chauds, par l'effet de l’endurcissement et des efforts’ | musculaires. |

6° La chaleur extérieure , si favorable à l'activité plastique en général, l'est également à la menstruation. Les règles sont fort peu abondantes chez les femmes des Lapons, des Samoiïèdes et des Groënlandais. On estime leur quantité à trois onces dans les contrées boréales de notre zone tempérée, à cinq ou six dans les moyennes, à douze dans les méridionales, et à vingt dans les régions intertropicales. Cependant on assure qu’elles ne s'élèvent ordinairement qu’à trois onces dans les îles de l’Archipel grec, où la chaleur est tempérée par la mer.

$ 167. Mais, pour que la menstruation soit une fonction particulière, il faut qu'avec cette cause générale coïncide une cause locale. Or celle-ci est la direction spécifique de la plasticité féminine vers les organes génitaux.

Îe La vitalité et la plasticité plus grandes dont jouissent ces organes font que la menstruation s'opère alors même qu'il ne peut point s'établir de pléthore sanguine générale, comme dans les cas de mauvaise nourriture, de faiblesse, de maladies. Une perte de sang par la saignée, par l’ hémoptysie, etc quoique suflisante pour faire disparaître la pléthore générale} n'apporte aucun trouble dans la menstruation, non plus que tout autre dérangement considérable de la circulation du sang. Beauchêne a observé une fille hystérique qui passa quinze jours dans un sommeil voisin de la mort, et qui eutses règles pendant ce laps de temps.Il en est ici comme d’autres hémorrhagies; quoiqu'au fond elles dépendent d’une sur-

abondance et d’un mouvement trop fort du sans, Cependant

elles ont pour cause essentielle l'état d’excitation de l'organe | qui en est le siége, de sorte qu’elles peuvent se renouveler même lorsque le sujet n’a presque plus de sang et se tient dans un repos parfait. De même aussi, la menstruation peut se supprimer dans un cas de véritable pléthore sanguine , et devoir son rétablissement à une saignée , lorsque la pléthore est accompagnée d'inertie de la vie du sang et d’inaction des organes génitaux. En pareil cas, comme l'a déjà fait remarquer Testa, la saignée produit un effet salutaire, non pas parce qu'elle soustrait une certaine quantité de sang à l’économie , mais, parce qu'elle stimule l’activité vitale de la matrice.

2° La menstruation est accrue par tout ce qui exalte l'activité vitale dans les organes pelviens, par les bains de pieds, les vapeurs chaudes dirigées sur le bas-ventre, l’aloès et autres substances analogues, qui exercent une stimulation spéciale sur les vaisseaux sanguins du bas-ventre. C’est surtout l'excitation des organes génitaux qui l’augmente ; les règles sont plus abondantes chez les femmes voluptueuses que chez celles qui vivent dans la chasteté; chez celles qui agacent sans cesse leur sensibilité par la fréquentation des théâtres, la lecture des romans, la danse et le dévergondage en paroles ou en actions , que chez celles dont la conduite est réglée par les lois de la morale. L'acte vénérien augmente l'écoulement menstruel; aussi est-il immodéré chez la plupart des filles publiques (”), où fort souvent il donne lieu à des chutes et des renversemens de matrice (1). Si les règles sont irrégulières , une grossesse les régularise, en exaltant l’activité vitale de la matrice. Mavgrier a même observé une femme qui n’était

menstruée que pendant la-grossesse (2).

3° La menstruation est une direction particulière que la vie

plastique affecte dans ses rapports d’antagonisme avec d’au-

tres directions. Les femmes grasses sont moins abondamment

réglées que celles qui ont peu d'embonpoint, et quand une

femme perd ses règles d’une manière normale , elle devient plus corpulente et plus grasse. Fournier a connu une jeune

(*) Parent Duchätelet , De La prostitution , Paris 4836 ,t. I, p. 248. (4) Dict. des sc. méd., t. XXXIT, p. 388.

(2) Zhid., p. 377 et 386,

fille qui avait été vaccinée pendant la première menstruation : tant que l'écoulement dura, le vaccin demeura sans eflet; mais, aussitôt qu'il eut cessé, la vaccine suivit sa marche résulière (1).

A° La menstruation a, dans ses phénomènes , quelque analogie avec la grossesse et la parturition , état durant lesquels l’activité vitale de la matrice se trouve également accrue.

$ 168. Si les causes de la menstruation sont véritablement celles dont nous venons de tracer l'exposition ($ 166 , 467}, il faut encore certaines circonstances qui fassent que l’exaltation de l’activité plastique, dans l'organisme en général et la matrice en particulier, se manifeste précisément par cette hémorrhagie. De ces circonstances déterminantes , les unes sont locales ($ 169) et les autres générales.

La circonstance déterminante générale consiste en ce que la formation du sang chargé de carbone l’emporte sur celle du sang chargé d'azote et d'oxygène, c’est-à-dire en ce que l'activité de la chylification surpasse celle de la respiration, ou, pour tout exprimer d'un seul mot, en ce que les poumons sont proportionnellement peu volumineux. Quand la petitesse de l'organe pulmonaire s'oppose à ce que lesang exhale assez d'acide carbonique et absorbe une suffisante quantité d’oxygène et d'azote, il faut qu’un autre organe soit chargé de suppléer le poumon. C'est ainsi que la matrice, remplissant la fonction de la menstruation , peut être considérée en quelque sorte comme un poumon accessoire, ainsi que l'avait déjà fait Testa. Lavagna a montré (2) que le principal caractère du. sang menstruel consiste en ce qu'il contient moins de fibrine, par conséquent aussi moins d'azote , et davantage de carbone. En effet :

qe Cet observateur n’a pu en séparer de fibrine.

90 Le sang menstruel, de même que celui de l'embryon ets des animaux inférieurs , est dépourvu de la coagulabilité qui se rattache à la présence de la fibrine. Voilà pourquoi , lorsque. les circonstances ne lui permettent pas d'arriver au dehors is

Ts /

(4) Joid., t. TV, p. 493.

(2) Meckel, Deutsches Archiv , t. TV, p. 454,

reste liquide pendant des années entières, et distend par exemple l'hymen imperforé au point de lui faire prendre l'apparence d’une vésicule (1). Voilà pourquoi les taches qu'il laisse sur le linge sont plus faciles à enlever que les autres taches de sang, parce qu'il contient une plus grande abondance de cruor, de matière colorante pure et non fixée par de la fibrine. | 3° Plus un produit animal estriche en azote , plus aussi il a de tendance à à se putréfier ; aussi la couenne du sang , qui doit naissance à la'fibrine , est-elle de toutes Les parties constituantes dé cé liquide , celle qui se putréfie le plus vite ; aussi le sang ‘der embryon, qui est pauvre en fibrine , pourrit-il moins que * celui des adultes. Le sang menstruel retenu par l'occlusion du vagin n'entre pas non plus en putréfaction , ét Osiander nous apprend qu'on peut le conserver pendant plusieurs années dans des vases hermétiquement bouchés sans qu’il se décompôse. La seule circonstance dans laquelle il se putréfie d’une manière rapide , c’est lorsqu'il est demeuré quelque temps en . Contact avec l’air atmosphérique, et que par conséquent il à subi des modifications analogues à ceiles a dépendent de la respiration.

. A° La surabondance du carbone fait que ce sang ressemble davantage au sang veineux, analogie qui se décèle par sa couleur purpurine foncée.

. 5° Une perte de sang veineux est généralement moins débilitante qu'une perte de sang artériel ; mais les écoulemens considérables de sang menstruel se font surtout remarquer par le peu d'inconvénient proportionnel qu'ils entraînent, tandis que la perte de sang coagulable qui a lieu dans un état inflammatoire de la matrice est suivie d’une grande faiblesse. $ 169. Maintenant si la matrice complète les fonctions des poumons , et si elle remplit cet oflice d’une manière spéciale, par une hémorrhagie, il faut en chercher la cause dans le mode, particulier d'organisation du viscère , qui. devient ainsi la circonstance déterminante locale.

4° Le tissu de la matrice de la femme est érectile, c'est-àdire formé en grande partie d’un lacis de vaisseaux sanguins

(4) Voigtel , Æandbuch der pathologischen Anatomie, À, TT, p. 430,

qui sont susceptibles d’une dilatation considérable , propriété en vertu de laquelle tantôt ils admettent une plus grande quan-

tité de sang, qui les gonfle et tantôtils s'en débarrassent. Maisce

tissu érectile se trouve annexé ici àune membrane muqueuse, qui est fort mince , et sous ce point de vue la matrice a quelque analogie avec les poumons, celui de tous les organes formés par une membrane muqueuse qui reçoit le plus de sang. Lorsque les règles se suppriment, d'autres points de l'organe cutané donnent lieu à des hémorrhagies qui les remplacent ; le

plus souvent c’est par les membranes muqueuses du système : respiratoire ( du nez et des poumons ) que ces écoulemens | supplémentaires ont lieu; mais il s’en fait aussi par celles du »

système digestif (gencives , palais, glandes salivaires, estomac, anus ) ou du système urinaire, même par les replis cutanés analogues aux membranes muqueuses qui tapissent les organes sensoriels ( conjonctive, conduit auditif), ou par la

peau extérieure, et le plus fréquemment alors par les ma-

melles, quelquefois’'aussi par l’ombilic ou les doigts (4).

20 Les artères de la matrice ressemblent déjà plus que les » autres à des veines par le peu d'épaisseur de leurs parois, et.

sous ce point de vue elles sont analogues aux artères pulmo-

naires. Comme , par cela même, elles ont moins que d’autres.

artères la prédominance sur les veines, elles ne peuvent point chassér si rapidement le sang dans ces dernières; ce liquide s’'accumule donc dans leur intérieur et dans les vaisseaux capillaires ($ 169, 7°), acquiert le caractère veineux par Peffet du séjour qu'il y fait ($ 168), les distend, et peut enfin s'échapper à travers leurs parois peu épaisses. Siles hémorrhagies en général ne sont pas très-fréquentes chez l’homme, parce que la différence est plus grande entre la densité de ses artères et celle de ses veines, que par conséquent les pre-

LS [rs

* mières chassent plus aisément le sang dans les secondes, cette

règle s'applique principalement aux organes génitaux. Le diamètre plus considérable de l'aorte descendante chez la femme , l'abondance des ramifications vasculaires dans la ma-

(4) Freind , Emmenologia, p. 69, — Haller , Loc. cit, t. VIL, P, II, p. 456, — Voigtel, loc. cit , 1, IT, p, 460,

trice, et l'absence des valvules dans ces veines, sont autant de circonstances favorables à la menstruation. Le mouvement de haut en bas, conforme aux lois de la pesanteur, que la station droite imprime au sang, est aussi une circonstance mécanique dont on doit tenir compte; car l'abondance du flux menstruel et ses accidens augmentent chez les femmes qui restent long-temps debout, et ils diminuent par l'effet durepos horizontal.

$ 170. La menstruation, comme expression d’une activité vitale exaltée, ne peut point être continuelle ; elle ne peut avoir lieu que par intervalles. Mais la vie entière et notamment la vie plastique sont assujetties à un ordre déterminé quant au retour de leurs phénomènes, c’est-à-dire à une périodicite. La menstruation est aussi dans ce cas; vient-elle à se supprimer , les symptômes, les congestions , les hémorrhagies par d’autres organes paraissent à la période fixe , et cessent après qu’elle est passée, quand bien même il ne serait point sorti de sang, à peu près comme la faim et le besoin de l’exonération se dissipent quand on laisse s’écouler l’heure à laquelle on avait l'habitude d’y satisfaire. Mais la menstruation a une période de vingt-huit jours, comme la lune. Evidemment cet astre n’exerce pas une influence immédiate, en vertu de laquelle, ainsi que le prétendait encore Testa, elle atténuerait les humeurs, les dilaterait etles fournirait d’une plus grande quantté de lumière et de calorique; car alors il faudrait que toutes les femmes eussent leurs règles à une phase déterminée de la lune, tandis qu'il n’y a pas de jour du mois où il ne s’en trouve quelqu'une chez laquelle coulent les menstrues. Chez les femmes dont la menstruation dure six’à huit jours, etrevient au bout de vingt-trois, la période est aussi celle d’un mois solaire , de sorte que, pendant toute l’année, elle coïncide avec des phases différentes du satellite de la terre. Osiander a bien prétendu qu’il y a , généralement parlant, plus de femmes réglées pendant la nouvelle lune, et que les mrenstrues apparaissent alors surtout chez les jeunes , affectant de préférence la pleine lune pour leur manifestation chez celles qui sont avancées en âge (1); mais cette observation n'est

(4) Loc, cit, ;t. 1, p. 268.

point assez générale, et quand même elle le serait , il s'ensuivrait que le périgée etl’apogée de lalune auraient les mêmes eflets. Tout ce que nous pouvons faire , par conséquent, c’est de reconnaître qu'en général il y a, entre la périodicité de l'organisme humain et celle de la lune, un certain rapport, qui se manifeste encore dans d’autres phénomènes.

$ 174. Les effets de la menstruation sont ou prochains ou éloignés ($ 172).

Les effets prochains sont locaux, et se rapportent à la fonction sexuelle.

1° Comme la menstruation consiste en une exaltation de. l’activité des organes génitaux , elle apparaît aussi comme signe et condition de la faculté génératrice chez la femme. Elle et cette faculté sont, généralement parlant , en raison directe l’une de l'autre, et c'est toujours par l'effet d’une excep-: tion à la règle qu’une femme qui n’a point ses règles jouit de. la fécondité. De même aussi celles dont les menstrues coulent : abondamment , mais sans sortir néanmoins des bornes de la santé, sont plus fécondes que les autres. Sans doute la menstruation est bien plutôt effet que cause de la faculté génératrice, puisqu'elle n’est que la manifestation d’une activité vitale dans dès organes dont la fonction ne consiste qu’à procréer ; mais, dans la vie, tout effet quelconque réagit sur sa cause, et chaque force ne se maintient qu'au moyen de ses manifestations. Ainsi la faculté génératrice de la femme est entretenue par la menstruation, attendu que celle-ci excite périodiquement la vitalité des organes génitaux , et comme les vaisseaux des ovaires entrent aussi en turgescence pendant qu’elle s’accomplit, on peut la considérer, avec Schweighæuser (1), comme une maturation périodique de la substance” destinée à produire le fruit.

90 En diminuant d’une manière active la masse e accumnlée du sang, la menstruation accroît la réceptivité des organes génitaux. Ceux-ci, après avoir perdu leur exubérance de masse, deviennent plus vivans et plus aptes à ressentir les impressions” destinées à agir spécifiquement sur eux. C'est un fait partout reconnu que l’époque à laquelle les femmes conçoivent le plus

(4) Sur quelques points de physiologie relatifs au fœtus, p. 2.,

PE

| tention des menstrues.

facilement coïncide avec celle qui succède immédiatement à la menstruation.

3° Chez la plupart des femmes, la menstruation cesse pendant tout le cours de la grossesse. Ilest rare que les règles paraissent dans les premiers mois, et plus rare encore qu'elles coulent dans les derniers. :

On ne les observe pas non plus d'ordinaire pendant la durée de l’allaitement. :

Comme elles sont suppléées d’une manière normale par la gestation et par la lactation , il faut aussi qu’une certaine analogie règne entre elles et ces fonctions, et ‘ elles servent à leur préparer la voie.

D'abord, il saute aux yeux que cette analogie porte sur la substance, et que le sang qui s’écoulait de mois en mois avant la grossesse et l'allaitement sert de nourriture au fœtus et à l'enfant pendant ces deux époques. La présence de cette nourriture dépend donc de ce que la substance apte à la fournir est évacuée en d’autres temps, et sous ce rapport la menstruation se montre à nous comme un moyen d'accomplir la gestation et la lactation. D'après cette manière de voir, elle

diminuerait dans la même proportion que s'accroît la consom-

mation du sang employé à former et alimenter le fruit. C’est, en eflet, ce qu'on observe dans certains cas où les règles coulent comme à l'ordinaire durant le premier mois de la oros- ‘sesse , diminuent pendant le second, deviennent moins abondantes encore au troisième et au quatrième, et cessent ensuite tout-à-fait. Mais ce phénomène n’est pas commun!; la règle veut que les menstrues cessent de couler dès le premier mois, quoiqu’alors la nouvelle {formation n’ait encore qu’un trèspetit volume, et qu'il soit difficile que sa consommation suffise pour dissiper la pléthore sanguine qu'occasione la ré- D'un autre côté, il se consomme, durant les derniers temps de la grossesse et pendant l'allaitement, beaucoup plus de substance alibile que ne le comporte la masse de sang menstruel qui aurait pu être évacuée pendant une égale période de temps. Fremd admet bien (1) qu'il y a équilibre; mais, (4) Loc, cit,, p, 8.

pour cela, il est obligé d'évaluer la quantité du sang menstruel à vingt onces. Or elle ne s'élève ordinairement qu'à cinq, ce qui fait trois livres et deux onces en dix mois , tandis que le fœtus formé pendant ce laps de temps représente, avec ses enveloppes et ses liquides , un poids d'environ dix livres. Nous devons reconnaître qu'il y a de plus ici un rapport dynamique , et admettre que la gestation et la lactation suppriment la menstruation parce qu'elles attirent à elle la force consacrée en d'autres momens à cette fonction, qui leur prépare la voie parce qu’elle tient en haleine la force plastique nécessaire à leur accomplissement. En un mot, nous devons dire qu'il y à ici un antagonisme d'action.

A° La force et la substance plastiques prennent leur direction vers le fœtus et l’enfant, pendant la grossesse et l'allaitement, tandis que, dans la menstruation et la parturition, elles se dirigent uniquement au dehors. Ces deux dernières fonctions sont done encore plus affines l’une de l’autre. Voilà pourquoi nous apercevons de l’analogie entre elles, sous le rapport de leurs phénomènes, dans l’abaissement de la matrice, dans l’accroissement de la vitalité et de l’activité sécrétoire du vagin, et dans l'hémorrhagie ; voilà pourquoi nous remarquons une certaine dépendance entre l’époque de la parturition et le type de la période menstruelle. La menstruation est donc le prototype de la parturition, et, quand nous en réunissons toutes les circonstances sous un même point de vue (1° à 4°), nous pouvons nous convaincre qu'elle est le prototype et comme l'intermédiaire de l'œuvre entière de la procréation chez la femme. La génération domine tellement chez la femme que, hors de la grossesse et de la lactation, celle-ci tombe dans un état voisin * de la maladie, qui ne cesse que par la mise en jeu d’une activité analogue à cette fonction, et semblable à un commencement de monogénie. La femme ‘porte en elle-même une telle # surabondance de force plastique tendant à la conservation de l'espèce humaine, que quand cette force ne peut point atteindre son but proprement dit, elle est obligée de s'épandre pour ainsi dire en une excrétion particulière, qui lui facilite cependant les moyens d'arriver à ce but. La formation de la substance vitale, du sang, est si abondante ici, que quand

cette substance ne peut point être employée à la conservation de l'espèce , elle sort de son cercle et détermine la seule hémorrhagie qui soit normale.

. 8172. Mais les effets éloignés de la menstruation font qu'elle est aussi d’une haute importance pour la femme considérée comme individu, et qu’elle a des connexions intimes avec tout l’ensemble de sa vie, de manière qu'il n'y a point de fonction dans laquelle sa suppression ne porte le trouble, pas de maladie qui ne puisse provenir de là. |

1° L'expérience ne nous autorise point, il est vrai, à admettre qu'il s'opère un commencement de décomposition dans le sans menstruel, qu'il s'y développe une âcreté putride, comme le prétendait Stedmann par exemple (1), et que la masse du sang a besoin d’être purifiée par l’expulsion du sans menstruel, afin d'acquérir les qualités nécessaires à la formation du fruit et au maintien de la vie de la femme, ainsi que le pensait Stadlin (2). Mais nous n'en devons pas moins considérer la menstruation, et avec elle l’œuvre tout entière de la génération chez la femme, comme un besoin de l'organisme individuel, attendu que c’est un moyen de suppléer au trop peu d'activité des poumons, et de diminuer l'excès de carbone dans le sang ($ 178), ainsi que l'ont reconnu Testa, Osiander , Autenrieth et autres. Cette vérité est confirmée surtout par les phénomènes de la chlorose, qui partout dépend d’un défaut de développement de la faculté procréatrice , mais principalement de la menstruation, à l’âge de la puberté. Il résulte des recherches de Fœdisch (3), que la quantité de fibrine et de fer, par conséquent de cruor, a diminué, et celle de l’eau augmenté, dans le sang des chlorotiques. Le développement incomplet de la fibre musculaire , l’accumulation d'un liquide séreux et d’une sub- .stance d’un blanc jaunâtre, visqueuse, demi-coagulée, dans le ‘uüssu cellulaire de la peau , la bouflissure et la consistance pàteuse de toute la masse du corps, qui en sont le résultat, la pâleur particulière et presque cadavéreuse, la teinte jaune

(4) Physiologische Versuche, p. 50-54.

(2) Archiv der Medicin. Aarau , 4816, cah. I, p. 446. (3) Diss. de morbosa sanguinis temperatione, p. 16.

verdâtre du visage, la couleur bleuâtre des lèvres , le brun | jaunâtre des paupières, qui pendent comme des sacs , annon: | cent un excès de carbone. La souffrance du système vasculairi | se dénote par un pouls petit et faible, par un moindre déga- | sement de chaleur et par des palpitations de cœur fréquentes; | l'asthme et l'oppression de poitrine décèlent le trouble de la | respiration; l’état anormal de la digestion se manifeste par | des goûts bizarres, la suracidité du suc stomacal et intestinal | et l'irrégularité des évacuations ; la faiblesse musculaire se | trabit par le peu d'énergie, la paresse et la lassitude, surtout | | dans les cuisses ; Le désordre de la sensibilité s'exprime par la | disposition aux spasmes , la mélancolie , la timidité, la misanthropie et l'indifférence ; des traces de tendance à déployer l’activité génératrice se signalent par un sentiment de pesan= | teur et des douleurs tiraillantes dans lesreins, pendant que les désirs vénériens manquent ou dégénèrent en écarts contre nature. L'hydropisie ou la phthisie pulmonaire finit par amener la mort dans cette maladie.

2° Le besoin de la menstruation repose encore sur ce que la génération en général est la direction prédominante de la vie chez la femme, et que la menstruation est la manifestation de la faculté procréatrice tendant à son but. C’est une, compensation de la grossesse qui n’a pas lieu, une dérivation de la force plastique qui tend à se manifester. Par conséquent, elle assure la liberté de la femme , et empêche que celle-ci ne soit soumise à la nécessité, que l'amour ne dégénère ch@& elle en désirs purement animaux.

$ 173. D’après tout cela on voit que la menstruation est normale. 1] n’y a donc pas le moindre fondement dans l'opi-, nion qui la représente comme une maladie héréditaire, que Nadow et Hagewisch attribuaient à la civilisation, Russel au défaut de modération dans le manger et au genre de vie sé} dentaire , ou Moscati à la station droite. |

A Gusit nous considérons l’intime connexion de cette fonc tion avec Ja vie de la femme, telle qu’elle ressort des faits exposés précédemment, nous sommes forcés de reconnaitre qu'elle est normaleet primordiale.

2° Autant le sentiment de Pien-être et la santé florissante

qui ont lieu immédiatement après la menstruation ont peu de ressemblance avec une guérison, autant aussi la chlorose diffère de l’état de santé.

3° Les plus anciennes annales de l’espèce humaine, les livres de Moïse, parlent de la menstruation comme d’une chose conforme à la nature; le simple bon sens paraît l'avoir toujours considérée ainsi, car aucune tradition, aucun mythe ne fait mention de son apparition éventuelle.

f° On la trouve aujourd'hui chez tous les peuples de la terre, même les plus sauvages et les plus nécessiteux, où elle ne peut avoir pour cause ni un genre de vie sédentaire et la debauche, nile défaut de satisfaire l'instinct sexuel à temps. Ceux qui prétendaient que les Groënlandaises, les Lapones, etc., sont exemptes de la menstruation, ont débité une fable.

$ 174. On a voulu comparer la menstruation à la chaleur des femelles d’animaux. Assurément il y a analogie entre elles eu égard aux phénomènes généraux de l’exaltation périodique des organes génitaux, et sous ce point de vue que toutes deux déterminent un état voisin de l'inflammation et provoquent un épanchement de liquide. Aussi les anciens attribuaient-ils déjà la menstruation aux Singes, aux Vaches, aux Jumens, aux Chiennes, aux Baleimes, etc., parce qu'ils avaient observé les phénomènes du rut (1). On a même remarqué que le rut revient d’une manière régulière sous le type quadri-septenaire chez les Singes et les Vaches (2). Mais les deux états diffèrent absolument l’un de l’autre, quant à leur essence et à leur signification.

1° Les femelles d'animaux en chaleur ne rendent ordinairement que des mucosités mêlées de sang, et non point du sang , si ce n’est chez les Singes , qui sont très-lascifs. … 2° Cette sécrétion et l'inflammation d’où elle dépend ont leur siége à la périphérie des organes génitaux, dans le vasin , et surtout dans le vestibule ; elles sont donc l'expression d’une tendance à la réaction des deux sexes, à la copulation.

(4) Haller , Loc. cit, t. VII, P. I, p. 137.

(2) Meckel et Kahleïs , dans Deufsches Archiv, t. VII, p. 433-436.

Jamais on ne voit un gonflement inflaminatoire s'emparer des grandes lèvres et du vestibule chez les femmes qui ont leurs règles ; loin de là même, la menstruation à son siége propre- : ment dit dans l'intérieur des organes génitaux, dans la matrice, ce qui annonce que sa direction tend plutôt vers la | grossesse et vers la parturition que vers la copulation.

3° Pendant la menstruation il n’y à point désir de l'acte vénérien, par conséquent point cette exaltation de toutesles forces qui caractérise l’état des femelles en chaleur. Bien au con-* traire, on ne saurait méconnaitre alors une certaine détente et un peu de lassitude, même chez les femmes qui jouissent de la meilleure santé. Au lieu que les parties génitales femelles enflammées , tuméfiées et baignées d’un mucus sansuinolent allument etexaltent les désirs du mâle , l’homme est éloigné par son instinct de la femme dont les règles coulent. : C’est ce que prouvela croyance dominante dans tous les temps et chez tous les peuples, que le sang menstruel est impur, que + son voisinage porte préjudice à tout ce qui vit, tue les vers-à—. soie , nuit à la végétation des plantes , corrompt les semences, fait tourner la bière , aigrit Le lait, etc. Il ne s’agit point là d'un dégoût amené par le raffinement des mœurs, mais d'un véritable et pur penchant naturel; car les peuples les plus grossiers et les plus malpropres, les Hottentots , presque tous les Nèores, etc., obligent les femmes qui ont leurs menstrues à quitter la société et à se retirer dans la solitude. On a vu aussi des hommes qui avaient eu commerce avec de telles femmes contracter , comme par infection, un état inflamma- . toire du pénis, qui ressemblait à une sonorrhée commençante, : et s'accompagnait d'une légère éruption. L'union des sexes pendant ja menstruation est donc, sous tous les rapports, un acte contraire au vœu de la nature. |

L° La menstruation est la propriété exclusive de la femme, . parce que c’est chez la femme que la réaction entre la mère et le fruit arrive au plus haut degré d'intimité, et qu’en conséquence la ‘matrice acquiert son plus parfait développement ($106, 1° ). Mais cette organisation de la matrice est en même temps la cause locale de la menstruation ( $ 467 ); celle-ci doit donc manquer partout où l’on ne rencontre pas l’autre.

CARACTÈRE SEXUEL IMMÉDIAT. 5o1

Comme les animaux n’ont point une matrice à parois aussi - épaisses, spongieuses et riches en vaisseaux, comme la men- . struation n'existe pas chez eux, ils ne sont sujets ni à ces hémorrhagies consécutives au détachement du placenta, ni à ces ‘avortemens si fréquens qu'on observe chez la femme. La station droite peut contribuer aussi un peu à la menstruation ; ainsi la position des Singes, qui se rapproche de cette station, semble avoir pour résultat que, quand leurs femelles entrent en chaleur, elles éprouvent un écoulement plus chargé de sans. L'incubation étant plus imparfaite chez la femelle d’animal qui porte, celle-ci n’a pas besoin non plus d’une aussi orande quantité de masse et de force en réserve que la femme. . Au reste, on remarque , chez les animaux , qu’ils deviennent plus voraces après la fécondation , et qu'ils suppléent ainsi la substance que la femme acquiert en quelque sorte par la rétention des règles. À Nous ajouterons seulement comme chose remarquable qu'Oken (1) a réuni ensemble ces deux opinions fausses et contradictoires ($ 173, 174 ). Il assure que les premières générations de l'espèce humaine ont été exemptes de la men- :struation ; la femme, après le développement de l'instinct générateur, était sujette, comme les femelles en chaleur, à un gonflement des parties génitales; mais ce penchant n'ayant point été satisfait sur-le-champ, la répétition de l’afflux du sang a tellement distendu et affaibli les vaisseaux, que le sang dut finir par s'échapper, transsudation dont les autres femmes ont hérité, comme de toutes leurs qualités et infirmités ; l’animal, au contraire, satisfait de suite son penchant, et quand il en est empêché, il meurt plutôt d’une inflammation quelconque que d'arriver à être pris d'hémorrhagie. $ 475. Nous avons enfin à demander si l'homme n'offre pas quelque chose qui ait jusqu'à un certain Por de l’analogie avec la menstruation.

4e Sanctorius à observé que les hommes en santé qui mènent une vie régulière et simple, augmentent chaque mois d’une à deux livres, qu'alors ils deviennent moroses, paresseux,

LE

(4) Die Zeugung , p. 204-204.

lents, et qu'après une erise qui a lieu soit par des urines troubles ou plus copieuses , soit par une transpiration pra abondante, ils reprennent leur ancien poids, et recouvrent | les forces ou ils jouissaient auparavant. Nous aurions donc ici une analogie éloignée avec les phénomènes généraux de Ia menstruation.

2° Sous le rapport de l'effet local, les pollutions, qu; débarrassent l’homme de la substance plastique non mise en œuvre, peuvent être comparées à la menstruation. Elles cessent par la copulation, comme les règles par la grossesse , et de cette manière encore s'exprime le rôle différent des deux sexes; car l’homme doit féconder et la femme former le fruit. |

3° Quant à ce qui concerne les phénomènes hémorrhagiques, on peut jusqu’à un certain point citer ici les hémorrhoïdes, quise voient plus fréquemment chez l’homme que chez la te Elles sont surtout provoquées par le genre de vie sédentaire, qui entre plus dans la destinée de la femme que dans celle dE l'homme ( $ 190, 3° ); elles se voient aussi de préférence chez les hommes efféminés, et suivant Mojon chez les eunuques ; la plupart du temps enfin elles affectent le type mensuel. Mais elles sont maladives, et ont leur siége dans des organes destinés à la conservation de l'individu. Fournier -a observé unerare anomalie chez un homme qui, depuis l’âge de puberté, et après les premiers actes vénériens auxquels il s'était livré, éprouvait régulièrement des retours de coliques, suivies bendanl trois jours d’un écoulement de sang par l’urètre (1).

Mais la mensiruation est tellement inhérente à la nature de la femme, qu’elle persiste même alors que la sexualité s’efface en partie ; la femme qui tient de l'homme a bien presque toujours des règles peu abondantes, mais jamais elle n’en est entièrement exempte.

(4) Dict. des’se. méd., t, TV, p.492,

CARACTÈRE SEXUEL MÉDIAT. 305 B. Caractère sexuel médiat.

8176. Nous appelons Caractère sewuel médiat ou général les modifications que la différence des sexes produit tant dans des fonctions qui n’ont pas de rapport direct avec la génération, que dans l'habitude du corps et la vie en général. 11 consiste donc en ce que la sexualité se manifeste aussi en dehors de la sphère génitale, pénètre la vie entière, et acquiert . par cela même son plus haut degré. D'après cette définition, on conçoit que les êtres organisés inférieurs en soient totalement dépourvus, et que, quand il commence à paraître, il n'ait point encore de physionomie déterminée, ou ne corresponde pas encore à la signification particulière des sexes. Ainsi, par exemple, chez les plantes dioïques, les individus mâles et femelles diffèrent à peine les uns des autres, si ce n'est par la fleur. Là seulement où la vie intérieure acquiert plus de puissance, elle s'annonce par un extérieur qui soit en harmonie avec elle , et la forme devient l'expression d’une idée , ou, en d’autres termes, prend une valeur symbolique.

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